Arsenal-Monaco: Les 5 clés tactiques du renouveau des Gunners

Après une première partie de saison en demi-teinte, Arsenal est devenu quasi inarrêtable. Après la victoire ce week-end à Selhurst Park face à Crystal Palace (2-1), les Gunners ont retrouvé le podium. Malgré la victoire, une chose a changé sur le terrain, comme depuis le début de l’année 2015 : Arsenal a laissé la possession de balle à son adversaire. Une donnée qui explique le renouveau d’Arsène Wenger et des siens. Car depuis plusieurs semaines, les Londoniens ne sont plus les mêmes. Fini le football offensif basé sur la possession de balle et le jeu très stéréotypé, et le retour d’Arsenal dans le Big Four établit un constat clair : Arsenal n’est plus la même équipe.

Avant le huitième de finale de Ligue des Champions à l’Emirates face à Monaco,  My Premier League vous propose à travers cet article, de comprendre quel est le nouvel Arsenal des Gunners.

Moins de possession, plus de réussite

C’est le principal changement dans le jeu des Gunners. Dimanche 18 janvier, Arsenal, qui a longtemps eu du mal à remporter ses matchs contre les gros du championnat, bat Manchester City 2-0. La première victoire des Canonniers face à une équipe du Big Four depuis 2011 (5-3 face à Chelsea). L’équipe londonienne, longtemps cataloguée comme « équipe de possession » (souvent stérile) a terminé le match avec 35 % de possession de balle. Une révolution pour Wenger, qui a déjà tenté avec succès de laisser le ballon à l’adversaire en décembre dernier lors du match nul à Liverpool (2-2, 36 % de possession de balle). Désormais, et pour la première fois de la carrière de Wenger en Angleterre, l’ancien entraîneur monégasque, longtemps critiqué pour son entêtement, abandonne ses principes. Ses hommes préfèrent aujourd’hui attendre l’adversaire dans son camp, optant pour un 4-1-4-1 compact dans lequel Aston Villa s’était pris les pieds le 1er février dernier lors d’une cuisante défaite 5-0. Les Gunners ont ainsi opté pour un jeu en contre-attaque dévastateur face à des Villans qui avaient décidé de jouer avec une ligne défensive haute. Grosse erreur pour Paul Lambert : avec des joueurs rapides comme Sanchez, Walcott, Welbeck ou Alex Oxlade-Chamberlain, Arsenal a une équipe taillée pour le jeu plus direct en attaques rapides. Wenger, souvent raillé par José Mourinho, semble maintenant avoir appris de la rigueur défensive de l’équipe du Portugais. Car depuis 2003, jamais Arsenal n’a perdu quand il a eu moins de 45 % de possession. Avant le match contre Villa, les Gunners gardaient le cuir 60 % du temps. Demain, c’est un nouveau Arsenal qui disputera son 12ème huitième de finale consécutif.

Oui, Cazorla et Ozil sont compatibles

On les disait incompatibles. Comment composer avec Santi Cazorla et Mesut Ozil, les deux chefs d’orchestre de l’équipe ? Wenger a tout essayé : longtemps cantonné au poste d’ailier gauche, l’Allemand a longtemps rongé son frein et s’est surtout heurté à son manque de vitesse et de rigueur défensive. Pour d’autres, Cazorla était bien trop bon pour jouer autre part qu’au poste de meneur de jeu dans le 4-2-3-1 du début de saison. Mais la solution a peut-être été trouvée. Match après match, les deux hommes chassent de plus en plus les doutes concernant leur association au milieu de terrain.

L’ancien joueur de Malaga est tout simplement le meilleur joueur d’Arsenal depuis le début de l’année 2015. En 10 matchs, il a délivré 4 passes décisives et inscrit 4 buts. Mais c’est surtout dans le jeu qu’il rayonne : dans la première ligne de 4 qui s’oppose à l’adversaire, il est le premier presseur : infatigable, travailleur, il a étoffé sa palette et est devenu un joueur plus complet. Ses principales qualités en sont bien sûr bonifiées dans un tel système. Impressionnant d’aisance, l’Espagnol parvient à se sortir parfaitement des petits espaces pour relancer à merveille. Avec sa vision du jeu, sa qualité de passe et le jeu devant lui, Cazorla fait briller les autres et c’est sans surprise qu’il est le milieu central des Gunners le plus décisif cette saison, aussi bien offensivement que défensivement.

Les passes réussies, les passes clés, les occasions crées, les tacles remportés, les interceptions et le taux de duels gagnés (toutes ces données sont pour un match en moyenne). Dans quasiment tous les domaines, Cazorla est au-dessus par rapport à ses concurrents à son poste.
Les passes réussies, les passes clés, les occasions crées, les tacles remportés, les interceptions et le taux de duels gagnés (toutes ces données sont pour un match en moyenne). Dans quasiment tous les domaines, Cazorla est au-dessus par rapport aux concurrents à son poste.

Ozil, lui, a longtemps alterné bonnes performances et matchs fantomatiques. En laissant le couloir gauche à un autre joueur, Wenger n’a plus à s’inquiéter de voir l’arrière droit adverse se balader dans le camp des Gunners. Maintenant, Cazorla compense mieux l’indiscipline défensive de l’ancien madrilène, qui pouvait devenir vite agaçante tant son manque d’implication faisait défaut à Arsenal. Cette saison, Ozil fait plus d’efforts et sa technique le rend indispensable à l’équipe. Et il peut aussi profiter de l’entrejeu grâce aux appels d’un autre joueur métamorphosé : Olivier Giroud.

Giroud n’est plus le même

C’est Arsène Wenger qui en parle le mieux : « Giroud a eu un rôle très important dans le match autant dans le jeu direct que dans la conservation de balle. Il s’est énormément amélioré dans la mobilité. Dans l’ensemble il a eu une énorme contribution et je pense qu’il a encore une grosse marge de progression« . Les mots de l’entraîneur français ne sont pas anodins. Absent lors d’une bonne partie de la première saison pour cause de blessure, l’international tricolore est revenu en force en 2015. Comme en témoignent ses statistiques : en Angleterre, seuls trois attaquants (Aguero, Kane et Diego Costa) marquent autant par match (0,57 pour Giroud). Mais au delà de ses buts inscrits, qui l’inscrivent désormais dans la lignée de ses prédécesseurs londoniens, c’est son apport dans le jeu qui est capital dans le jeu rapide. Giroud est actuellement le 6ème attaquant de Premier League qui réussit le plus de duels aérien, derrière les géants comme Carroll ou Crouch. Ainsi, David Ospina a cherché le Français près de 20 fois lors de la victoire ce week-end contre Crystal Palace (2-1). Discret dans le jeu, il est toujours efficace : il n’a besoin que deux frappes en moyenne pour inscrire un but. Cazorla est clair à son sujet : « Il est très important pour nous. Nous avons besoin du jeu long, et il est excellent dans le jeu de tête et dans la conservation du ballon« . Son rôle d’attaquant pivot est essentiel dans ses déviations et ses déplacements qui offrent des espaces aux deux joueurs de côté des Gunners. Sanchez, meilleur buteur d’Arsenal avec 12 buts en Premier League, est évidemment indispensable sur le côté gauche. De l’autre côté, Wenger cherche à installer un Danny Welbeck lui aussi plus bosseur et précieux défensivement, sur l’aile droite.

Coquelin, la vraie recrue

On parlait de Morgan Schneiderlin, William Carvalho ou Asier Illaramendi. Finalement, pour palier la blessure de Mikel Arteta et la fragilité de Wilshere ou d’Aaron Ramsey, Arsène Wenger a tout simplement rappelé le Français de 23 ans Francis Coquelin d’un énième prêt, cette fois-ci à Charlton, en Championship. Positionné devant la défense dans le nouveau 4-1-4-1 en sentinelle, Coquelin n’a tout simplement jamais quitté le onze de départ londonien depuis son premier match à West Ham (2-1), excepté un match de Cup face à Brighton. Depuis, l’ancien lorientais symbolise le renouveau des Gunners. Lors de la correction infligée à Aston Villa, il était le joueur sur le terrain qui avait réussi le plus de tacles (5) et celui avec le plus grand taux de passes réussies (93,6 %). Il est aussi le joueur de son équipe qui réussit le plus de tacles par match :

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Crédits : outsideoftheboot.com

Contre Manchester City, Coquelin a survolé le match, éteignant complètement David Silva pour empêcher les décrochages d’un joueur entre les deux lignes de 4 d’Arsenal. Parmi tous les joueurs du club, un seul joueur était un véritable milieu défensif : Flamini, mais le Marseillais peine à enchaîner les matchs et à faire sa place dans le XI type. Wenger ne fera peut-être plus de cauchemars à l’heure de penser à ce qui était encore le point faible de ses hommes en début de saison : le poste de milieu défensif. Cependant, Coquelin manque parfois de vigilance voir de soutien : à l’Etihad Stadium, il a souffert lorsque Jovetic a remplacé Milner et est venu s’infiltrer entre les lignes et derrière Coquelin qui était complètement focalisé sur David Silva. Prudence donc, mais le constat est clair : avec Francis Coquelin, Arsenal a trouvé l’équilibre.

Retrouvez l’analyse de la discipline tactique et défensive d’Arsenal contre Manchester City

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Une défense qui s’adapte

Il n’y a pas que l’attaque et le milieu de terrain qui ont changé à Arsenal : la défense aussi a subi quelques changements. Le poste de gardien de but tout d’abord : Szczesny a cédé sa place à David Ospina. Avec succès : le Colombien réussit plus de clean sheets, d’arrêts et concède moins de buts.

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Avec le nouveau système des Gunners et le positionnement plus bas de son bloc, la charnière centrale Koscielny – Mertesacker est moins exposée au danger, et surtout aux contres. La lenteur du colosse allemand a pénalisé à de nombreuses reprises ses partenaires quand l’équipe cherchait à dominer et évoluait plus haut. En 2015, l’équipe a plus de sécurité derrière. Et la solidité de l’assise défensive retrouvée s’illustre aussi par la concurrence sur les côtés. Ceux-ci prennent moins de risques et se contentent de faire ce que leur incombe leur rôle : défendre. Par conséquent, le retour de Monreal à gauche a fait du bien à Arsenal, et à droite, la bataille est rude avec la blessure de Debuchy : Callum Chambers et Hector Bellerin se battent tous les deux pour une place. Mais Wenger l’a reconnu : il a sur-utilisé Chambers en début de saison, que ce soit dans l’axe ou à droite (l’ancien joueur des Saints a coûté beaucoup d’erreurs aux siens) et avec la propension de l’Espagnol à jouer plus vers l’avant, le technicien des Gunners possède deux options différentes.

La composition probable d’Arsenal pour affronter Monaco :

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Des doutes subsistent au poste d’arrière droit: Bellerin ou Chambers.

Sacha Dahan

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Paris SG 1-1 Chelsea : Laurent Blanc pourrait avoir des regrets

Position d’outsider, effectif décimé par les blessures, expérimentations tactiques… Pour le PSG, tous les voyants étaient au rouge avant le premier épisode de ce huitième de finale de Ligue des Champions contre Chelsea. Eliminés la saison passée en quart de finale par cette même équipe londonienne (3-1, 0-2), les Parisiens ont trouvé cette fois-ci la clé grâce à des choix tactiques judicieux mais pourraient bien nourrir des regrets à l’heure du bilan final, tant le manque de réalisme offensif et le talent de Thibaut Courtois étaient omniprésents, hier soir. Malgré leur nette domination sur la pelouse du Parc des Princes, le Paris Saint Germain n’aura donc pas saisi l’occasion de prolonger son horizon européen au delà du mois de mars et devra absolument marquer au match retour, à Stamford Bridge.

Les effectifs

La première surprise côté  parisien réside dans le choix de titulariser David Luiz au milieu de terrain, devant une charnière centrale composée de Thiago Silva et d'un Marquinhos qui revient tout juste de blessure.
Lucas, Thiago Motta et Aurier blessés, la première surprise côté parisien réside dans le choix de titulariser David Luiz au milieu de terrain, devant une charnière centrale composée de Thiago Silva et d’un Marquinhos qui revient tout juste de blessure.
Comme annoncé plus tôt, Oscar débute finalement sur le banc et est remplacé par Ramires, Fabregas évoluant un cran plus haut. Menacé par le Français Kurt Zouma, Gary Cahill est finalement titulaire.
Comme annoncé plus tôt, Oscar débute finalement sur le banc et est remplacé par Ramires, Fabregas évoluant un cran plus haut. Menacé par le Français Kurt Zouma, Gary Cahill est finalement titulaire.

David Luiz, le choix payant

C’était la surprise du chef. Laurent Blanc, qui a donc considéré que l’option Rabiot au milieu de terrain était trop risquée de par son manque d’expérience (huit matches en Ligue des Champions), a titularisé l’habituel défenseur central David Luiz au poste de sentinelle pour remplacer Thiago Motta, blessé. Avant Chelsea, l’ancien sélectionneur des Bleus n’a tenté cette expérience que deux minutes cette saison… Contre Caen, où il a évolué plus haut entre les sorties de Matuidi et d’Aurier. « Le Président » s’est donc peut-être souvenu à quel point le Brésilien avait été excellent la saison dernière à ce poste avec Chelsea (dans un dispositif certes différent)… Après la rencontre d’hier soir, l’entraîneur parisien s’est expliqué en conférence de presse : « David Luiz a amené de la rigueur, de l’agressivité et de l’impact. Et il fallait casser les contres adverses avec de l’impact ». Chance pour Laurent Blanc, Chelsea n’a quasiment jamais existé offensivement au Parc. Hier, l’ancien benfiquiste a inhalé la plupart des tentatives des milieux de terrain londoniens, marquant Fabregas (fantomatique hier mais diminué) quand il le fallait et comblant les espaces mieux que Motta quand Matuidi et Verratti étaient cantonnés au pressing, ce qu’ils ont par ailleurs merveilleusement bien fait. Matic, qui tient aussi ce rôle de premier relanceur à Chelsea, n’était que timidement pressé par Ibrahimovic pour laisser Verratti et Matuidi s’occuper de Fabregas et Ramires. Le Brésilien a donc pu empêcher sans mal les décrochages dans l’axe d’Hazard ou Willian. Ainsi, David Luiz a ainsi réussi tous ses dégagements, tous ses duels aériens et affiche un taux de 96% de passes réussies (84 sur 89), effaçant tous les doutes que l’on pouvait émettre techniquement sur le Brésilien.

Toutes les passes de David Luiz durant la rencontre hier soir (94% de réussite)
Toutes les passes de David Luiz durant la rencontre hier soir (94% de réussite)

Son seul tort aura été fatal puisque c’est lui qui lâche le marquage sur Ivanovic sur l’ouverture du score de Chelsea (36ème minute). En réalité, le but du Serbe aura été la seule occasion du match pour les Blues, consécutive à un coup franc lointain et où trois défenseurs (Terry et Cahill, dont la déviation pour servir Ivanovic est sublime) étaient restés dans la surface. Avant le premier but, David Luiz s’était contenté de jouer à hauteur de ses défenseurs lors de la première relance parisienne, obligeant Matuidi à jouer le ballon très bas et ralentissant les phases de transition parisienne. Peu pressé par Fabregas (et c’est peut-être là qu’est l’erreur de Mourinho n’avoir laissé un joueur avec une telle activité qu’Oscar, sur le banc), il a souvent eu le temps de construire les phases offensives parisiennes, même si le bloc parisien était plus bas en première mi-temps. C’est en deuxième période que l’ancien joueur de Chelsea a décidé d’attaquer les espaces, afin de jouer plus vers l’avant et les côtés afin de libérer Matuidi. C’est d’ailleurs l’ancien stéphanois qui sera déterminant en seconde mi-temps.

