Quel visage pour le Chelsea de José Mourinho ?


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Chelsea a entamé cet été un nouveau cycle sportif marqué par le retour de José Mourinho au poste qu’il occupait entre 2004 et 2007. Cela met ainsi un terme aux quinze derniers mois lors desquels l’équipe  fut confiée à des  techniciens intérimaires ;  Rafael Benítez ayant succédé à Roberto Di Matteo. Ce dernier point revêt une importance capitale dans l’approche de la nouvelle saison, d’autant plus à la suite d’un dernier exercice rythmée par 69 matchs disputés autour du globe lors duquel Chelsea a souffert de son absence d’options de rotation à de nombreux postes. Par conséquent, il semblait légitime d’attendre de la part du club une liberté de mouvement plus importante accordée au manager portugais, traduite par l’arrivée de plusieurs joueurs dans un but de mettre en concurrence et compléter le XI qui s’était établi les dix derniers mois, ainsi que par l’enrichissement du plan de jeu court-termiste mis en place jusqu’alors. Après une pré-saison riche en enseignements, Chelsea a disputé quatre matchs officiels dont deux victoires et deux nuls. Voici donc une feuille de route des options explorés jusqu’à maintenant, où on se penchera sur la façon dont Chelsea est désormais en mesure de répondre efficacement aux situations rencontrées lors des différentes phases de jeu.

  • Le retour du Special One
  • Quel schéma tactique ?
  • Quelle animation offensive ?
    • Créer une rampe de lancement en submergeant l’adversaire
      • Quels rôles dans le double pivot ?
      • Les latéraux ne campent plus aux avant-postes
      • La surenchère tactique de Mourinho
      • Eden Hazard, entre Joe Cole et Cristiano Ronaldo ?
      • Le tableau noir
    •  L’art du contre
    • Le double rôle des offensifs, un dilemme insoluble ?
    • What’s the Mata with the Special Juan ?
  • Le système de récupération: étouffer l’adversaire dans les couloirs
    • L’entonnoir au placard, place au moule à gaufre
    • La gestion des centres: les vases communiquants
  • Un point sur l’effectif
  • Conclusion

Le retour du Special One

Les attentes qui portent sur le manager portugais reposent notamment sur sa capacité à faire évoluer ensemble les offensifs de Chelsea tout en maintenant un certain équilibre sur le plan collectif. Si l’approche du condamné d’avance Roberto Di Matteo libérait les offensifs au détriment de toute organisation (pour garantir une forme de spectacle chaque semaine ?), celle de Rafael Benítez bridait en revanche les individualités au profit d’un quadrillage du terrain ne répondant que partiellement aux problèmes posés par l’opposition. Il est cependant possible de lier ce peu d’évolution sur le plan de la gestion en tant que telle (au delà du positionnement) à la fréquence des rencontres prévues au calendrier empêchant de se pencher en profondeur sur différents aspects.

La pré-saison disputée en Asie du Sud puis aux Etats-Unis a vu Chelsea affronter des adversaires de niveau hétérogène sur des terrains agraires, ce qui a toutefois permis d’observer les différentes animations offensives proposées en 4-2-3-1 ou 4-3-3 ainsi que des véritables façons de gérer les attaques adverses.

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« Il me rappelle moi même il y a dix ans lorsque je contestais chaque décision. Je voulais entraîner mon équipe tout en ayant le sifflet à ma bouche. C’est mon portrait craché » José Mourinho au sujet de Paul Lambert après la rencontre. Dans la jungle de la Premier League, le caractère entier de Mourinho est un vent de fraîcheur bienvenu qui contraste avec la complaisance de Carlo Ancelotti ou Rafael Benitez avec le corps arbitral.

Chelsea a débuté sa saison par une victoire face au promu Hull City (2-0) en dominant son adversaire de la tête et des épaules pendant le premier acte. Aston Villa a pu être en mesure de proposer une opposition bien différente trois jours plus tard, capable de s’opposer partiellement aux mouvements initiés par Chelsea pour mieux le contrer. Ce sont finalement les remplacements effectués par Mourinho dans la dernière demi-heure qui feront pencher la balance en faveur de son équipe afin de débloquer une rencontre qu’on pensait aboutir sur un partage des points (2-1).

Les rencontres de gala face à Manchester United (0-0) et le Bayern Munich (2-2) ont vu Chelsea évoluer très bas afin d’attendre son adversaire pour ensuite fonctionner par attaques rapides, déclenchant un raz de marée de réactions négatives. Néanmoins, la mise en place de José Mourinho semble en réalité bien plus riche que ce constat simpliste (comme en témoignent les deux premières rencontres officielles) et consiste une nouvelle fois en un véritable système adaptatif reposant sur les forces à disposition ou encore l’attitude de l’adversaire. Cependant et en raison notamment de l’état de forme disparate des éléments clé, revenus au compte-goutte de leurs vacances consécutives à leur participation à la Coupe des Confédérations, Chelsea s’est surtout montré en contrôle défensivement et n’a pu déployer son nouveau système offensif que lors de séquences assez limitées en cours de rencontre.

Quel schéma tactique ?

