Analyse et étude comparative: pour Arsenal, balle au pied mais pied dans le plâtre


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L’infirmerie d’Arsenal. A l’heure qu’il est, essayer de poser ces quelques mots en face de n’importe quel amoureux de football qui s’intéresse un minimum à la Premier League vous garantit au moins un sourire sur le visage de l’intéressé, peut-être une ou deux vannes si vous êtes chanceux, voire un bon gros fou rire. Et ce sera peut-être mérité, mais à l’heure après plusieurs saisons à voir le club souffrir de ce mal, nous avons souhaité décortiquer cet état de fait en détails.

Article écrit en totale collaboration avec @LePereFidalbion, qui écrit pour horsjeu.net. Vous pouvez également retrouver cet article sur Hat-Trick, avec qui nous partageons ce contenu.

En outre, mille remerciements à Eva Gyz pour le travail extraordinaire fourni pour tout ce qui est de la partie graphique de l’article.

  1. Arsenal, le mal est profond 
  2. Comparatif avec Chelsea et Manchester City
  3. Comparatif avec les deux géants espagnols: Real Madrid et Barcelone
  4. Comparatif avec le champion d’Allemagne, le Bayern, et le champion d’Italie, la Juventus Turin 

Il faut avouer que le club s’est bâti une solide réputation en la matière depuis quelques années. Une réputation en partie alimentée par l’historique médical de certains joueurs en particulier. Inutile de mentionner ici Abou Diaby, dont la qualité des performances sur la pelouse n’a d’égale que la fragilité de son organisme et la malchance dont il a pu jouer par le passé. Mais il faut également mentionner Tomas Rosicky, qui a perdu plus  d’un an et demi en plein cœur des meilleures années de sa carrière à cause d’une blessure récurrente aux adducteurs, ou encore Robin van Persie, dont la carrière à Arsenal a été essentiellement constituée de demi-saisons. A l’image de ces joueurs, l’effectif nord-londonien s’est vite attribué l’étiquette de « talentueux mais fragile ». Mais il y a plus, puisque depuis déjà quelques années, les blessures se multiplient. Tous les postes et tous les joueurs sont concernés.

En Angleterre, l’image du staff médical d’Arsenal a pris un coup dans l’aile, les « spécialistes » se bousculant au portillon pour souligner sa prétendue incompétence. Mais le problème n’est-il pas ailleurs, ancré plus profondément ? C’est ce que nous nous sommes demandés au moment de lancer cette étude. Son but était de combler un vide d’abord, puisque personne ne semblait s’intéresser à ce problème jusqu’à ces dernières semaines. Il s’agit ensuite de déterminer, en s’appuyant sur des comparaisons avec plusieurs clubs du top-flight anglais et européen, si ces blessures sont bel et bien un problème plus important qu’ailleurs ou s’il met en valeur un souci de recrutement et de management de l’effectif (les deux étant liés, bien entendus). Pour faire simple, y’a-t-il vraiment un problème majeur de santé à Arsenal ou est-ce tout simplement un souci de profondeur de banc ?

Ci-dessous vous trouverez en détails le bilan complet des blessures de l’effectif d’Arsène Wenger pour la saison 2013/2014, joueur par joueur. Un tableau récapitulatif vous donnera plusieurs chiffres-clés et pas seulement le nombre de jours que les joueurs ont passés en étant blessés, ce qui n’est pas, à notre sens, l’indicateur le plus pertinent qui soit… Puis viendront les mêmes tableaux pour les clubs de Chelsea, Manchester City, du Bayern de Munich, de la Juventus de Turin, du Real de Madrid, et du FC Barcelone ; tous sont parmi les meilleurs clubs des meilleurs championnats européens, et il était nécessaire de mesurer Arsenal à l’aune de ses ambitions. Nos sources sont claires, simples mais aussi et surtout multiples, et pour chaque blessure nous les avons croisées afin d’être sûrs de notre fait : news officielles des club, compositions des équipes, sites spécialisés, articles de presse. Nous ne sommes pas à l’abri de certaines erreurs bien entendu, mais nous avons voulu les minimiser et s’il y a une marge de flou, nous le préciserons à chaque fois. Place donc au principal effectif concerné, les Gunners.


