Comment Wigan a remporté la FA Cup ?


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Wigan Athletic a remporté la 132e édition de la FA Cup aux dépends de Manchester City ce 11 Mai à Wembley. L’affrontement semblait pourtant déséquilibré au coup d’envoi entre les clubs des deux Roberto: le Champion d’Angleterre en titre et le premier relégable en Championnat. Mais c’est bien Wigan qui va pouvoir garnir son armoire à trophées de la première breloque de premier ordre de son histoire au prix de l’application méticuleuse d’un plan de jeu rôdé sur lequel MyPremierLeague s’était déjà penché il y a quelques semaines. Pour Manchester City, c’est une préparation manifestement manquée saupoudrée d’une absence totale d’initiative qui peut expliquer pourquoi les hommes de Roberto Mancini n’ont pas semblé une seule fois en mesure de prendre l’ascendant sur leurs adversaires du soir.

C’est finalement Ben Watson qui mettra fin au suspense dans les arrêts de jeu d’une tête croisée sur corner. Le milieu Anglais ponctuait idéalement son retour de blessure après s’être cassé la jambe après afin d’offrir la FA Cup à Dave Whelan. Le jovial président des Latics fut le héros malheureux de l’édition 1960 avec Blackburn où il dut quitter ses partenaires suite à sa fracture de la jambe, laissant loisir à Wolverhampton de remporter le trophée (3-0). La boucle est bouclée.

Wigan celebrate FA Cup win with parade shortly after Premier League relegation - video

MyPremierLeague vous propose donc un retour sur cette rencontre sous la forme d’un diaporama commenté de séquences de jeu capturées au vif. L’analyse se déroulera en deux temps: une première partie consacrée à l’animation défensive du système de Roberto Martínez: la plateforme mise en place afin de mieux contenir, frustrer puis contrer son adversaire. Dans une seconde partie, on s’intéressera à l’échec prévisible du plan de jeu du désormais ex-entraîneur des Sky Blues. Ce dernier a vraisemblablement perdu la bataille tactique de trop face à un manager ne disposant encore une fois pas des mêmes moyens que lui.

Ironie du sort, Mancini aura perdu son dernier match face à un adversaire capable d’animer parfaitement le 3-4-3 auquel il n’a jamais réussi à donner forme pour son équipe cette saison !

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343 mode d'emploi

Comment Wigan a remporté la FA Cup ?

Wigan asphyxie son adversaire

  • Les trois offensifs au pressing
  • Comment Wigan bloque les solutions de relance
  • James McCarthy accompagne le pressing des offensifs

Le replacement: comment Wigan gère les duels dans les couloirs

  • Les milieux bloquent l’intérieur
  • De l’intérêt d’un back three face à une attaque à une pointe
  • McManaman double le couloir droit en seconde mi-temps

Wigan relance depuis l’arrière: une séquence type

Le rôle de Shaun Maloney

  • Maloney meneur de jeu axial
  • Maloney suit Barry ou Touré à la trace: ou comment éviter le surnombre adverse dans l’entrejeu

City sabote sa finale

  • L’entonnoir axial
  • L’entrée de Rodwell pour Tévez, la cerise sur le gâteau ?
  • Mancini découvre le plan de jeu de son adversaire en première mi-temps et réagit en seconde: la patte de l’expert
  • Let’s hoof the ball and build from scraps !*
  • Mancini fait poireauter l’asperge Džeko
  • Mancini joue la coupe à fond
  • Mancini gare le bus: le baroud d’honneur

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En l’absence de Figueroa (habituel left center back ou left wing back), Beauséjour (LWB), Ramis (RCB) et Stam ; Martínez était contraint de bricoler en alignant McArthur et Espinoza dans les couloirs. Gómez trouvait alors une place dans l’entrejeu tandis que McManaman profitait de son état de forme et de la spéculation entourant le futur de Franco Di Santo (en fin de contrat et absent du XI depuis plusieurs semaines) pour débuter la rencontre. Alcaraz disputait son premier match depuis le 20 avril après avoir réussi son test physique. Martínez ne prendra pas le risque d’aligner Ali Al Habsi, gêné par les anti-douleurs car touché à la hanche. L’Espagnol lui préférera un Joel Robles en pleine possession de ses moyens.

