On dresse le bilan: Arsenal, solide leader?


Comment juger cet Arsenal 2013/14 ? Voici la grande question que beaucoup d’entre nous nous posons, et qu’ainsi, par la rédaction de cet article, nous tâchons d’élucider. Ce dernier se distingue par des critères factuels mais aussi analytiques, puisque nous souhaitons l’exposer tel un outil d’évaluation. Pour soumettre à nos lecteurs une analyse aussi exhaustive que possible de la première partie de saison des Gunners, nous verrons dans un premier temps la situation actuelle d’Arsenal, puis, nous rentrerons dans les détails et verrons les raisons du succès cette saison. Enfin, nous nous attarderons sur les espérances plus ou moins réalistes que l’on peut avoir concernant l’Arsenal cru 2013-2014.

De la situation actuelle d’Arsenal

L’année 2014 commence aussi bien que l’année 2013 s’est terminée pour Arsenal, c’est-à-dire en tant que leader de la Premier League. Les Gunners devancent avec 45 points Manchester City d’une longueur et de deux leurs homologues londoniens Chelsea. Avec un bilan général de 14 victoires, 3 nuls et 3 défaites, Arsenal tient un bilan de 2.25 points par match, soit une moyenne très convenable pour prétendre à la victoire finale. Sur ces 6 premiers mois, le haut du classement a toujours été extrêmement serré : Arsenal s’est effectivement détaché jusqu’à 7 points, mais les rencontres directes entre les « challengers » ont fait que les différents participants sont plus ou moins revenus à la même hauteur. Il n’y a seulement que 8 petits points qui séparent le 1er  du 6e,  qui est Tottenham. La lutte s’annonce donc longue et intense jusqu’à la fin si l’on repart sur les mêmes bases pour cette nouvelle année, ce qui, à n’en pas douter, sera le cas.

Sur cette première partie de saison, Arsenal est en majorité resté premier du classement. En effet, Arsenal a dominé le championnat depuis le 22 Septembre dernier (soit la 5e journée) et jusqu’à la 17e journée et un match nul (ennuyeux à mourir) contre le Chelsea de José Mourinho, avant de récupérer son bien la journée suivante lors du Boxing Day.

En championnat, Arsenal semble avoir trouvé son rythme de croisière. L’élément déclencheur de cette bonne forme générale est indéniablement la victoire le 1er Septembre dernier contre l’ennemi juré, Tottenham. A l’époque, les Spurs ont dépensé près de 125M€ pour construire leur équipe, contrairement à Arsenal qui n’a pas dépensé le moindre centime. Seul Sanogo et Flamini ont été recruté, mais tous deux en fin de contrat. Alors qu’on donne l’équipe de Tottenham archi favori, les Gunners vont, s’imposer 1-0, sur une réalisation d’Olivier Giroud. Comme un symbole, comme si les millions de Tottenham ne pouvaient pas lutter contre la cohésion et l’union dans l’équipe d’Arsène Wenger. Cette analyse est certainement très simpliste et grossière, mais elle témoigne néanmoins d’une certaine réalité.

Qu’importe, pas toujours franchement flamboyant (CF les deux dernières rencontres contre West Ham et Cardiff), les Gunners engrangent les points et enchainent les victoires. Souvent, il a été dit qu’Arsenal produisait un football attrayant, dans un style fluide et direct mais n’arrivait pas à gagner. Aujourd’hui, la donne semble avoir changé pour les hommes d’Arsène Wenger et le résultat prime sur la qualité de ce dernier. On proclame même le retour du « Boring Arsenal » sur certaines rencontres dans la mesure où peu importe la manière, tant qu’il y a la victoire au bout.

Arsenal s’est également qualifié pour les 8emes de finale de la Ligue des Champions pour la 14e fois de suite. « Une grande fierté » pour Wenger, surtout quand on se souvient des réactions à l’annonce du tirage. Souvent appelé le « groupe de la mort » Arsenal n’a néanmoins pas été aussi convainquant qu’il a pu l’être en championnat. Nous y reviendrons prochainement. In fine, les Gunners finissent à la 2e place du groupe, derrière le Borussia Dortmund mais devant les Napolitains et Marseille. En Mars prochain, ils affronteront pour la deuxième année consécutive le Bayern Munich, actuel champion en titre.

