#3 The Interview: Mile Sterjovski, de joueur à formateur


Passé par l’Angleterre et surtout la France, Mile Sterjovski est un des rares australiens à avoir joué dans le championnat hexagonal. Il a été pendant près de 10 ans un international australien et a été de l’aventure australienne en 2006. Cette année-là, l’Australie se qualifie pour la première fois à une Coupe du Monde depuis 1974. Une centaine de matchs joués en France avec le LOSC dont plusieurs dans les différentes coupes d’Europe (Ligue des Champions et Coupe de l’UEFA) et des souvenirs à foison.

Il a pris le chemin de l’Europe venant de l’Australie sans transition, la France, la Suisse, la Turquie puis l’Angleterre. Derby County l’accueille en 2007 et Sterjovski reste 2 saisons. Témoin privilégié, entre la langue de Molière et celle de Shakespeare, nous avons eu la chance de discuter avec lui.

Vous avez eu une carrière très mouvementée puisque vous avez joué dans 6 pays différents (Australie, France, Suisse, Angleterre, Turquie et Chine). Quand vous y repensez, êtes-vous satisfait ? Pouvez-vous choisir une aventure en particulier ?

Je suis très satisfait de ma carrière. Je crois beaucoup au destin, que tout arrive pour une raison, il n’y a pas de hasard et de fait, je ne voudrais changer aucune ligne de ma carrière. Le football a toujours été ma passion. Mon père et mon grand-père m’ont fait découvrir le foot à 2 ans et depuis, j’adore, je ne m’en lasse pas !

S’il fallait dégager une aventure en particulier… le meilleur moment de ma carrière ? Indéniablement quand j’ai joué en France, au LOSC.

Sterjovski

Alors justement, parlons-en un petit peu de Lille. Vous avez quitté l’Australie à 21 ans pour rejoindre le club en 2000. Que pouvez-vous nous dire sur ce grand saut vers l’Europe ?

A l’époque, le transfert a eu lieu après que mon agent ait montré au LOSC et à d’autres clubs en Europe des vidéos de moi. Ensuite, je suis venu à Lille pour un essai de 2 semaines. J’ai toujours joué en confiance et même quand je n’étais pas confiant, j’ai toujours essayé de montrer le contraire ! La première différence que j’ai remarquée en arrivant en France était la vitesse du jeu comparé à l’Australie. Tout allait plus vite et il y avait beaucoup plus de joueurs de qualité.

Et comment était la vie en France ? En gardez-vous un bon souvenir au point de toujours suivre leurs résultats ?

Ma première année fut difficile mais agréable à la fois. Les trois années suivantes furent géniales. Lille a vraiment été une belle aventure – ma préférée en tout cas. Je suis toujours leurs résultats. Malheureusement, les matchs ne sont pas diffusés à la télévision en Australie. Je crois que le fait d’avoir perdu quelques joueurs leur a fait mal. Malgré cela, je crois qu’ils ont un bon effectif qui est capable de jouer le top 5 voire top 4. Ils ne peuvent pas se permettre d’avoir des joueurs blessés, surtout des joueurs comme Rony Lopes. C’est un joueur très important pour l’équipe. J’espère que Lille pourra le garder !

Par la suite, vous avez pris la direction de la Suisse et plus précisément du FC Bale. Vous avez atteint les quarts de finale de l’ancienne Coupe de l’UEFA. Pouvez-vous nous parler du niveau comparé à la France ?

Le niveau du football en Suisse est en dessous de celui en France. Toutefois, c’était quand même un très bon championnat qui a fait de grands joueurs. A l’époque, Scott Chipperfield m’a ouvert la porte pour venir en Suisse, il a beaucoup aidé dans le transfert. J’ai passé trois excellentes années, nous avions notamment remporté la coupe et le championnat en plus du quart de finale européen. Je pense également que la Suisse est un bon endroit pour les Australiens qui souhaitent débuter leur carrière en Europe. S’ils arrivent à enchaîner plusieurs bonnes saisons, ils pourront progresser et rejoindre un plus gros championnat.

Vous avez pris la direction de la Turquie, pour un an, avant de rejoindre Derby County. Vous n’avez pas joué tout de suite, il fallait beaucoup de patience. Enfin, vous avez obtenu du temps de jeu. Que dire sur le football anglais ?

Il ne faut pas se jeter bêtement dans les stéréotypes, mais disons que la plupart des équipes se concentrent sur la condition physique. Les équipes en Europe sont plus techniques et plus tactiques pour moi. Je pense que le fait que la Premier League se joue tout le long de la période des fêtes de Noël, avec le Boxing Day et le nouvel an, rend le football si spécial en Angleterre. C’est une période dense mais les fans adorent ça et la plupart des joueurs aussi.

Au-delà de votre carrière de joueur, vous êtes également impliqué dans la formation. Vous avez crée MSFC (Mile Sterjovski Football Coaching). Qu’est ce que cela représente exactement ? Que dire sur la formation australienne ?

J’ai crée MSFC 6 mois avant la fin de ma carrière – il y a un peu plus d’un an. Je voulais utiliser mon expérience, la partager aux enfants et aux entraîneurs de façon à ce qu’ils progressent le mieux possible. MSFC concerne les enfants de tout âge. La chose la plus importante, ce qui est primordial pour moi, c’est qu’ils s’amusent en apprenant. L’entrainement et la formation ont changé et évolué en Australie mais je ne sais pas s’il y a eu une amélioration. Il y avait beaucoup plus d’Australiens qui jouaient dans des grandes équipes européennes et d’Angleterre en mon temps. Avant cette évolution, nous avions formé les deux meilleurs joueurs que l’Australie n’a jamais eu : Harry Kewell et Mark Viduka.

Quel est votre avis sur la A-League ? Le championnat s’est développé (sportivement et économiquement). Egalement, quel est-il sur l’équipe nationale australienne ? L’Australie n’a cessée de changer depuis l’arrivée de Postecoglou en comparaison à Verbeek et Osieck.

La A-League a beaucoup progressé depuis sa création (sous cette forme) il y a 10 ans, et c’est normal. Elle se rapproche des plus petits championnats d’Europe mais elle a besoin d’un immense coup de pouce financier pour passer dans la cour des grands. Je pense que dans 10, 15 ans nous verrons des changements importants, positifs et nécessaires, autant économiquement que qualitativement.

En ce qui concerne l’équipe nationale, les Socceroos ont un effectif très jeune. Si la majorité d’entre eux continue de jouer à un haut niveau et continue de jouer ensemble avec l’Australie, je les imagine aisément briller.

Par rapport à votre carrière internationale maintenant… Cet aspect là aussi de votre carrière a été réussi. Vous avez 42 sélections pour 8 buts. Vous étiez de l’aventure en 2006, à l’apogée de la « Génération dorée »…

J’ai deux souvenirs principaux en sélection. Ma première fois sous les couleurs australiennes (contre l’Ecosse) et bien sûr ma participation à la Coupe du Monde 2006.

Même si notre élimination a été très douloureuse, surtout de cette manière [l’obtention d’un penalty très généreux par Grosso en toute fin de match, ndlr], il faut féliciter l’Italie. Ils ont joué à 10 pour la majorité de la rencontre et nous n’avons pas réussi à en venir à bout. Nous ne sommes pas passés loin d’éliminer les futurs champions du monde, mais ils ont probablement mérité de passer lors de notre affrontement.

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