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Wojcech Szczesny, 24 ans, gardien de but – 46 apparitions – Aucune blessure, aucun match manqué

La saison 2013/2014 a été particulièrement clémente pour le portier polonais qui n’a jamais été sur le flanc, malgré une paire de matchs manqués sans vraiment d’explication (on peut deviner une mise au repos nécessaire). Résultat : il a rejoint Petr Cech sur la première marche du classement pour le Golden Glove, avec 16 clean-sheets en Premier League. Comme quoi, quand leur corps les laisse tranquilles, les hommes de Wenger peuvent produire de belles performances.

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Lukasz Fabianski, 29 ans, gardien de but – 11 apparitions – 1 blessure, 1 match manqué

Un Polonais peut en cacher un autre et Lukasz Fabianski a fort bien officié dans les bois l’année passée en menant Arsenal à son premier trophée depuis la FA Cup de 2004/2005. Comme on peut s’y attendre, pas de blessure majeure de son côté ; un seul match manqué en raison d’un « problème nasal » qui n’a pas franchement été détaillé par le club et qui semble extérieur à la pratique sportive. Pas de chirurgie plastique non plus à première vue.

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Thomas Vermaelen, 28 ans, défenseur central – 21 apparitions – 3 blessures, 15 matchs manqués

La dernière saison de Thomas Vermaelen à Arsenal ne devrait pas être son meilleur souvenir de son passage à Londres. Devancé par Per Mertesacker au picking order, complètement en perte de confiance, largement en dessous de son niveau habituel, le Belge a également multiplié les pépins physiques. Il a ainsi quasiment manqué 3 mois de compétition en raison d’une fracture de fatigue au dos en tout début de saison, et d’une blessure récurrente au genou à la fin du mois de décembre. Pour un joueur cantonné à un rôle de second couteau, c’est énorme…

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Laurent Koscielny, 29 ans, défenseur central – 46 apparitions – 4 blessures, 8 matchs manqués

On le sait, le style de Laurent Koscielny, à base de sauvetages à l’arrachée et de duels rugueux, implique énormément de contacts et se veut très exigeant physiquement. L’ancien Merlu a payé la facture l’année passée, notamment avec une coupure au genou bien cradingue subie face à Manchester City. C’est  pourtant une simple blessure au mollet qui l’aura éloigné le plus longtemps des terrains (près d’un mois, manquant ainsi quatre matchs) en fin de saison. Un des joueurs les plus solides de l’effectif nord-londonien tout de même.

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Per Mertesacker, 30 ans, défenseur central – 52 apparitions– 0 blessures, 2 matchs manqués

La grande saucisse allemande présente peut-être des lacunes évidentes et particulièrement handicapantes pour un club de Premier League, qui plus est une équipe qui joue très haut comme Arsenal, mais au moins, il n’est pas ce qu’on peut appeler un grand fragile (quand il ne se brise pas la cheville tout seul comme un grand). L’Allemand n’a loupé que deux matchs en 2013/2014 à la faveur de mauvaises grippes durant l’automne. C’est un bon point : la charnière titulaire d’Arsène Wenger n’a pas pris d’abonnement à l’infirmerie.

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Bacary Sagna, 31 ans, latéral droit – 48 apparitions – 2 blessures, 4 matchs manqués

L’une des grandes qualités de Bacary Sagna est sa régularité et sa solidité. Malgré un nombre de matchs joués colossal durant sa dernière année à Londres, l’ancien Auxerrois s’est encore une fois montré exemplaire de ce côté-là, avec seulement 4 matchs manqués en raison de blessures musculaires aux ischio-jambiers. Une valeur sûre.