En revanche, lorsqu’on en vient à la Capital One Cup (anciennement Carling Cup, l’équivalent de la Coupe de la Ligue) Arsenal n’est plus concerné puisqu’éliminé au 4e tour par Chelsea, dans un triste match du mois de Novembre dernier. Dans l’autre coupe, la plus prestigieuse, j’ai nommé l’historique FA Cup, Arsenal s’est relativement facilement défait de Tottenham, dans un nouveau match référence. Les deux équipes choisissent de laisser au repos quelques-uns de leurs titulaires habituels et alors qu’Arsenal fait face à une petite « crise » de blessures, va quand même s’imposer. Arsenal parait beaucoup plus fort, beaucoup trop fort pour l’équipe du nouveau manager – jadis supporter d’Arsenal – Tim Sherwood.

Globalement, le bilan à l’ouverture de la nouvelle année demeure très encourageant puisqu’Arsenal s’impose comme un véritable concurrent à la lutte pour le titre en Premier League. Si les Gunners n’ont plus remporté le moindre trophée depuis la FA Cup en 2005, l’effectif à disposition d’Arsène Wenger arrive à maturité et le travail paie (enfin ?). Cependant, comment pouvons-nous clairement caractériser ce succès ?

Des raisons du succès d’Arsenal en cette 1ère moitié de saison

L’édition 2013-2014 de la Premier League n’est pour le moins pas commune. En amont du lancement en Août dernier, il y avait plusieurs éléments notables qui allaient à coup sûr influer sur la saison. D’abord, la passation de pouvoir entre Sir Alex Ferguson et David Moyes à Manchester United, le dernier que les Toffees ne manquent pas de traiter comme « l’arroseur arrosé ». Puis, il y a eu le retour de José Mourinho à Chelsea, 7 années plus tard, ainsi que la « fin de la transition » de Liverpool. Enfin, l’affirmation de la superpuissance de Manchester City, incessamment renforcée une nouvelle fois, notamment par le départ de Mancini et l’arrivée de Manuel Pellegrini. Des changements pour la plupart des équipes de la première partie du championnat en définitive.

Nous venons de parler des différents changements que les principaux rivaux d’Arsenal rencontrèrent, nous pouvons dire, en revanche, qu’en interne du côté d’Arsenal, rien n’a vraiment bougé. Arsène Wenger est toujours présent, pourtant plus décrié que jamais l’été dernier, le manager alsacien reste en place et dispose de la confiance de ses dirigeants. Aussi, autre élément qui a son importance (capitale) : aucun départ majeur cet été pour les Gunners, ce qui n’avait plus été le cas depuis quelques années. On se souvient notamment des épisodes van Persie, Alex Song ou un peu plus loin Fabregas et Nasri. A l’inverse, l’équipe n’a pas énormément évolué et Arsenal s’est même incontestablement renforcé avec les arrivées de Mathieu Flamini et Mesut Özil.

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La stabilité est la grande force du club cette saison. La force du collectif s’est améliorée : cette saison, Arsenal profite d’une défense globalement sereine. Malgré quelques éclats de folie de ses défenseurs, elle reste la meilleure défense de Premier League cette saison avec 18 buts concédés. En premier lieu, la défense centrale Mertesacker/Koscielny apparaît comme un partenariat solide – même si l’Allemand est souvent décrié pour sa lenteur et son incompatibilité avec le jeu relativement haut d’Arsenal. De son côté, Koscielny, semble gommer au maximum ses sautes de concentration. Ainsi, certains vont même jusqu’à dire que cette paire est la plus efficace du championnat due à sa complémentarité.