Mancini n’avait aucun absent à déplorer si ce n’est celle du lofteur Scott Sinclair, ce qui lui a permis d’aligner son équipe type. L’italien a à nouveau fait étalage de sa capacité à gérer durablement un groupe en sortant Costel Pantilimon du groupe, lui qui avait pourtant disputé les 11 précédents matchs de FA Cup depuis son arrivée au club en 2011. Incertain avant la rencontre, Yaya Touré tiendra tout de même sa place – sans grande réussite cependant.

Wigan asphyxie son adversaire

Les trois offensifs au pressing

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1. La présence de trois offensifs permet d’appliquer un pressing sur la relance adverse. Ici, ce sont Koné et McManaman qui encadrent  Maloney, lui même forçant Barry à s’échapper. A l’arrière et hors du champ de l’image;  Boyce, Alcaraz et Scharner couvrent la largeur du terrain et suivent les déplacements du seul Agüero, pourtant excellent dans l’exercice mais avec le nombre en sa défaveur ici.

Les deux wing-backs de Wigan (Espinoza et McArthur) peuvent ainsi opérer un marquage quasi-individuel dans leurs zones respectives, afin de s’opposer à Nasri et Silva et les suivre même lorsque ces derniers décrochent dans leur moitié.

L’approche proactive de Wigan se traduit par la sortie du double pivot (Gómez et McCarthy) afin de bloquer la ligne de passe entre Barry et Tévez. Cela contraint le milieu anglais à allonger le jeu vers le couloir pour rechercher Agüero dont la tentative de percussion avortée n’aboutira pas à la faute qu’il réclamait.

Wigan empêche tout simplement la liaison entre les relanceurs et les créateurs de City, connexion que ne réalisera pas Touré, auteur par ailleurs d’un match médiocre.

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2. Derrière la première ligne de Wigan, le double pivot Latic a pour charge de coulisser sur la largeur afin de bloquer les lignes de passes courtes vers l’intérieur du terrain. Du fait, les deux milieux de terrain se déplacent à quelques mètres de distance.

Comment Wigan bloque les solutions de relance

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3. Joe Hart cherche à relancer court mais les trois offensifs de Wigan bloquent bien les options de relance: Koné et McManaman bloquent respectivement Kompany et Nastasic. Maloney surveille Gareth Barry qui a décroché entre les deux défenseurs centraux de City.

Le gardien international Anglais est alors forcé de jouer un long ballon vers Samir Nasri qui perdra son duel face à Emerson Boyce.

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4. Le ballon est en possession de Vincent Kompany. Yaya Touré est soumis à un marquage individuel de la part de Shaun Maloney dans sa propre moitié de terrain. Son décrochage sera inutile puisque le meneur Ecossais l’aurait empêché de recevoir le ballon dans de bonnes conditions. Barry décroche alors à son tour mais James McCarthy déclenche une course de pressing qui contraint finalement le capitaine Belge à envoyer un long ballon approximatif qui sortira des limites du terrain, déclenchant une première onde dans Wembley.

James McCarthy accompagne le pressing des offensifs

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5. A la suite d’une récupération de balle de Wigan dans l’entrejeu puis d’un enchainement dans le couloir, Koné va percuter sans succès la base défensive de City. Le ballon parvient à Touré qui se retrouve sous la pression de Koné et Maloney dans sa zone. Pendant qu’Espinoza et McArthur gardent un œil sur Silva et Nasri ; Barry se retrouve démarqué  dans l’intervalle et demande le ballon. Touré transmet alors le ballon à son partenaire mais, sous la pression de McCarthy qui a déclenché son pressing, l’Anglais remise vers Nastasic qui en fait de même vers Kompany. Le ballon revient vers Hart qui parvient à trouver Zabaleta.

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6. Alors que Koné et McManaman se placent sur la largeur du terrain et encadrent Maloney qui suit Gareth Barry, McCarthy poursuit son rôle de sape en sortant au pressing sur Touré. Ce dernier va alors rechercher Tévez dans le couloir.

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7. McCarthy réalise une nouvelle course de pressing à pleine vitesse vers Yaya Touré, placé face à son but, l’obligeant à remiser. Sur sa lancée, l’Irlandais va alors presser un Kompany perplexe qui n’aura d’autre choix que de botter en touche.

