Quand la discipline défensive fait gagner Arsenal


Pour clôturer la 22e journée de la Premier League, Manchester City (2nd) recevait Arsenal (6e avant la rencontre). La rencontre s’annonçait difficile pour les visiteurs tant ils ont du mal à l’extérieur face aux « gros » et ce n’est pas le déplacement à l’Etihad, forteresse presque imprenable des locaux, qui allait les rassurer. Pourtant, au terme de la rencontre les Gunners se sont imposés 2-0, résultat on ne peut plus logique.

Arsenal a (au moins momentanément) fait taire les critiques sur son habilité à contenir de grosses écuries, soit parce que bien trop souvent ils ont été totalement submergées par les assauts adverses soit parce qu’ils n’ont pas su tenir pendant 90 minutes un bon début de match. Afin de mieux comprendre la manière dont Arsenal a manœuvré, nous allons à travers cet article nous focaliser sur la discipline et la rigueur qu’Arsène Wenger a mis en place lors de la rencontre.

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Arsenal récupérait un effectif presque complet avant la rencontre mais doit pallier l’absence de Debuchy. Pour cela, Wenger aligne Bellerin, 19 ans, au poste d’arrière droit avec le reste de la défense « type ». Coquelin, dans la continuité de ses bonnes performances est titulaire, Ramsey de retour de blessure et Cazorla excellent dans l’axe récemment complètent le milieu de terrain. Pas de surprise devant.

Un début de rencontre parfait

Arsenal entame la rencontre pied au plancher avec la ferme intention d’empêcher une première relance facile pour Manchester City. L’équipe est relativement haute sur le terrain et bien organisée. Sur le cliché ci-dessous, on aperçoit aisément le milieu à 3 complété le travail des ailiers pour forcer l’adversaire à jouer sur l’aile pour mieux « l’enfermer ».

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Dans le final third, Manchester City ne trouve pas d’ouverture pour « casser » le bloc défensif d’Arsenal. On distingue deux lignes de 4, homogènes et coordonnées. En effet, un des deux relayeurs sort souvent pour gêner le porteur de balle. City n’a nul autre choix que de faire tourner le ballon, en vain, à l’image d’Arsenal régulièrement.

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A l’inverse des rencontres précédentes et du scénario presque « habituel », Arsenal apporte du soutien à ses défenseurs. Le milieu est dense et quand Manchester City oriente sur l’aile, les défenseurs latéraux ne se retrouvent pas en 1 v 1 puisque un milieu vient apporter du soutien. Les Citizens ont largement la possession de balle mais peinent à se créer des occasions, le double rideau d’Arsenal est imperméable.

Dans l’axe, la densité du bloc et l’étonnante application des joueurs d’Arsenal empêche Manchester City de trouver ses joueurs – Milner, Silva notamment – entre les lignes. Ramsey ou Coquelin montent régulièrement sur Fernando ou Fernandinho qui ne peuvent trouver la passe parfaite.

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Un positionnement astucieux

Arsenal va profiter de sa solidité défensive pour conclure les premières vingt minutes par un but, certes sur un penalty transformé par Cazorla à la 24e minute. Dans la majorité des cas, après l’ouverture du score, Arsenal recule, cède du terrain et se relâche – tant au niveau du pressing que du positionnement. Contre Manchester City, les Gunners sont restés sur le même modèle à tel point que les Citizens n’ont jamais vraiment réussi à les inquiéter en première période.

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Manchester City cherche son créateur principal, David Silva, qui essaie de se faufiler entre les lignes d’Arsenal. Même balle au pied, Silva est bloqué : il y a un pressing immédiat sur lui par un ou plusieurs joueurs. Le problème est le même pour ses coéquipiers : ils sont muselés et l’Espagnol n’a pas la possibilité d’orienter efficacement le jeu. Dans le même temps, Fernandinho ou Fernando tentent des montées pour lui offrir des solutions. Le problème est qu’ils n’arrivent visiblement pas à s’entendre ni à se coordonner.

David Silva est donc totalement muet. Rares sont les fois où ils arrivent à recevoir le ballon, encore moins dans une position favorable pour aller de l’avant. Ci-dessous, Alexis le force à repartir vers l’arrière.

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En seconde période, Arsenal va lâcher un peu de mou et se livrer un petit peu plus. On aurait pu croire qu’Arsenal craque et cela aurait pu être le cas car les joueurs sont régulièrement partis en contre pour tenter de mettre le second but. Toutefois, la présence d’un véritable milieu défensif (Coquelin) empêche Arsenal d’être en infériorité numérique quand l’équipe part vers l’avant. Mais face au second du championnat, chez lui, ils ont su ne pas prendre de risques inconsidérés – qui auraient facilement pu avoir des conséquences dramatiques.