José Mourinho est décrit comme un fidèle du 4-3-3 bien qu’il ne fasse en réalité que suivre l’évolution de la tendance liée aux avantages comparatifs qu’offre un système par rapport à un autre dans le paysage dans lequel évolue son équipe. Ce fut le cas au moment de profiter de l’apport de Claude Makélélé dans le rôle qui prendra par la suite son nom ; il en est de même quant à la volonté de bâtir son équipe autour un milieu offensif axial qui s’est traduite par l’usage du 4-2-3-1 (« (s)on système favori ») à l’Inter Milan ou au Real Madrid.

Le technicien portugais a déclaré peu après son arrivée que ce système correspondait également aux forces en présence dans son nouveau groupe, un schéma « dans lequel De Bruyne, Oscar, Mata et Hazard aiment évoluer ». Mourinho est donc susceptible d’utiliser principalement le même 4-2-3-1 que ses prédécesseurs.

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Il est alors intéressant de se pencher sur ce choix dans la mesure où le club double Champion d’Europe s’est pourtant fait remarquer par son florilège de failles tactiques depuis deux ans. La mise en place de Roberto Di Matteo reflétait assurément la position précaire de son poste et peut expliquer la raison pour laquelle son équipe faisait le show davantage qu’elle ne cherchait à imposer sa maîtrise en toutes circonstances: ainsi, une fois le rideau de pressing constitué des quatre offensifs éliminé par l’adversaire, Chelsea se retrouvait en infériorité numérique dans l’axe et les couloirs, aboutissant à une ligne de récupération moyenne à l’entrée de sa propre surface.

Rafael Benítez modifiera les consignes défensives de ses offensifs de couloir, leur demandant d’encadrer les deux milieux de terrain afin que son équipe puisse faire figurer le plus souvent deux lignes de quatre joueurs derrière le ballon. Seulement et si la proximité d’Eden Hazard ou Juan Mata vis à vis de Lampard et Ramires permettait à ces derniers de sortir plus aisément au pressing, cela ne résolvait pas la question de la gestion du milieu adverse bas ; proéminente dans les tribulations du club Londonien dans la mesure où le travail de Juan Mata ou Eden Hazard en position centrale est encore largement insuffisant à cet égard. Il apparait en réalité que seule la présence d’Oscar permet à Chelsea de disposer d’un véritable triangle dans l’entrejeu, dans lequel le brésilien peut s’opposer efficacement à des joueurs comme Andrea Pirlo, Michael Carrick, Mikel Arteta tout en permettant à son équipe de disposer d’un « noeud » dans les zones centrales lorsqu’en possession du ballon ; Oscar se révélant le relais technique et tactique idéal entre Hazard et Mata.

Pour les amateurs de tableau noir, Chelsea ressemblait donc fortement à un 4-2-4 sous Roberto Di Matteo (4 offensifs devant le ballon lorsque celui-ci se trouvait dans l’entrejeu) puis un 4-4-2 sous Rafael Benítez (en raison du peu d’impact du meneur axial sur le milieu bas adverse).

Au delà d’un travail de mise en place du bloc équipe, le pressing de l’équipe est donc dépendant de la propension des offensifs à se replier dans des zones où ils peuvent alors agir efficacement afin de faciliter la tâche de leurs partenaires, et comme nous le verrons par la suite, déclencher les étapes suivantes du processus de récupération du ballon. Le tout étant lié à des paramètres athlétiques ou de consignes tactiques.

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Figure 1: Le concept à la mode en Europe: le milieu en rotation avec trois profils hybrides. Ici, Lucas Piazon décroche pendant qu’Essien se projette afin de compenser tandis que Ramires prend la place du Ghanéen. Possible seulement si les profils ne sont pas scindés entre des milieux à vocation défensive et des attaquants de soutien.

Chelsea fait donc figurer trois joueurs derrière le ballon dans l’entrejeu cette saison, ce qui consiste finalement en la solution la plus efficace afin de contrer les organisations adverses à quatre défenseurs et un attaquant, indépendamment finalement du nom de la formation apposée sur la feuille de match.

Quelle animation offensive ?

Créer une rampe de lancement en submergeant l’adversaire

Si la mise en place de José Mourinho lors de son précédent passage au club faisait figurer trois attaquants soutenus par trois milieux de terrain à grosse activité ; celle-ci a évolué et met désormais en avant une formule élaborée basée sur des permutations incessantes, probablement plus difficile encore à gérer pour l’opposition. Cette mise en place s’est traduite par des consignes individuelles conservant ou non ce qui se pratiquait dans un passé récent.

Quels rôles dans le « double pivot » ?

Jusqu’au début de l’année civile, Roberto Di Matteo et Rafael Benítez alignaient le plus souvent un duo composé de John Mikel Obi et Ramires dans lequel le second évoluait un cran plus haut que son coéquipier.  Mikel disposait ainsi d’une option entre les lignes adverses face à lui, ce afin de tenter de créer le lien avec les offensifs – que ces derniers contribuaient peu ou mal à créer par ailleurs.