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Kieran Gibbs, 25 ans, latéral gauche – 41 apparitions – 4 blessures, 9 matchs manqués

Le jeune latéral gauche anglais (ailier de formation) sorti de l’académie d’Arsenal est un exemple typique de ce que peut proposer l’infirmerie du club. Pas moins de neuf matchs manqués sur toute la saison, mais surtout des blessures variées (cheville, pied, fesse, mollet) et régulières, même si elles ne durent pas forcément très longtemps. Il a tout de même été écarté des terrains près d’un mois en fin de saison…

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Nacho Monreal, 28 ans, latéral gauche – 36 apparitions – 3 blessures, 9 matchs manqués

Le poste d’arrière gauche à Arsenal a été l’un des plus touchés par les blessures l’année passée, au point de ne même pas déceler de hiérarchie claire, avec un turnover constant et régulièrement dicté par les absences. Alors même que Monreal avait été recruté lors du mercato hivernal 2012 justement pour pallier à une blessure de Gibbs, l’Espagnol s’est montré lui aussi particulièrement sujet aux coups durs pour sa première saison pleine à Arsenal, avec notamment une grosse blessure au pied durant l’hiver ainsi qu’une fracture de fatigue au dos dont il subit encore les effets aujourd’hui.

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Mikel Arteta, 32 ans, milieu relayeur – 43 apparitions – 2 blessures, 10 matchs manqués

Arteta commençait déjà à traîner la patte la saison passée et même si l’ancien milieu d’Everton a toujours été un joueur engagé, impliqué et utile pour Arsenal depuis son arrivée en 2011, son corps commence peu à peu à lui dire de ralentir. Deux grosses blessures musculaires l’ont écarté des terrains près de deux mois en 2013/2014, avec 10 matchs manqués à la clé. Alors même qu’il était déjà vice-capitaine.

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Jack Wilshere, 22 ans, milieu box-to-box – 35 apparitions – 3 blessures, 16 matchs manqués

Là encore, un bilan symptomatique des problèmes d’Arsenal en matière d’infirmerie : un joueur avec le statut de Wilshere, dont le développement est très important pour le club, a été contraint de manquer 16 matchs dans une seule saison ! Le jeune espoir britannique, dont la course et le centre de gravité sont très particuliers, s’est montré très en délicatesse avec ses chevilles, qui sont les premières exposées quand il provoque des fautes (et il en provoque énormément). Mais son plus gros coup dur est venu d’un match amical avec les Three Lions, durant lequel il s’est cassé le pied. Ce qui n’a pas empêché l’équipe médicale de le laisser continuer son match…

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Tomas Rosicky, 34 ans, milieu offensif – 39 apparitions – 4 blessures, 10 matchs manqués

Le capitaine de la République Tchèque fait partie de ces quelques Gunners dont la carrière a été partiellement fichue en l’air par une blessure. Il en tire d’ailleurs une réputation de joueur fragile, qu’il faudrait nuancer dans la mesure où sa longue absence de 2009, à laquelle les observateurs peu avertis font souvent référence, n’a été due qu’à une seule blessure, probablement mal traitée. En 2013/2014, Tomas Rosicky a réalisé une de ses plus belles saisons avec les Gunners mais il a aussi loupé près d’un mois et demi de compétition et 10 matchs, dont la moitié à cause d’une blessure à la cuisse contractée… en sélection. Un problème récurrent avec lui d’ailleurs. La preuve avec son dernier match en équipe nationale, dont il est revenu touché.

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Mesut Özil, 25 ans, milieu offensif – 40 apparitions – 2 blessures, 9 matchs manqués

Pour sa première saison en Premier League, Mesut Özil a été particulièrement sollicité, au point de finir la saison en roue libre. Au cœur de celle-ci, une déchirure aux ischio-jambiers contractée durant le huitième de finale retour de la Ligue des Champions face au Bayern de Munich. Résultat : une mise au repos forcée qui n’était pas un mal, mais surtout un joueur-clé absent à un moment crucial pour la course au titre de champion d’Angleterre. Alors même qu’il n’avait jamais été blessé durant son passage au Real de Madrid.