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8. Fort de son seul long ballon précis du match (sur 6 tentatives) et à la 82e minute du match, Joe Hart n’essaye plus d’illustrer ses lacunes en la matière et persiste ici à vouloir relancer court. Gareth Barry pousse même le bouchon en décrochant plus bas que la charnière centrale pendant qu’Hart insiste au moment de transmettre à Touré soumis à la pression directe de trois joueurs.

L’ivoirien dosera mal sa passe qui lobera Zabaleta, au grand dam de Roberto Mancini qui va se lancer dans des gesticulations peu convaincantes (que reprochait-il, au juste ? )

En dépit des deux solutions que constituent Touré et Barry, le ballon est perdu. Pour un même positionnement et pour un choix de passe longue de la part de Joe Hart, les offensifs de City à la tombée auraient été bien mal aisés au moment de trouver des options de passe en soutien…

Le replacement: comment Wigan gère les duels dans les couloirs

Les milieux bloquent l’intérieur

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9. Lorsque le ballon est dans le couloir, le wing-back se positionne pour jouer un éventuel duel (ici, Boyce à la suite d’une permutation défensive qui a vu McArthur prendre sa place dans l’axe). Pendant ce temps, la paire Gómez-McCarthy coulisse sur la largeur afin de bloquer les lignes de passe vers l’intérieur du terrain. A noter le replacement d’Espinoza tel un latéral gauche conventionnel. McArthur, Alcaraz et Scharner gèrent Tévez et Agüero dans la surface.

Pensant que Clichy a dédoublé, Nasri talonne le ballon sans regarder dans le couloir et concède finalement le coup de pied de but. Pendant ce temps, Touré s’est projeté vers le point de pénalty mais McCarthy s’est montré vigilant en s’insérant avec ce dernier entre les défenseurs.  Shaun Maloney avait décroché de sa position afin de compenser le « parachutage » de McCarthy.

De l’intérêt d’un back three face à une attaque à une pointe

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10. Le back-five de City est en place face au seul Agüero. Gómez est venu bloquer la ligne de passe vers l’intérieur du duel entre Silva et Espinoza. Il manque quelques mètres à McCarthy pour se retrouver à bonne distance de Gómez puisqu’il suivait Barry lors des transmissions précédentes. Ce retard ne posera aucun problème à l’arrière garde de Wigan qui verra alors son spare man sortir et tenter d’intercepter la transmission. sans créer de brèche derrière lui.

Ce troisième défenseur libéré d’une tâche de marquage (puisque City ne dispose que d’une pointe axiale, Agüero) devient une sentinelle déjà placée du côté de l’action, comme dans une configuration en 4-1-2-… , permettant une densité de joueurs appréciable dans la zone où se développe l’action.

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McManaman double le couloir droit en seconde mi-temps

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11. Bien que Clichy ait été sous-utilisé offensivement (aussi peut être parce que ses rares centres dangereux n’auraient probablement pas été coupés par Agüero ou Tévez, peu friands de ce genre de service), son positionnement aurait pu poser problème si cela lui avait permis de combiner avec Nasri. Ainsi, McManaman a fourni un travail défensif dans son couloir en seconde mi-temps ; ce qui ne l’a cependant pas empêché de dépouiller à plusieurs reprises le latéral français à l’autre bout du terrain.

Wigan relance depuis l’arrière: une séquence type

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12.a Bien que Martínez demande systématiquement à son gardien de relancer le ballon de l’arrière, soit en laissant l’arrière garde rechercher les offensifs en appui, soit en cherchant les wing-backs après une remise d’un défenseur ; les offensifs de Roberto Mancini sont ici plantés comme des piquets. Le déclenchement soudain et inutile de la course de Silva vers Scharner illustre bien des offensifs de City laissés manifestement sans consignes sur ce qui constitue pourtant une des marques de fabrique de Wigan. Joel transmet à Scharner qui fait suivre à Alcaraz qui fait circuler vers Boyce. Ce dernier va alors rechercher en appui un offensif qui décroche (Maloney), laissant place au fameux losange que contribuent à créer les deux joueurs en soutien (milieu et wing-back). En réponse à la vivacité de son opposant qui va orienter son contrôle vers l’intérieur du terrain, Barry va commettre une de ses coutumières fautes tactiques. Suite à l’avantage laissé par André Marriner, McCarthy va fouetter un long ballon vers Espinoza dans le couloir opposé.