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Figure 2: Mikel évolue en zone et transmet le ballon à des joueurs chargés de poursuivre la construction des attaques (gauche) tandis que Ramires se charge du jeu vers l’avant en passant d’une zone à l’autre

Le retour en considération de Frank Lampard en 2013 en raison de sa forme et motivation liées au record de buts du club se rapprochant semaine après semaine (et finalement dépassé grâce à un doublé à Villa Park à la mi-mai, portant son total à 203 buts) a amené l’ancien manager de Liverpool à modifier les consignes de jeu de Ramires à la suite du départ de Mikel à la Coupe d’Afrique des Nations. Le Brésilien s’est alors vu alloué un rôle de relais axial pour assurer la première relance, en parallèle de son positionnement en couverture des montées ou sorties au pressing de Frank Lampard.

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Figure 3: Pendant que Ramires assure une première relance latérale, Frank Lampard prend les choses en main avec une prise de risque plus importante dans ses choix de passes.

Le début de saison a laissé part à une mise en place similaire dans laquelle Ramires se charge de compléter ses défenseurs centraux afin d’alimenter les latéraux ou les deux milieux qui reviennent à sa hauteur.  Auteur de 37 passes en moyenne par match (dont les deux tiers vers l’avant, pour un taux de réussite de 85.5%) en 2012/2013, le Brésilien a quasiment doublé son volume de jeu avec une moyenne qui s’élève dorénavant à 67.3 passes par match (88.8% réussies dont la même part joués vers l’avant que lors de l’exercice précédent).

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Figure 4: Ramires reçoit les ballons dans le rond central et maintient le tempo du jeu en alimentant les options à son niveau. Il peut également se replier sur des options en retrait afin de se rendre à nouveau disponible.

Les latéraux ne campent plus aux avant-postes

Le rôle offensif des latéraux a considérablement évolué lorsque l’on se souvient du quasi 3-2-5 étouffant de Carlo Ancelotti lors de la saison du dernier sacre national du club voilà trois ans. Le manque de rigueur des offensifs sous Di Matteo avait contraint les latéraux à devoir fournir eux mêmes la largeur offensive mais en laissant dès lors l’arrière garde encore plus exposée. En demandant par la suite à ses offensifs d’évoluer davantage en zone, Rafael Benítez avait mis en place les conditions afin de faire combiner ses latéraux et offensifs de côté entre eux, bien que ces derniers se soient finalement montrés toujours aussi peu enclins à servir les courses de dédoublement.

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Figure 5: Ivanovic et Cole constituent les deux options à hauteur de Ramires pendant que Lampard et Ramires complètent le triangle par des déplacements simultanés: pendant que l’un décroche, l’autre se projette dans la zone symétrique.

Dorénavant, Ivanovic et Ashley Cole sont désormais tenus de se placer au niveau du milieu de terrain le plus bas soit Nascimento Ramires. Cette consigne a un double objectif dont le premier consiste à ré-établir les offensifs comme acteurs principaux de l’animation offensive et non plus simples consommateurs de ballons reçus dans les pieds dans le dernier tiers du terrain comme cela a trop souvent été le cas lors dix derniers mois. Les courses vers l’avant n’ont donc plus visée à être systématiques quelque soit le développement de l’action ; elles sont justement déclenchées par la façon dont la situation demande ou non un soutien depuis l’arrière. On évoquera le second objectif par la suite au sujet de la gestion des transitions et des centres.

La surenchère tactique de Mourinho

Lors des deux premières rencontres de Championnat, Chelsea a rencontré deux équipes venues défendre les couleurs de leur club en s’appuyant sur une organisation en 4-3-3. Cette organisation avait pour but de se calquer sur la composition théorique en 4-2-3-1 des Londoniens et d’opposer un milieu bas (David Meyler, Ashley Westwood) sur Oscar ou Mata en position centrale, ainsi que deux relayeurs (Brady/Koren puis El-Ahmadi/Delph) à Lampard et Ramires.

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Figure 6: Vue aérienne de la mise en place du 4-2-3-1 de Chelsea que cherche à contrecarrer Steve Bruce par un 4-3-3.

Or, la mobilité d’Oscar et son intelligence tactique ont grandement contribué à éloigner la sentinelle adverse de la zone axiale qu’il était supposé garder en contrôle (afin de couvrir les sorties au pressing et bloquer les lignes de passes vers l’intérieur du terrain). Ses décrochages à la gauche de Ramires ont permis à Juan Mata de venir s’insérer dans sa zone de jeu préférentielle et de constituer un « runner » supplémentaire entre les lignes. La présence du seul Demba Ba en pointe avait alors permis au stoppeur gauche de Villa Ciaran Clark de sortir de sa ligne de défense pour suivre l’Espagnol (et ainsi annuler le surnombre) mais en brisant dès lors l’alignement défensif des 4 défenseurs.

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Figure 7: C’est dans cette zone que Juan Mata peut plonger dans l’axe afin de rechercher les appels de ses partenaires. Son positionnement lui fait bénéficier des secondes d’ajustement nécessaires aux latéral et milieux axiaux afin de se passer les consignes de marquage

Eden Hazard, entre Joe Cole et Cristiano Ronaldo ?

Par ailleurs, cette saison devrait se révéler passionnante afin de suivre le travail réalisé par José Mourinho avec Eden Hazard, ce afin de poursuivre sur la lancée de la création d’un joueur plus complet offensivement, notamment sur le plan des déplacements non exclusivement à des fins de réception du ballon dans les zones centrales. Le Portugais a annoncé sa ligne de conduite vis à vis de l’attaquant Belge lors de la pré-saison en mettant en avant que de par son talent, l’ancien joueur de Lille devra  » donner toujours plus » et ne pourra plus se satisfaire de « coups d’éclats isolés ». Mourinho attend donc du joueur de 22 ans qu’il concrétise son talent à travers des buts et passes décisives, dans une démarche mêlant le travail réalisé avec Joe Cole (rigueur tactique et défensive) et Cristiano Ronaldo (efficacité face au but) par le passé.