Matuidi déséquilibre Chelsea

En première période, le Paris Saint Germain n’a pas été catastrophique, loin de là : Laurent Blanc avait bien saisi l’opportunité qu’offrait les côtés de Chelsea, point faible défini des Blues avant la rencontre : dès la 11ème minute, le centre de Matuidi, seul derrière Ivanovic, trouvait la tête d’Ibrahimovic bien captée par un Courtois excellent hier. Mais dès le retour des vestiaires, Matuidi s’est donc trouvé libéré grâce au positionnement plus haut de David Luiz. Par conséquent, l’international français s’est projeté beaucoup vers l’avant, permettant aussi les décrochages dans l’axe de Lavezzi ou de Cavani. Le surnombre offensif créé dans l’axe, Matuidi a donc souvent pu combiner avec Maxwell, grâce à un côté droit Willian-Ivanovic qui a laissé des brèches dans son dos. C’est d’ailleurs de ce côté, celui de Maxwell, que Paris s’est procuré toutes ses chances d’occasion de but. Matuidi a ainsi touché 3 ballons dans le dernier tiers en première période, et 9 en seconde.

Les parisiens ont concentré leur jeu dans le dernier tiers sur le côté gauche, celui d'Ivanovic et Willian.
Les parisiens ont concentré leur jeu dans le dernier tiers sur le côté gauche, celui d’Ivanovic et Willian.
Toutes les chances d'occasion crées par le PSG (hors phases arrêtées) sont venues de la gauche)
Toutes les chances d’occasion crées par le PSG (hors phases arrêtées) sont venues de la gauche.
L'égalisation d'Edinson Cavani est l'illustre symbole des failles londoniennes. Matuidi, oublié par Ramires, part combiner avec Maxwell, laissé à la ligne de touche par Willian. Le couloir gauche est occupé par l'ancien latéral barcelonais et offre à Lavezzi et Cavani des décrochages dans l'axe.
L’égalisation d’Edinson Cavani est l’illustre symbole des failles londoniennes. Matuidi, oublié par Ramires, part combiner avec Maxwell, laissé à la ligne de touche par Willian et qui est servi par David Luiz (peu pressé lui aussi). Le couloir gauche est occupé par l’ancien latéral barcelonais et offre à Lavezzi et Cavani des décrochages dans l’axe.

Conclusion

Hier soir, c’était peut-être José Mourinho qui a fait les mauvais choix. Impossible de savoir si la présence d’Oscar sur le terrain aurait pu empêcher les Parisiens de s’exprimer aussi bien, car le surprenant choix de Laurent Blanc, celui de titulariser David Luiz, a été capital mais a finalement évité peu de contres d’un Chelsea inoffensif et empêché plusieurs possibilités offensives du PSG en première mi-temps . Mais l’entraîneur parisien avait-il le choix avec toutes ces blessures ? Il n’empêche que Chelsea a démontré des faiblesses dans le pressing et le milieu de terrain londonien était bien trop inexistant pour empêcher la domination du Paris Saint Germain, qui a tiré tout de même 14 fois au but, contre 2 fois seulement pour les Blues. L’entraîneur parisien a fait un choix important dans un gros match, mais il pourrait bien s’en mordre les doigts en repensant à Thibaut Courtois, qui a écoeuré les attaquants parisiens sur chacune de leurs attaques. Désormais, le club de la capitale n’a qu’une seule chance sur quatre de se qualifier pour les quarts de finale. Car si le match nul ne le condamne pas complètement à l’élimination, le but marqué à l’extérieur par Ivanovic peut donc bien mettre un terme au rêve européen du PSG, qui ne sera pas en position de force au match retour à Stamford Bridge.

Sacha Dahan

PSG-Chelsea: Quel adversaire pour le Paris Saint Germain ?

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Comment fonctionne Chelsea ?

Chelsea avait entamé le match aller de la dernière confrontation avec une idée claire à l’esprit: presser haut le PSG afin de récupérer le ballon et tenter d’enchaîner en profitant de la vitesse et qualité d’appels d’André Schürrle, préféré ce soir là à Fernando Torres.

Cela ne devrait pas être bien différent mardi soir, dans la mesure où Chelsea disputera ce match aller fort d’une avance de sept points au classement de Premier League. Un classement du en grande partie à la mise en place de José Mourinho qui permet de mettre en valeur les individualités de talent du club Londonien.

L’équipe de Chelsea s’organise à partir d’une base défensive à quatre défenseurs (le droitier Azpilicueta et l’ancien stoppeur Ivanović encadrent les stoppeurs dont John Terry). Face à eux est mis en place un écran de pressing mené par l’attaquant Diego Costa et son soutien axial Oscar. Willian, Hazard et Cesc Fàbregas complètent ce travail en orientant l’adversaire vers les côtés où les attendent les infranchissables Ivanović et Azpilicueta.

A la récupération du ballon, Chelsea se déploie très vite quelque soit la configuration que dicte le contexte du match. En attaque rapide, Chelsea compte sur les remontées de balle de Willian ou Hazard ou la qualité de point d’appui de Diego Costa (qui n’a marqué qu’en Championnat avec Chelsea) sur les mises en orbite de Cesc Fàbregas.

Face aux équipes qui ferment les espaces et concèdent la possession à Chelsea, les Londoniens sont contraints de rechercher patiemment la faille. La relance est réalisée par Matić et Cesc Fàbregas qui décrochent simultanément et viennent chercher les ballons auprès de la paire de centraux. Comme dans la plupart des mises en places qui reposent sur une relance propre depuis l’arrière, les latéraux n’ont pas de rôle immédiat dans la phase de relance.

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Branislav Ivanović se projette sans cesse à chaque nouvelle possession afin d’occuper une position haute dans le dernier tiers sur le flanc droit. Ce positionnement va permettre à Chelsea de fixer à gauche grâce au travail combiné d’Hazard et Oscar puis de renverser vers le côté droit. Dans ce jeu de position là, c’est Fàbregas qui est à la baguette et donne les orientations pour faire glisser le bloc adverse sur la largeur. Willian se contente de tenir un rôle de relais à l’intérieur sur le flanc droit et fournit des solutions simples au porteur  afin de conserver le ballon dans la moitié adverse. C’est la raison pour laquelle il ne joue jamais en rupture, ce qui se répercute fatalement sur ses statistiques bien qu’on puisse noter une vraie volonté de frapper davantage au but cette saison, sur initiative de son manager (comme il l’expliquait à Gary Neville ).

L’objectif étant de trouver Eden Hazard en position favorable pour attaquer le latéral adverse et entrer dans la surface, ou trouver une fenêtre de passe vers Diego Costa. Conséquence; Chelsea frappe assez peu depuis l’extérieur de la surface (Matić et Fàbregas ont inscrit trois buts en Championnat, un total qui fait pâle figure aux côtés de la douzaine de buts annuelle de Frank Lampard ou la demi-douzaine de Ramires par le passé). Le rôle plus positionnel des milieux explique en partie pourquoi le dynamique Ramires n’a pas réussi à récupérer sa place (et du rythme) dans l’équipe cette saison après en avoir été un des maillons essentiels.

Sur les corners qu’il concède, Chelsea défend en marquage individuel sans hommes au poteaux. Les corners trop courts sont dégagés par Oscar ou Costa, il faudra ensuite affronter Ivanović, Terry, Azpilicueta, Matić ou Cahill dans une joute aérienne pour tenter ne serait-ce que de toucher le ballon. Fàbregas se place pour le rebond à l’entrée de la surface tandis que Willian et Hazard sont dans les starting blocks pour contre-attaquer.

Lorsque Chelsea attaque, Costa libère l’espace au premier poteau et cherche à dévier le cuir pour les course de Cahill, Ivanović et surtout Terry qui attaque l’espace libre au cœur de la surface. Matić, tel Gallas à une autre époque, plonge au second poteau (où il a déjà inscrit un but en Ligue des Champions de la sorte).
Défendre en zone ou en marquage individuel ne semble pas déranger outre mesure Chelsea qui dispose de joueurs prolifiques sur les coups de pieds arrêtés frappés avec une grande justesse par Cesc Fàbregas.

Incertitudes concernant l’équipe de départ.

Quatre incertitudes se dégagent au moment de définir l’équipe qui débutera au Parc des Princes Mardi soir:

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Čech/Courtois: Le gardien Belge fait étalage d’une envergure et aisance dans les airs sur les centres depuis le début de saison dans le but de Chelsea. Deux aspects du jeu de Petr Čech qui étaient justement pointés du doigt par certains observateurs depuis l’accident du gardien Tchèque en 2006. Cependant, Thibaut Courtois s’est montré fébrile dans le domaine aérien face à Manchester City et Aston Villa récemment, ce qui a amené José Mourinho à lui préférer Petr Čech lors de la réception d’Everton. Comme toujours, le discret mais brillant Čech s’est montré à son avantage notamment face à Lukaku. Courtois n’a d’ailleurs pas encore le pied de Petr Čech sur ses relances. Bien qu’il semble improbable d’imaginer un chamboulement de l’ordre établi, voici une poignée d’arguments qui expliqueraient une hypothétique titularisation du grand Petr au Parc

Zouma en conférence de presse avec Loïc Rémy et José Mourinho, "mind game" ?
Zouma en conférence de presse avec Loïc Rémy et José Mourinho, « mind game » ?

Cahill/Zouma: le stoppeur Anglais avait trouvé sa place dans le bloc hermétique de Chelsea la saison dernière. Proche de sa surface, bien protégée par ses milieux et encadrée par ses latéraux, la charnière centrale de Chelsea a effectué une saison pleine sans même totaliser une faute par match en moyenne. Cependant, la mise en place plus expansive de cette saison pointe du doigt les limites de l’ancien défenseur de Bolton que le système parvenait à masquer jusque là. En ne prenant que trop peu d’initiatives à la relance ou au moment de défendre en avançant, Cahill peine à couvrir efficacement le côté doit lorsqu’Ivanović monte. Tout l’inverse de ce que faisait John Terry pour couvrir les montées aventureuses d’Ashley Cole par le passé. Cahill semble avoir perdu sa place au profit de Kurt Zouma. Le français progresse à vue d’œil, sa marge de progression est certaine et l’application couplée à une vraie puissance athlétique lui a permis de faire face à Sergio Agüero ou Raheem Sterling sans trembler ces dernières semaines.

Ramires/Oscar: On peut imaginer un instant José Mourinho positionner Fàbregas en position de n°10 afin de sécuriser ses arrières par la présence de deux milieux. Plusieurs contre-arguments à ceci: Cesc est plus à son aise avec le jeu face à lui. Au regard de sa qualité, ses permutations ont pour objectif de recevoir le ballon et non de libérer un espace (il ne s’agira en réalité que de décrochages sans lien avec le joueur qui se projette). Ramires attaquant la zone devant la surface ou non, l’adversaire direct de l’Espagnol sera bien inspiré de le suivre  quoiqu’il arrive pour l’empêcher de dicter le jeu. Par ailleurs, Willian (ou Cuadrado) abattent un travail remarquable de fermeture de l’intérieur, Kurt Zouma est capable de défendre efficacement entre axe et aile; tout cela laisse penser qu’il ne semble pas nécessaire de boucler le côté droit à double tour (plus qu’il ne l’est déjà).

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Premier match de Ligue des Champions avec Chelsea pour Juan Cuadrado ?

Cuadrado/Willian: le Colombien est un meilleur défenseur que Willian et percute davantage. Willian est une meilleure option en tant que milieu de terrain, meneur excentré à l’intérieur. Il s’agira de voir qui José Mourinho préfèrera sur le côté droit: Willian pour rapprocher Hazard de la surface de réparation ? Cuadrado pour équilibrer le flanc d’attaque de Chelsea et permettre aux Londoniens de dynamiter le PSG à droite comme à gauche ? Cependant, si Willian évolue à un niveau de performance remarquable depuis un an (en termes d’activité et de justesse technique au profit du collectif), il semble être encore monté en régime depuis un mois (avec deux passes décisives contre Villa et Liverpool et le but victorieux face à Everton à la clé).

A titre personnel, je mettrais une pièce sur une titularisation du Brésilien au Parc des Princes et j’imagine que le Colombien aura su gagner sa place d’ici le match retour.

Equipe probable

Costa

Hazard-Oscar – Willian

Matic – Fabregas

Azpilicueta – Terry – Zouma – Ivanovic

Courtois

Chelsea est il infaillible ?

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Le back four de Chelsea ne s’occupe de rien d’autre si ce n’est l’attaquant axial adverse. Ce sont les ailiers qui doublent les latéraux défensivement afin que la défense à 4 ne se dessoude pas au premier décrochage adverse.

Si il semble délicat de s’aventurer dans le « channel » entre Azpilicueta et Terry (même si Azpilicueta n’a pas repris 2015 sur les mêmes bases que 2014), celui entre Ivanović et Zouma semble plus hermétique que lorsque Cahill se charge de la couverture de son latéral.

Chelsea défend avec beaucoup d’aise les centres qui traversent sa surface, mais le Paris Saint Germain serait bien inspiré d’utiliser tout de même cette tactique. Les Londoniens ont concédé une poignée de buts sur ce genre de situations en se montrant inhabituellement fébriles au moment de renvoyer le ballon.

Dans l’axe, Nemanja Matić opère un marquage individuel sur le meneur de jeu adverse sur toute la largeur du terrain. Le serbe, comme tout joueur d’axe, n’aime pas défendre près de la ligne de touche et peut perdre des duels.

Plus généralement Matić se rappelle aussi à l’impression qu’il avait laissé lors de son premier passage à Londres. Un meneur bas pas toujours irréprochable défensivement, mieux accompagné du fait par un milieu défensif dédié (Mikel), même si le Serbe ratisse tout de même le ballon la plupart du temps. Si le pressing est franchi et qu’il se trouve en 1v1 avec son adversaire direct, l’issue ne tourne pas toujours en sa faveur comme a pu le prouver Christian Eriksen.

Tout n’est donc pas de la faute du pédestre Cesc Fàbregas, qui doit certainement regarder d’un œil agacé son coéquipier Serbe lorsque celui-ci décide d’aller presser de son côté ou plus haut que lui ; ou bien semble lui emprunter un peu trop abusivement les clés de la création lorsque le jeu semble demander une passe plus simple via un relais.

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Chelsea se déploie mais conserve le ballon. Plus qu’une part brute de la possession sur un match qui définirait ce qu’est une équipe « de possession » ; la durée des séquences de possession place Chelsea parmi les meilleures équipes d’Europe, présentant un faible nombre de possessions et un grand nombre de passes durant celles-ci.

Cependant, Chelsea est vulnérable en cas de passe manquée trop tôt (c’est à dire si les engrenages Willian, Matić ou Zouma font le choix de la « hollywood pass »). L’espace dans le dos d’Ivanović est alors balisé tel une piste d’aéroport pour enchaîner rapidement. Ce que Paris pourrait exploiter avec Cavani ou Lavezzi.

Dans les matchs importants et même si Chelsea débute avec un trio Hazard (gauche), Oscar (centre) et Willian (droite) ; Eden Hazard a davantage de libertés et se situe régulièrement hors des deux bandes de 4 en phase défensive, ce afin de pouvoir se rendre disponible sur la largeur afin de contre-attaquer. Conséquence, si Chelsea dispose de deux flèches prêtes à partir en contre-attaque, il reste dangereux d’allouer temps et espace aux milieux adverses si on ne se contente « que » de fermer les côtés. Les orientations de Marco Verratti constituant une autre type de menace que celles réalisées par Mason ou Bentaleb lors de la déroute à White Hart Lane (victoire de Tottenham 5-2).

Que peut faire Paris ?

Epingler Ivanović dans sa moitié de terrain:

La menace d’un joueur rapide et puissant qui garde un positionnement haut (comme l’avait fait Connor Wickham avec Sunderland) pourrait influencer le rapport de force et empêcher Ivanović d’apporter offensivement par son jeu de pivot de l’aile. Conséquence: un manque de largeur pour l’attaque et davantage de distance entre les créateurs, parmi lesquels certains devront libérer des espaces plutôt que les exploiter.

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Marquer individuellement Cesc Fàbregas.