En outre, les « canonniers » sont la troisième attaque, derrière Liverpool et très loin derrière Manchester City et son armada offensive. Si Giroud n’est pas un sérial buteur ni un renard des surfaces, il est indispensable à l’équipe. Le français, par son gabarit impose une pression forte et durable sur les défenseurs. A condition bien sûr que ses coéquipiers le suivent et par incidence, lui fassent confiance. Le jeu en pivot de Giroud est incontournable dans la construction des Gunners : c’est un véritable relais qui permet à Arsenal d’avancer sereinement, ainsi, le petit jeu rapide à une-touche par l’axe est rendu possible. Il s’agirait plus de voir Giroud comme « une continuité du milieu de terrain plutôt qu’un simple attaquant » comme le précise cet excellent article que je recommande vivement à chaque supporter d’Arsenal de lire : http://arsenalcolumn.co.uk/2013/12/27/olivier-giroud-master-of-the-wall-pass-makes-arsenal-play/.

Wenger peut compter sur des éléments clés de son équipe pour aller dans le droit chemin. Il va s’en dire que l’explosion d’Aaron Ramsey est arrivée au moment parfait pour Arsenal. Cependant, elle apparait comme une évidence. Plusieurs facteurs à cela. D’abord, une fin de saison passée plus que convaincante qui lui permet d’aborder la prochaine avec le plein de confiance. Wenger ne lui a jamais caché son affection et malgré des performances en dents de scie et des jours difficiles, lui a toujours gardé une place dans son équipe. Ensuite, un positionnement qu’il affectionne réellement. Exit le rôle d’ailier droit ou de milieu offensif, le Gallois est un 8, une sorte de box-to-box qui peut faire le lien entre la défense et l’attaque. Et les stats de Ramsey sont (plus que) flatteuses (voire impressionnantes) : 24 matchs, 10 buts et 7 passes décisives toutes compétitions confondues, dont 8 buts et 6 passes décisives rien qu’en Premier League. Ce qui le place inévitablement comme le co-meilleur buteur et le deuxième meilleur passeur de l’équipe.

Comme mentionné précédemment, les prestations d’Arsenal en championnat et celles en Ligue des Champions sont drastiquement différentes. Alors que faut-il en penser ? Car si les performances ne sont pas maitrisées de bout en bout et laissent parfois un sentiment de « panique » pour les supporters, Arsenal sort de ce groupe avec 4 victoires en 6 matchs, dont une au Westfalenstadion de Dortmund le finaliste de l’édition précédente.

Paradoxalement, cette victoire sur le terrain de Dortmund est le symbole d’une force mentale hors du commun. Dans ce match, Dortmund domine de la tête et des épaules les Gunners, mais ces derniers vont finalement s’imposer encore une fois grâce à l’inévitable Aaron Ramsey. On soulignera le véritable travail d’équipe avec une prestation défensive incroyable de courage.

A l’inverse, alors que le match nul suffisait aux Gunners pour s’assurer d’une qualification à coup sûr contre Naples lors de la dernière journée, c’est une équipe apathique, sans envie, qui balance entre nonchalance et attentisme qui se présente face à ses adversaires du jour. Le constat est le même lors des autres rencontres à l’exception de la réception du Napoli où Arsenal semble inarrêtable et maîtrise parfaitement son sujet (My Premier League était revenu sur ce match : https://mypremierleague.wordpress.com/2013/10/04/un-arsenal-accompagne-dune-petite-sauce-napolitaine/ ), et celle de Dortmund où Arsenal eut semblé capable de mettre à mal Jurgen Klopp et ses hommes pour finalement s’incliner.

En réalité, Arsenal semble avoir pris la Ligue des Champions par-dessus la jambe. Je vous l’accorde, c’est un point de vue très paradoxal et ce, pour plusieurs raisons : d’abord, la qualité des adversaires et ensuite, avec un lien très clair entre les deux, la renommée de la compétition. Il est intéressant de noter que l’on trouve à redire alors qu’Arsenal vient de sortir d’un groupe composé de Dortmund, Naples et de l’Olympique de Marseille. A l’époque du tirage, Arsenal n’était qu’au début de sa « renaissance » et maigres étaient les espoirs de qualification. D’autre part, il est impossible de ne pas croire que si Arsenal avait ne serait-ce qu’un minimum haussé son niveau de jeu, nul doute que la première place aurait été sécurisé.