Pour le moment, Eden Hazard a donc occupé le plus souvent le rôle de « joueur d’équilibre offensif  » (en jaune sur la figure 10) ; celui-ci revêtant une importance capitale dans l’optique déjà évoquée de s’appuyer exclusivement sur les offensifs pour étirer ou submerger la défense adverse. Le meneur Belge a donc plusieurs options à sa disposition pour contrarier les défenses et exploiter les interstices libérés par un défenseur aspiré hors de sa ligne:

La première consiste se placer ou à appeler le ballon vers l’extérieur afin de permettre l’insertion d’un coéquipier entre les défenseurs. C’est le cas de l’appel de Torres qui aboutira au pénalty manqué de Lampard ainsi que du but d’Oscar consécutif à la projection du Brésilien entre Hazard et Torres face à Hull City.

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Figure 8: Hazard a aspiré la moitié droite de la défense de Hull (Davies et « Elmo ») en allant travailler dans le couloir. Oscar n’en demandait pas moins pour venir s’insérer entre les défenseurs centraux (rouge) pendant que le décrochage du passeur Torres attire Chester qui casse l’alignement défensif.

La seconde option consiste à venir combiner dans les zones centrales afin de permettre l’insertion d’un joueur venu de plus bas encore, tel que Frank Lampard ou un latéral.

La troisième repose quant à elle sur la possibilité d’exploiter idéalement sa qualité de finisseur avec de véritables courses d’attaquant (relativement rares la saison dernière en raison de son attirance vers l’axe lui empêchant la réalisation de courses diagonales vers le but). Il s’agit de la configuration dans laquelle Hazard a forcé Antonio Luna à concéder un but contre son camp à la suite d’un appel dans le dos de la défense d’Aston Villa (Figure 9). Cette course fait suite à un renversement de jeu de Ramires maîtrisé par le Belge sur la ligne de touche quelques secondes auparavant.

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Figure 9: Demba Ba pèse et contribue à fixer la ligne défensive de Villa. Suite à une mauvaise relance d’El Ahmadi, Vlaar doit sortir sur Oscar qui se joue de lui. Hazard peut ainsi réaliser une course diagonale vers le but et recevoir le ballon à travers l’alignement défensif brisé d’Aston Villa. A noter le surnombre axial de Chelsea que tente d’annuler le stoppeur Hollandais.

Il est bien entendu que cette animation met en scène des rôles que peuvent tenir aussi bien Juan Mata, Oscar, Kevin de Bruyne ou Willian et que sa réussite n’est conditionnée que par une utilisation pertinente de l’espace, laissant parler la qualité individuelle des joueurs concernés par ailleurs. Toutefois, au delà de l’aspect tactique (pas encore tout à fait au point) il s’agit d’une mise en place coûteuse en énergie qui dépendra donc aussi de la façon dont la rotation d’effectif sera réalisée sur la durée.

Le tableau noir

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Figure 10: La mise en place de Chelsea s’apparenterait presque à un 4-4-2 en losange, qui prend une forme asymétrique en fonction des besoins de l’action en construction. A noter le système qui met Oscar, Mata et Lampard en rotation et permet même à Ramires de céder sa place ponctuellement à Oscar.

Dans la configuration observée cette saison, Chelsea crée un surnombre dans les zones centrales (45% des attaques sont produites dans les zones centrales soit 5 points de moins que le premier de la classe Swansea) en s’appuyant quatre milieux de terrain (514 passes courtes par match soit près de 80 de plus que la saison dernière).  Ceux-ci se voient complétés par attaquant en fixation de la charnière à qui il est demandé une disponibilité en appui au sol dans la construction (ce que Wayne Rooney, Samuel Eto’o ou Arouna Koné sont en mesure de faire – ce illustré par leur taux moyen de passes réussies supérieur à 80%) préalable à la recherche en profondeur d’un joueur venu de l’aile ou de l’arrière. Cela correspond plus ou moins à une tâche de « faux numéro neuf », une tâche à laquelle Fernando Torres n’a d’ailleurs jamais réellement pu se montrer efficace depuis deux saisons en raison de ses lacunes techniques. Cette tactique constitue une réponse crédible pour faire sortir des défenses regroupées et permettre l’insertion de Mata ou Hazard depuis l’arrière.