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Aaron Ramsey, 23 ans, milieu box-to-box – 34 apparitions – 2 blessures, 21 matchs manqués

Une seule blessure majeure pour Aaron Ramsey mais pas des moindres. Fin décembre, le joueur a souffert d’une élongation de la cuisse assez sérieuse. Initialement indisponible pour un mois, la révélation de 2013/2014 a dû faire face à deux rechutes. Trois mois et onze jours plus tard, après avoir raté 20 rencontres, le Gallois fait son retour contre Everton, le 6 avril. Plus aucun problème physique à signaler mis à part une légère douleur à la cuisse qui l’écartera une rencontre en mai.

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Mathieu Flamini, 30 ans, milieu défensif – 36 apparitions – 2 blessures, 4 matchs manqués

Fin octobre, il reçoit un choc à la tête et souffre d’une commotion cérébrale le tenant écarté des terrains pour une petite semaine ; il manque ainsi la réception de Dortmund. De retour contre Crystal Palace et après seulement huit minutes de jeu, il doit sortir à cause d’une blessure à l’aine. Il est de nouveau écarté des terrains, cette fois pendant deux semaines et rate trois matchs.

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Santi Cazorla, 29 ans, milieu offensif – 46 apparitions – 1 blessure, 7 matchs manqués

Le petit espagnol ne s’est blessé qu’une seule fois cette année, après un rassemblement avec l’Espagne dans le courant du mois de septembre 2013. « Santi » souffre alors d’une blessure à la cheville qui l’oblige à être absent pour une période relativement conséquente : il ne revient que le 19 Octobre contre Norwich, soit plus d’un mois plus tard, après avoir manqué sept rencontres.

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Abou Diaby, 28 ans, milieu central – 0 apparitions – 1 blessure, Saison entière manquée

Devenu un véritable symbole de l’infirmerie d’Arsenal (parfois même au-delà du bon goût), le Français n’avait pas joué une seule rencontre depuis le 16 Mars 2013 jusqu’à son retour contre Norwich, lors de la dernière journée, pour 16 petites minutes. Il revient donc 423 jours après son dernier match contre Swansea lors de la saison 2012/2013, un an et quasiment deux mois en somme. L’ancien Auxerrois avait été victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche et devait être indisponible pour neuf mois, à la base.

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Kim Kallstrom, 32 ans, milieu central – 4 apparitions – 1 blessure, 9 matchs manqués

Même dans son recrutement, Arsenal a le sens de l’humour. Le Suédois, qui pouvait déjà être considéré comme un choix douteux, arrive blessé en provenance du Spartak Moscou durant le mercato hivernal de 2013/2014. Touché au dos, il reste en convalescence pendant six semaines. Il fait pour la première fois partie du groupe le 22 mars contre Chelsea. En tout et pour tout, il aura raté neuf rencontres pour cause de blessure et n’en aura joué que six, dont cinq en tant que remplaçant.

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 Gedion Zelalem, 17 ans, milieu offensif – 1 apparition – 1 blessure, X matchs manqués

Le jeune espoir allemand se blesse début septembre pour deux mois au genou. Il est difficile néanmoins de dire combien de matchs il a raté puisqu’il ne fait pas toujours partie de l’équipe première, vu son très jeune âge ; Arsène Wenger fait en effet particulièrement attention à lui dans l’optique de ne pas le jeter inconsidérément au feu. Du fait d’un très faible temps de jeu avec les A, il est difficile d’avoir des informations concrètes sur les différentes blessures qu’il a pu rencontrer.

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Lukas Podolski, 29 ans, attaquant – 27 apparitions – 1 blessure, 23 matchs manqués

Dès le mois d’août, l’Allemand est contraint de céder sa place après 49 minutes de jeu lors du match retour contre Fenerbahce en barrage de Ligue des Champions. C’est une grave blessure aux ischio-jambiers qui le tient en dehors des terrains pour 4 mois : il rate 23 rencontres et revient fin décembre, de quoi le reléguerdéfinitivement à un statut de joker de luxe qu’il ne quittera pas.