Fàbregas n’a pas de zone de jeu, Fàbregas va partout et voit tout. Aussi dangereux à 20 mètres du but que dans l’arrondi de sa propre surface de réparation, Fàbregas verticaliste le jeu par la passe et alimente ses offensifs si il dispose d’un peu d’espace pour jouer. Un marquage individuel pourrait l’empêcher de se retourner, et on imagine bien le Ramires français Blaise Matuidi aller cadrer énergiquement le milieu Champion du Monde.

Marquer le premier.

Je conclurais cette intervention par le plus beau des poncifs. Chelsea est une machine rôdée et huilée, préparée à tous les scénarios possibles (le match retour face au PSG de l’an dernier reste en mémoire); et gère les matchs à la perfection (raison pour laquelle Mourinho peut s’appuyer sur le même XI à chaque rencontre). Cependant, un Chelsea mené s’expose et peut se précipiter afin de revenir au score. Tottenham en a fait la démonstration au terme d’un match parfaitement maîtrisé. Chelsea est très fort à son propre jeu basé sur l’exploitation des faiblesses de l’adversaire. En revanche, le rapport de force s’inverse si Chelsea doit avancer ses pions avant son adversaire car mené au score.

Sébastien Chapuis (@SeBlueLion)

À retrouver sur Onze Mondial

Tim Cahill, pour tout l’or d’un coup de tête

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« Je n’ai pas peur, je joue chaque match sur le terrain sans peur. Je joue chaque match comme si c’était le dernier. La moitié du combat pour les sportifs, ce que les gens ne comprennent pas, c’est le mental. Je veux être le meilleur dans tout ce que j’entreprends. »

Tim Cahill junior est né d’un mélange plutôt atypique puisque sa mère est Samoane et son père est un immigré de la banlieue de Londres. Toutefois, ses deux parents ont un point commun : ils combattent corps et âmes le sport prédominant en Australie, le rugby. Tim senior est un fan de football et décide de transmettre sa passion à ses fils. Tim Cahill n’a dès lors qu’une idée en tête : jouer au football. Dans les 80s, la famille Cahill vit dans la banlieue de Sydney et c’est alors que les trois frères, Sean (l’ainé), Tim et Chris (le plus jeune), vont passer la majorité de leur temps dans les immenses parcs de la ville. Tim est né et a grandi dans une famille totalement passionnée par le sport et c’est ainsi que sa « carrière » débuta à l’âge de 6 ans.

Après avoir enchaîné plusieurs petits clubs, parfois de « high-schools » ou universitaires, Cahill joue pour deux clubs plus importants : Sydney Olympic et Sydney United. A ce moment très précis, il ne rêve plus que d’une chose : saisir sa chance et partir jouer au foot en Angleterre. Le rêve va se concrétiser grâce aux différents sacrifices de ses parents. Ces derniers s’endettent pour permettre à Tim de tenter l’opportunité qui s’offre à lui, dans la banlieue de Londres, à Millwall. Nous sommes en 1997 et il a 17 ans quand il arrive sur le sol britannique.

Dans une interview, Cahill retrace son départ : « un jour, je suis rentré de l’école et ma mère était en larmes. Elle m’a dit, très simplement : tu veux continuer l’école ou tu veux partir en Angleterre ? Vous savez, mes parents ont été locataires toute leur vie, on a beaucoup déménagé, ça n’a jamais été facile. Je suis une personne bienheureuse ».

L’aventure à Millwall est demeurée selon le principal intéressé celle qui « m’a appris à grandir, à devenir un homme et à réussir dans le football anglais ». Il joue pendant 6 années avec l’équipe professionnelle, après avoir passé une année (la saison 1997-1998) avec les jeunes.

Le point d’orgue de son passage à Millwall est incontestablement la finale de la FA Cup perdue contre Manchester United à la fin de la saison 2003-2004. Millwall, en seconde division, étonne de match en match. Cahill est un artisan majeur de cette campagne. En effet, il marque en quart de finale (un replay à l’extérieur) contre Tranmere, puis en demi-finale, contre Sunderland pour qualifier son équipe. Sa joie ce jour-là est sans égale : il enlève son maillot et court littéralement jusqu’à l’autre bout du terrain. Manchester United s’impose 3-0 en finale mais qu’importe, Millwall se qualifie en Coupe de l’UEFA pour la première fois de son histoire. Cette rencontre sera d’ailleurs la dernière de Tim Cahill au club pour qui il a joué 241 matchs et marqué 58 buts.

Le bleu vous va si bien

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« On m’a dit que je n’étais pas assez bon, pas assez fort ou trop petit. Ça m’a donné une motivation supplémentaire. »

L’été 2004 est très mouvementé, Cahill a quantité d’offres mais c’est bel et bien à Everton qu’il signera. Dès sa première saison, il finit meilleur buteur du club (avec 12 réalisations) ainsi qu’un des meilleurs passeurs. A son arrivée, Everton est dans une position délicate et bataille pour rester dans l’élite. Wayne Rooney vient de quitter le club pour prendre la direction de Manchester United. Le joueur en rigole : « quand Rooney est parti, les supporters ont dû se dire : mais c’est qui ce Tim Cahill ? ». A partir de cette saison, le club n’a fait que de grandir. Everton réalise un parcours admirable en Premier League et sous la houlette de David Moyes, se qualifie pour la Ligue des Champions. De son côté, « Timmy » est élu joueur de l’année par les supporters.

Il laisse au club une empreinte particulière notamment parce qu’il est le meilleur buteur d’Everton dans le Merseyside Derby contre Liverpool. Au-delà des 278 matchs et des 68 buts, c’est surtout sa combativité sur le terrain qui est marquante. L’Angleterre découvre cet homme qui est « meilleur de la tête que du pied » par ses envolées incroyables dans les airs. Tim Cahill n’est pas grand, mesure à peine 1m80 mais est devenu une sorte « d’icône du jeu de tête ». Il a marqué plus de buts de la tête que n’importe quel autre joueur du championnat à l’exception de Peter Crouch sur cette période. En 8 saisons il s’est construit une réputation et tous les supporters d’Everton sont unanimes : Tim is a true Everton legend.

Quand on lui demande avec amusement s’il a parfois mal à la tête, il répond, sur le même ton : « non, pas du tout. Vous savez, j’ai joué avec mes cousins samoans dans mon jardin et je peux vous dire que j’en ai pris des coups à la tête. »

En 2012, Cahill a joué plus de 500 matchs en Angleterre et décide de tenter l’aventure à New York, sur un autre continent « à la recherche d’un nouveau challenge ». Il signe aux New York Red Bulls et devient un coéquipier de Thierry Henry. Son aventure a été une réussite. Il a joué plus de 70 matchs pour une vingtaine de buts, mais a fait partie du projet d’expansion de la MLS, comme l’ont été Henry, Beckham, Dempsey…

En quittant Everton, il déclare : « après les Toffees, je n’avais aucune envie de rejoindre un autre club de Premier League. » En 2 ans, ses fameux buts de la tête se sont enchainés et il a continué de tourmenter les poteaux de corner de sa célèbre célébration. Cependant, un des moments clés de son passage à New York a été un but inscrit d’une somptueuse reprise de volée. Ce but marqué après seulement 7 secondes de jeu  est devenu le but le plus rapide de l’histoire de la MLS.

L’emblème de tout un pays

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Si la carrière de Tim Cahill a été particulièrement réussie en club, c’est surtout pour sa contribution en équipe nationale qu’il restera dans les mémoires. Bien qu’il ait évolué dans les équipes de jeunes des Samoa, il choisit d’évoluer pour les Socceroos. Sa carrière se définie par des mots comme « professionnalisme » ou « loyauté », et ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les différentes personnes qui ont eu la chance de le cotoyer. Lui-même juge qu’à force de travail, il y a toujours une récompense. Il joue sa première rencontre en 2004, puis les Jeux Olympiques la même année.

Il a décroché tous les honneurs avec l’Australie. D’abord, en 2006, l’Australie se qualifie pour la Coupe du Monde en Allemagne, une première depuis 1974. Dans un final épique d’un barrage contre l’Uruguay, l’Australie retrouve la plus prestigieuse des compétitions mondiales. Contre le Japon, alors que l’équipe est menée 1-0 et qu’il ne reste que peu de temps à jouer, Cahill égalise et devient par incidence le premier joueur de l’Australie a marqué en Coupe du Monde. Il inscrira un doublé dans cette rencontre. L’année suivante, il devient le premier buteur de l’Australie à marquer en Coupe d’Asie. En 2014, il rentre dans le cercle très fermé des joueurs à avoir marqué lors de trois coupes du monde. Nul besoin de rappeler ses deux buts au Brésil, notamment celui qui a fait le tour de la planète contre les Pays Bas. Quelques mois auparavant, 10 ans après avoir débuté en sélection, il est devenu le meilleur buteur de l’histoire de l’Australie, contre l’Equateur, en inscrivant ses 30 et 31e buts.

L’Australie, l’équipe autant que la nation, représentent une famille pour lui. Et justement, sa famille, celle constituée de sa femme et de ses 4 enfants a une importance primordiale – autant pour le motiver continuellement que comme raison de son succès. Pour l’anecdote, Cahill s’est marié en 2010 avec Rebekah après 17 ans de vie commune. En 1997, quand Cahill atterrit en Angleterre sans aucune garantie de réussite, il implore celle qui est alors sa « copine » de venir le rejoindre. A propos de sa famille qui a tout sacrifié pour lui, il souligne régulièrement le mérite de ses parents. Sa mère « travaillait 12 heures par jour dans une usine ». Dans une interview accordée au journal The Australian il confie avoir « envoyé son premier salaire à ses parents pour les rembourses ». Pour conclure, il dit : « la motivation vient du fait que je suis obligé de réussir pour les gens qui comptent sur moi, pas seulement ma famille, mes enfants également, les gens qui me soutiennent et ceux qui ont déjà dit que j’étais un bon joueur. » 

Ses enfants aussi, il en est très fier. Un d’eux, Kyah, a eu l’occasion de prouver à son père qu’il avait les mêmes gênes de « vainqueur » : 7 septembre 2013, le jeune homme âgé de 11 ans chante l’hymne national des Etats Unis devant tout un stade, 20 mètres devant son père. Cahill est ému et puisqu’il n’y a jamais de coïncidence dans le football, marquera le but de la victoire des New York Red Bulls ce jour-là, contre DC United.

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Aussi, Cahill veut profiter de son statut de « légende » du football australien pour justement aider ce dernier à se développer. Parmi d’autres, le programme « Foxtel All Stars Tim Cahill Academy » fondé en 2013 vise à encadrer et à former les enfants de 6 à 11 ans. Des sites sont localisés dans plusieurs grandes villes de l’Australie et Cahill y consacre du temps. Il s’implique et rencontre les jeunes « stagiaires ». En 2011, le joueur avait créé les « Tim Cahill Coaching Clinics » qui ont pour but d’enrichir l’engouement et la passion des jeunes australiens pour le football. Le premier rassemblement a été organisé à Sydney.

Il y a quelques jours, l’Australie a remporté la Coupe d’Asie organisée sur ses terres. Une première depuis l’intégration à la zone Asie en 2006. Tim Cahill s’est illustré en marquant à trois reprises, notamment en quart de finale contre la Chine avec une superbe retournée acrobatique. « Tim Cahill has done it again » est une phrase qui est revenue à maintes et maintes reprises tant il a régulièrement sauvé l’équipe. Difficile de savoir s’il aura l’occasion de revêtir le maillot jaune et vert à nouveau, mais le Boxing Kangaroo a inscrit 39 buts en 82 sélections. « Le coach sait quels sont mes plans pour l’équipe nationale. Je suis toujours disponible sur et en dehors du terrain. La décision lui appartient, c’est une personne qui a changé le football en Australie. »

Tim Cahill, libre de tout contrat, vient de s’engager avec Shanghai Shengua, coaché par Francis Gillot et ancien club de Didier Drogba et Nicolas Anelka. Il a avoué avoir rejeté l’offre de David Moyes qui l’invitait à le rejoindre à la Real Sociedad. Sûr de son fait, « Timmy » assure vouloir contribuer au développement du football en Chine.

« J’ai discuté avec David Moyes, Thierry Henry, le propriétaire d’Everton Bill Kenright et Ange Postecoglou. Je n’ai jamais couru après l’argent. Si cela avait été le cas, je serai parti au Qatar ou en Chine il y a 4 ans. » Avant de reprendre : « Savoir que j’aurais pu retourner en Premier League, en Liga ou d’autres endroits… les gens parlent d’argent et de ce genre de choses mais je suis à un nouveau cap de ma carrière. »

La passion et l’engouement qu’il suscite sur chacune de ses performances resteront dans les mémoires. Toutes nos pensées vont aux poteaux de corner en Chine car le seul australien de l’histoire à être nommé dans une liste (certes étendue) du Ballon d’Or (2006) a encore des ressources.

@Backothedoc

Additional reading material… 

http://www.smh.com.au/sport/soccer/tim-cahill-signs-with-chinese-super-league-side-shanghai-shenhua-20150203-134kgn.html

http://www.theguardian.com/football/blog/2014/jun/17/the-joy-of-six-tim-cahill

https://www.youtube.com/watch?v=1nj9hgTVAXU

http://www.theaustralian.com.au/archive/sportold/tim-cahill-chases-dream/story-fn4l4sip-1225867179209

http://www.soccerwire.com/news/clubs/youth-boys/tim-cahill-inspires-next-generation-of-australian-soccer-players-with-academy-program/

http://www.timcahill.com/old-personal/about-tim-cahill/tims-milestones.html

http://espn.go.com/espnradio/grantland/player?id=10635822

http://espn.go.com/sports/soccer/story/_/id/8254773/tim-cahill-reflects-everton-career-roger-bennett

http://www.socceroos.com.au/article/china-bound-cahill-reveals-late-offer-from-la-liga/l5jqf202a0q21tjto7jbyqmei

http://www.foxtelallstars.com.au/football/tim-cahill-academy/

Portrait : Ward-Prowse ou le futur des Three Lions

Ces dernières années, les choses n’ont jamais vraiment été faciles pour les Three Lions, la sélection anglaise, certainement beaucoup trop attendue dans les compétitions internationales. Cependant, une nouvelle génération de jeunes joueurs est en train de mûrir et d’éclore. Les clubs anglais possèdent des centres académiques et de formation compétents, qui cherchent avant tout à développer des jeunes joueurs talentueux. Southampton en est un très bon exemple: cette équipe du sud de l’Angleterre a formé, au fil des années, des joueurs tels que Gareth Bale, Oxlade Chamberlain ou encore Theo Walcott. Après une saison très satisfaisant sous la botte de Mauricio Pochettino, de nouveaux joueurs ont quitté le club pour tenter l’aventure ailleurs, dans de plus grosses écuries: Luke Shaw, Calum Chambers, Adam Lallana. Toutefois, quelques-uns sont restés, malgré une bonne saison en 2013-2014 et c’est le cas de James Ward-Prowse.

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Une pépite à l’avenir radieux 

Né à Portsmouth le 1er Novembre 1994, James Michael Edward Ward-Prowse a intégré le club de Southampton à huit ans, bien que les membres de sa famille supportent les ennemis jurés des Saints, les Pompeys de Portsmouth. Il a débuté avec l’équipe A de Southampton à l’âge de 16 ans lors d’un match de la coupe de la Ligue contre Crystal Palace. Ward-Prowse compte aujourd’hui 76 apparitions toutes compétitions confondues, mais n’a marqué qu’un seul but pour le club: c’était lors de sa seconde titularisation en FA Cup. Contrairement à d’autres jeunes talents dans le football moderne, « Prowsey » n’a jamais été prêté à un autre club. L’entraineur des Saints de l’époque, Nigel Adkins, l’a fait débuter en Premier League lors de la saison 2012-13, assez souvent comme remplaçant. Le jeune prodige a utilisé cette saison pour accumuler de l’expérience et du temps de jeu. N’ayant vu qu’un seul club, il n’avait en effet jamais joué en Premier League ou en Championship. Désormais, il est l’un des éléments clés de l’équipe de Ronald Koeman. Ses statistiques sont également flatteuses, puisqu’il compte déjà six passes décisives cette saison.

