Arsenal : le poids des maux et de leurs conséquences


Photo: @UEFAComMichaelH
Photo: @UEFAComMichaelH

2 défaites, 5 nuls et seulement 4 victoires. Voilà le bilan d’Arsenal en Premier League après 11 rencontres. Toutes compétitions confondues, Arsenal a disputé 19 rencontres (dont 1 en Community Shield et Capital One Cup et 6 en Ligue des champions) pour un bilan total de 8 victoires, 7 nuls et 6 défaites. Il n’y a pas matière à débattre : c’est très faible, surtout compte tenu des attentes que nous sommes en droit d’avoir pour un club comme Arsenal.

Dernièrement, ce sont deux rencontres qui ont retenu l’attention des superviseurs : le match nul contre Anderlecht 3-3, après avoir mené 3-0, et la défaite contre Swansea, après avoir mené 1-0. De plus, Arsenal ne gagne toujours pas contre les grosses équipes : une défaite 2-0 contre Chelsea, une défaite 2-0 contre Dortmund, un match nul 2-2 contre Manchester City…

La saison n’a débuté que depuis 3 mois et, si l’on se base sur les précédentes saisons, tirer des conclusions trop hâtives concernant Arsenal n’est pas souvent un postulat très intelligent. Toutefois, cette saison n’a pas vraiment d’égale : les problèmes récurrents sont plus que jamais pointés du doigt et rien ne semble vraiment concorder du côté de Colney.

Alors, finalement, qui est à blâmer ? Wenger ? Les joueurs ? Tout le monde ? En essayant de tenir une ligne d’objectivité presque totale et de rendre compte des faits,  quelques-uns des des éléments qui portent préjudice à Arsenal cette saison seront passés en revue. Le problème apparaît comme systémique : chaque point est étroitement lié et les conséquences affectent entièrement l’équipe.

D’abord, il faut revenir quelques mois en arrière, au mercato estival. Arsenal se sépare de son capitaine, Thomas Vermaelen et de son défenseur le plus consistant, Bakary Sagna, tous les deux partis dans de grosses écuries européennes. Wenger répond en recrutant Callum Chambers, jeune défenseur anglais qu’on annonce polyvalent. Premier problème : Arsenal démarre la saison avec 6 défenseurs : Gibbs, Monreal, Koscielny, Mertesacker, Chambers et Debuchy. Après la blessure de ce dernier, Bellerin est intégré à l’équipe première.

A l’heure actuelle, Arsenal doit bricoler une défense faite de Gibbs, Monreal, Mertesacker et Chambers. Les problèmes de blessures se sont encore abattus sur les Gunners (par ailleurs, je vous rappelle que notre grand dossier est disponible ici : http://my-premierleague.com/2014/11/06/analyse-et-etude-comparative-pour-arsenal-balle-au-pied-mais-pied-dans-le-platre/). Chambers est certes polyvalent et peut jouer arrière droit, sa réussite est encore à prouver (demandez donc à Montero ce qu’il a pensé des qualités défensives sur l’aile de Chambers). En outre, l’incompatibilité de Mertesacker à jouer dans cette équipe, avec ce style de jeu se révèle au grand jour.

Avançons ensuite sur le terrain : le milieu de terrain. Immense chantier, où une nouvelle fois, Arsenal est plutôt bien fourni quantitativement, mais beaucoup moins qualitativement. Que ce soit en 4-1-4-1 ou en 4-2-3-1, comme sur les dernières rencontres. Flamini et/ou Arteta tiennent le rôle de milieux défensifs mais dans les deux cas, c’est loin d’être suffisant : Flamini n’a plus le niveau recherché, quant au Basque, il n’est pas à proprement parler un milieu à vocation défensive et n’a pas les qualités requises de récupérateur en plus d’être physiquement bien en difficulté.

Nous avons donc un back-four aménagé totalement livré à lui-même, puisque le milieu de terrain ne le couvre absolument pas. Arsenal est incapable de réussir des transitions défensives efficaces et se retrouve régulièrement acculé sur les phases de contre-attaques. Bon nombre d’exemples peuvent en attester.

Sur ce contre, 8 joueurs d'Arsenal sont dans la moitié de terrain adverse, laissant un boulevard à Borrow.
Sur ce contre, 8 joueurs d’Arsenal sont dans la moitié de terrain adverse, laissant un boulevard à Borrow.

Tactiquement, l’équipe est très faible tant défensivement qu’offensivement. Nous avons régulièrement l’impression que les joueurs entrent sur le terrain sans consignes particulières à l’exception de la volonté inculquée par Wenger de leur laisser une quasi-totale liberté. Le pressing est toujours inexistant, ou totalement désorganisée : bien loin d’un  travail de groupe, agissant en « bloc », ce sont d’éphémères volontés individuelles qui se démarquent (Sanchez, Welbeck…).