Pourquoi une pareille métamorphose ? Pourquoi un tel manque d’envie ?

Difficile de croire que les joueurs sélectionnent leur(s) match(s) quand on parle de Ligue des Champions face à des adversaires plus respectables les uns des autres. De cela découle de la motivation, et celle-ci ne peut être que bénéfique. Alors il n’y a plus qu’une solution : la fatigue. Mais là encore, une autre question émane de ce dernier élément, est-ce que l’envie est réellement liée à la fatigue ? Est-ce qu’une passe bien exécutée est plus fatiguant qu’une passe nonchalante ? Ce questionnement passe certainement par l’absurde mais il demeure réel. Là encore, Wenger procède régulièrement à un turn-over entre le championnat et la Ligue des Champions, plusieurs joueurs rentrent dans le 11 de départ pendant que d’autres sont ménagés tout en gardant la base de l’équipe.

Contre Naples, en Décembre dernier, si l’on met le résultat de côté, ainsi que le contenu du match, Arsenal se qualifie malgré la défaite 2-0 (un 3e but aurait éliminé les Gunners). Les joueurs ont des circonstances atténuantes pour ce match : cela va sans dire que l’enchainement de matchs comprenant Chelsea, Manchester City, Naples et Everton mérite d’être mis en avant comme facteur explicatif. Cependant, maintenons-le, il n’explique pas tout.

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Du fantasme à la réalité du Arsenal 2013-2014

Quand on vient à parler d’Arsenal cette saison, le facteur confiance n’est pas négligeable. Avant l’arrivée de Mesut Özil, le club était dans une situation d’extrême difficulté (vu de l’extérieur, en tout cas). Mais l’arrivée de l’Allemand a sonné comme un détonateur, comme s’il fallait un « gros coup » pour que les succès arrivent. D’ailleurs, à cet effet, Mourinho avait déclaré au sujet de la possibilité d’un prêt de Demba Ba à Arsenal que les Gunners étaient maintenant des concurrents au titre après la signature de l’Allemand, ainsi, il était hors de question de leur prêter l’attaquant Sénégalais. Ironie, intox ou pas, c’est un signe fort.

Après la défaite d’entrée contre Aston Villa à domicile, Arsenal a brillamment réagi puisqu’a enchainé 9 matchs sans défaite dont 8 victoires. Pendant cette période, Wenger se conforte dans l’idée de mettre en place un double-pivot efficace, dans un système très mouvant en 4-2-3-1. L’Alsacien veut assurer une solidité au milieu tout en gardant une fluidité dans l’ensemble du jeu : de ce fait, les ailiers permutent, Ramsey se montre plus entreprenant, par exemple. Nous avions écrit un article à cet effet il y a quelques mois, le voici : https://mypremierleague.wordpress.com/2013/10/15/la-base-du-milieu-de-terrain-des-gunners-le-double-pivot/

Cette saison, nous avons pu constater quelques évolutions dans le jeu d’Arsenal. D’abord, la ligne défensive plus reculée (restant relativement haute). Ensuite, l’arrivée de Mathieu Flamini renforce la volonté de densifier le milieu de terrain. Avec Mikel Arteta, il offre une alternative suivant l’adversité. L’un apporte l’impact physique et est un milieu défensif à proprement parler, pendant que l’autre agit plus dans le rôle d’un « regista ». Tous les deux ont les qualités défensives nécessaires pour protéger le back four ; le Basque ayant fait d’excellent progrès dans tout ce qui est des tâches défensives. Cependant, l’association des deux ne semble pas fonctionner. Par conséquent, Wenger s’adapte à l’adversaire, et suivant les besoins de l’équipe modifie sa structure.