Whoscored

James Ward-Prowse est polyvalent. Avec Nigel Adkins et Mauricio Pochettino, Southampton évoluait la plupart du temps en 4-2-3-1. Il formait souvent avec Morgan Schneiderlin, Jack Cork ou Victor Wanyama le duo juste devant la défense. Cependant, il n’a pas le même style que ces trois joueurs: il n’est pas aussi défensif et n’a pas le gabarit de  Cork et Wanyama et il n’a pas l’activité d’un box to box midfielder comme Schneiderlin. Dans cette configuration là, il avait plus le profil d’un meneur de jeu en retrait. C’est un passeur très compétent (plus de 85% de passes réussies lors de ses deux premières saisons) et il a une très bonne vision de jeu. Cela lui est utile pour créer des occasions: c’est un joueur avec un très bon « footballing brain ». Avec l’arrivée du technicien hollandais Koeman, et les départs de beaucoup de joueurs (surtout celui d’Adam Lallana vers Liverpool), Prowsey s’est vu attribué un rôle un peu différent avec le 4-3-3 ou le 4-2-3-1 de Koeman. Il a été testé à beaucoup de postes.

Maître artificier

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Nous avons évoqué ses capacités à faire des passes correctement lorsqu’il joue dans l’axe, Ward-Prowse est également un très bon centreur. A plusieurs reprises, il a débuté sur le côté droit où il compense son manque de vitesse par des centres afin de créer des occasions. Par ailleurs, lorsqu’il débute à droite, c’est parce que Dusan Tadic est dans le XI de départ. Ronald Koeman donne de la liberté particulièrement à ces deux joueurs: ils permutent donc beaucoup et cela permet à Ward-Prowse d’apporter toutes ses qualités dans le jeu de Southampton.

Mais la qualité qui prime sur les autres reste les coups de pied arrêtés. Il possède une très bonne technique de tirs, mais ce qui impressionne le plus au-delà de son aisance, c’est la régularité dans la qualité de ces derniers. Il est très rare que ses coups de pied arrêtés ne soient pas dangereux.

A 20 ans, il n’a jamais été convoqué par Roy Hodgson en sélection nationale. Il fait cependant partie depuis 2013 des U21, et y est un élément très important (13 sélections pour 3 buts). Lors du tournoi de Toulon 2014, il a marqué contre le Brésil d’un de ses fameux coups francs à tel point que ce but a été élu plus beau but du tournoi. A l’allure dont il progresse en ce moment, ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’il fasse définitivement partie de la sélection anglaise « senior ». Au jeu des pronostics, nous pouvons nous risquer à dire que Ward-Prowse sera rapidement un élément clé de l’Angleterre pour les années à venir. La réussite pourrait bien passer par lui.

 Crédits: Zimbio/FA pour les photos, WhoScored pour les données chiffrées. 

@Tyo_EFC

Everton : sauver le travail accompli ces dernières années

My Premier League donne aujourd’hui la parole à un grand supporter des Toffees d’Everton qui est également un admirateur de Southampton et surtout de James Ward-Prowse et ses coups de pieds arrêtés. Vous pouvez le retrouver sur Twitter @Tyo_EFC. Le club traverse une période difficile bien loin des attentes de pré-saison et des résultats de la saison passée. A travers cette équipe, nous passerons en revue ces problèmes en nous efforçant de proposer des explications. Postulat pris, à vous. 

Pour les « Evertonians », la saison 2013-14 fut magique. En réalité, au début, l’arrivée de Roberto Martinez en provenance de Wigan n’inspirait pas toujours confiance à l’unanimité chez les supporters. Lors de la saison précédente, l’Espagnol n’était pas parvenu à sauver Wigan Athletic de la relégation, bien qu’il ait réussi l’exploit de remporter la FA Cup, en battant Manchester City (voir notre article : Comment Wigan a remporté la FA Cup ?).

Il a néanmoins réussi à gagner la confiance des supporters d’Everton très rapidement. Les résultats sont stupéfiants dès la première saison : 5ème au classement final de la PL, record du nombre de points battus, qualifié pour la Ligue Europa (pour la première fois depuis 5 ans),  style de jeu très attirant (oui, il est quand même espagnol). Ces résultats auraient été suffisants pour obtenir la 4ème place lors d’une autre saison « lambda », celle qui qualifie l’équipe pour le barrage de la C1. Pas de chance pour Everton, la saison dernière a été particulièrement compétitive et les records de points n’ont cessé de tomber.

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Malheureusement, cette saison 2014-15 n’est pour l’instant pas une réussite pour les hommes de Martinez, après 21 journées, les « Toffees » ne comptent seulement 22 points, et ne sont que 12ème au classement. Essayons de voir qui ce qui a pu se passer pour en arriver là.

  • Equipe vieillissante

Everton n’a pas joué de compétition européenne depuis la saison 2009-10, et il faut se le dire clairement, l’équipe n’a pas eu énormément de nouvelles recrues, principalement à cause de budgets très limités. Le club a tout de même investi beaucoup d’argent sur des jeunes talents prometteurs, tels que James McCarthy et Romelu Lukaku, ce qui prouve l’ambition d’Everton. Cependant, David Moyes a laissé à Martinez une équipe vieillissante: Phil Jagielka, Sylvain Distin, Leighton Baines, Leon Osman, Tim Howard sont des membres indiscutable de l’équipe mais qui se rapprochent doucement de la fin de carrière – d’autres moins que d’autres, certes. L’arrivée de Gareth Barry, aussi important qu’il soit pour Everton, n’arrange pas ce coté vieillissant de l’équipe.

Ceci ne s’est pas trop vu la saison dernière, car ils n’ont pas joué de compétition européenne, mais cette saison, ils doivent très souvent enchaînér trois matchs en l’espace de huit jours, et les joueurs que j’ai cité précédemment peinent à être dans une condition optimale sur chaque rencontre. Martinez met la Ligue Europa très en valeur, et les conséquences se voient très clairement en championnat.

Date Match Score Compétition
18/09/2014 Everton vs VfL Wolfsburg 4-1 (V) Ligue Europa
21/09/2014 Everton vs Crystal Palace 2-3 (D) Premier League
02/10/2014 Krasnodar vs Everton 1-1 (N) Ligue Europa
05/10/2014 Manchester United vs Everton 2-1 (D) Premier League
23/10/2014 Lille vs Everton 0-0 (N) Ligue Europa
26/10/2014 Burnley vs Everton 1-3 (V) Premier League
06/11/2014 Everton vs Lille 3-0 (V) Ligue Europa
09/11/2014 Sunderland vs Everton 1-1 (N) Premier League
27/11/2014 VfL Wolfsburg vs Everton 0-2 (V) Ligue Europa
30/11/2014 Tottenham vs Everton 2-1 (D) Premier League

Une seule victoire lors de la rencontre suivant un match de la phase de poules de l’Europa League pour les Blues…  Si les résultats en Europe sont plus que satisfaisants, « l’Europa League hangover » se sent très clairement.

  • Les joueurs sont-ils en manque de confiance?

Aucune autre équipe n’a fait plus d’erreurs qui ont conduit directement à un but adverse (le fameux « Mistakes leading to goals ») qu’Everton. Les Toffees en ont fait 10 cette saison (les deuxièmes sont Sunderland et Liverpool, et ils en ont fait 6).

Défensivement, les hommes de Martinez semblent avoir perdu les bonnes habitudes de la saison dernière. Ils avaient 15 « clean sheets » sur toute la saison. A ce jour, cette saison, ils n’en ont que 3 sur 21 matchs. Idem pour le nombre de buts concédés, 34 (seuls les QPR ont concédé plus de buts), contre 39 sur toute la saison dernière.

Sur les buts qu’Everton a concédé, ce sont souvent les bases de la défense au football qui ne sont pas bien appliquées. Par exemple le troisième but de Newcastle:

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Les quatre défenseurs (Coleman, Alcaraz, Distin et Garbutt) sont entourés en noir. Deux choses ne vont pas ici:

  • Une trop grande distance entre Coleman et Alcaraz permet à Colback de faire un appel dans le dos de Barkley.
  • Les quatre défenseurs ne forment pas du tout une ligne, Alcaraz est fautif.

Evidemment, un meilleur contrôle de balle de Ross Barkley aurait pu empêcher le but, mais la charnière ne fait pas ce qui lui est demandé.

Le positionnement de la charnière centrale est également remis en cause pour le deuxième but d’Hull City.

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Cette fois-ci, Martinez aligne une défense à trois, comme il avait l’habitude de faire avec Wigan. Une charnière composée de Phil Jagielka, Antolin Alcaraz et Gareth Barry. De même que précédemment, la ligne défensive est inexistante, Jagielka qui s’avance trop, et Barry qui couvre Jelavic.

Ce sont des erreurs défensives rudimentaires qu’Everton n’a pas commis la saison dernière, où les traces de David Moyes (défense disciplinée) se voyaient encore sans doute.

  • Martinez a-t-il quelque chose à se reprocher ?

Everton joue exactement de la même manière que la saison dernière: Martinez privilégie la possession de balle et un jeu attractif, avec notamment beaucoup de passes courtes dans les trente premiers mètres. Les défenseurs axiaux, Jagielka, Stones, Distin et Alcaraz touchent ainsi beaucoup plus le ballon comparé au style de David Moyes. Mais le fait de jouer tout le temps avec le même style souligne le manque de flexibilité du tacticien espagnol. Les autres équipes savent ainsi comment poser des difficultés à cette équipe, qui joue avec une tactique très peu variée. Résultat, sur beaucoup de matchs cette saison, Everton passe beaucoup de son temps à faire des passes dans son propre camp (4ème « meilleure » équipe dans cette catégorie !). La réticence de Martinez à jouer un style plus direct fait qu’Everton devient très prévisible. Ils ont moins créé et tiré par rapport à l’année dernière.

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(traduction des termes: Shots = tirs ; chances created = occasions crées ; successful passes = passes réussies ; successful passes in own half = passes réussies dans sa moitié de terrain)

Les fans se sont également posés des questions concernant le choix de certains onze de départ cette saison. On a vu Baines jouer en 10, ainsi qu’en milieu défensif. Personnellement, je ne l’ai trouvé pas si mal que ça au milieu de terrain. En revanche, aligner Samuel Eto’o, Ross Barkley et Steven Naismith tous en même temps présente très peu d’intérêt, puisque les trois joueurs préfèrent jouer dans l’axe. Dans certaines rencontres, le jeu des Toffees est affecté, il manque de largeur.

                Malgré tous ces problèmes rencontrés par Everton depuis le début de la saison, Martinez sait surement où et sur quoi il faut agir. Les deux dernières performances, contre Manchester City et West Ham, montrent déjà d’énormes signes d’améliorations. On peut implicitement et intuitivement se demander si ce ne sont pas les joueurs qui ont demandé à Roberto Martinez de jouer un style de jeu plus direct. Une autre chose que nous ne pouvons pas retirer de cette équipe d’Everton est la totale implication de l’ensemble des joueurs, qui travaillent dur pour le bien de l’équipe et de leur supporters… « The People’s Club » a des ressources et nous allons voir s’ils peuvent réagir avant qu’il ne soit trop tard.

Quand la discipline défensive fait gagner Arsenal

Pour clôturer la 22e journée de la Premier League, Manchester City (2nd) recevait Arsenal (6e avant la rencontre). La rencontre s’annonçait difficile pour les visiteurs tant ils ont du mal à l’extérieur face aux « gros » et ce n’est pas le déplacement à l’Etihad, forteresse presque imprenable des locaux, qui allait les rassurer. Pourtant, au terme de la rencontre les Gunners se sont imposés 2-0, résultat on ne peut plus logique.

Arsenal a (au moins momentanément) fait taire les critiques sur son habilité à contenir de grosses écuries, soit parce que bien trop souvent ils ont été totalement submergées par les assauts adverses soit parce qu’ils n’ont pas su tenir pendant 90 minutes un bon début de match. Afin de mieux comprendre la manière dont Arsenal a manœuvré, nous allons à travers cet article nous focaliser sur la discipline et la rigueur qu’Arsène Wenger a mis en place lors de la rencontre.

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Arsenal récupérait un effectif presque complet avant la rencontre mais doit pallier l’absence de Debuchy. Pour cela, Wenger aligne Bellerin, 19 ans, au poste d’arrière droit avec le reste de la défense « type ». Coquelin, dans la continuité de ses bonnes performances est titulaire, Ramsey de retour de blessure et Cazorla excellent dans l’axe récemment complètent le milieu de terrain. Pas de surprise devant.

Un début de rencontre parfait

Arsenal entame la rencontre pied au plancher avec la ferme intention d’empêcher une première relance facile pour Manchester City. L’équipe est relativement haute sur le terrain et bien organisée. Sur le cliché ci-dessous, on aperçoit aisément le milieu à 3 complété le travail des ailiers pour forcer l’adversaire à jouer sur l’aile pour mieux « l’enfermer ».

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Dans le final third, Manchester City ne trouve pas d’ouverture pour « casser » le bloc défensif d’Arsenal. On distingue deux lignes de 4, homogènes et coordonnées. En effet, un des deux relayeurs sort souvent pour gêner le porteur de balle. City n’a nul autre choix que de faire tourner le ballon, en vain, à l’image d’Arsenal régulièrement.

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A l’inverse des rencontres précédentes et du scénario presque « habituel », Arsenal apporte du soutien à ses défenseurs. Le milieu est dense et quand Manchester City oriente sur l’aile, les défenseurs latéraux ne se retrouvent pas en 1 v 1 puisque un milieu vient apporter du soutien. Les Citizens ont largement la possession de balle mais peinent à se créer des occasions, le double rideau d’Arsenal est imperméable.

Dans l’axe, la densité du bloc et l’étonnante application des joueurs d’Arsenal empêche Manchester City de trouver ses joueurs – Milner, Silva notamment – entre les lignes. Ramsey ou Coquelin montent régulièrement sur Fernando ou Fernandinho qui ne peuvent trouver la passe parfaite.

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Un positionnement astucieux

Arsenal va profiter de sa solidité défensive pour conclure les premières vingt minutes par un but, certes sur un penalty transformé par Cazorla à la 24e minute. Dans la majorité des cas, après l’ouverture du score, Arsenal recule, cède du terrain et se relâche – tant au niveau du pressing que du positionnement. Contre Manchester City, les Gunners sont restés sur le même modèle à tel point que les Citizens n’ont jamais vraiment réussi à les inquiéter en première période.

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Manchester City cherche son créateur principal, David Silva, qui essaie de se faufiler entre les lignes d’Arsenal. Même balle au pied, Silva est bloqué : il y a un pressing immédiat sur lui par un ou plusieurs joueurs. Le problème est le même pour ses coéquipiers : ils sont muselés et l’Espagnol n’a pas la possibilité d’orienter efficacement le jeu. Dans le même temps, Fernandinho ou Fernando tentent des montées pour lui offrir des solutions. Le problème est qu’ils n’arrivent visiblement pas à s’entendre ni à se coordonner.

David Silva est donc totalement muet. Rares sont les fois où ils arrivent à recevoir le ballon, encore moins dans une position favorable pour aller de l’avant. Ci-dessous, Alexis le force à repartir vers l’arrière.

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En seconde période, Arsenal va lâcher un peu de mou et se livrer un petit peu plus. On aurait pu croire qu’Arsenal craque et cela aurait pu être le cas car les joueurs sont régulièrement partis en contre pour tenter de mettre le second but. Toutefois, la présence d’un véritable milieu défensif (Coquelin) empêche Arsenal d’être en infériorité numérique quand l’équipe part vers l’avant. Mais face au second du championnat, chez lui, ils ont su ne pas prendre de risques inconsidérés – qui auraient facilement pu avoir des conséquences dramatiques.