Plusieurs voix se sont levées contre Arsène Wenger, notamment d’anciens joueurs. L’inadaptabilité tactique du manager envers les équipes adverses est notamment pointée du doigt, Wenger privilégiant la tactique de son équipe – notamment sur des bases de liberté et de fluidité. Sauf que la fluidité et Arsenal ne sont plus vraiment des synonymes. Arsenal est l’équipe qui a le plus de possession en Premier League (59.3% en moyenne) et celle qui réussit le plus de passes (86.2% de passes réussies en moyenne). Toutefois, le jeu d’Arsenal est stéréotypé : de longues phases de possession « rythment » les attaques des Gunners qui se font des passes autour de la surface sans trouver la solution. La verticalité de l’équipe est proche du néant, il n’y a aucune tentative de pénétration (aussi rares soient-elles) fructueuse.

Contre Anderlecht, alors que les Belges revenaient dans le match et qu’Arsenal paraissait de plus en plus fébrile, Wenger décide de faire rentrer Rosicky et Podolski. Le score n’a pas été tenu et Anderlecht égalisa. A l’inverse, dans des situations où Arsenal doit aller chercher un résultat, Wenger est tardif dans ses changements, pour parfois ne pas en faire du tout. Il se justifie par le fait que le bloc ne doit pas être désorganisé. Ne s’agit-il pas ici de respecter une certaine logique ? D’ailleurs, qu’en est-il de la situation de Rosicky et Campbell ? Les deux joueurs ne jouent pas, ou très peu et quand on connait les problèmes de créativité devant, on a le droit de s’interroger.

2e pire départ depuis l'arrivée d'Arsène Wenger au club.
2e plus mauvais départ depuis l’arrivée d’Arsène Wenger au club.

Les adversaires d’Arsenal exploitent au mieux les failles de l’équipe : Swansea a utilité au mieux le côté gauche de l’attaque, mettant Chambers en grande difficulté. Les latéraux n’ont pas de véritable organisation : des montées à contretemps, une mauvaise couverture défensive qui laisse des « boulevards » derrière. Aussi, quand s’intensifie le pressing sur un « meneur en retrait » (Arteta, Ramsey, Wilshere) il se retrouve en grande difficulté, ce qui le force à rejouer derrière, ou latéralement.

Si l’on va au-delà du débat sur le système de jeu – même si, le fait de jouer sans véritable meneur de jeu semble grandement pénaliser Arsenal – d’autres failles existent. Cette équipe manque de leader, personne n’est apte à guider – non, même pas Flamini, qui accumule les cartons et les mauvais matchs. Jack Wilshere à l’aptitude pour le faire, mais est-ce que ses performances en dents de scie ne le décrédibiliseraient pas ? Mertesacker, le capitaine contre Swansea, n’a jamais levé la voix ni montré aucun signe de révolte. Mentalement, les Gunners sont friables, sous pression, ils se mettent automatiquement en danger. Arsenal a perdu 9 points après avoir mené au score, plus que n’importe quelle autre équipe du championnat.

Le tableau dressé dans le contenu de l’article est obscur, très noir, très négatif. Toutefois, il ne faut pas forcément dramatiser. Si une réaction est attendue et obligatoire pour se redresser, Arsenal a plusieurs motifs d’espoirs. Les blessés reviennent peu à peu et l’effectif va à nouveau être fourni – à condition, évidemment, que d’autres joueurs ne se blessent pas, ce qui, à Arsenal, est un peu un pléonasme. Si la confiance revient, Arsenal à la capacité de réagir, de se créer des occasions et de marquer des buts. D’ailleurs, marquer des buts n’est pas vraiment le problème, en revanche, ne pas en prendre et marquer les buts au moment opportun s’avère plus difficile. Le mercato de janvier devrait permettre à Wenger de se réajuster, mieux vaut que tard que jamais pour renforcer l’effectif qui en a bien besoin. Malheureusement, certaines failles ne sont pas sportives, mais bien mentales et morales.

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Une réflexion sur “Arsenal : le poids des maux et de leurs conséquences

  1. Bonjour,

    Tout d’abord merci pour cet article. J’ai vu le match complet de Chelsea – Arsenal et Swansea – Arsenal et je peux vous dire que l’équipe d’Arsenal ne tente pas de tirer en dehors de la surface, ce qui était la même chose contre Chelsea où la seule frappe était celle de Cazorla qui s’était avérer très dangereuse car elle est passé à côté du poteau. Mais il y a eu une possession de balle mais sans réellement marquer, je pense qu’elle devrait un peu plus tirer en dehors de la surface. Mais pour ma part, le gros problème est Wenger. Tout simplement, car la tactique qu’il utilise est tout simplement diffiicile a pratiquer dans un championnat où tous les matchs sont difficiles a négocier. Si Wenger ne veut pas changer de tactique, il serait alors dommage de voir Arsenal couler un peu plus. Car j’estime que les transferts sont suffisants (Welbeck, Sanchez, Debuchy, …). Ce sont de bons transferts mais j’ai l’impression que Wenger ne sait pas où est véritablement le problème. Car joueur avec Arteta – Flamini en milieux défensifs est tout de même un peu risqué contre des équipes qui ont comme milieu Yaya Toure – Fernandinho (Fernando) ou Fabregas – Matic voir d’autres milieux.

    Ca ne reste que mon avis après tout…

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