La base du jeu a un minimum évoluée, aussi. Le jeu court basé sur le contrôle et la possession de la balle reste prédominant mais l’arrivée de Mesut Özil a quelque peu modifié cela : malgré une possession globalement élevé, Arsenal agit essentiellement en phases rapides. Quelques statistiques pour agrémenter notre analyse : Arsenal a en moyenne 56.2% de la balle (le 4e taux de Premier League). En termes de passes, 85.2% des passes sont réussies (3e taux de PL) avec une moyenne de 508 passes courtes par match (soit le 2nd taux du championnat). A contrario, seulement 54 passes longues sont réalisées par match, soit la moyenne la plus basse de PL avec Manchester City.

Pour la première fois depuis très longtemps Arsenal a réellement les moyens de faire avec ses nombreux blessés. Flamini remplace Arteta qui se blesse au mois d’Août, et pour son retour au club l’ancien Marseillais rassure tout de suite les supporters (pour plus de détails, rappel : https://mypremierleague.wordpress.com/2013/11/28/mathieu-flamme-inee-chapitre-ii/ ). Au milieu de terrain, l’effectif est très fourni.

Sur les aspects quantitatifs et qualitatifs, l’effectif des Gunners est-il suffisant ?

La situation est limpide pour Wenger : lui et son staff vont rester attentifs avec l’ouverture du marché des transferts, pour éventuellement flairer la bonne affaire, mais l’achat ne sera aucunement obligatoire. Quelques postes nécessitent peut être quand même une doublure ou un renforcement. Dans la mesure où les effectifs de Chelsea ou Manchester City leur permettent de faire deux voire trois équipes compétitives, Arsenal n’est pas de ce niveau-là. Mais ce n’est pas non plus l’objectif recherché par Arsène Wenger, l’empilement de joueurs n’a jamais fait partie de son idéologie. Il s’agit plutôt d’optimiser le plus possible les joueurs déjà présents au club. Néanmoins, dans l’enchainement des matchs, Arsenal peut-il concurrencer ses rivaux ?

Le mois de Janvier sera relativement clément pour Arsenal, mais Février et Mars nous promettent beaucoup de (gros) matchs. La Ligue des Champions va reprendre, il faudra la négocier en plus des rencontres contre les adversaires directs au titre.

Jusqu’ici, Arsenal a énormément profité des faux pas de ses concurrents directs, chaque « non-victoire » était exploitée par les Gunners. Wenger l’a très bien dit dans son après match contre Cardiff, Manchester City et Chelsea « semble avoir trouvé leur rythme de croisière ». Il faut comprendre par-là que chaque point perdu ne sera peut-être plus aussi facilement rattrapable que pendant toute la première partie de saison.

Si l’aspect quantitatif reste a priori convenable, dans un domaine plus qualitatif il y a néanmoins quelques disparités qui méritent d’être soulignées. D’abord, des différences demeurent entre les milieux de terrain dits « axiaux » et les joueurs de côtés dits « ailiers ». La nuance est de taille, puisque si l’on prend par exemple les cas de Walcott et Cazorla, ils n’ont pas du tout le même profil. Très grossièrement parlant, Walcott remplie la fonction « d’ailier » tandis que Cazorla se caractérise plus comme un meneur de jeu excentré.

Arsène Wenger adopte pour ses « ailiers » deux styles différents de chaque côté. A gauche, un milieu offensif excentré, qui vient souvent repiquer et remiser dans l’axe. Ce dernier vient apporter la touche « technique » et une bonne vision du jeu, avec des joueurs du type Cazorla ou Rosicky. A contrario, à droite, c’est un véritable ailier comme nous l’avons précisé. On met l’accent sur la percussion, la vitesse et donc, les appels et les mouvements que cela entraine.