Derrière, Arsenal inscrit le deuxième but (par Giroud à la 64e) et continue de garder la tête haute face aux Citizens qui tentent de réagir en faisant rentrer Lampard, Jovetic et Dzeko. Ci-dessous, le premier tente de passer la balle à un coéquipier mais est entouré de trois joueurs d’Arsenal dont Giroud, qui est revenu bas.

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Manchester City attaque en situation d’infériorité numérique et cela se voit assez largement, comme dans le cliché qui va suivre. Arsenal a souvent du mal à contenir les percées dans l’axe et ouvre par incidence les ailes pour compenser. Dans le cas précis, Lampard est entouré de 5 joueurs, ni plus ni moins mais le positionnement de ces derniers l’empêche de servir Silva à droite.

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Un contraste saisissant avec le match aller

En septembre dernier, les deux équipes s’étaient quittées sur un score de parité de 2-2. Le match était beaucoup plus débridé et Arsenal s’était beaucoup plus exposé aux foudroyantes percées des Citizens. Au-delà de l’aspect tactique et disciplinaire, deux postes ont influé sur les différents résultats.

D’abord, le milieu défensif en la personne de Francis Coquelin. Le Français revenu de Charlton où il était prêté a fait son trou et est devenu un titulaire dans le système d’Arsène Wenger. Contre Manchester City, il a eu un rôle déterminant pour son équipe, en témoigne les duels qu’il a remporté.

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Il a complètement dominé le milieu de terrain. De plus, il a réalisé 11 « clearances » (dégagements) et effectué 6 interceptions. C’est par son positionnement qui lui permet d’être au bon endroit pour prévenir du danger et éventuellement intervenir qu’il est efficace.

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Si l’on garde en tête les différents clichés exposés ci-dessus, il est difficile de comprendre comment Arsenal a pu se métamorphoser contre le même adversaire (certes orphelin de Yaya Touré et Nasri dans l’entrejeu). Arsenal était déjà débordé après moins de 10 minutes de jeu. Ce scénario s’est souvent répété cette saison : la défense est exposée, sans protection et, par incidence, est automatiquement en danger. Il est difficile d’interpréter cette situation tant l’organisation d’Arsenal semble pour le coup, désorganisée.

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Lors du dernier match entre les deux équipes, Manchester City s’était notamment distingué par ses très rapides projections vers l’avant favorisées par des transitions efficaces. Arsenal n’avait jamais cherché à empêcher la première relance et l’enchainement est évident.

Enfin, l’autre point fondamental concerne le positionnement des arrières latéraux. A l’inverse du match – et d’innombrables autres rencontres – ils ne se sont pas livrés en jouant trop haut. Ainsi, leurs éventuelles montées étaient réfléchies et compensées par la couverture des milieux. Souvent, le positionnement fait défaut : les latéraux d’Arsenal sont pris dans leur dos car ils jouent haut et ne redescendent pas (assez rapidement). De ce fait, l’équipe se retrouve en infériorité numérique sur le contre adverse.

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Positionnement moyen des joueurs contre Liverpool, 2-2

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Positionnement moyen des joueurs contre Manchester City

Conclusion

Arsenal a probablement livré sa meilleure performance de la saison si l’on considère l’adversaire en face. Par son milieu de terrain densifié, l’équipe a réussi à couper les passes entre les lignes, de ce fait, les joueurs que sont Silva et Milner n’ont pas pu imposer leur style et influer sur le match. Ce match, cependant, a représenté l’antithèse de l’Arsenal Wengerien que l’on connait : possession de balle en dessous des 40% et jeu en contre. Arsenal a peut-être trouvé sa formule pour concurrencer les cadors. Toutefois, l’équipe va devoir confirmer ce résultat contre d’autres équipes du même acabit pour tirer un constat plus clair de ses capacités.

Crédits : Squawka et Whoscored. 

Portrait : qui es-tu Massimo Luongo ?

Alors que l’Australie accueille pour la première fois l’édition 2015 de la Coupe d’Asie, Massimo Luongo devient petit à petit une pièce maitresse des Socceroos. Il a été élu homme du match lors de la rencontre contre Koweit, a marqué un but et a délivré deux passes décisives sur les deux premières rencontres. Mais qui est réellement ce joueur qui joue en League One, troisième division anglaise, à Swindon Town ?

« Mass » Luongo est né à Sydney et à seulement 22 ans, sa carrière pourrait être à un tournant décisif. Mais revenons avant toute chose sur le début de son parcours. Il commence par faire ses gammes dans un club de la banlieue de Sydney, fondé par des immigrés italiens. En 2011 il fait un essai à Tottenham et le club décide finalement de lui faire signer un contrat. Il joue avec les équipes de jeunes des Spurs puis le club le prête dans un premier temps à Ipswich l’année suivante. Cette expérience n’est pas franchement une réussite pour le joueur et il revient dans son club propriétaire quelques mois plus tard.

Dans le courant de l’année 2013, Luongo est de nouveau prêté en division inférieure, cette fois-ci en 3e division, à Swindon Town. Dans son nouveau club il obtient du temps de jeu régulier ce qui lui permet de progresser et de se former au football anglais. A la fin de la saison, Swindon décide de le conserver définitivement et le signe pour à peu près 500.000€.

Un nouveau départ après l’échec à Tottenham 

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La saison 2013/2014 lance définitivement sa carrière : il joue 53 rencontres toutes compétitions confondues dont 44 en championnat. Ainsi, il devient un élément principal de l’équipe qui ne finira que 8e cette saison-là. Luongo épate son entraineur et le club est contraint de repousser plusieurs offres d’autres clubs le concernant : il restera au club quoi qu’il advienne.  2014 est également un succès pour lui au niveau nationale : alors qu’auparavant il n’avait que très peu joué avec la sélection U20 de l’Australie, il obtient sa première sélection avec l’Australie en mars contre l’Equateur et fait partie du groupe des 23 au mondial brésilien. Cependant, il ne prend part à aucune rencontre. Pour le dernier match de préparation de l’Australie avant la Coupe d’Asie, il est titulaire contre le Japon et confirme qu’il est un nouvel élément clé des Socceroos.

L’épisode actuel est beaucoup plus réussi pour Swindon Town qui, à l’heure où nous bouclions ces lignes, venait de s’emparer de la première place en championnat. Alors que la moitié de la saison vient de s’achever, Luongo a déjà disputé 21 rencontres, marqué 3 buts et donné 5 passes décisives. Mais en ce moment, Mass Luongo est en Australie son équipe nationale.

Nous l’avons dit, il réalise un excellent début de compétition. En quelques mois seulement il est devenu une pièce maîtresse du système tactique d’Ange Postecoglou, le sélectionneur. Dans le 433 du tacticien, il joue en position de #8 et sa faculté à faire le lien entre la défense et l’attaque est une aubaine pour l’équipe. Mais Postecoglou le savait avant le lancement de la Coupe d’Asie : Luongo était déjà ressorti du lot contre la Belgique et l’Arabie Saoudite quelques mois plus tôt, en amical.

2014, année riche qui coïncide avec une intégration internationale 

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Les 12 derniers mois ont été marquants pour celui qui aurait pu choisir l’Italie (par son père) ou l’Indonésie (par sa mère). C’est très simple : il reçoit des louanges de partout. Son entraîneur à Swindon, Mark Cooper, met en avant son implication et sa volonté constante de bien faire. En début de saison, ce dernier a reconnu que « la liste des prétendants voulant le faire signer ne faisait que de s’élargir ». Avant de reprendre de manière élogieuse : « Quand je vois des milieux de terrain je me dis qu’il pourrait certainement concurrencer ceux de Premier League. S’il continue ainsi, il pourra jouer où il veut, pour moi il n’y aucun doute qu’il pourra jouer au plus haut niveau. » La Premier League justement, il ne l’a connu qu’une seule fois avec Tottenham, mais c’était il y a quelques années. Depuis, il a beaucoup évolué.

Les commentaires fusent également de la sélection nationale. D’abord, Ange Postecoglou qui, il y a quelques mois disait de lui : « Je le vois grandir et exceller en tant que footballeur international, mais nous devons lui donner les opportunités nécessaires. » Il y a quelques jours, après sa performance d’homme du match, il est revenu sur la performance de « Mass » : « C’est un de ceux qui a eu son baptême du feu sur les 14 derniers mois. Un de ceux avec qui nous avons travaillé, persévéré et mis dans des situations compliqués. C’est un danger devant le but pour l’adversaire, qu’il marque ou qu’il crée le but. » Enfin, c’est ses coéquipiers qui le mettent sur le devant de la scène. Tim Cahill a tenu à dire tout le bien qu’il pensait de son coéquipier : « Massimo sait que je suis son plus grand fan, mais le seul moyen pour les joueurs de s’affirmer sur la scène international c’est d’être régulier. Le match contre le Koweit était un match où quelqu’un devait saisir sa chance de sortir du lot et il l’a fait. » Enfin, c’est Bresciano qui montre qu’il n’est pas rancunier d’avoir dû céder sa place : « C’est un gamin pour lequel j’ai toujours eu beaucoup d’estime. J’ai toujours su que c’était un excellent passeur. Il l’a montré sur le terrain et ce n’est pas une surprise pour moi. »

Face à tous ces compliments, il y a toutefois la nécessité de garder les pieds sur terre. Luongo a prouvé qu’il savait rester humble, notamment sur la dernière année et il devra encore confirmer pour s’affirmer. S’il ne joue qu’en 3e division, il aura sans doute de passer à l’étape supérieure dès cet été. A ce moment-là, nous saurons vraiment s’il a l’étoffe d’un futur grand joueur.

Crédits: Goal, Fourfourtwo, SBS, Transfermarkt et Flic Wiltshire.

Tottenham 5-3 Chelsea: l’analyse tactique

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Tottenham a fait tomber Chelsea de son fauteuil de leader de la Premier League à l’occasion d’une retentissante victoire 5-3. MyPremierLeague vous propose de revenir sur cette rencontre en amenant un éclairage sur un résultat qui va marquer la saison 2014/2015 de Premier League.

  • Déroulement du match
  • Le plan de jeu de Tottenham
  • Le plan de jeu de Chelsea
  • Les enseignements du match
  • Analyse des buts de Tottenham
  • Conclusion

Les deux équipes bouclaient le programme des fêtes avec cette 4e rencontre en 11 jours. Tottenham est venu à bout de Burnley (2-1) puis a ramené les trois points de Leicester (1-2) au Boxing Day. Après avoir partagé les points contre Manchester United (0-0), Tottenham s’est donc imposé face à Chelsea (5-3).
Chelsea s’est rendu la tâche aisée en marquant rapidement à Stoke (0-2) puis a réalisé son match le plus abouti de la saison face à West Ham (2-0). Les Blues ont ensuite buté sur la défense de Southampton (1-1) avant de s’incliner chez leur  voisin Londonien.

Déroulement du match:

Suite à une entame convaincante de Tottenham qui presse d’entrée son hôte, Chelsea ouvre le score suite à un exploit individuel d’Hazard lancé par Courtois, la frappe du Belge sur le poteau sera reprise victorieusement par Costa au quart d’heure de jeu. Deux coups de boutoir des Blues vont aboutir à une situation litigieuse dans la surface puis une occasion d’Oscar, lancé par Hazard

Vont suivre dix minutes de domination de Chelsea à travers une maitrise de la possession et des seconds ballons. Tottenham va revenir dans la partie grâce à l’égalisation de Kane. Les approximations de Willian et Cahill vont permettre à Rose et Townsend (sur penalty) d’inscrire deux nouveaux buts avant la pause.

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Contraint à prendre plus de risques offensivement, Chelsea va se découvrir et concéder des situations dangereuses dès la reprise du jeu ; Kane portant le score à 4-1. Si Hazard a réduit le score à 4-2, Chelsea n’a pas su concrétiser son temps fort qui a suivi le but du Belge et a vu s’éloigner l’opportunité de revenir dans la partie. Chadli a inscrit le 5e but de Tottenham à un quart d’heure de la fin, rendant anecdotique le but de Terry (son 3e en 4 journées) en toute fin de match.

Le plan de jeu de Tottenham

A la suite d’un début de saison mi-figue mi-raisin dans lequel Tottenham n’a pas su enchaîner les bonnes performances (difficulté à se mettre au niveau des exigences athlétiques et mentales posées par l’enchaînement des rencontres dues à la participation à l’Europa League), Mauricio Pochettino a effectué quelques ajustements tactiques. Initialement organisé dans 4231 qui s’installe dans la moitié adverse afin de déployer un jeu de position patient tout en opérant un pressing offensif dès la perte du ballon, l’équipe de Mauricio Pochettino s’appuie sur une autre formule depuis le succès contre Everton fin Novembre. Celle-ci repose désormais sur un système en 442 visant à réduire les espaces dans la moitié défensive tout en profitant des opportunités en contre-attaque.

Tottenham+Hotspur+v+Chelsea+Premier+League+Y_auJU8HeNPlCependant, cette évolution conjoncturelle n’a pas eu d’incidence sur les principes du jeu de position prôné par Pochettino dont la maîtrise par les joueurs est en net progrès depuis plusieurs semaines. Si la présence de Mason, Townsend, Kane et Chadli permet d’amener de la profondeur au jeu par des courses, l’occupation des zones offensives constitue toujours un enjeu majeur. En se déployant sur toute la largeur du terrain grâce au positionnement haut des latéraux en phase offensive, cela permet à Eriksen et Chadli de trouver des espaces au cœur du bloc adverse et de permuter.

Tottenham a démontré de la maîtrise et de la fluidité lors des phases de transition lors desquelles ses joueurs ont su s’extraire rapidement de la grille défensive pour se projeter. En ce sens, il s’agit d’une performance aboutie de la part des joueurs de Mauricio Pochettino ; tant sur le plan des intentions de jeu que de l’implication des joueurs à tout instant.

Le plan de jeu de Chelsea

José Mourinho a aligné son XI type à qui il a demandé d’animer le jeu de façon habituelle. Celui-ci présente des similitudes avec celui de Mauricio Pochettino sur le plan structurel bien que la présence de davantage de talent individuel dans les rangs des Blues offre davantage de possibilités en termes de créativité.

Tottenham+Hotspur+v+Chelsea+Premier+League+YkDNU45D3ZKlA l’image de Tottenham, Chelsea s’appuie sur un bloc défensif qui se déploie très rapidement à la récupération du ballon. Cependant, les Blues disposent d’une qualité supérieure dans les attaques de position.

Bien que la répartition défensive soit équilibrée (une constante des équipes du Portugais) ; celle-ci s’appuie en partie sur le coffre athlétique des joueurs qui doivent être en mesure de naviguer aisément entre différentes zones du terrain. Ainsi, le maintien de la structure repose sur une maîtrise technique et tactique de tous les instants en dépit d’une certaine asymétrie (et distance) dans la répartition des joueurs sur le terrain.

C’est sur ces aspects techniques et tactiques que Chelsea a inhabituellement failli en ce premier jour de l’année. Des pertes de balle imprévues lors de la préparation des attaques ont précédé une mauvaise gestion de situations défensives.

Oscar et Fàbregas sont également passés à côté de leur match, ce qui a empêché Chelsea de trouver des solutions pour faire déjouer le bloc de Tottenham en attaques placées.

Les enseignements du match

Chelsea s’expose davantage que la saison dernière et peut se faire avoir à son propre jeu.

Le bloc de Chelsea se déploie rapidement à la récupération mais certaines zones peuvent être exploitées en tenant compte des caractéristiques individuelles de certains joueurs. Ainsi, Ivanović, chargé d’animer le flanc droit à lui seul et de proposer une solution sur la ligne de touche pour recevoir les changements de jeu laisse son couloir droit à la merci des appels adverses. La moitié droite de Chelsea a été exploitée par les courses de Chadli, occupée temporairement par les dézonages d’Eriksen ou Kane.

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Gary Cahill a montré une fois de plus ses limites en termes de couverture de son latéral (bien moins efficace que John Terry derrière l’aventureux Ashley Cole par le passé) ou de capacité à prendre le dessus en duel face à un attaquant qui s’excentre.