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Olivier Giroud, 28 ans, attaquant – 51 apparitions – 1 blessure, 2 matchs manqués

A l’heure du bilan, le Français est l’un des joueurs le plus épargnés par les blessures. En effet, sa seule absence notable est due à une blessure à la cheville subie contre Newcastle le 29 Décembre. Elle l’empêchera de jouer pendant  deux semaines et il manquera deux rencontres. Mine de rien, il semblerait que la solide constitution de l’ancien Montpelliérain l’ait protégé ; une exception à Arsenal.

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Theo Walcott, 25 ans, ailier – 18 apparitions – 2 blessures, 35 matchs manqués

Le numéro 14 d’Arsenal a vécu une saison particulièrement éprouvante physiquement l’année passée. Il se blesse deux fois et à chaque fois sur une longue durée. La première, le 18 Septembre, l’éloigne des terrains pour plus de deux mois. Walcott, touché à l’abdomen, doit subir une opération et manque alors 12 rencontres. A l’ouverture de la nouvelle année, Walcott se blesse gravement au ligament du genou gauche, lors du derby nord-londonien. Les médecins lui diagnostiquent une absence de six mois. Il s’apprête à peine à faire son retour à l’heure où nous écrivons ces lignes…

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Alex Oxlade-Chamberlain, 21 ans, ailier – 20 apparitions – 2 blessures, 34 matchs manqués

La saison 2013/2014 débute très mal pour « The Ox » puisqu’il est touché dès le match d’ouverture. Sa blessure au genou est préoccupante. Il ne reprendra en compétition que cinq mois plus tard. Il passe à côté de 30 rencontres avec Arsenal entre ces deux dates. Chamberlain se blessera également à l’aine au mois d’avril et ratera les 4 dernières rencontres de la saison.

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 Yaya Sanogo, 21 ans, attaquant – 14 apparitions – 2 blessures, 33 matchs manqués

Après avoir passé pas mal de temps sur le flanc à Auxerre, Sanogo se blesse d’entrée après son arrivée à Londres ; il est touché au dos alors qu’il est avec l’équipe de France Espoir. Cette blessure le tiendra éloigné des terrains de début septembre à début février, soit 5 mois et 32 rencontres. Il se blesse à nouveau au pied cette fois pour une dizaine de jours plus tard dans la saison.

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Nicklas Bendtner, 26 ans, attaquant – 14 apparitions – 1 blessure, 3 matchs manqués

Lord Bendtner n’a pas échappé au fléau de l’infirmerie londonienne, même son statut de doublure de la doublure ne l’a pas franchement exposé (malgré sa très haute estime de lui-même). En janvier, alors qu’il marque contre Cardiff, il se blesse à la cheville. Il ne reviendra que trois semaines plus tard, après avoir été indisponible pour trois rencontres. Et même l’absence d’un Bendtner en surpoids peut peser sur la performance d’une équipe.

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Ryo Miyaichi, 21 ans, ailier – 5 apparitions – 3 blessures, 17 matchs manqués

Comme pour Zelalem, le statut précaire du Japonais au sein de l’équipe A ne perme pas d’être particulièrement précis sur ses durées d’indisponibilité. Début août, pour pouvoir jouer avec la sélection japonaise, Ryo dissimule au staff d’Arsenal une blessure costale. Il est indisponible pour la première rencontre de championnat mais revient sur le banc contre Fenerbahce. En novembre, il cède sa place en cours de match contre Norwich, avec les U21. Pour Wenger, c’est une blessure aux ischio-jambiers et 10 jours sont nécessaires à son rétablissement mais sa date de retour est très floue. Très enclin aux blessures, il est à nouveau écarté à la mi-mars pour les deux derniers mois de la saison et rate 12 matchs, à cause d’une douleur aux adducteurs.