Pour mieux comprendre le rôle du « meneur de jeu excentré », je laisse à l’excellent Nicolas soin de nous faire un petit focus sur Santi Cazorla. Vous pouvez le retrouver sur Twitter ici : @Highbury_Blog

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« Élu joueur de la saison par les fans d’Arsenal pour sa première saison en Premier League et récoltant près de 56% des votes des internautes, Santi Cazorla paraît peiner en cette première partie de Championnat. Il est clair que statistiquement, l’espagnol est en dessous par rapport à la saison dernière avec seulement 1 but et 2 passes décisives contre 7 buts et 5 passes décisives à pareil époque l’an passé (stats uniquement en Championnat). Cette baisse peut d’abord s’attribuer aux 4 matchs ratés par l’espagnol en Championnat pour cause de blessure à la cheville (ce qui a  repoussé son association sur le terrain avec Mesut Ozil), dont l’accumulation de match n’a pas aidé (l’Asturien ayant participé à 49 matchs toutes compétitions confondues en 2013/2013 en plus de la Coupe des Confédérations et des nombreux matchs amicaux de l’Espagne aux quatre coins du Monde cette année).

Utilisé comme numéro 10 la saison dernière jusqu’à fin Janvier, le retour de Rosicky et la volonté d’Arsène Wenger de mettre en place Wilshere devant Arteta et Ramsey pour être costaud (au moins sur le papier) a fini par décaler Cazorla sur le côté gauche. Restant libre dans ses déplacements et profitant de sa capacité à conserver le ballon sous pression, Cazorla conservait un positionnement assez haut car bien couvert par la paire Arteta – Ramsey, qui commençait doucement et sûrement à s’entendre de mieux en mieux. L’espagnol a de ce fait terminé la saison avec des stats largement évocatrices de son apport offensif dans le jeu d’Arsenal : 3,1 tirs/match, 2,6 key passes/match et 2,2 dribbles/match, tout cela ponctué par un pourcentage impressionnant de 87,1% de passes réussies (avec 67 passes exécutées en moyenne)

 Cette saison, l’arrivée d’Ozil comme numéro 10 tout désigné ne change pas la donne pour « Santi » qui retrouve son aile gauche (qui est d’ailleurs une position qu’il n’avait plus retrouvée aussi régulièrement depuis ses dernières saisons à Villarreal, même si bien sûr il a toujours été très libre au niveau des mouvements dans ses équipes respectives). Néanmoins, une légère exception viendra s’ajouter avec une utilisation en tant que relayeur contre Fulham lors de la 2nd journée. De plus, il a été utilisé en tant que Milieu central contre West Ham (victoire 3-1) après la sortie sur blessure d’Aaron Ramsey.

Cette exception est importante puisqu’elle définira la suite du rôle qu’aura l’espagnol cette saison, c’est-à-dire un rôle plus en retrait tout en restant en position d’ailier gauche.

Ce positionnement plus bas, mais tout autant libre sur le plan de la latéralité permet ainsi une meilleure conservation du ballon dans le « middle third ». C’est une zone logiquement moins dense par rapport aux joueurs et donc du pressing, dans le sens où il vient surtout depuis une aile. Cette zone permet d’avoir le jeu face à soi et donc le maximum d’options de passes. (à ce sujet, voir le très bon billet sur le match Arsenal – Tottenham de Zonal Marking avec les explications de l’influence qu’a eu Cazorla avec un positionnement bas : http://www.zonalmarking.net/2013/09/01/arsenal-1-0-tottenham-cazorla-provides-the-overloads-in-midfield-and-the-through-balls-for-giroud-and-walcott/).

Ce décrochage libère aussi l’espace centrale devant la surface de réparation (la « zone 14 » et « 13,5 ») afin que puisse s’immiscer Ramsey depuis sa position de 8. Cela se réalise sans pour autant qu’il y ait embouteillage avec Gibbs sur l’aile (que l’on va d’ailleurs retrouver de nombreuses fois dans la surface adverse en fin d’action, exemple son but au match aller contre Fenerbahce). On cherche donc à inverser les positions et perturber l’adversaire avec un Cazorla devant la ligne de 4 du milieu adverse et un Ramsey arrivant lancé pour la transpercer. Les stats montrent d’ailleurs un investissement moindre de Cazorla dans l’apport offensif « réel » (buts, tirs, passes décisives, etc.) cette saison : 2,6 tirs/match, 1,9 key passes/match et 1,4 dribbles/match (statistiques une nouvelle fois basées sur ses matchs de Premier League et qui sont à mettre en relation avec celle édictées plus haut). Le plus surprenant reste que Cazorla effectue moins de passes/match (55) que la saison dernière malgré un positionnement plus conservateur (cf. matchs contre Tottenham, Newcastle, Hull City, Cardiff City etc.). Cela s’inscrit logiquement dans un style de jeu basé de manière moindre sur une domination du ballon d’Arsenal, allant de pair avec le style d’Ozil particulièrement incisif en contre-attaque via ses dézonages sur les ailes.