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12.b Alors que Gómez se projette (suivi par David Silva), Koné prend la profondeur dans le dos du latéral de City afin de libérer de l’espace au centre du terrain. Gêné par le bon retour défensif de son compatriote, Gómez va perdre le ballon qui sera transmis à Nasri. Gómez poursuit son effort et tente de gêner Silva tandis que McCarthy  va gêner Nasri, forcé de remiser vers Kompany. Koné et McManaman entrent alors en scène et forcent finalement Hart à envoyer un nouveau parpaing hors des limites du terrain.

Le rôle de Shaun Maloney

Maloney meneur de jeu axial

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13. A l’image de ce que fait habituellement Franco Di Santo, Shaun Maloney a tenu son rôle de meneur axial derrière les deux attaquants mobiles que sont McManaman et Koné (qui a joué l’impressionnant total de 59 ballons, soit deux fois plus qu’Agüero) . L’écossais reçoit ici le ballon dans la zone de Barry et Touré. Le premier s’est replié vers sa position de milieu bas tandis que le second se replace en marchant. Silva fait l’effort de repli pour tenter d’empêcher la transmission de Maloney vers McArthur. A la suite d’une récupération et sortie propre du ballon par le couloir gauche, Wigan parvient à obtenir un corner à droite par McManaman à la suite d’une courte succession de passes d’un flanc à l’autre.

Maloney suit Barry ou Touré à la trace: ou comment éviter le surnombre adverse dans l’entrejeu

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14. Afin d’équilibrer le duel à la relance (3 offensifs de Wigan face à deux relanceurs de City), Barry a décroché pour demander le ballon à son gardien. Ici, McCarthy est à proximité de Yaya Touré, ce qui permet aux deux joueurs d’intervertir leur rôle sur cette action et laisser l’écossais sortir au pressing sur son ancien capitaine à Aston Villa.

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15. L’essentiel de la contribution de Shaun Maloney a été réalisée sans le ballon en suivant à la trace un des deux milieux de terrain de City pour forcer le joueur en possession du ballon à explorer d’autres options ; elles mêmes bloquées ou orientées par les autres joueurs de Wigan.

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16. Carlos Tévez a décroché dans l’entrejeu afin de tenter de faire profiter son équipe du surnombre que son déplacement crée. McCarthy et Gómez s’opposent à Tévez et Touré. Ces derniers auraient l’option de remiser vers le milieu bas (Barry) si ils étaient soumis à un pressing. Or, Shaun Maloney s’est replié en suivant la projection de Barry afin d’annuler le 3vs2 que voulait créer Tévez.

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17. Nasri a également décroché de sa position, laissant l’aile à Clichy. Wigan doit alors gérer un 4vs3 devant sa surface (Silva, Nasri, Tévez et Touré face à McCarthy, Gómez et Maloney) et aurait potentiellement besoin de l’aide du spare man (Boyce) pour intercepter une éventuelle transmission. Nasri n’exploite pas l’avantage de sa position lorsqu’il reçoit la passe de Silva et remise vers Barry (hors champ…)

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18. Silva rejoint Agüero et se place en rupture le long de la ligne défensive de Wigan. Maloney est sorti gêner Touré qui parvient à transmettre rapidement à Nasri. Ici, en raison du placement de Silva, le double pivot Latic ne peut pas sortir au risque de libérer la ligne de passe vers l’espagnol.

Nasri trouve finalement le décalage vers Clichy qui revient sur Nasri. Ce dernier accélère et teste Robles sur sa droite de l’entrée de la surface.

Cela illustre la deuxième approche défensive de Wigan: la première consiste à appliquer une pression haut sur le terrain et d’aller aux devants du ballon (d’où le placement des milieux). Lorsque l’adversaire parvient à transpercer ce rideau, la deuxième approche consiste alors à restreindre les options de l’adversaire en se plaçant de façon à bloquer l’accès direct au but. Cependant, cela ne permet pas toujours de gérer les liaisons indirectes qui aboutissent à la création d’occasions ; centres courts ou les frappes excentrées comme c’est le cas ici.