Contrer sans se faire contrer, le pari ne paye pas au centre du terrain

Chelsea s’organisait défensivement en s’appuyant sur deux lignes de quatre joueurs. Cependant, plus nettement qu’à l’accoutumée, les deux joueurs hors du bloc étaient Diego Costa et Eden Hazard qui n’avaient pour seul objectif que d’aller se situer aux extrémités gauches et droites du front de l’attaque pour préparer la transition. C’est à dire dans le dos de Walker ou Rose, montés aux avants postes. Déchargés des tâches défensives, Hazard et Costa ont réalisé une grande performance mais n’ont pas pu équilibrer la balance au score.

C’est donc Willian et à un degré moindre Oscar qui se sont essentiellement chargés de fermer les couloirs défensifs droits et gauche (plutôt que la répartition variable des trois zones par les trois offensifs en phase défensive). Chelsea n’a pas su s’opposer efficacement dans les zones centrales à Mason (puis Dembélé) et Bentaleb qui se sont vu octroyer beaucoup de libertés pour orienter le jeu.

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Matić et Fàbregas, auteurs d’une performance loin de leurs standards habituels, ont été pris entre deux ; par la volonté d’aller chercher les milieux de Tottenham sans prendre en compte la mobilité d’Eriksen, Kane et Chadli dans leur dos.

Matić a parfois donné l’impression d’évoluer comme il l’a fait aux côtés du plus rigoureux Mikel (comme face à Derby ou Stoke plus tôt dans le mois) alors que son rôle consistait davantage à celui d’un tampon entre Fàbregas et la charnière centrale.

Tottenham joue le coup à fond

En s’appuyant sur une meilleure répartition des tâches défensives permise par les deux lignes de quatre joueurs depuis plusieurs semaines, Tottenham réduit le temps de transition défensive et conserve celles-ci dans un ensemble de situations prévisibles. A partir de là, la sortie des ballons est facilitée par la présence de solutions déjà en position, et accélérée par les mouvements plus justes des offensifs Eriksen et Chadli dans les espaces libres.

Tottenham+Hotspur+v+Chelsea+Premier+League+sfb1HlX0GnUlLe premier s’est joué de Matić pendant 90 minutes en l’attirant hors de sa zone de confort axiale. Chadli a proposé une variété de solutions depuis son aile, de l’intérieur vers l’extérieur ou à l’inverse tout en offrant du répondant à Ivanović par sa protection de balle.

Alignés pour la première fois de la saison ensemble à White Hart Lane, Rose et Walker ont su animer leur couloir conformément aux instructions de Pochettino. Capables de se projeter à toute vitesse pendant toute la durée de la rencontre, ceux-ci ont posé de véritables problèmes à Chelsea en se situant dans l’interligne, fixant ainsi soit un latéral soit l’offensif de couloir. Plus aventureux que Rose, Walker a posé des problèmes à Azpilicueta (inhabituellement fébrile) en l’attaquant directement balle au pied à plusieurs occasions.

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Harry Kane n’est pas le joueur le plus doué de sa génération (Barkley, Berahino, Chamberlain), mais s’accroche tout en connaissant ses points forts et faibles. Doté d’un coffre et d’une activité qui lui a souvent permis de sauver des bilans de match assez moyens par le passé (avec les U19 Anglais notamment), Kane a atteint un état de forme qui lui permet de prendre des initiatives et responsabilités dans le jeu. Sa bonne lecture du jeu lui permet de se retrouver régulièrement au point de chute dans la surface (d’où ses excellents ratios depuis un an, en Championnat et Europa League). Ce match a surtout mis en lumière sa mobilité à travers ses décisions d’aller disputer des duels dans des zones dans lesquelles il est délicat de défendre sur lui (face à un un adversaire hors de position : Matić ou Cahill).

Analyse des buts de Tottenham

1-1 (Kane): Permutation efficace et défense de basket

1A
1A: Kane et Chadli ont permuté à la suite d’un centre. Eriksen attire Matic hors de sa zone centrale face aux centraux adverses. Matic suit son adversaire dans le couloir plutôt que de passer le marquage à Ivanovic, un problème de communication certainement lié à la barrière de la langue entre les deux joueurs.
1B
1B: Par conséquent, Kane dispose d’espace à attaquer en revenant à l’intérieur du jeu. Opposé à Fàbregas et Oscar dont la défense de basket n’aura aucun effet sur sa course balle au pied, l’Anglais masque son intention, frappe à angle droit et trouve le petit filet du but de Courtois pour égaliser (1-1).  Terry et Cahill sont trop loin pour invervenir.

2-1 (Rose): Matic et Willian laissent une désagréable impression de suffisance

2A
2A:  Suite à une passe vers l’avant mal assurée de César Azpilicueta, le ballon revient sur Eriksen qui se joue du latéral espagnol sur sa prise de balle. Matic passe à travers et se montre incapable de couper la trajectoire du Danois, ce qui lui permet de se présenter avec du champ face à la ligne défensive de Chelsea prise loin de son but.
2B
2B: Eriksen trouve Chadli dans l’intervalle entre les deux stoppeurs. En bas de l’image, Willian ralentit sa course et lâche Danny Rose qui marque, passé à la moulinette par Gary Cahill (2-1).

3-1 (Townsend, s.p): Panique à bord, pénalty concédé avant la mi-temps

3A
3A: Suite à un bon travail de Chadli qui conserve le ballon sous la pression d’Ivanovic, le Belge libère Eriksen qui se joue à nouveau de Matic sur sa prise de balle.
3B
3B: Ivanovic récupère de sa position et contre le ballon vers Cahill. Pourtant informé par son capitaine du danger imminent, Cahill panique, ne prend pas l’information et confond une première fois Kane et la sphère de cuir. Le penalty sera transformé par Townsend avant la mi-temps (3-1)

4-1 (Kane): Ivanović et Matic passent à travers, Kane en profite

4A
4A: Ivanovic et Ramires ne se coordonnent pas. Ivanovic, habitué à donner le ballon dans les pieds de Willian dans cette zone tente de servir l’appel de Ramires. Bentaleb intercepte par un contrôle américain. Ivanovic apprécie mal le temps et l’espace dont il dispose et se jette en tentant de bloquer la passe, sans empêcher celle-ci d’arriver sur Chadli.
4B
4B: Chadli percute sans opposition entre Willian et Cahill sur près de 20 mètres, puis trouve Kane dans l’intervalle. Matic accompagne Kane du regard qui n’a plus qu’à prendre la mesure de Courtois d’un plat du pied assuré.

5-2 (Chadli): Matic et Ivanović regardent le ballon, Kane et Chadli n’en demandaient pas moins

5A
5A: Matic vient serrer Bentaleb (bleu), mais fait un mauvais choix en poursuivant son pressing (jaune) sur le défenseur central Vertonghen. Ce faisant, il dépasse les relayeurs Ramires et Fàbregas (marqueurs bleus) et libère la ligne de passe vers Paulinho, entré en jeu en position de numéro 10.
5B
5B: La défense de Chelsea s’organise, et Cahill se présente face à Kane en compensant la position d’Ivanovic qui récupère. Cependant, le dédoublement défensif ne s’opère pas correctement; Ivanovic regarde le ballon plutôt que de protéger le dos de son coéquipier et surveiller l’appel de Chadli derrière lui. Kane fixe et transmet à Chadli qui fusille son coéquipier en sélection nationale Belge. Courtois encaisse son troisième but consécutif dans son petit filet gauche.

Conclusion:

Chelsea se déplaçait chez un concurrent du top 8 qui a réalisé le match parfait pour frustrer (46% de possession, 5 fautes) et contrer son adversaire (11 tirs, 8 cadrés, 5 buts), démontrant si besoin était que le leader (alphabétique) n’est pas infaillible. . N’ayant pas réussi à tuer le match dans la première demi-heure, Chelsea a été rejoint et n’a pas su contenir les assauts de Tottenham par la suite, étant finalement forcé de se découvrir pour tenter de revenir au score.

Certains joueurs de Chelsea ont ainsi affiché leurs limites dans une configuration dans laquelle ils ne disposent plus de la même protection (Cahill) ou écran de pressing face à eux (Matic): leurs choix peuvent être pointés du doigt. Les hommes de José Mourinho n’on pas su prendre la mesure de duels qu’ils maitrisent pourtant habituellement. Ce qui a rendu la tâche d’autant plus aisée à un Tottenham en pleine progression depuis plusieurs semaines et qui en a profité pour remporter sa première victoire face à Chelsea en près de 5 ans.

crédits images: Premier League, Duracell, Roy Lichtenstein, zimbio.com

Passage de témoin de 2014 à 2015

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Lancé en 2011, notre site est sur le point d’attaquer sa 5e année d’activité. My Premier League a été crée par des passionnés pour des passionnés. Sans nos lecteurs, nous aurions abandonné le combat depuis longtemps car si l’écriture est un plaisir, il est toujours difficile de trouver de la motivation quand on écrit pour personne.

En 2014, My Premier League a tenté de se renouveler en suivant une ligne « éditoriale » (le mot fait peur, I know) différente, davantage focalisée sur tout ce qui touche à l’analyse, notamment par les interviews analytiques et les réflexions tactiques que vous avez pu lire depuis le début de la saison. Le grand boom tactique des années 2010 et cette nécessité d’aller en profondeur dans chacun de nos sujets nous motivent encore plus.

2014 a mieux marché que 2013. Et 2013 mieux que 2012. Et 2012 mieux que 2011. Souhaitons que cette continuité positive perdure avec le temps. My Premier League a quelques projets en tête, mais nous ne sommes un petit site/blog – cette position nous va très bien, en espérant qu’à vous aussi. Nous n’avons aucune aide financière (bon, si vous voulez nous donner des sous, on peut s’arranger !) et écrivons par passion. Tout ça pour vous dire que… nous cherchons à vous offrir les meilleurs articles possible, mais l’équipe a une vie à côté, un boulot ou des études à mener. Les priorités restent les mêmes.


 

Voici un petit « top 5 » amusant des articles les plus vus/lus en 2014…

Analyse et étude comparative: pour Arsenal, balle au pied mais pied dans le plâtre

Témoignage d’un fan: Se foutrait-on un peu de notre gueule ?

Réflexions sur le début de saison d’Arsenal

Paris Saint Germain – Chelsea FC: décryptage de l’opposition

Quel visage pour le Chelsea de José Mourinho ?

Nous voulons absolument favoriser l’échange entre les rédacteurs et les lecteurs, c’est pourquoi nous aimerions avoir vos idées, vos suggestions et vos remarques pour améliorer le site, peu importe le domaine. Vous pouvez laisser vos commentaires ci-dessous ou nous joindre par mail (adresse disponible plus bas).

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Un grand merci à toutes les personnes qui sont passées sur le site en 2014, nous tâchons de tout mettre en oeuvre pour que l’expérience 2015 soit une réussite. Merci donc aux lecteurs mais aussi à ceux qui partagent et relayent nos articles sans qui nous n’aurions certainement pas cette relative portée dans la footballsphère.

Nous souhaitons également vous adresser nos voeux les plus sincères pour cette nouvelle année, 

L’équipe de My Premier League

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Arsenal : le point tactique à l’aube de 2015

En cette période de fêtes, My Premier League ne prend pas de congés… puisque la Premier League elle, n’en prend pas. A travers cet article nous allons nous intéresser à Arsenal qui, après un match nul décevant (qui a valeur d’euphémisme) est à la 6e place, à seulement à 4 points du podium.

Vous connaissez certainement tous le site Arseblog, un incontournable de la littérature Arsenalienne, ainsi, @ArsenalColumn, membre éminent de l’équipe du site et spécialiste tactique nous fait l’honneur de nous accorder une interview pour traiter différents sujets mêlant ses deux passions : l’aspect tactique et Arsenal. En outre, il tient également un site où il public régulièrement ses chroniques et ses analyses : ArsenalColumn. Jetez-vous dessus…

Depuis quand suis-tu Arsenal et comment es-tu devenu un fan ?

Mon plus lointain souvenir concernant Arsenal remonte à 1995, j’avais 6 ans et nous avions perdu sur un but de Nayim en Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe (Arsenal avait perdu 2-1 contre le Real Saragosse à la toute fin de la prolongation). Le foot ne passait pas de génération en génération dans ma famille, pourtant, je me souviens que mes voisins étaient supporters d’Arsenal, ça a dû jouer dans mon choix d’équipe. Arsenal a toujours été un club avec de la réussite, au moins au niveau nationale, bien que je pense qu’avec Arsène Wenger j’ai pu assister aux meilleurs années. Il a fait du football plus qu’une simple passion ou quelque chose de la sorte, mais plus comme un divertissement, un spectacle, ce sentiment qui me pousse à croire qu’avec l’âge, il se perd. Cela peut paraître stupide, étant donné les querelles internes entre les fans d’Arsenal, mais la victoire n’est pas ce que je recherche le plus en supportant Arsenal – c’est une question de compétitivité, de maintenir de l’espoir et bien sûr, ce que Wenger a toujours inculqué, un style.

Peux-tu te présenter brièvement ?

Il n’y a pas grand-chose à dire sur moi ! J’ai un banal travail de 9 à 5h, espérant que mes écrits, mes analyses footballistiques pourront être vus par quelqu’un dans les médias. Je pense que ce que j’écris, ce que je vois dans les matchs doit avoir de la substance, je me suis donc éduqué à travers des livres écrits par des entraîneurs, j’ai également passé un diplôme de la FA avant que cela ne devienne trop cher, et j’essaie d’emmagasiner de l’expérience pratique aussi. J’espère que c’est ce que les gens voient dans mes articles pour Arseblog – pas un simple résumé du match mais une analyse extensive des courants du foot actuel.

« […] Quand tu attaques, tu dois pouvoir élargir le jeu, ouvrir le terrain »

Quel serait ton onze de départ sans les blessures ? Tactiquement, quel est ton système favori ?

Je suis un partisan du 4-3-3. Comme Marcelo Bielsa l’a dit (je crois), « le football commence avec deux ailiers ». Cela ne veut pas dire qu’ils doivent essentiellement coller à la ligne de touche, mais quand tu attaques, tu dois pouvoir élargir le jeu, ouvrir le terrain. Pour moi, quand tu vois des dispositifs « pauvres », d’un sens, ça débute ainsi. Parfois, je crois qu’Arsenal souffre de cela parce qu’ils sont plus dans la liberté du mouvement que dans l’idée d’adhérer à un plan tactique défini et détaillé sur papier. Dans le même temps, les bons joueurs lisent plus facilement entre les lignes et quand c’est bien fait, c’est un bonheur à regarder.

Arsenal a eu quelques ennuis à s’accommoder au 4-3-3 (ou 4-1-4-1) soit parce que certains joueurs ont été obligés de jouer hors de leur position, soit à cause du pressing. Pourtant, si tout le monde était disponible, je jouerais en 4-3-3 au milieu, avec Özil qui jouerait plus haut pour faire un 4-2-3-1 en possession de la balle, et qui redescendrait après le pressing quand nous n’en avons pas besoin. Cela veut dire que je mettrais Alexis à gauche, Walcott à droite et Welbeck ou Giroud qui se battraient pour une place devant. J’aimerais voir Alexis dans l’axe, en attaquant libre, ce qui voudrait dire que Chamberlain aurait sa chance (ou mettre Welbeck sur l’aile). Il a cette qualité incroyable qui peut être décisive avec ce surplus de liberté.

En un mot, comment résumerais-tu la philosophie de jeu de Wenger ?

Spontanéité.

Pour toi, où se situe l’urgence pour Arsenal ?

En termes de positionnement, c’est évident : un milieu défensif et un arrière central de grande qualité pour créer une véritable compétition et pouvoir, à terme, remplacer Mertesacker. Arteta est un bon joueur, tout comme Flamini, quoiqu’avec de grosses lacunes qui peuvent ternir leurs prestations dans les gros matchs. Arteta n’a plus les jambes pour revenir derrière mais il est très bon ailleurs, alors que Flamini a tendance à rester trop en position par moment. De plus, ce n’est pas un foudre de guerre en possession de la balle, et j’ai le sentiment qu’un joueur capable de contrôler le milieu de terrain, plus qu’un joueur fort physiquement représente ce que Wenger veut vraiment.