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Néanmoins, cette liberté latérale et l’apport de solidité qu’il amène au jeu offensif des Gunners se fait au détriment d’un positionnement défensif lui permettant d’aider Gibbs relativement rapidement. Cela engendre naturellement un certain nombre de critiques justifiées sur l’aspect défensif de Cazorla et des critiques quant à elles non justifiées sur ses capacités dans ce domaine. L’ancien joueur de Malaga a montré la saison dernière être capable de gêner la construction adverse avec sa nature d’entreprendre le pressing par lui-même – en bon espagnol qu’il est. Evidemment, étant positionné sur le papier sur une aile, il doit souvent faire avec un Ramsey assez haut, la couverture de la zone droite adverse peut par conséquent devenir problématique (en moyenne, 40,3% des attaques adverses viennent du côté droit en Championnat, pourcentage très élevé donc).

Pour conclure, nous pouvons donc dire que Santi Cazorla doit faire avec un nouveau rôle limitant son apport offensif et déséquilibrant le bloc défensif car ce dernier est assez libre. Livré à lui-même, l’espagnol n’en reste pas moins un régal technique à voir jouer avec un sourire à en illuminer plus d’un. »

Si le milieu de terrain d’Arsenal se montre la majorité du temps d’une efficacité redoutable doublée d’une régularité certaine, cela n’est pas toujours le cas pour les joueurs d’ailes. En fait, tout est une question de point de vue. Expliquons-nous : prenons l’exemple le plus flagrant, Théo Walcott, encore lui. Son apport dans le jeu est infime et c’est le moins que l’on puisse dire, mais au niveau comptable, il est incroyablement décisif. Prenons ses 6 derniers matchs : 5 buts et une passe décisive. Alors comment traiter le « problème » ? D’ailleurs, en est-ce réellement un ? Les avis divergent sur ce point. Si les capacités techniques très limitées de Walcott ne laissent planer aucun doute, son efficacité remet en question les critiques. Au final, Wenger s’appuie sur lui. L’Anglais a les chiffres qui plaident en sa faveur, qui oserait mettre sur le banc un joueur avec des statistiques aussi flatteuses ? Reste à définir clairement son utilisation et ainsi la rendre optimum.

On attend encore beaucoup de l’association avec Mesut Özil. Les « caviars » de l’Allemand que l’Anglais en pleine course viendrait contrôler pour tromper le portier adverse. De plus, l’association entre Walcott et Giroud se montre prometteuse : les deux s’entendent bien sur le terrain, notamment grâce à l’intelligence de jeu du Français. My Premier League s’était d’ailleurs penché sur la question la saison passée, la situation n’ayant pas énormément évoluée, je vous propose de refaire le point ici : https://mypremierleague.wordpress.com/2013/05/21/a-quoi-joue-theo-walcott/.