L’art du contre

Si il fallait résumer la philosophie de José Mourinho à travers une phase de jeu, il s’agirait certainement des transitions offensives. Le Portugais fait partie des techniciens qui se penchent tout particulièrement sur les différentes façons de gérer les cinq secondes ayant suivi la perte du ballon par l’opposition pour bâtir leurs circuits offensifs. C’est selon lui le « moment idéal pour exploiter le fait qu’un adversaire soit hors de position » dans la mesure où « les espaces sont difficiles à trouver lorsque les deux équipes sont en place ». L’incohérence tactique de la saison dernière (quatuor offensif censé jouer la possession dans la moitié adverse, finalement rendu à pratiquer la contre-attaque en raison de la hauteur de récupération du ballon par les joueurs restants) a toutefois permis d’illustrer les qualités d’Eden Hazard ou Victor Moses sur les phases d’attaques rapides. Chelsea a renforcé son secteur offensif avec les arrivées de Kevin De Bruyne et André Schürrle qui se posent également en excellentes options pour exploiter l’espace dans le dos d’équipes adverses parties à l’abordage.

vlcsnap-02404La non titularisation de Fernando Torres à Old Trafford a déclenché son lot prévisible de conclusions hâtives ; on a pu lire par exemple que Chelsea avait évolué sans attaquant, en utilisant un « faux 9 » en la présence d’André Schürrle. Ce constat n’est pas tout à fait exact dans la mesure où c’est bien l’Allemand qui s’est chargé de prendre la profondeur (et non pas un de ses coéquipiers dans une véritable configuration avec un « faux 9 »).

Dans un match ou aucune des deux équipes ne voulait se livrer et s’est donc refusée à sortir au pressing sur l’adversaire, la ligne défensive très basse pratiquée par Rio Ferdinand et Nemanja Vidic a constitué la réponse des hommes de David Moyes à la qualité d’appels de l’ancien attaquant de Leverkusen.

Le double rôle des offensifs, un dilemme insoluble ?

José Mourinho avait choisi d’aligner Eden Hazard ainsi que Kévin De Bruyne dans les couloirs droit et gauche, un choix qui faisait sens sur le papier dans l’optique de fonctionner en attaques rapides. Or, les deux Belges s’étaient également vu confier des tâches défensives afin de parer respectivement au travail de Valencia ainsi qu’aux montées d’Evra. Si Manchester n’a subséquemment pas fait exploser Chelsea dans les couloirs comme lors du match aller de la confrontation de la saison dernière (2-3), les Blues n’ont pas su pour autant prendre le dessus sur leur adversaire dans ces mêmes zones. Il apparait en réalité que si la plupart des options offensives de Chelsea sont dorénavant capables de bloquer – plus ou moins bien – leur couloir sur demande (Mata contre Barcelone, Hazard et De Bruyne à Old Trafford), cela limite par conséquent leur impact offensif dans le dernier tiers du terrain (un élément capital à prendre en compte dans les gros matchs où l’équilibre entre liberté offensive et consignes défensives se pose comme un véritable casse-tête avec des profils de joueur par ailleurs difficilement capables d’enchaîner 180 minutes par semaine).

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Il faut d’ailleurs garder à l’esprit que l’absence de consignes défensives a très certainement eu l’effet d’un prisme déformant au moment d’analyser les performances de Juan Mata ou Eden Hazard par le passé, ce qui fait alors apparaître nettement leur manque de tranchant une fois qu’ils sont sujets aux moindres consignes. Sur-utilisé en club et sélection depuis trois ans, Juan Mata est d’ailleurs sur le point de voir son statut prendre une dimension moins insensée, ce que la presse s’est empressée de traduire comme l’expression du manque de considération de José Mourinho à son égard en remuant les idées reçues des soi-disant critères du profil de joueur « Mourinhesque » auquel ne correspondrait bien évidemment pas Mata.

Seuls Ramires ou Victor Moses ont démontré à leur dispositions à évoluer dans une configuration dans laquelle ils doivent répéter les aller-retour dans des couloirs offensifs immenses tout en conservant assez de « jus » pour prendre le dessus aux deux extrémités de leur zone de jeu. On peut alors s’interroger sur la décision de se séparer de l’attaquant Nigérian (si ce n’est sur le plan quantitatif lié aux places disponibles dans la liste de 25 joueurs pour la Premier League) lorsqu’on sait que Ramires semble avoir été reconverti en milieu positionnel – bien que le Brésilien soit bien apparu un cran plus haut que Mikel à Goodison Park.

What’s the Mata with the Special Juan ?

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Juan Mata est certainement un joueur aussi génial qu’il n’est unique. Il est ainsi difficile d’apposer une étiquette au style de jeu (meneur excentré ? Attaquant de soutien ? Central winger ?) de celui qui visite des musées ou lit Bukowski lorsqu’il ne dépose pas le ballon sur la chaussure de ses attaquants empotés que sont Demba Ba ou Fernando Torres (55 assists en trois saisons toutes compétitions confondues). Pas meneur à proprement parler par sa propension à rechercher directement ses attaquants en déséquilibrant les défenses par une seule passe (raison pour laquelle le plus conservateur Silva lui est préféré dans le jeu de possession défensif de l’Espagne), le Special Juan est régulièrement en difficulté lorsqu’il est serré de près – et perd régulièrement le ballon dos au but au profit d’illustres inconnus. Cela met alors encore davantage en valeur ses décrochages vers les zones que les Anglais appellent « pockets of space » afin d’échapper à son adversaire direct. Seulement, ses premières touches latérales ou en retrait vers ces espaces libres permettent à l’adversaire de se replacer (ce qui n’empêche paradoxalement pas l’Espagnol de trouver un coéquipier avec une précision chirurgicale même dans un espace encore plus dense). Mais son décrochage à distance de la ligne directe de pression adverse  l’éloigne ainsi automatiquement du coéquipier qu’il isole en lui transmettant le ballon, au moment de suivre son service. D’où le contraste avec la protection de balle d’Oscar qui aimante ses adversaires et fait du Brésilien une option bien plus sûre dans les zones centrales, notamment en vue d’apporter un soutien rapproché sous la pression adverse. Par ailleurs, Juan Mata est également un joueur capable de lire le jeu mieux que le commun des mortels, notamment lorsqu’il compense son manque de vitesse par une course à la trajectoire et timing parfait(es), ce qui lui a permis d’inscrire 31 buts lors des trois dernières saisons en se retrouvant au bon endroit au bon moment devant ou derrière les défenses.