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Serge Gnabry, 19 ans, ailier – 14 apparitions – 2 blessures, 10 matchs manqués

Même les plus jeunes et les moins utilisés des membres de l’équipe première connaissent leurs pépins physiques à Arsenal. Le premier arrive le 28 octobre 2013 pour le jeune Allemand. C’est un coup à la cheville. Il revient pour affronter Dortmund en Ligue des Champions, un peu plus d’une semaine plus tard après avoir manqué deux rencontres. En mars, Gnabry se blesse au genou. Il a raté les huit dernières rencontres de la saison et n’est toujours pas revenu à l’heure qu’il est.

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Les Blues ne l’ont pas et se voient épargnés par le mauvais sort… 

On connaît l’aspect physique et rugueux de Chelsea depuis le premier passage d’un certain José Mourinho. Et évidemment, on sait que les joueurs qui constituent l’effectif du club ouest-londonien ont tous en commun un certain volume de jeu et une puissance athlétique conséquente. Cependant, ils sont aussi caractérisés par une résistance aux blessures épatantes, qui ne peut qu’être le fruit d’une infrastructure et d’un encadrement exemplaire. En 2013/2014, Chelsea n’a joué qu’une rencontre de plus qu’Arsenal (notamment grâce à son parcours jusqu’en demi-finale de la Ligue des Champions) et comptait 30 joueurs à la clôture du mercato estival, puis  28 en janvier (après les départs d’Essien et Mata). Cependant, Chelsea n’a subi que 20 blessures, avec une moyenne de seulement huit matchs manqués par joueur. La situation semble totalement à l’inverse de celle d’Arsenal et le contraste est on ne peut plus effrayant : plus de joueurs, moins de blessures. Il est intéressant de souligner l’absence de blessures contractées en sélection et la répartition plus équilibrée des zones de blessures, alors que les blessures musculaires aux jambes dominent globalement dans les autres équipes.

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Manchester City et ses postes doublés (voire triplés) s’en sort très bien… 

Malgré les apparences, Manchester City avait moins de joueurs totalement intégrés à l’équipe première qu’Arsenal mais on peut faire une remarque ici : Arsenal intègre beaucoup plus de jeunes joueurs à son effectif « principal » alors que City tend à avoir des joueurs confirmés comme deuxièmes choix. D’où un pickin order malgré tout limité. Autre constatation : le nombre de blessures par secteur (attaque, milieu, défense) à City est proportionnel à la part de chaque secteur dans l’équipe ; pas d’anomalie donc. La situation des Citizens ressemble davantage à celle d’Arsenal qu’à celle de Chelsea, mais on est encore loin des Gunners. Meilleur gestion d’une ralative fragilité ? Reste que Manchester City a réussi à gérer ses blessures et à remporter le titre en Angleterre dans le même temps.

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Des matchs en masse avec moins de joueurs mais aussi moins de blessures… 

Le Real Madrid a joué 60 rencontres en tout la saison passée, le chiffre le plus élevé de notre échantillon et ce notamment à cause de son parcours jusqu’au titre en Ligue des Champions. Le constat principal pour le club espagnol est le suivant : peu de joueurs blessés, mais quelques cas inquiétants comme le genou de Raphaël Varane ou celui de Khedira. Le club a dû faire face à plusieurs longues blessures, et malgré un effectif plus restreint que celui d’Arsenal, semble avoir un effectif plus complet, paradoxalement. A noter toutefois certains cas difficiles à évaluer, puisque le Real a la facheuse tendance à inscrire des joueurs censés être blessés sur ses feuilles de matchs. Enfin, soulignons la recrudescence de blessures au niveau des genoux, qui atteint le premier poste de blessures.

