Retour sur Fulham v Arsenal : l’animation offensive des Gunners


A la fin de cette 34e journée, Arsenal est bel et bien 3e du championnat. Les hommes d’Arsène Wenger ont pour la première fois de la saison leur destin entre leurs mains. Tout est allé très vite, parce qu’après plusieurs mois très difficiles, les Gunners ont fait une remontée fantastique. Relégué à près de 10 points de la 4e place synonyme de qualification à la Ligue des Champions il y a quelques mois, ils profitent depuis des différents faux pas de leurs adversaires directs (Chelsea et Tottenham). Si les Gunners ont un match en plus que ces derniers, ils ont également la chance que celui-ci réunisse ces deux mêmes équipes. A 4 journées de la fin l’espoir renaît.

Aujourd’hui s’ils sont à cette place c’est en grande part dû à une assurance défensive plus ou moins retrouvée. Il est important de noter que les récents succès ne se traduisent pas par des scores fleuves (à l’exception de la victoire 4-1 contre Reading). Ce sont souvent des matchs disputés où les Gunners pèchent dans la finition et de ce fait, manquent de se faire peur. En effet, avec deux éléments sur trois recrutés l’été dernier, le trio d’attaque est tout nouveau. Arsenal longtemps vu comme l’équipe des « canonniers » qui marquent bon nombre de buts a vu sa réputation décroître ces derniers temps.

Nous en venons directement au match de ce weekend. Un derby de Londres, un de plus. Les joueurs d’Arsenal vont du côté de Craven Cottage pour y défier Fulham. Match difficile et Arsène Wenger décide d’aligner le même trio d’attaque avec un seul changement au milieu de terrain: Rosicky remplace Wilshere, pas encore tout à fait prêt physiquement. A défaut de proposer un résumé exhaustif de ce qui fût une « purge », nous allons nous intéresser à l’animation offensive d’Arsenal et plus précisément à ces lacunes. Pour cela, nous verrons quelques situations clés qui illustrent parfaitement les problèmes que connait Arsenal cette saison.

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(1) Monreal est en possession du ballon.

Devant lui il y a trois joueurs de Fulham. Cazorla est trop loin pour tenter quoique ce soit qui l’implique.

Une seule solution : rejouer derrière.

On peut clairement voir l’infériorité numérique sur cette action. En tout, 6 joueurs de Fulham dans la zone qui nous intéresse.  Seulement 3 pour Arsenal tous hors d’atteinte. Plus que le manque de joueurs c’est le placement qui fait défaut.

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(2) Nous nous retrouvons 1 minute plus tard. Fulham n’a pas touché le ballon.

A l’inverse, Arsenal a effectué 35 passes – dont 4 changements d’ailes. Ramsey tente  autre chose : il veut renverser le jeu sur Walcott. L’anglais sera signalé hors-jeu.

Fulham musèle bien l’entrejeu. A défaut d’entreprendre quelque chose sur le plan offensif, Fulham exerce un pressing efficace et direct. Un, deux voire trois joueurs sur le porteur du ballon. Dès qu’une passe a lieu, chacun se décale et reprend son poste, ailleurs.

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Ici, Arsenal dispose de 7 joueurs dans le camp adverse.

Arteta (2) vient de servir Giroud (5) qui, à la réception n’aura que trop peu de solution.

Derrière, Cazorla (1) bouge énormément, il essaye de se détacher du marquage. Ramsey (4) et Rosicky (3) sont à 2m d’écart. Walcott (6) est au dos à Giroud. En haut la solution qui semble la moins envisageable : Monreal (7).

Contre Fulham, Arsenal a eu à faire à ce genre de situation un nombre incalculable de fois. Les Gunners monopolisent le ballon et entrent dans une phase de possession interminable aux abords de la surface adverse.

Avec plus de 110 passes chacun, Ramsey et Arteta participent grandement au total exorbitant de 799 passes sur toute la rencontre.  Au final, la distance moyenne de passe est très courte et on peut sans crainte dire que malgré les 71% de possession, Arsenal n’a presque rien fait de productif en phase offensive.

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Une quantité astronomique de passes à l’extérieur de la surface adverse. Tout se passe dans l’entrejeu où les milieux touchent énormément le ballon.

Il y a plusieurs facteurs pour expliquer ce phénomène qui est récurrent cette saison :

D’abord, le cas d’Olivier Giroud. Le fait est que le français n’est pas vraiment aidé par ses coéquipiers.

Souvent laissé esseulé devant, il n’a que peu de ballons pour influencer sur la rencontre. Il ne doit que se contenter de quelques centres qui, la plupart du temps, n’arrivent pas où il souhaiterait.