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19. Afin de réaliser un pressing efficace, le double pivot doit maintenir une certaine proximité, elle même vulnérable par les renversements de jeu de l’adversaire. C’est là où entre en scène Shaun Maloney qui vient s’insérer derrière le ballon du côté faible de l’action. Cela lui permet ici d’intercepter une passe latérale sans conviction de Yaya Touré

 

City sabote sa finale

L’entonnoir axial

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20. Roberto Mancini devait penser qu’aligner le meilleur XI possible suffirait pour remporter la Cup face à un relégable en Championnat… Ses offensifs ont joué à leur habitude et ont été saucissonnés par une équipe de Wigan qui a cherché à les isoler entre les relayeurs et le seul Agüero.

Silva a décroché pour tenter de créer un surnombre dans l’entrejeu, tout comme Tévez qui compense le placement de Nasri. Le milieu français à réalisé une nouvelle performance décevante par ses choix qui contrastent avec les qualités qu’il ne parvient pas à utiliser. Souvent placé haut sur son aile, il n’a pas inquiété une seule fois James McArthur qui découvrait pourtant son rôle de wing-back. City aurait pu exploiter l’inexpérience d’Espinoza et McArthur à leurs postes. Ces derniers se sont montrés appliqués au marquage face à leurs adversaires directs mais leur manque de maîtrise tactique du poste leur a parfois fait oublier leur placement par rapport à la ligne défensive (se retrouvant parfois plus bas que les trois défenseurs):

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Agüero s’est montré généreux mais n’a été recherché et trouvé qu’une poignée de fois par ses partenaires qui l’ont surtout envoyé au charbon sur les ailes. En dépit de sa position haute, Nasri n’a pas pris la profondeur ni provoqué son vis-à-vis balle au pied, raison vraisemblable de son remplacement précoce par James Milner qui n’a d’ailleurs pas su non plus faire reculer son adversaire direct.

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Nasri et Silva ont peu utilisé les courses et options que proposaient leurs latéraux Gaël Clichy et Pablo Zabaleta. Si Silva combine en général moins avec Zabaleta que Nasri peut le faire avec Clichy ; la contribution des latéraux face à un 3-4-3 semble avoir été totalement ignorée par Roberto Mancini lors de sa préparation de ce match. Dans la mesure où le système de Wigan permet de quadriller le terrain grâce à deux bandes « élastiques » de trois joueurs mais laisse les couloirs aux charges de seulement deux joueurs (contre quatre dans une configuration « classique » type 4-4-2), une des solutions aurait consisté en s’appuyer sur les latéraux pour relancer puis combiner dans les couloirs, afin d’éliminer les wing-backs adverses. Clichy et Zabaleta avaient certainement la qualité nécessaire pour poser des problèmes ; ils ont été pourtant assez inexplicablement ignorés dans la phase de relance, tout en étant régulièrement totalement démarqués offensivement le long des lignes de touches sans recevoir le ballon.

L’entrée de Rodwell pour Tévez, la cerise sur le gâteau ?

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-« Tu vois, tu vas jouer par là. Prends le moins de risques possibles, Jack, il faut qu’on tienne jusqu’aux prolongations sans être dangereux ! »

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21. L’entrée de Jack Rodwell à la place de Carlos Tévez constitue à elle même un des moments les plus amusants de cette finale. Le technicien Italien a remplacé un de ses offensifs les plus généreux – Tévez – par le stéréotypé milieu de terrain Anglais, avec pour visée de placer son milieu ivoirien Yaya Touré derrière l’attaquant. Cela semble constituer la seule touche d’inventivité que Mancini impulse à son équipe ; un effet de surprise qui s’effrite depuis deux saisons à force de se voir se répéter chaque semaine ou presque.

Alors que City avait besoin d’alimenter plus rapidement ses couloirs et créer des triangles afin de mettre les wing-backs adverses hors de position, Jack Rodwell s’est transformé en véritable entonnoir axial pendant 20mn. Sur cette séquence, Rodwell aura besoin de 8 secondes et neuf touches de balle sur lui même pour que Silva vienne presque chercher le ballon dans ses pieds alors que Zabaleta et Clichy (via Barry) étaient démarqués

Mancini découvre le plan de jeu de son adversaire en première mi-temps et réagit en seconde: la patte de l’expert

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22. La réaction de City sur la relance de Wigan après la pause illustre à nouveau le manque de préparation de la rencontre par Mancini. Il est difficile de penser que Mancini ait initialement refusé de demander à ses offensifs de bloquer les options courtes de par le prétexte de ne pas se découvrir, dans la mesure où son équipe était la grande favorite de cette finale. Cela semble bien consister en une réaction après la première mi-temps, bien malgré le fait que Wigan pratique cette façon de sortir les ballons chaque semaine depuis des mois.

