Jedinak : patron d’une éclosion tardive


Ne vous inquiétez pas, il aura le ballon.
Ne vous inquiétez pas, il aura le ballon.

Mickael John Jedinak est à 30 ans, capitaine de son club (Crystal Palace) et de sa sélection (l’Australie). « Mile », élément incontournable de ces deux formations, a connu une éclosion tardive et ce n’est que depuis quelques années (et son arrivée à Palace) qu’il connait cette exposition qui ne cesse de croître.

Vous allez me dire, les statistiques on en fait ce qu’on veut, on les utilise à notre guise. Soit. Mais j’ai décidé de vous les poser quand même après quoi on essaiera de les rendre « intelligentes ». Sur l’exercice 2013/2014 de la Premier League, Jedinak a les meilleures statistiques en termes de tacles (3.5/match) et d’interceptions (3.7/match). Evidemment, Crystal Palace est une équipe surexposée et n’a pas la possession du ballon, et Jedinak constamment sous pression. Cependant, il y a beaucoup d’autres équipes dans ce cas de figure et Jedinak sort incontestablement du lot.

Mile Jedinak a joué les 38 rencontres de championnat l’année passée où il n’a été remplacé qu’une seule fois, sur blessure, lors de la dernière journée contre Fulham : 37 matchs de 90 minutes donc.

Quelles sont les caractéristiques du « beast » ? Jedinak est un milieu défensif solide, qui excelle dans les duels. Aériens d’abord, où il a été le milieu de terrain qui en a remporté le plus (159) avec un taux de 69% de remportés au global. Si l’on rapporte ces statistiques à quelque chose de plus parlant, il est également devant avec 4.22 duels aériens remportés par portion de 90 minutes. Il est également très efficace dans les duels au sol : c’est un « chien fou » qui n’arrête jamais d’harceler son adversaire. Nous l’avons vu précédemment, sur le terrain, Jedinak est partout. Au four et au moulin, il se positionne toujours de façon intelligente ce qui lui permet de profiter de la moindre faille de l’adversaire. Il sait parfaitement où jouer pour soit intercepter le ballon soit pour aller au combat. Ses qualités défensives ne sont plus à présenter et nos amis anglais ne cessent de mettre en avant son « incredible work-rate ».

Revenons maintenant quelques années en arrière. Il nait et débute à Sydney, dans le club de Sydney United (un club fondé par des Australiens de nationalité croate). Il fait même une courte pige en Croatie, à Varazdin. Mais c’est aux Mariners de Central Coast qu’il « éclot » de 2006 à 2009. Ironie du sort pour un milieu à vocation défensive, il marque même des buts qui s’avèrent décisif. Il prend ensuite la direction de la Turquie. Il signe à Genclerbirligi avant d’être prêté à Antalyaspor. L’aventure n’est pas une réussite, mais une nouvelle opportunité lui tend les bras en 2011 : l’Angleterre l’accueille et Jedinak paraphe à 27 ans un contrat avec Crystal Palace, alors en Championship.

Lors de l’exercice 2012/2013, Crystal Palace remporte le play-off d’accession et est promu en Premier League. Fin 2013, il prolonge son contrat qui le lie désormais à son club jusqu’en 2017. Il est aujourd’hui à son apogée, rien ne semble lui résister. Véritable pièce maitresse du milieu de terrain de Postecoglou et fer de lance de Crystal Palace, on ne peut que regretter qu’il ait déjà 30 ans. Toutefois, c’est peut-être en cela qu’il forge le respect : c’est un joueur qui a énormément progressé, l’âge n’ayant jamais été une barrière à cela.

Sa carrière internationale débute en Mars 2008 contre Singapour et il comptabilise aujourd’hui 47 sélections (dont 5 buts). Alors en préparation pour la Coupe du Monde au Brésil en juin dernier, Ange Postecoglou, le sélectionneur de l’Australie le nomme capitaine devant Tim Cahill et Mark Bresciano qui seront ses « suppléants ». Un immense gage d’honneur pour l’Australo-Croate qui n’a jamais démérité en sélection.

L’horizon est on ne peut plus clair pour Jedinak, capitaine d’une équipe qui a respectueusement fini à la 11e place du championnat et pour laquelle il a participé à toutes les rencontres. En plus de ses qualités footballistiques, c’est aussi un formidable meneur d’homme et un « leader » pour ses coéquipiers respectifs. Il ne semble que lui manquer une dernière étape pour réellement avoir franchi tous les échelons : rejoindre un « top » club et s’imposer dans ce dernier. En aura-t-il l’occasion ? L’avenir nous le dira.

Jeremy Docteur

(Australien chauvin mais qui a essayé d’être objectif)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s