Mis à part le problème des blessures, que manque-t-il à Arsenal pour être un sérieux candidat au titre ?

Nous pourrions nous endurcir tactiquement, en termes de pressing et dans le positionnement en allant vers l’avant. Sur ce dernier point, nous nous sommes un petit entrainé en début de saison avec le 4-1-4-1, quand Özil rentrait vers l’intérieur et que Wilshere, Santi ou Alexis prenait sa position. Il y avait plus d’assurance dans la possession et j’aimerais voir cela plus souvent.

Si un nouveau joueur pouvait “sauver” d’une certaine manière Arsenal, qui serait-ce ? Pourquoi ?

Nous avons besoin d’un milieu de terrain avec un niveau prodigieux. Qui cela pourrait-être ? Je n’en suis pas sûr. Les noms fusent (Schneiderlin entres autres) et ils ont le potentiel mais n’ont pas entièrement prouvés, bien que je pense que parfois Wenger est coupable de “trop de réflexion”. Je me souviens avoir vu Matic à Benfica et me dire qu’il était fantastique, bien qu’il ne soit pas nécessairement un milieu défensif à proprement parler, et pas extraordinaire en termes de création de jeu. A Chelsea il a très bien réussi et m’a prouvé qu’il avait le mental pour s’ajuster. On sait que Wenger est le meilleur pour voir le potentiel des joueurs et donc je pense que s’il ajoute un joueur à l’effectif, il sera d’une grande qualité.

Pour nommer quelques joueurs, William Carvalho, c’est non. Tout comme Gonalons. Cabaye – peut-être en tant que meneur de jeu reculé. Si l’on monte en gamme, Gundogan, Koke ou Vidal serait un rêve mais un tantinet irréaliste. J’aime beaucoup l’allure du jeune défenseur/milieu Rodrigo Caio (qui joue à Sao Paulo) que j’ai vu au Tournoi de Toulon cet été. Il pourrait être un des grands noms à venir.

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Que penses-tu de Cazorla en position de 8 ?

Je crois que, compte tenu de l’évolution du jeu définie au haut niveau par la possession qui viendrait en duel avec la contre-attaque, les joueurs qui peuvent aller de la défense à l’attaque très rapidement sont la clé, dans n’importe quel système. De ce fait, j’aime beaucoup ce que fait Cazorla dans cette position plus en retrait. Son agilité balle au pied qui l’aide à se sortir de situations dangereuses est un plus, tout comme son habilité à dicter le jeu dans le final-third. Je pense néanmoins qu’on peut lui reprocher un excès d’enthousiasme parfois, quand il redonne la balle à l’adversaire alors qu’il devrait combiner avec un coéquipier avant d’enclencher la passe décisive. Malgré cela, c’est une excellente option en tant que numéro 8.

Alexis a montré toute l’influence qu’il pouvait avoir quand il joue en soutien de l’attaquant, ainsi, penses-tu qu’on devrait favoriser des systèmes tels que le 4-2-3-1/4-4-2 au 4-3-3 pour le mettre dans des dispositions optimales ?

Özil est le meilleur joueur d’Arsenal. Son talent dans ce que j’appelle « l’espace opérationnel » – les petits espaces où l’influence peut-être la plus forte – est sans pareil. Je suppose que dans le 4-1-4-1/4-3-3, son habilité est minée quand il joue dans des positions plus excentrées parce qu’il va de l’extérieur à l’intérieur, quand il devrait plutôt tendre vers l’inverse, de l’intérieur à l’extérieur, pour créer le surnombre et attirer les milieux défensifs adverses hors de leur position. Ce qu’il a de plus qu’Alexis est sa maîtrise dans le final-third. Alexis est excellent quand il faut créer des occasions et se sortir de situations incroyables, c’est pourquoi j’aimerais le voir dans l’axe avec beaucoup de liberté. Alexis, Özil et Walcott pourraient former un trio très exaltant.

A terme, penses-tu vraiment qu’Alexis peut tenir un rôle central ?

Pour moi, Alexis a les 3 ingrédients pour jouer dans l’axe que tous les anciens attaquants d’Arsenal possédaient dans le passé : 1) la spontanéité pour pouvoir faire quelque chose alors que la situation semble impossible ; 2) la qualité nécessaire afin d’étirer et de courir dans le dos de la défense ; 3) il est excellent dans ses dribbles en 1 v 1. Toutefois, il y a un ajustement psychologique qu’il aurait besoin de faire, probablement plus qu’un ajustement physique, puisque les défenseurs ne le lâcheraient pas. Tout au long de sa carrière, Sanchez a généralement eu tendance à jouer face au but, cela dit, c’est un ajustement qu’il devrait faire facilement puisque protéger la balle, se retourner et se défaire du marquage de l’adversaire sont ses forces. En effet, c’est sûrement pour ça qu’il plait tant à Wenger. Comme Henry, que d’autres ne voyaient pas comme un attaquant central (la plupart quand il jouait à la Juventus sous Carlo Ancelotti qui avait admis que c’était un de ses regrets), Alexis est bon en tout et partout, capable de décrocher ou s’excentrer, et ensuite, très rapidement, changer la tournure de l’attaque avec ses qualités de dribble et son explosivité dans les duels. C’est exactement ce qui fait la dynamique d’Arsenal : quand ils ont la balle dos au but, soudainement ils se détachent des joueurs qui les marquent et cherchent à aller de l’avant. Je suis très confiant, Alexis peut jouer dans l’axe pour Arsenal mais à l’heure actuelle, cela mériterait probablement une parfaite configuration pour amoindrir le déséquilibre que nous avons dans l’effectif.

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Venons-en au cas de Chamberlain. Que devrions-nous faire de lui, en termes de positionnement sur le terrain ? Comme Wenger semble le penser, penses-tu qu’il peut exploser dans l’axe ? Si oui, dans quelles conditions ?

J’aime beaucoup Chamberlain dans une position centrale, du fait de sa capacité à amener la balle de la défense à l’attaque. Le fait est qu’il s’est également illustré en tant qu’ailier, apprenant quand décrocher et quand se faufiler derrière les adversaires. Il sera intéressant de voir comment il va se développer parce que je ne pense pas qu’il y ait eu un meilleur milieu central qu’il est lui-même alors que c’est un ailier traditionnel. Dans les deux cas, sa qualité balle au pied est très dangereuse.

La liberté laissée aux joueurs est-elle suffisamment encadrée ?

Arsenal fait l’exercice suivant, à travers le jeu en situation réelle, dans lequel l’équipe serait alignée dans un match normal mais sans adversaires, de manière à ce que les joueurs puissent mémoriser où leurs coéquipiers sont intuitivement et se passer la balle entre eux. Pour Wenger, l’intérêt principal réside dans l’expressionisme et l’autonomie. Il prêche bien sûr l’importance de la possession mais il doit avoir une raison à garder la balle : la patience est tolérée mais jusqu’à un certain point. Ce qui est nécessaire, c’est d’avoir les bons joueurs pour que ça marche, ce qui peuvent exploiter l’espace le mieux possible. La raison pour laquelle j’ai mentionné cette exercice est parce que cela permet à Arsenal de créer les mouvements qu’ils réussissent le mieux sur le terrain : créer du surnombre (2 v 1, 3 v 2) sur un côté du terrain – le but de Wilshere contre Norwich notamment – et soudainement enchaîner une succession de passes courtes entre les joueurs. C’est la raison pour laquelle je pense qu’Özil est la clé. Peut-être qu’à son retour nous serons plus précautionneux avec la balle, dans le style de Wenger mais avec un but. Globalement, la possession de balle est liée à la « personnalité » : tu as besoin d’avoir la balle et parfois, je pense que les joueurs d’Arsenal sont trop ancrés dans l’idée de vouloir donner une impression « stylistique » – jouer rapidement quand cela demanderait de ralentir le jeu parfois, puis d’un coup repartir. Cela-dit, il y a peu d’équipes qui se créent des occasions mieux qu’Arsenal cette saison. Les statistiques montrent que nous avons une très bonne qualité dans ce domaine, globalement.

« Le vrai problème vient du milieu, de la manière dont il est soutenu. »

Dans quelle position penses-tu que Chambers serait le meilleur, à terme ?

Défenseur central. Son jeu au pied est assez bon pour jouer au milieu (j’aime beaucoup le petit jeu de jambes qu’il fait pour se débarrasser de ses adversaires, faisant passer la balle d’un pied à l’autre rapidement) mais il n’est peut-être pas assez direct. Il est parfois impétueux, ce dont je pense il corrigera. Dans quelques temps, nous verrons probablement une défense Chambers-Koscielny, ce qui ressemblerait au choix de Wenger avec Toure et Campbell, par rapport à leur puissance. Les deux sont très forts pour intercepter les passes – ils utilisent leur tête plutôt que leurs muscles.

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Si tu devais associer Giroud et Welbeck sur le terrain en même temps, comment t’y prendrais-tu ?

Il y a une impression qui sommeille en moi : Welbeck est trop « gentil » pour mener notre attaque cette saison. Je pense qu’avec le temps, il ajoutera de la puissance, de l’énergie à son jeu… c’est difficile à décrire réellement. En fait, c’est l’habilité à poser votre emprunte sur le jeu à travers une présence, une personnalité autant que l’habilité à bien jouer, d’ailleurs. Je pense que pour le moment, il est bien à gauche. C’est typiquement une tactique de Wenger : le faire jouer dans une position plus étroite pour apprendre à valoriser l’espace de manière à ce que quand il se déplace au milieu, il comprenne comment utiliser les ailes, les trous de souris. Récemment, il a dit que c’était très exactement en-cela qu’il devait progresser.

Devrait-on revenir à un bloc plus défensif comme la saison passée ?

Il y a de bons arguments qui vont dans ce sens mais je pense qu’avec des joueurs comme Giroud, Welbeck et Alexis qui mènent l’attaque, c’est presque naturel de les laisser harceler l’adversaire. Le vrai problème vient du milieu, de la manière dont il est soutenu. Nous devons resserrer le jeu sur les milieux adverses pour qu’ils ne puissent pas facilement envoyer de bons ballons dans l’espace alors que la défense doit à son tour remonter à ce moment-là. Il y a beaucoup de consignes à inculquer et peut-être que pour Arsène Wenger, il serait judicieux de contenir l’intensité et de défendre 10 mètres plus bas devant et laisser la balle aux arrières centraux car en Premier League, tu peux facilement être contourné par les longues passes. Dans le même temps toutefois, un football efficace basé sur la possession est soutenu par un pressing structuré, il y a donc du sens à persister et à continuer de travailler à l’entrainement sur un modèle de pressing « lourd ».

Penses-tu qu’Arsenal devrait se diriger vers un milieu défensif « pure » (du type de Jedinak) ou un joueur légèrement plus technique ?

C’est une bonne question et jusqu’au moment où nous verrons un enforcer comme Wanyama ou Jedinak jouer pour Arsenal, l’interrogation demeurera. Je préfère un controller parce que notre jeu est basé sur la supériorité technique et cela a du sens de faire de notre plus grande force quelque chose d’encore meilleure. Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de bons joueurs à ce poste capable de tout contrôler et d’être efficace dans les tacles et les duels (du type de Xabi Alonso) – c’est souvent l’un ou l’autre, c’est pour cette raison que vous avez besoin d’équilibre dans votre équipe.

Pour finir, on entend beaucoup parler de Thierry Henry ces derniers temps. Le vois-tu devenir entraineur un jour ? Potentiellement à Arsenal ?

J’imagine très bien Henry en tant que manager, ça c’est sûr, mais nous allons devoir observer comment sa philosophie du foot se développe. J’ai adoré son rôle au New York Red Bulls, il jouait comme le faisait Cruyff sur l’aile gauche. Il dirigeait les joueurs, où ils devaient se placer et courait partout sur le terrain pour chercher la balle. Il semblerait qu’il ait gardé l’influence de son temps à Barcelone et c’est une excellente chose.

N’hésitez pas à réagir ci-dessous, si des remarques ou des interrogations vous titillent, le service traduction (fait par moi) se porte volontaire pour faire parvenir les questions et encourager l’échange.

Southampton, simple mirage ou véritable sensation ?

Pour les Saints, l’exercice 2014-2015 se traduit pour l’instant par une formidable réussite. Southampton se classe second de Premier League avec la 3eme meilleure attaque et de loin la meilleure défense du championnat. L’équipe a pourtant perdu son manager (Pochettino a rejoint Tottenham) et plusieurs de ses meilleurs joueurs (Shaw, Chambers, Lambert, Lallana) partis dans d’autres clubs de l’élite.

Pour répliquer, les dirigeants du club ont signé Ronald Koeman et ont gagné leur bataille pour garder le français, Morgan Schneiderlin. De plus, ils ont recruté pas moins de 8 joueurs pour combler les trous et renforcer certains postes : Mané, Long, Tadic, Forster, Pelle, Gardos, Bertrand et Alderweireld (les 2 derniers sont prêtés).

Mais comment peut-on expliquer un tel début de saison ? L’équipe va-t-elle s’essouffler et rentrer dans le rang, ou a-t-elle réellement les qualités pour se battre tout en haut du classement ?

Comment fonctionne le Southampton de Koeman ? Quelles sont les forces tactiques et techniques de l’équipe ?

Pour en parler, notre intervenant aujourd’hui est un supporter qui se qualifie lui-même avec humour de « suffisant » et de très fier de son équipe. Vous pouvez le retrouver ici @DictatePlay pour suivre et attester de la marche de Southampton vers le titre, le tout en 140 caractères.

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Southampton vit un superbe début de saison. Qui l’aurait cru ? Quel est ton ressenti personnel à propos de ce début de saison ?

Nous avons déjà 25 points, c’est incroyable. C’est remarquable de nous voir à la seconde place. Beaucoup pensaient que Southampton allait jouer la relégation, et j’avoue être devenu un petit peu suffisant en repensant à ces prédictions !

Southampton a perdu d’importants joueurs et son manager pourtant, jusqu’ici, la saison est très réussie. Comment peux-tu l’expliquer ? Au final, peut-on dire que l’équipe est moins forte cette saison ?

J’ai moi-même, comme beaucoup d’autres fans de Southampton, eu peur après avoir vu tous les départs cet été. Pochettino était fantastique et a assuré le respect des adversaires nous concernant, peu importe où et qui nous affrontions. Il était glorifiant de voir notre équipe s’imposer contre d’autres grandes équipes la saison dernière. De voir la progression laissée de côté voire même détruite, c’était dure à encaisser. Le club disait fréquemment que les choses étaient sous contrôle, mais en voyant Lambert, Shaw et Lallana partir aussi rapidement était déprimant.

Mon inquiétude principale était la suivante : bien que nous avions bien recruté, nous avions de nouveaux joueurs (la plupart avait pour tâche de s’adapter à un nouveau championnat très rude) et un nouveau manager, qui devait non seulement s’adapter à une toute nouvelle équipe, mais aussi s’ajuster au championnat lui-même. Les choses étaient vouées à des débuts difficiles, malgré la relative « facilité » de nos premières rencontres.

Nous devons mettre en avant les qualités de Koeman pour le travail effectué. Je suis toujours indécis pour savoir si c’est un meilleur manager que Pochettino, mais son abnégation à s’adapter par rapport à chaque adversaire a fait ses preuves et a été grandement bénéfique. La saison dernière, le plan A de Pochettino était excellent mais il n’y avait pas de tactique alternative quand les adversaires réussissaient à nous faire déjouer. Koeman, lui, à l’atout d’avoir un plan A, B, C, D et E.