Finalement, l’Espagnol paye simplement le prix de ses limites athlétiques, d’autant plus visibles qu’il fait partie de ces joueurs hyper-décisifs à tout instant même avec très peu de poids dans le jeu ou la construction des attaques (avant les deux dernières passes), amenant ses entraîneurs à attendre de lui l’exploit jusqu’à la dernière minute de chaque match. Le comparse d’Oriol Romeu et Esteban Granero a ainsi disputé 43 matchs en 2010/2011, 52 en 2011/2012 et 64 lors de l’exercice précédent lors de trois saisons ponctuées par ses participations à l’Euro U21 2011, l’Euro 2012, les J.O. 2012 ainsi que la Coupe des Confédérations 2013.

Son temps de jeu plus réduit que lors des saisons précédentes sera tout simplement le corollaire d’une utilisation plus raisonnable par José Mourinho ; ce afin d’exploiter au mieux les qualités du Special Juan et ne plus faire reposer l’efficacité toute relative d’une animation offensive en ruine sur les exploits hebdomadaires d’une individualité-cache misère.


 

Le système de récupération: étouffer l’adversaire dans les couloirs

L’entonnoir au placard, place au moule à gaufre

José Mourinho a mis à profit les mois de Juillet et d’Août afin de travailler à la mise en place d’un système de récupération visant à étouffer l’adversaire dans le couloir pour regagner la maîtrise du cuir. Cela marque une évolution avec les consignes de Rafael Benítez qui visaient à bloquer les couloirs afin de diriger l’adversaire vers les sorties au pressing de Lampard et Ramires (couverts par David Luiz suivant les éventuels décrochages devant la charnière).

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Figure 11: A gauche: la méthode Mourinho (moule à gaufre), à droite, celle du désormais entraîneur du Napoli (l’entonnoir). Chelsea occupe les zones bleues afin d’orienter la sortie des ballons vers des zones de récupération du ballon définies (en vert): les couloirs cette saison, l’entonnoir axial la saison dernière. A noter la différence entre les limites des zones de récupération constituées par celles du terrain ou celles de la surface de réparation (i.e: la charnière en avant dernier rempart avant le gardien), tout comme la superficie des zones de récupérations à couvrir. La ligne (indicative) de récupération moyenne du ballon est indiquée en jaune (densité d’action défensives).

Ce nouveau système s’est traduit par des nouvelles consignes transmises aux latéraux ainsi qu’aux milieux axiaux. Ces derniers, second rideau du pressing sous Benítez (le premier étant l’attaquant et son soutien) se sont désormais vus rétrogradés d’un rang dans la hiérarchie. Au sujet des transitions et de la façon dont il traduit cela dans ses entraînements, Mourinho précise qu’il demande souvent à son équipe de « conserver un minimum de cinq joueurs derrière le ballon » ce afin de « conserver une bonne base défensive si le ballon est perdu ». Le rôle offensif des latéraux ayant également évolué (voir par ailleurs), cela permet donc à Chelsea de disposer en permanence d’une vraie base défensive à même de protéger l’axe et les couloirs en cas de contre-attaque rapide (une tactique qui ne s’est pas limitée à la confrontation contre Villa et  la présence d’Agbonlahor et Weimann comme cela a pu être rapporté). La protection de l’axe défensif rend désormais accessoires les interrogations sur les capacités de Cahill ou Ivanovic à défendre efficacement hors de leur surface dans la mesure où ils sont dorénavant rarement attirés hors de celle-ci.

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Figure 12: Le « pressing shape » de Chelsea impose à l’adversaire un circuit prédéfini pour ressortir le ballon, ce qui permet aux Blues de se jalonner sur le parcours. Chelsea occupe la zone bleu ciel. Les milieux se posent en troisième rideau afin de couper les transmissions dans leur zone violette.