Revenons sur Özil maintenant, que nous venons de mentionner. Il est arrivé à Arsenal comme un cheveu sur la soupe, peu de gens s’y attendaient, mais il est bel et bien le « club record signing » aux alentours de 50M€. Ses débuts étaient en véritable fanfare et il était clair que l’impact de l’Allemand n’allait pas être négligeable. Aujourd’hui, l’Allemand semble accuser un peu le coup, lui-même qui a reconnu que le côté physique de la Premier League méritait une adaptation parfaite. Néanmoins, s’il fait face à de nombreuses critiques, notamment concernant ses performances dans les fameux « gros matchs », il marque déjà de son emprunte. Avant la « vraie-fausse blessure » du Boxing Day, il n’avait eu aucun repos enchainant match sur match. Statistiquement parlant, en championnat, il a marqué 4 buts, délivré 7 passes décisives (deuxième de Premier League dans ce domaine), crée 45 occasions (qu’on appelle key-pass, 3e dans ce domaine derrière Hazard et Nasri) et réussi 88% de ses passes. « Rien que ça ». Perhaps, ce n’est finalement pas si mal pour un joueur qui n’est en Angleterre que depuis 5 petits mois…

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Conclusion : espoirs et desillusions du Gooner

Arsenal, premier au classement d’une très courte avance certes, affiche un niveau global et une régularité plus atteint depuis des années. Sur ce point, Wenger a récemment déclaré que le groupe de cette année était meilleur que celui de 2007-2008, dernière « référence » depuis les Invincibles de 2003-2004.

On se souvient d’ailleurs d’un horrible 23 Février 2008 où les Gunners « perdent » le titre, contre Birmingham, non seulement par un penalty concédé dans les arrêts de jeu mais aussi et surtout à cause de la terrible blessure d’Eduardo. Wenger le souligne d’ailleurs. Il est indéniable que les Gunners sont plus forts, mentalement, il y a une certaine maturité. On voit difficilement comment un tel incident (qu’on ne souhaite pour rien au monde à personne) puisse remuer à tel point le groupe qui semble plus que jamais concentré, uni et soudé.

Mais alors, qu’est ce qui pourrait venir remettre en cause le bon déroulement de cette saison 2013-2014 ? Dans quelle mesure la fin de championnat peut-elle mal se passer ?

Dans un premier temps, en laissant l’adversaire de côté, il n’en demeure pas moins que si qualification pour les quarts de finale de la Ligue des Champions il y a, le côté mental ne serait que renforcé. Alors que le côté physique lui, en pâtirait peut être. L’effectif peut aisément concurrencer les top-teams en Premier League, mais n’a peut-être pas le « coffre » pour tenir sur plusieurs tableaux. Mais bien évidemment, la tâche sera tout sauf aisée. Pour la deuxième année consécutive donc, Arsenal va affronter le Bayern Munich qui fait office « d’épouvantail de l’Europe ». Si cela nous promet une très belle double confrontation, il est nécessaire de rappeler que l’année dernière, les hommes d’Arsène Wenger n’ont perdu « qu’à cause » de la différence de buts, le score « final » sur les deux rencontres étant de 3-3. Et c’est peut-être de là que viendrait motifs d’espoirs : Arsenal est bien meilleur que l’année dernière. Qu’en est-il du Bayern ? Lui aussi l’est sûrement. Il faudra juger sur le terrain, dès le match aller, cette fois.

Une élimination, qu’importe la compétition laisse des traces. Arsenal va tenter d’aller chercher une coupe domestique, cela ressort comme l’objectif le plus accessible dans un premier temps. Eliminé de la Coupe de la Ligue, il reste la FA Cup. La très récente victoire dans le North London Derby peut servir de « boosteur ».

Pour conclure, il est difficile de tirer des plans sur la comète tant le championnat est resserré. Tomas Rosicky a déclaré après la victoire contre Tottenham que le club « veut remporter le titre » mais la tâche des Gunners s’annonce difficile. Certes ils sont leaders mais les concurrents ne manquent pas de se bousculer dans leur dos. Arsenal va rentrer dans une période cruciale de la saison, alors qu’ils sont réputés pour leurs fins de saison en « boulet de canon » (CF l’année dernière), voilà peut-être une raison supplémentaire d’espérer pour les nombreux Gunners qui n’attendent qu’une chose : remporter un trophée.

En plus, n’hésitez pas à écouter le 18e podcast de l’ASCFR Podcast ici: http://www.youtube.com/watch?v=zbge5mUv2uY&feature=youtu.be sous le contrôle de l’excellent @nytak_

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