Derrière, Arsenal inscrit le deuxième but (par Giroud à la 64e) et continue de garder la tête haute face aux Citizens qui tentent de réagir en faisant rentrer Lampard, Jovetic et Dzeko. Ci-dessous, le premier tente de passer la balle à un coéquipier mais est entouré de trois joueurs d’Arsenal dont Giroud, qui est revenu bas.

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Manchester City attaque en situation d’infériorité numérique et cela se voit assez largement, comme dans le cliché qui va suivre. Arsenal a souvent du mal à contenir les percées dans l’axe et ouvre par incidence les ailes pour compenser. Dans le cas précis, Lampard est entouré de 5 joueurs, ni plus ni moins mais le positionnement de ces derniers l’empêche de servir Silva à droite.

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Un contraste saisissant avec le match aller

En septembre dernier, les deux équipes s’étaient quittées sur un score de parité de 2-2. Le match était beaucoup plus débridé et Arsenal s’était beaucoup plus exposé aux foudroyantes percées des Citizens. Au-delà de l’aspect tactique et disciplinaire, deux postes ont influé sur les différents résultats.

D’abord, le milieu défensif en la personne de Francis Coquelin. Le Français revenu de Charlton où il était prêté a fait son trou et est devenu un titulaire dans le système d’Arsène Wenger. Contre Manchester City, il a eu un rôle déterminant pour son équipe, en témoigne les duels qu’il a remporté.

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Il a complètement dominé le milieu de terrain. De plus, il a réalisé 11 « clearances » (dégagements) et effectué 6 interceptions. C’est par son positionnement qui lui permet d’être au bon endroit pour prévenir du danger et éventuellement intervenir qu’il est efficace.

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Si l’on garde en tête les différents clichés exposés ci-dessus, il est difficile de comprendre comment Arsenal a pu se métamorphoser contre le même adversaire (certes orphelin de Yaya Touré et Nasri dans l’entrejeu). Arsenal était déjà débordé après moins de 10 minutes de jeu. Ce scénario s’est souvent répété cette saison : la défense est exposée, sans protection et, par incidence, est automatiquement en danger. Il est difficile d’interpréter cette situation tant l’organisation d’Arsenal semble pour le coup, désorganisée.

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Lors du dernier match entre les deux équipes, Manchester City s’était notamment distingué par ses très rapides projections vers l’avant favorisées par des transitions efficaces. Arsenal n’avait jamais cherché à empêcher la première relance et l’enchainement est évident.

Enfin, l’autre point fondamental concerne le positionnement des arrières latéraux. A l’inverse du match – et d’innombrables autres rencontres – ils ne se sont pas livrés en jouant trop haut. Ainsi, leurs éventuelles montées étaient réfléchies et compensées par la couverture des milieux. Souvent, le positionnement fait défaut : les latéraux d’Arsenal sont pris dans leur dos car ils jouent haut et ne redescendent pas (assez rapidement). De ce fait, l’équipe se retrouve en infériorité numérique sur le contre adverse.

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Positionnement moyen des joueurs contre Liverpool, 2-2

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Positionnement moyen des joueurs contre Manchester City

Conclusion

Arsenal a probablement livré sa meilleure performance de la saison si l’on considère l’adversaire en face. Par son milieu de terrain densifié, l’équipe a réussi à couper les passes entre les lignes, de ce fait, les joueurs que sont Silva et Milner n’ont pas pu imposer leur style et influer sur le match. Ce match, cependant, a représenté l’antithèse de l’Arsenal Wengerien que l’on connait : possession de balle en dessous des 40% et jeu en contre. Arsenal a peut-être trouvé sa formule pour concurrencer les cadors. Toutefois, l’équipe va devoir confirmer ce résultat contre d’autres équipes du même acabit pour tirer un constat plus clair de ses capacités.

Crédits : Squawka et Whoscored. 
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Une réflexion sur “Quand la discipline défensive fait gagner Arsenal

  1. Ah un bon MDF ça change la vie (surtout dans un 433), reculé pour mieux contrer n’est pas plus une mauvaise idée quand on a une défense centrale assez fragile, surtout quand on connait la vitesse de Sanchez en contre et un Cazorla majestueux qui adore les espaces. Bref super article comme d’hab, maintenant j’espère celui sur le nouveau système de Liverpool et son 343 alléchant dans le jeu…

    Pour City, c’est désespérant comment Pellegrini manque d’innovation tactique quand ses maîtres à jouer ne sont pas-là.

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