Le surnombre axial pratiqué lorsque l’équipe construit ses attaques fournit dès lors naturellement la plateforme pour orienter la sortie des ballons vers les couloirs à sa perte: le premier rideau de pressing est constitué – comme de coutume en Angleterre – par l’attaquant et son soutien axial qui vont attaquer la paire de défenseurs centraux par l’axe afin de ne leur laisser que des options de relance vers les latéraux (ici Torres (9) et Oscar (11)). Une fois que les latéraux sont en possession du ballon dans leurs zones défensives, leur angle de jeu est automatiquement réduit de moitié. Le travail de l’offensif de côté (Hazard – 17) consiste alors à bloquer l’intérieur du terrain en se dirigeant vers la ligne de touche pendant que le milieu offensif axial prend du recul afin de récupérer le marquage du milieu bas adverse. Ces deux déplacements empêchent le latéral de chercher un relais intérieur et l’amènent donc à jouer en appui face à lui vers sa seule option possible. Cela déclenche alors la sortie énergique au pressing du latéral (ici, Cole – 3) afin de forcer son adversaire direct à remiser. Dans le cas où ce dernier parvient à transmettre le ballon à un partenaire en zone centrale, ce sont alors de la responsabilité des milieux de terrain de sortir afin de couper la passe (Ramires et Lampard – 7 et 8)

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Figure 13: Welbeck reçoit le ballon d’Evra pendant que De Bruyne coulisse latéralement pour fermer l’intérieur. Ramires suit Rooney qui occupe sa zone et bloque l’option au sol. Ivanovic sort au pressing sur Welbeck.

En dépit de ces trois étapes successives, l’adversaire parvient parfois à poursuivre sa séquence et tente alors de renverser le jeu rapidement. Chelsea a fait face à ce cas de figure lors de la visite d’Aston Villa lorsque Mata est passé à travers son intervention sur Antonio Luna, forçant Ramires à venir le soutenir, sans succès. Oscar, placé de façon à bloquer l’option du milieu bas,  n’avait donc pas pu prendre du recul et se charger de suivre la projection du troisième milieu de terrain des Villans. Karim El-Ahmadi s’était vu offrir un boulevard afin de se retrouver en position de frappe à 20 mètres.

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Figure 14: Antonio Luna tourne sur lui même et parvient à se jouer de Juan Mata puis Ramires. Le ballon revient sur Benteke qui trouve Karim El Ahmadi qui s’est projeté vers l’avant. Ivanovic ne peut pas venir soutenir Mata en raison du positionnement haut d’Agbonlahor. Lampard est cloué dans sa position: si Oscar bloque Ashley Westwood, il faut rarement convaincre Fabian Delph et El Ahmadi du bien fondé de se porter vers l’avant. Cahill ne peut pas suivre Benteke au risque de voir ce dernier jouer vers le nouveau footballeur préféré des One Directioners dans son dos.

La gestion des centres: les vases communicants

Les failles tactiques de la saison dernière créaient régulièrement des situations insolubles à l’arrière. La gestion des centres et des seconds ballons issus de ceux-ci en fait partie dans la mesure où l’absence de repli de la part de la première vague de pressing une fois celle-ci transpercée par l’adversaire laissait des latéraux isolés pour défendre face à deux adversaires lancés. Dans le cas où le défenseur central venait soutenir son latéral dans le couloir, cela ne laissait alors que deux défenseurs dans les six mètres à la retombée potentielle du centre. Lorsque John Obi Mikel se parachutait à côté du stoppeur, cela laissait alors son partenaire (Ramires ou Lampard) en situation d’infériorité numérique aux abords de la surface ; devant alors se placer à la tombée du second ballon face à son adversaire direct tout en voyant le troisième milieu adverse se retrouver en position de frappe (Diamé à West Ham, Sissoko à Newcastle).

Le repli d’Oscar facilite dès lors le système de vases communicants: c’est à Ramires de faire parler sa vitesse pour venir couper dans le dos du latéral si celui-ci fait face à un 2v1. Pendant ce temps, Chelsea occupe sa surface de but avec les trois défenseurs restants tandis qu’Oscar et le partenaire de Ramires viennent se placer en seconde ligne entre l’entrée de la surface et le point de pénalty.

Diapositive23
Ramires s’est excentré pour annuler le 2v2 dans le couloir du latéral droit Wallace. Piazon (occupant le rôle de milieu offensif axial d’Oscar) est venu se replier aux côtés d’Essien. Cela permet à Chelsea de dominer chaque zone numériquement, première étape afin d’envisager une gestion optimale de la situation par la suite.

Un point sur l’effectif

Frank+Lampard+Chelsea+v+Hull+City+Premier+URH4RnyoAKul

Peu après sa précédente « première » à Chelsea, José Mourinho avait exposé son point de vue sur la composition de l’effectif idéal. Selon le technicien portugais, il faut 22 joueurs ainsi que trois gardiens de buts afin de « répondre aux besoins sur les différents tableaux ». Depuis trois saisons, la Premier League a d’ailleurs mis en place une liste de 25 joueurs que chaque club doit remplir devant inclure 8 joueurs considérés « home grown » (i.e ayant passé l’équivalent de trois saisons – 36 mois – dans un club Anglais ou Gallois avant 21 ans). Chelsea n’a pu inscrire que cinq joueurs dans cette sous-liste – Terry, Cole, Lampard, Cahill et Bertrand – faisant en réalité la liste de 25 joueurs une liste de 23 joueurs complétée par Tomas Kalas et Wulfert Cornelius « Marco » Van Ginkel (classés U21 soit utilisables à volonté sur la saison).