Il est bien dommage qu’il n’y ait pas de statistiques sur les appels de balle. Giroud serait assurément en tête. Il multiplie sans cesse les appels de balle. Mais une nouvelle fois ses coéquipiers préfèrent faire comme s’il n’existait pas. Comme s’ils ne lui faisaient pas confiance. S’il est souvent sujet à critiques, celles-ci doivent être partagées pour ce qui est de trouver des responsables.

De plus, sur les ballons aériens, personne ne se place à la retombée du ballon. Ou presque jamais. Les deuxièmes ballons sont totalement négligés. Podolski un temps semblait essayer de faire quelque chose. L’entente avec Cazorla mérite d’être travailler elle aussi.

Autre problème: le manque de largueur. A Arsenal, presque tous les ailiers ont tendance à être attirés par l’axe du terrain : Podolski (qui est un attaquant de pointe), Walcott (qui a réclamé une place dans l’axe pendant des mois), Gervinho (qui a joué pas mal de matchs dans l’axe en début d’année) ou encore Chamberlain (qui est souvent plutôt dans l’axe du terrain que collé à sa ligne). Arsenal paye son manque de largueur : personne pour étirer le bloc adverse. Les espaces sont rares et mal exploités par les joueurs d’Arsenal.

Depuis peu, Cazorla est aligné sur le côté gauche. Ce choix permet à Wenger de garantir un peu de créativité sur les ailes. Ainsi, Cazorla peut repiquer dans l’axe et tenter de perforer l’axe, ce qui fait principalement défaut à Arsenal. De plus ce positionnement assure un meilleur soutien défensif aux latéraux. Cazorla défendant plus que Podolski, par exemple.

Pour finir, ce replacement est conforté par la très bonne entente qu’a l’espagnol avec les deux arrières gauches que sont Gibbs et Monreal.

Mais il y a également un problème à cela intimement lié à tout le collectif d’Arsenal.

Nous avons pu nous en apercevoir à plusieurs reprises, Arsenal est plus dangereux quand il choisit l’axe du terrain. Pour se faire, un joueur doit perforer l’axe. C’est là que Giroud peut avoir un rôle, celui de pivot, de point de relais.

Cazorla est un des seuls joueurs à faire cela (avec Diaby). Son positionnement sur la gauche l’en empêche, naturellement. Alors la majorité des actions font qu’Arsenal s’entête à jouer sur les côtés.

Encore si les Gunners étaient efficaces par les ailes, on ne pourrait critiquer. Mais dans le cas présent, prenons les exemples de Podolski et Walcott. Ces derniers ne sont que trop peu présents sur le côté, préférant un exode vers l’axe. Aucun dédoublement n’est possible, le latéral souvent plus haut que l’ailier.

Si malgré tout un centre il y a, tous les joueurs se retrouvent sur la même ligne. Il n’y a aucun joueur pour couper la trajectoire de la balle.

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Ici, Rosicky combine avec Ramsey. Le tchèque va ensuite aller s’enfermer sur la droite. Walcott, l’ailier, est plein axe, aux côtés de Giroud. Sagna est esseulé à droite. Difficile de dire ce que doit faire dans cette situation le porteur de balle.

Fulham semble bien regroupé. 3 défenseurs sur la même ligne, avec 3 milieux qui reviennent. L’arrière gauche couvre Sagna. Pas de solution pour Arsenal.

La force de Walcott est sa vitesse de pointe. Quand il est lancé, il est innaretâble. C’est pourquoi il doit absolument faire ses appels dans la profondeur entre l’arrière latéral et le défenseur central de manière à avoir le champ libre pour se recentrer et aller tromper le gardien. C’est la seule solution pour qu’il soit efficace. A l’arrêt, dans la phase décrite plus haut par exemple il fait plus figure d’handicape que d’atout majeur.

Beaucoup d’ajustements à faire donc pour Arsenal. La saison se termine bientôt et les joueurs veulent assurément finir sur une bonne note. Difficile de savoir comment Wenger réagit, lui qui semble parfois sans réponse devant la faiblesse tactique des siens. Les changements qu’il effectue en cours de rencontre sont néanmoins souvent efficaces, reprenant quelques maladresses ou corrections nécessaires. L’intersaison sera importante : il faudra peser le pour et le contre et tenter d’améliorer la situation le plus possible. Quoiqu’il en soit, le collectif est bien soudé et je pense que ces problèmes d’organisation sont totalement exogènes au bon fonctionnement du groupe. Arsenal qui reçoit Manchester United Dimanche prochain devra se montrer le plus appliqué possible pour pourquoi pas, battre le (bientôt) futur champion.

Remerciements à ESPN, Squawka et WhoScored.

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