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Des doublures, des blessures mais une situation plus que correcte pour les Catalans… 

On a souvent dit par le passé que Barcelone et Arsenal partageaient un certain nombre de caractéristiques, dont la taille et le gabarit de ses joueurs, qui subissent souvent les foudres des équipes plus physiques. Seulement, cela se traduit vraiment différemment dans l’infirmerie. En effet, le bilan médical du Barca n’est en rien comparable à celui des Gunners pour 2013/2014, et ce même si les Blaugranas n’ont pas connu une saison facile de ce pointe de vue ; avec les longues indisponibilités d’Afellay, Dos Santos, Jordi Alba et Puyol, on peut dire qu’ils ont connu leur lot de galères. D’autant que les absences du capitaine catalan sont particulièrement obscures… Seulement voilà : les cadres sont restés relativement épargnés et les blessures les plus graves ne les concernaient pas. Mieux : les doublures ont su remplir leur rôle sans faire souffrir le collectif. A noter le peu de variation dans les types de blessures. La question du gabarit, souvent avancée par Wenger, est donc écartée.

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Un effectif complet et une saison avec plus de blessures en gravité qu’en nombre pour le Bayern… 

La comparaison avec l’équipe la plus impressionnante en Europe ces deux dernières années est plus que révélatrice : avec quasiment moitié moins de blessures et de jours d’indisponibilité qu’Arsenal, le Bayern a pu tirer le meilleur de sa saison, même si les Bavarois ont dû s’arrêter un peu plus tôt que l’année d’avant en Ligue des Champions. Pourtant, là encore, on ne peut pas dire que les blessures aient totalement épargné le groupe de Pep Guardiola : Badtsuber est resté out pendant toute la saison, Schweinsteiger et Alcantara ont eu plusieurs gros pépins, et Ribéry a tout de même cumulé quatre indisponibilités dans la saison.

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Le champion de la Serie A très épargné par les blessures… 

Championnat complètement différent, à l’engagement physique peut-être moindre qu’en Angleterre : l’Italie. Reste que la Juventus a fini une saison terriblement efficace en écrasant la concurrence en Serie A. Ce qui frappe en particulier chez Bianconero, c’est la durée de leurs indisponibilités : hormis Simone Pepe, qui est un cas à part comme peut l’être Diaby, les joueurs ayant manqué le plus de matchs sont à seulement 16 et 14 absences, là où leurs homologues londoniens ont loupé 34 à 35 matchs dans la saison ! Et le calendrier n’y est pour rien, puisque la Juve et Arsenal ont joué sensiblement le même nombre de matchs. On constate d’ailleurs que Barzagli et Vucinic, qui sont les joueurs concernés côté Turin, étaient déjà trentenaires l’année passée. A Arsenal, parmi les noms des joueurs les plus blessés, on trouve Chamberlain, Walcott, Gibbs ou même Sanogo… De quoi faire réfléchir.

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CONCLUSION

Comparer les données des blessures d’Arsenal avec celles d’autres poids lourds anglais et étrangers révèle un constat sans appel : les Gunners souffrent d’un véritable problème récurrent avec leur infirmerie, et ce même sans compter Abou Diaby. Les disparités sont visibles et bien réelles. En mars 2014, Wenger déclarait vouloir mener une enquête interne pour trouver les réponses aux nombreuses interrogations des fans et des journalistes sur le sujet. Cet été, Shad Forshyte, préparateur physique de l’équipe nationale d’Allemagne, réputé pour être la crème de la crème de la préparation physique, a rejoint le staff du club. On pouvait alors espérer du mieux concernant la récurrence des blessures au club. Est-ce vraiment le cas sur ce début de saison ? Pas du tout. Comme vous pouvez le voir sur le tableau ci-dessus, la situation est même pire. 2014/2015 promet d’être une des pires saisons pour l’infirmerie du club londonien. A peine deux mois de compétition et déjà trois blessures de long-terme (Giroud, Debuchy et Özil) ainsi qu’une demi-douzaine de blessures de plus de deux semaines. S’il est difficile de clairement pointer du doigt des responsable de cet état de fait, on peut évidemment soulever des points suspects : la qualité du staff médical et des kinés, la pertinence du programme physique et de la charge de travail, la présence ou non de renforcement musculaire, ou plus simplement la gestion du turn-over et donc du recrutement.

Pour finir, le registre des blessures d’Arsenal sur la saison 2014-2015 avec des chiffres arrêtés au 4 novembre 2014.

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