Certainement a-t-il bénéficié d’un effectif plus complet. Nous avons des options légitimes sur le banc avec Long, Gardos, Targett et les blessés actuels que sont Ward-Prowse et Jay Rodriguez. Malgré cela, la vitesse à laquelle il a laissé son empreinte et son style sur l’équipe est louable.

Justement, au-delà de cela, quelles sont les différences principales entre Koeman et Pochettino ? Quelles sont les forces du premier ?

Un petit peu de ce que j’ai déjà dit auparavant. Koeman à beaucoup plus de facilité pour s’adapter que son prédécesseur. L’équipe alterne régulièrement entre le 4-3-3 et le 4-2-3-1 et a libéré le milieu central qui contribue maintenant aux attaques, une lacune claire de notre précédente saison, certes réussie.

Une des nombreuses qualités de Pochettino était la force mentale qu’il inculquait à l’équipe. Il y avait du courage et de l’assurance , ce qui faisait que l’équipe se donnait au maximum et dominait beaucoup de ses adversaires durant son mandat de 18 mois.

Peux-tu nous présenter rapidement comment Southampton se déploie sur le terrain ? Comment sont-ils articulés tactiquement ?

Koeman joue habituellement en  4-3-3. Suivant la nature de l’opposition, Cork ou Wanyama est positionné comme milieu le plus en retrait, avec Schneiderlin et Davis qui complètent le milieu. Le milieu à trois de Koeman est beaucoup plus fluide que celui de son prédécesseur, avec ce trio qui pivote constamment pour éviter la familiarité. Cela s’est traduit par le grand nombre de buts venant de cette zone du terrain. Wanyama dispose de la liberté nécessaire pour contribuer offensivement si Davis ou Schneiderlin propose une couverture défensive.

Offensivement Koeman aime que l’équipe garde un bon équilibre. Pelle est le point d’appui évidemment en tant que #9, à gauche il y a Tadic qui est, en gros, notre meneur de jeu et dispose d’une bonne habilité à garder le ballon. Sur la droite, Sadio Mane est une option pour jouer en tant qu’en qu’attaquant intérieur, ou, quand il en a la possibilité, de fournir la largeur nécessaire pour isoler les arrières latéraux en 1 v 1.

L’équipe conserve un rythme rapide, Pelle est essentiel à cela offensivement, l’italien est capable de faire sortir les défenseurs centraux hors de leur position initiale, avant de jouer rapidement en une touche pour Tadic et Mane. Ces derniers peuvent ainsi exploiter l’espace libéré.

L’atout sous-estimé cette saison c’est l’apport et la présence de Forster dans les buts. Son jeu au pied permet à l’équipe de lancer ses attaques au moment opportun, quand l’équipe adverse est désorganisée.

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A l’image de l’équipe, Pelle a lui aussi beaucoup convaincu. Pouvais-tu imaginer un tel impact de sa part ?

Il y a un stéréotype suffisant à propos des attaquants qui arrivent en Premier League en provenance des Pays Bas. Il y avait donc des interrogations à son sujet, malgré les buts qu’il avait marqué. Il m’était inconnu, mais il est clair que ses qualités physiques et son gabarit lui ont facilité la tâche pour s’habituer au championnat. Il connaissait déjà Koeman de Feyenoord, ainsi que ses attentes, et cela a indéniablement joué en sa faveur.

Penses-tu que Soton puisse jouer un rôle dans la course à la Ligue des Champions ?

Nous allons devoir attendre pour en être sûr, mais je l’espère. Les gens semblent penser que nous allons nous effondrer, mais déjà, il y a peu, Newcastle avait réussi à finir 6e en étant dans la course jusqu’à la toute fin. Si nous arrivons à passer le cap de Noël sans blessures et sans nous écrouler alors je pense que oui.

Quelle est la clé de la réussite pour Southampton ?

Le fait que nous ayons pu jouer avec le même « back-five » est un immense plus. Cela a garanti une base solide pour l’équipe et pour tous nos buts, d’ailleurs, n’oublions pas que nous n’avons concédé que 5 buts, c’est-à-dire le nombre le plus bas des cinq championnats majeurs d’Europe.

Nous sommes un site français et de ce fait, nous ne pouvons qu’être satisfait de la saison de Schneiderlin. Toutefois, sa présaison fût « animée » pour lui et le club. Quelle est sa situation aujourd’hui ?

Tous les journaux donnaient pour sûr le départ de Schneiderlin aux Spurs cet été, mais le club a repoussé leurs avances. Il était clairement mécontent, et on peut le comprendre, ainsi, Koeman et le staff lui ont donné quelques jours pour souffler. Ces premières performances étaient un petit peu bancales et je me suis demandé si ses pensées n’étaient pas ailleurs. Maintenant, quand j’y repense, c’est surtout l’absence d’une présaison qui lui a été préjudiciable. Depuis ce moment, il est excellent et s’est transformé en une véritable menace sur le plan offensif, Koeman a étendu son jeu encore plus loin, notamment dans la possession.

Cela étant dit, je crois que son départ l’été prochain est inévitable. Ce sera triste de le voir partir mais il mérite plus que tout de jouer la Ligue des Champions puisque c’est de son niveau. Je serais déçu s’il venait à partir pour un club qui ne joue pas cette compétition.

Quels sont selon toi, les points forts et faibles de l’équipe ?

Physiquement et techniquement nous avons un effectif très compétent, cela veut dire que nous n’avons pas été mis à mal par des équipes comme Stoke, ni intimidé par Liverpool, Swansea et Arsenal. L’équipe est très équilibrée dans ces domaines.

Si nous voulons vraiment nous battre pour l’Europe alors peut-être que l’absence d’un « game-changer » (littéralement, un joueur qui peut faire évoluer le cours d’un match) joue en notre défaveur. Il n’y a pas de Sanchez, d’Aguero, de Lamela, de Barkley qui peuvent transformer un point en 3. Cependant, au vu de l’avancée de la saison, j’ai bon espoir que Dudan Tadic se développe en ce genre de joueurs.

Qui pourrait-être le joueur clé de Southampton pour le reste de la saison ?

Tadic, comme je l’ai mentionné auparavant, peut être la clé. C’est notre « plaque-tournante », il a déjà enregistré 6 passes décisives. Il a clairement déjà développé un lien fort avec Pelle. Koeman lui a dit après les matchs de présaison qu’il devait jouer plus vite du fait du rythme rapide de la Premier League. Ce conseil a fait son effet puisque le Serbe a été essentiel quand il a fallu mettre à mal des équipes qui jouaient à 10 derrière, dans leur propre camp. De plus, il a marqué beaucoup de buts aux Pays-Bas, le meilleur est peut-être encore à venir.

Jeremy Docteur

 

Arsenal : le poids des maux et de leurs conséquences

Photo: @UEFAComMichaelH
Photo: @UEFAComMichaelH

2 défaites, 5 nuls et seulement 4 victoires. Voilà le bilan d’Arsenal en Premier League après 11 rencontres. Toutes compétitions confondues, Arsenal a disputé 19 rencontres (dont 1 en Community Shield et Capital One Cup et 6 en Ligue des champions) pour un bilan total de 8 victoires, 7 nuls et 6 défaites. Il n’y a pas matière à débattre : c’est très faible, surtout compte tenu des attentes que nous sommes en droit d’avoir pour un club comme Arsenal.

Dernièrement, ce sont deux rencontres qui ont retenu l’attention des superviseurs : le match nul contre Anderlecht 3-3, après avoir mené 3-0, et la défaite contre Swansea, après avoir mené 1-0. De plus, Arsenal ne gagne toujours pas contre les grosses équipes : une défaite 2-0 contre Chelsea, une défaite 2-0 contre Dortmund, un match nul 2-2 contre Manchester City…

La saison n’a débuté que depuis 3 mois et, si l’on se base sur les précédentes saisons, tirer des conclusions trop hâtives concernant Arsenal n’est pas souvent un postulat très intelligent. Toutefois, cette saison n’a pas vraiment d’égale : les problèmes récurrents sont plus que jamais pointés du doigt et rien ne semble vraiment concorder du côté de Colney.

Alors, finalement, qui est à blâmer ? Wenger ? Les joueurs ? Tout le monde ? En essayant de tenir une ligne d’objectivité presque totale et de rendre compte des faits,  quelques-uns des des éléments qui portent préjudice à Arsenal cette saison seront passés en revue. Le problème apparaît comme systémique : chaque point est étroitement lié et les conséquences affectent entièrement l’équipe.

D’abord, il faut revenir quelques mois en arrière, au mercato estival. Arsenal se sépare de son capitaine, Thomas Vermaelen et de son défenseur le plus consistant, Bakary Sagna, tous les deux partis dans de grosses écuries européennes. Wenger répond en recrutant Callum Chambers, jeune défenseur anglais qu’on annonce polyvalent. Premier problème : Arsenal démarre la saison avec 6 défenseurs : Gibbs, Monreal, Koscielny, Mertesacker, Chambers et Debuchy. Après la blessure de ce dernier, Bellerin est intégré à l’équipe première.

A l’heure actuelle, Arsenal doit bricoler une défense faite de Gibbs, Monreal, Mertesacker et Chambers. Les problèmes de blessures se sont encore abattus sur les Gunners (par ailleurs, je vous rappelle que notre grand dossier est disponible ici : http://my-premierleague.com/2014/11/06/analyse-et-etude-comparative-pour-arsenal-balle-au-pied-mais-pied-dans-le-platre/). Chambers est certes polyvalent et peut jouer arrière droit, sa réussite est encore à prouver (demandez donc à Montero ce qu’il a pensé des qualités défensives sur l’aile de Chambers). En outre, l’incompatibilité de Mertesacker à jouer dans cette équipe, avec ce style de jeu se révèle au grand jour.

Avançons ensuite sur le terrain : le milieu de terrain. Immense chantier, où une nouvelle fois, Arsenal est plutôt bien fourni quantitativement, mais beaucoup moins qualitativement. Que ce soit en 4-1-4-1 ou en 4-2-3-1, comme sur les dernières rencontres. Flamini et/ou Arteta tiennent le rôle de milieux défensifs mais dans les deux cas, c’est loin d’être suffisant : Flamini n’a plus le niveau recherché, quant au Basque, il n’est pas à proprement parler un milieu à vocation défensive et n’a pas les qualités requises de récupérateur en plus d’être physiquement bien en difficulté.

Nous avons donc un back-four aménagé totalement livré à lui-même, puisque le milieu de terrain ne le couvre absolument pas. Arsenal est incapable de réussir des transitions défensives efficaces et se retrouve régulièrement acculé sur les phases de contre-attaques. Bon nombre d’exemples peuvent en attester.

Sur ce contre, 8 joueurs d'Arsenal sont dans la moitié de terrain adverse, laissant un boulevard à Borrow.
Sur ce contre, 8 joueurs d’Arsenal sont dans la moitié de terrain adverse, laissant un boulevard à Borrow.

Tactiquement, l’équipe est très faible tant défensivement qu’offensivement. Nous avons régulièrement l’impression que les joueurs entrent sur le terrain sans consignes particulières à l’exception de la volonté inculquée par Wenger de leur laisser une quasi-totale liberté. Le pressing est toujours inexistant, ou totalement désorganisée : bien loin d’un  travail de groupe, agissant en « bloc », ce sont d’éphémères volontés individuelles qui se démarquent (Sanchez, Welbeck…).

Plusieurs voix se sont levées contre Arsène Wenger, notamment d’anciens joueurs. L’inadaptabilité tactique du manager envers les équipes adverses est notamment pointée du doigt, Wenger privilégiant la tactique de son équipe – notamment sur des bases de liberté et de fluidité. Sauf que la fluidité et Arsenal ne sont plus vraiment des synonymes. Arsenal est l’équipe qui a le plus de possession en Premier League (59.3% en moyenne) et celle qui réussit le plus de passes (86.2% de passes réussies en moyenne). Toutefois, le jeu d’Arsenal est stéréotypé : de longues phases de possession « rythment » les attaques des Gunners qui se font des passes autour de la surface sans trouver la solution. La verticalité de l’équipe est proche du néant, il n’y a aucune tentative de pénétration (aussi rares soient-elles) fructueuse.

Contre Anderlecht, alors que les Belges revenaient dans le match et qu’Arsenal paraissait de plus en plus fébrile, Wenger décide de faire rentrer Rosicky et Podolski. Le score n’a pas été tenu et Anderlecht égalisa. A l’inverse, dans des situations où Arsenal doit aller chercher un résultat, Wenger est tardif dans ses changements, pour parfois ne pas en faire du tout. Il se justifie par le fait que le bloc ne doit pas être désorganisé. Ne s’agit-il pas ici de respecter une certaine logique ? D’ailleurs, qu’en est-il de la situation de Rosicky et Campbell ? Les deux joueurs ne jouent pas, ou très peu et quand on connait les problèmes de créativité devant, on a le droit de s’interroger.

2e pire départ depuis l'arrivée d'Arsène Wenger au club.
2e plus mauvais départ depuis l’arrivée d’Arsène Wenger au club.

Les adversaires d’Arsenal exploitent au mieux les failles de l’équipe : Swansea a utilité au mieux le côté gauche de l’attaque, mettant Chambers en grande difficulté. Les latéraux n’ont pas de véritable organisation : des montées à contretemps, une mauvaise couverture défensive qui laisse des « boulevards » derrière. Aussi, quand s’intensifie le pressing sur un « meneur en retrait » (Arteta, Ramsey, Wilshere) il se retrouve en grande difficulté, ce qui le force à rejouer derrière, ou latéralement.

Si l’on va au-delà du débat sur le système de jeu – même si, le fait de jouer sans véritable meneur de jeu semble grandement pénaliser Arsenal – d’autres failles existent. Cette équipe manque de leader, personne n’est apte à guider – non, même pas Flamini, qui accumule les cartons et les mauvais matchs. Jack Wilshere à l’aptitude pour le faire, mais est-ce que ses performances en dents de scie ne le décrédibiliseraient pas ? Mertesacker, le capitaine contre Swansea, n’a jamais levé la voix ni montré aucun signe de révolte. Mentalement, les Gunners sont friables, sous pression, ils se mettent automatiquement en danger. Arsenal a perdu 9 points après avoir mené au score, plus que n’importe quelle autre équipe du championnat.

Le tableau dressé dans le contenu de l’article est obscur, très noir, très négatif. Toutefois, il ne faut pas forcément dramatiser. Si une réaction est attendue et obligatoire pour se redresser, Arsenal a plusieurs motifs d’espoirs. Les blessés reviennent peu à peu et l’effectif va à nouveau être fourni – à condition, évidemment, que d’autres joueurs ne se blessent pas, ce qui, à Arsenal, est un peu un pléonasme. Si la confiance revient, Arsenal à la capacité de réagir, de se créer des occasions et de marquer des buts. D’ailleurs, marquer des buts n’est pas vraiment le problème, en revanche, ne pas en prendre et marquer les buts au moment opportun s’avère plus difficile. Le mercato de janvier devrait permettre à Wenger de se réajuster, mieux vaut que tard que jamais pour renforcer l’effectif qui en a bien besoin. Malheureusement, certaines failles ne sont pas sportives, mais bien mentales et morales.

Analyse et étude comparative: pour Arsenal, balle au pied mais pied dans le plâtre

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L’infirmerie d’Arsenal. A l’heure qu’il est, essayer de poser ces quelques mots en face de n’importe quel amoureux de football qui s’intéresse un minimum à la Premier League vous garantit au moins un sourire sur le visage de l’intéressé, peut-être une ou deux vannes si vous êtes chanceux, voire un bon gros fou rire. Et ce sera peut-être mérité, mais à l’heure après plusieurs saisons à voir le club souffrir de ce mal, nous avons souhaité décortiquer cet état de fait en détails.

Article écrit en totale collaboration avec @LePereFidalbion, qui écrit pour horsjeu.net. Vous pouvez également retrouver cet article sur Hat-Trick, avec qui nous partageons ce contenu.

En outre, mille remerciements à Eva Gyz pour le travail extraordinaire fourni pour tout ce qui est de la partie graphique de l’article.

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