Mathieu flamme-inée : Chapitre II


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Le 29 Aout dernier, Arsenal confirme la signature de Mathieu Flamini. Le maître des transferts gratuits (re)signe pour les Gunners quelques années après les avoir quittés. A l’heure où la « crise des transferts » bat son plein entre les fans et Arsène Wenger, un climat plutôt délétère entour le club malgré les bons résultats. Quand le français débarque à Arsenal, il caractérise son travail à Arsenal comme « unfinished business » et souhaite boucler la boucle. Aujourd’hui, 3 mois plus tard, My Premier League vous propose de faire le point sur le retour du bad boy.

Cramé, pas cramé ?

A l’annonce de la signature de Flamini au mois d’Aout dernier, un certain nombre de supporters des Gunners sont sceptiques. Au-delà d’un problème d’éthique suite à son départ pour l’AC Milan en 2008, il est également question du niveau du joueur.

Des interrogations persistent sur sa condition physique : dans quel état Arsenal va-t-il le récupérer ? A-t-il encore le niveau pour tenir le choc en Premier League ?

Le français a très rapidement fait taire les plus dubitatifs et ce, dès sa première rencontre contre Tottenham. En effet, lors du North London Derby, il remplace Wilshere peu avant la mi-temps et livre un très bon match.

Par la suite – et profitant de la blessure de Mikel Arteta – il devient un titulaire (indiscutable) aux côtés de Ramsey dans le double-pivot d’Arsenal. Une formule distinctement différente de celle faite d’Arteta et Ramsey. Flamini est naturellement le joueur le plus défensif du milieu de terrain des Gunners ; il est à proprement parler « milieu défensif » dans une formule tactiquement efficace. Le français tient le rôle du « 6 » à merveille, restant devant le back-four, il assure une protection supplémentaire dont les Gunners espéraient ne jamais avoir.

Il apparait comme toujours très appliqué dans ce qu’il entreprend sur le terrain (ndlr : la partie sur ses tacles, c’est plus bas). Moins dans le registre d’un « meneur de jeu reculé » d’Arteta par exemple, 91.8% de ses passes sont réussies en Premier League (contre 93.6% en Ligue des Champions) mais ne sont pas réellement « perforantes ». Ainsi, il sert de premier relais aux arrières centraux au début de la phase de construction. De plus, Flamini s’illustre régulièrement par des transversales pour renverser le jeu.

Et alors dans le positionnement tactique, quel impact ?

Son positionnement reculé permet à Arsenal de transiter entre le 4-2-3-1 et le 4-3-3. En phase offensive, Flamini reste en retrait avec un rôle simple : il fournit une solution reculée pour le porteur du ballon, très utile pour orienter le jeu. Cela permet également de mettre en péril d’éventuelles contre-attaques.

Néanmoins, le définir purement et simplement comme un « 6 » de base serait grandement réducteur. Le double-pivot fonctionne en piston : l’un monte pendant que l’autre couvre, très basiquement. Flamini se permet parfois de monter pour apporter au jeu et dans la construction surtout quand il est associé à Arteta. Le Basque assure de meilleures garanties défensives que Ramsey, par exemple. Flamini se place comme un « rock », annihilant un maximum d’occasions adverses.

Ce positionnement permet aux autres milieux que sont Ramsey, Wilshere ou encore Özil d’avoir plus de libertés pour jouer plus haut, et participer aux attaques.

Concernant le pressing, Arsenal opte majoritairement pour un replacement en 4-4-2 : le double pivot et les ailiers sont sur une même ligne pendant que le milieu offensif et l’attaquant (Ozil et Giroud la majorité du temps) pressent et gênent la première relance.

De plus, quand le jeu se déporte sur une aile, Flamini dézone pour soutenir le latéral et son ailier. C’est une spécificité nouvelle pour les Gunners. Souvent, il se place de manière à ce qu’il puisse intercepter toute passe venant vers l’axe. C’est une stratégie on ne peut plus efficace pour les Gunners, les ailiers n’étant pas toujours exemptés de tout reproche.

Tu reconnais bien là le style des bad boys de Marseille

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« Tu sais, ce qu’il manque à Arsenal, c’est un mec qui peut gueuler sur ses coéquipiers, les recadrer et être un peu détesté de tous ses adversaires. Un leader, quoi ». S’il y a une forte dimension sportive, il y aussi (et surtout) un très fort impact psychologique à l’arrivée (ou plutôt, au retour) de Mathieu Flamini.

Depuis plusieurs années, on pointe avant tout le (fameux) manque de « leader(s) » à Arsenal. Flamini remplie parfaitement tous les critères pour l’être. Sur le terrain, Flamini est irréprochable tactiquement, ne dérogeant jamais à une des consignes de son entraineur.

Cependant, quand on pense à Flamini, ce n’est pas forcément l’aspect sportif qui attire notre attention en premier. Vulgairement catalogué comme un « boucher », il n’hésite pas à (ndlr : après une bonne vingtaine de minutes de réflexion pour choisir le ou les bons mots) mettre de l’intensité sur le terrain. Quoi de mieux pour les fans qu’un tacle bien appuyé mais dans les règles ? Si l’on veut être totalement honnête, souvent, l’engagement est relativement excessif et vaut au français de ramasser une flopée de cartons jaunes (à tel point qu’il a été suspendu lors de la rencontre contre Southampton pour avoir reçu 5 cartons jaunes).

En fait, il est exagéré de parler d’excès (d’engagement). A 29 ans, le français s’impose comme le patron du milieu de terrain, il montre l’exemple à ses coéquipiers ce dernier n’ayant pas peur de mettre le pied. Très régulièrement, il indique (par des gestes très expressifs) ou des cris pour savoir où et comment se placer, comme un guide. Il agit comme un organisateur : organise la défense, solidifie le placement.

Seule ombre au tableau (et pas des moindres), le français s’est récemment fait remarquer pour un écart de conduite peu banal. En effet, la tradition fait que le capitaine d’Arsenal choisit la taille des manches pour les matchs. De ce fait, Mikel Arteta choisit d’adopter les manches longues. Mécontent de ce choix, Flamini décide ni plus ni moins de se couper lui-même les manches avec une paire de ciseaux. Une décision qui fait jaser et agace au plus haut point supporters et même Arsène Wenger. Et l’entraineur de préciser en conférence de presse qu’il n’a pas apprécié ce geste et que cela ne se reproduira plus.

Fort de son caractère, Flamini fait beaucoup de bien à Arsenal : ses qualités de meneur sont plus que louables. Il encadre et fédère les siens. D’une manière peu académique, il sait aussi s’imposer sur le terrain par sa combattivité dans les duels. Sur ce point, il est difficile de le critiquer : il est totalement engagé dans la cause du club, s’arrache sur tous les ballons et se donne infiniment. En somme, son état d’esprit est irréprochable.

En outre, si l’on se limite à l’aspect sportif, le retour au club de Flamini est largement une réussite. Il stabilise un milieu de terrain encore perfectible. Dans le XI type des Gunners, il a retrouvé sa place d’antan que ce soit aux côtés de Ramsey ou d’Arteta, en milieu dit défensif, tout le monde ou presque salue ses performances. Combattif, appliqué et concentré, ce deuxième tome de l’aventure de Flamini à Arsenal est bien parti pour être une grande réussite.

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