Journal d’un North London Derby…


"Mind the gap" they say.
« Mind the gap » they said.

Samedi 27 septembre, Paris, Gare du Nord, aux alentours de 13h : the time has come. Le jour de gloire est arrivé. Le départ vers Londres est imminent. Je bouillonne, il me tarde d’arriver sur le territoire de la Reine (pas que ma présence ait été favorisée par la sienne). Dans le train (Eurostar) j’avoue avoir une période de réflexion, certes relativement courte, sur le coût total de ce voyage. Les scrupules s’évanouissent rapidement. C’est mon premier déplacement à Londres pour assister à un match officiel d’Arsenal, et quelle première ! Un derby contre l’ennemi juré, Tottenham.

Il est entre 14h30 et 15h et après avoir enfin percuté sur l’heure de décalage horaire, le scénario type « Retour vers le Futur » n’est qu’éphémère. La capitale britannique est en pleine ébullition et la course commence. L’organisation légendaire de mon auberge de jeunesse m’emmène à mille lieux de St Pancras – du côté de Wembley – et, alors que le stress du match monte, l’agacement aussi.

Malgré la distance et l’horaire qui commence à être, disons-le, tardive, il y a quelques supporters d’Arsenal dans le « tube » sur la Jubilee Line. Une fois sur la Picadilly Line, le show commence, les Gunners sont en masse. J’en arrive à la conclusion que je ne suis donc pas le seul qui soit en retard, infime soulagement. Que ce soit à Holloway Road ou Arsenal, les stations de métro sont bondées. Il est 17h25, je sors à peine du metro et d’un pas rapide, me dirige vers le stade.

« N !!! Entrée N !!!! N c’est plus proche de A ou de F ????!!! » - Situation tendue. L’alphabet, c’est difficile.
« N !!! Entrée N !!!! N c’est plus proche de A ou de F ????!!! » – Situation tendue. L’alphabet, c’est difficile.
J’avoue ne pas avoir tout à fait compris pourquoi autant de personnes campent devant le stade alors que nous à sommes à 30 secondes du coup d’envoi…
J’avoue ne pas avoir tout à fait compris pourquoi autant de personnes campent devant le stade alors que nous à sommes à 30 secondes du coup d’envoi…

Voilà, je suis dans le stade. Il est plein, totalement plein, il n’y a pas un seul siège vide malgré le prix (totalement ahurissant du billet). D’abord, on est impressionné : le stade est absolument magnifique, les banderoles sont partout et des chants font résonner l’enceinte. Ensuite, et cela rejoint le point précédent : on est surpris – mais pas naïf : l’ambiance ! Il y en a, réellement. Ne nous voilons pas la face cependant, c’est un North London Derby.

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Le « parkage » des Spurs est à ma droite, non loin. A mon plus grand étonnement, les supporters ne portent pas de maillot (de Tottenham), sûrement des consignes et interdictions de je-ne-sais-quelle-instance.

L’ambiance est tendue parce qu’Arsenal pousse et domine (presque totalement) son sujet, mais ne trouve pas la faille. Lloris semble impérial et impassable : Arsenal vendange beaucoup et pourrait le payer très cher, c’est en tout cas le sentiment général.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la tension n’éteint pas la ferveur des supporters. Les « stands » sont « on fire ». Je prends le temps d’analyser la foule et plus particulièrement les maillots que portent les gens. Il y a une grande diversité de choix, les joueurs britanniques sont très représentés (Wilshere, Ramsey, Chamberlain, Walcott), Cazorla a également une place de choix.

C'est tendax Max
C’est tendax Max

La mi-temps arrive rapidement, le score est nul (et vierge). L’atmosphère est plus paisible à la pause, les fans échangent quelques points de vue sur la performance des joueurs. Plusieurs décisions arbitrales semblent « bancales », elles font du moins jaser. Toutefois, ce sont les blessures de Ramsey et Arteta qui agacent le plus, les Gunners jouent de malchance.

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Arsenal revient sur la pelouse en premier pour la seconde période. Sur ces 45 dernières minutes, les amabilités envers les supporters Spurs sont à leur apogée. On va du simple « F*** off you Spurs! » à « If you hate Tottenham, stand up ». Le stade entier reprend ces compliments en chœur.

Le drame tant redouté va arriver. Flamini perd de manière inexplicable le ballon et Chadli trompe Szczesny pour ouvrir le score. Le Belge va même narguer les supporters sur sa célébration, grave erreur : l’atmosphère générale monte, la ferveur et le bruit redoublent, plus que jamais les supporters chantent à la gloire d’Arsenal.

La suite, elle est classique. Arsenal pousse encore et toujours, mais ne trouve toujours pas le chemin des filets. Les joueurs de Tottenham commencent à gaspiller du temps, ce qui a le don de tous nous énerver au plus haut point en tribunes.

Enfin, Chamberlain va définitivement enflammer tout l’Emirates. De l’autre côté du stade, je ne comprends pas grand-chose. Il y a un centre, des jambes dans tous les sens et finalement une frappe. La seconde de silence entre le mouvement du joueur et le moment où le ballon franchit la ligne a certainement été une des plus longues de ma vie. Résultat : une foule en liesse, « absolute madness ». On monte sur les sièges, on se jette les uns sur les autres, c’est l’apothéose. De leur côté, les fans de Tottenham pourtant actifs après le premier but sont devenus très muets.

Arsenal va tenter le tout pour le tout jusqu’à la fin de la rencontre mais les efforts ne vont pas payer. Des occasions en masse (énième répétition) mais un manque d’efficacité chronique et si inhérent à l’équipe. L’arbitre siffle finalement la fin de la rencontre et c’est sur un score de 1-1 qu’Arsenal et Tottenham se quittent.

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Nous sommes tous déçus en tribune, personne n’est satisfait du match nul, encore moins contre les ennemis Spurs. Qu’importe, ces 90 minutes ont été incroyablement intenses. On peut critiquer l’ambiance générale (ou la « non-ambiance ») de l’Emirates Stadium de manière globale, mais on ne peut qu’être subjugué par ce match.

Au final, quelques débriefs plus tard, le nul n’est toujours pas digéré. « Que d’actions ratées ! » se dit-on tous. Un homme vient même me demander dans la rue si je suis satisfait du résultat : « No, definitely no » lui dis-je. « That’s all I wanted to know »  répond-il alors, rejoignant un bar pour finir (commencer ?) la soirée.

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