L’arrivée de Mark Schwarzer fournira à Petr Cech la concurrence qu’il avait petit à petit oubliée depuis le départ de Carlo Cudicini voilà quatre ans pendant que le renouvellement du contrat d’Hilario ne devrait concerner que Christophe Lollichon afin de mettre en place des ateliers à quatre gardiens (en tenant compte de Jamal Blackman – U21). Après s’être assis autour d’une table, Mourinho et Ivanovic ont évoqué la possibilité du second d’évoluer aussi bien au poste de latéral qu’en charnière centrale. Le Serbe sera donc l’autre option au poste de latéral en compagnie de César Azpilicueta, offrant au Portugais des possibilités tactiques différentes.  Dans l’axe, David Luiz se verra accompagné de Gary Cahill ou John Terry pendant que Tomas Kalas fournira la profondeur d’effectif à ce poste. Ashley Cole et Ryan Bertrand devraient apprécier leur nouveau rôle dans le couloir gauche, ce afin de casser la routine les ayant établis comme une sorte de figurants offensifs aux appels laissés sans réponse. Les postes axiaux devraient être distribués entre Ramires et Lampard, suivis par Mikel. Michael Essien et Marco Van Ginkel (tous deux utilisés comme milieux bas en pré-saison) semblent s’être vus octroyés le statut de complément, en fin de rencontre ou en cas d’opposition contre un adversaire abordable.

Qu’importe la façon dont la presse a retranscrit les mouvements estivaux sur le marché des transferts ces dernières semaines, Chelsea n’est pas en surcapacité aux postes offensifs: Eden Hazard et Willian devraient partager leur temps de jeu sur l’aile gauche dans l’optique d’un calendrier chargé dont le premier ne peut assumer la fréquence à lui seul. L’ancien offensif du Shakhtar Donetsk pourra prétendre à débuter les rencontres Européennes aux dépends du Belge sur la base de ses bonnes performances en Ligue des Champions. Oscar semble indiscutable dans l’axe tandis que Juan Mata et Kevin De Bruyne se partageront le rôle de milieu offensif excentré sur la droite ; étant très enclins à rechercher la position sensible entre les zones défensives des défenseurs adverses. Si Mourinho débute généralement les rencontres avec un seul attaquant, il est fréquent de voir ses équipes finir les rencontres avec deux attaquants, notamment lorsque son équipe ne gagne pas. C’est la raison pour laquelle il souhaitait disposer de trois options crédibles aux avant-postes en la personne de Samuel Eto’o, Fernando Torres et Demba Ba (du moins pour le route one football) ; Romelu Lukaku ayant été envoyé faire ses gammes du côté d’Everton en prêt. Le Belge aura l’occasion de compléter sa palette de déplacements (Everton est l’antagoniste du WBA prônant la contre-attaque) et enrichir son jeu avec le ballon (remises, combinaisons), tout en ayant l’occasion de gagner en expérience en accumulant du temps de jeu dans son travail d’appuis (dos au but, détente) sous les commandes de Roberto Martínez (dont on se souvient de l’impact sur Victor Moses).

Conclusion

Chelsea+v+Hull+City+Premier+League+m8x-5OkM1SDl

Chelsea s’est renforcé quantitativement et qualitativement, ce qui marque une nette évolution avec la saison précédente. Des éléments d’interrogation subsistent cependant quant à l’utilité relative de joueurs loin de leur forme optimale (Hazard, Mata, Eto’o) qui doivent alors faire en sorte d’optimiser leurs déplacements au bénéfice du collectif avant d’être en mesure pouvoir faire la différence balle au pied. Chelsea dispose par ailleurs à nouveau d’un manager qui n’hésite pas à changer très rapidement ses plans, un aspect sur lequel les techniciens intérimaires depuis le départ du « Mou » n’ont rien montré par souci de recherche de la formule la plus efficace à très court terme. Scolari, Ancelotti et Villas Boas ont quant à eux laissé stagner de longues semaines leurs mises en place en dépit de leurs failles apparentes. Mourinho n’a ainsi pas hésité à lancer des forces offensives vives dans la bataille lorsque son équipe tenait le nul (Lukaku obtenant le coup franc décisif dans l’espace créé par les courses de Schürrle face à Aston Villa) pendant que son basculement vers une défense à trois asymétrique contre la Roma en pré-saison (victoire au forcing 2-1) ou Everton (sans empêcher la courte défaite) s’est posé comme une option inimaginable il y a encore quelques mois pour forcer la décision.

Chelsea devrait constituer un candidat crédible pour le podium dans la mesure où les Blues ont tout de même totalisé 75 points en 2012/2013, auquel on peut ajouter à titre indicatif le peu flatteur total hypothétiques de 14 points lié aux avantages perdus (soit l’écart avec Manchester United, sacré avec 89 points). La « winning mentality » instiguée par José Mourinho devrait donc permettre de faire la différence à plusieurs reprises cette saison entre des matchs nuls (le véritable frein d’une course au titre) et des victoires.

Il sera intéressant de se pencher sur la propension des différents joueurs à se fondre dans le système et animer ses rôles tandis que les gros matchs laisseront planer la problématique relative au rôle des individualités par rapport à la nécessité de maintenir une forme d’équilibre collectif. Eden Hazard, Juan Mata ou Samuel Eto’o permettront-ils à Chelsea de faire la différence aux moments clés avec de nouvelles responsabilités ? Pourront-ils même allier poids sur le jeu et capacité à convertir les moments forts  de leur équipe ?

Sébastien Chapuis 

Suivez moi sur Twitter: @SeBlueLion

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Une réflexion sur “Quel visage pour le Chelsea de José Mourinho ?

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