Let’s hoof the ball and build from scraps !*

*: Balancer (hoof = mettre un coup de sabot) et construire à partir de ballons qui trainent (scraps = restes alimentaires)

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23. Il aura également fallu attendre la deuxième mi-temps pour voir City en mesure de proposer une réponse dans le jeu afin de contrer le pressing haut des deux milieux de Wigan. Ici, Barry retarde sa passe afin que McCarthy sorte au pressing. Là, il recherche ses offensifs par dessus. Agüero se place à la tombée pendant que Silva et Tévez se déplacent pendant que le ballon est en l’air afin de se placer sur le second ballon.

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Il s’agit d’une réponse certainement cohérente, mais qui contraste à nouveau avec ce qu’il est possible de demander à un XI acquis pour 184 millions de Livres Sterling. Silva va récupérer le ballon, la séquence aboutira sur un centre qu’Agüero reprendra de près sans cadrer sa trajectoire. Il ne s’agira seulement que de la 3e occasion franche de City lors de ce match.

Mancini fait poireauter l’asperge Džeko

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24. On peut aussi questionner l’absence d’Edin Džeko (1.93m) face aux petits gabarits de Wigan dont la contrepartie des qualités technique réside en leur faiblesse dans les airs (Scharner excepté). Wigan est la pire équipe du championnat avec seulement 10 duels aériens remportés par match en Championnat, soit trois et deux fois moins que Stoke et West Ham ; conséquence d’une arrière garde (back three et wing-backs) qui culmine à 1.82m.

Pourtant, Mancini a attendu les arrêts de jeu et l’ouverture du score par Wigan pour faire entrer son buteur Bosnien.

La capacité de Džeko à mettre les défenseurs hors de position par sa mobilité (la clé pour désorganiser une défense à trois) ainsi que son impact dans les duels et dans les airs auraient certainement permis de libérer de l’espace pour les offensifs de City, Agüero et ses courses vers le but notamment.

Mancini joue la coupe à fond

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25. Lorsque le Champion d’Angleterre est réduit à 10 et s’est montré incapable de prendre le dessus face à un relégable en 85mn de jeu lors d’une finale de Coupe, on peut certainement trouver matière à rire de sa performance. Ici, Mancini a vraisemblablement fait la part des choses depuis le banc et décidé qu’à défaut de remporter la coupe, il valait peut être aussi bien de reproduire le trophée à l’aide de ses pantins désarticulés restants.

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City achève donc sa finale fort d’un trio Barry-Rodwell devant Touré dans l’entrejeu avec le seul Silva en soutien d’Agüero dans le système le plus axial qu’il était possible d’aligner ce soir là, face à une équipe qui explose pourtant systématiquement lorsqu’on accélère et dédouble dans les couloirs.

Mancini gare le bus: le baroud d’honneur

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26. Mancini quitte donc Manchester City sur cette image (ou presque): celle d’un entraîneur réduit à garer le bus en infériorité numérique en finale de Coupe face au modeste Wigan Athletic, assemblé pour un peu plus de deux fois ce que le technicien Italien empoche chaque saison soit 11 millions de Livres Sterling (dont cinq titulaires du soir arrivés libres ou en prêt).

fa_cup - Copie

Manchester City (4-2-4): Hart – Zabaleta, Kompany, Nastasic, Clichy – Barry, Touré – Silva, Nasri, Tévez, Agüero
Changements: Milner pour Nasri (54e), Rodwell pour Tévez (69e), Džeko pour Barry (90e)
Avertissements: Zabaleta (60e, faute sur McManaman), Nastasic (75e, faute sur McManaman), Barry (87e, faute sur McManaman)
Expulsion: Zabaleta (84e, faute sur McManaman)

Wigan Athletic (3-4-1-2): Robles – Boyce, Alcaraz, Scharner – McArthur, McCarthy, Gómez, Espinoza – Maloney – Koné, McManaman
Changement: Watson pour Gómez (81e)
Avertissement: Robles (90e+2, time wasting)

But: Watson (90e), passe décisive de Maloney sur corner.

Budweiser Man of the Match: Callum McManaman

Arbitre: Andre Marriner (West Midlands)

Affluence: 86.254

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