Le 3-4-3 de Wigan, sauce Roberto Martínez


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Wigan est un charmant petit port de pêche du nord industriel de l’Angleterre, coincé quelque part entre Manchester et Liverpool, pas loin de Bolton ou encore Southport. Il s’agit également du lieu de pèlerinage des amateurs compulsifs de tourte, les fameuses « pies », fourrées à un mélange de patate et viande puisqu’un bar de Wigan organise depuis une vingtaine d’années le World Pie Eating Championship. Le challenge consistait à ingurgiter le plus de tartes en trois minutes jusqu’à la dernière réforme de santé publique forçant les organisateurs à se rabattre sur la durée d’ingurgitation d’une seule tarte. Réputées dans la plupart des stades Anglais, également à l’origine du fameux  ‘Who ate all the pies ?’ qui résonne en écho à un prétendu surpoids d’un joueur adverse, les Pies prennent toutefois une signification toute particulière à Wigan. Pour le savoir, il faut remonter à la grève des mineurs de 1926 où les Wiganers furent contraints de ravaler leur fierté (« eating humble pies ») et retourner au travail avant les autres, faute de quoi subsister. Les habitants de Wigan sont encore connus aujourd’hui sous le surnom de « pie eaters ».

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Seba et Diaz épaulent Roberto Martinez et le trophée de Champion de 3e division 1996/97

On joue aussi au football à Wigan, depuis 1932, date de fondation du Wigan Athletic, dernier épisode en date de la volonté locale de mettre en place une entité sportive stable. Le club a gravi les échelons amateurs jusqu’à son accession aux divisions professionnelles en 1978. L’arrivée de l’investisseur local Dave Whelan aux commandes du club (fondateur de la chaine de grande distribution sportive JJB) en 1995 va constituer le point de départ de l’ascension fulgurante du club du Greater Manchester. Englués en quatrième division, les Latics vont connaitre quatre promotions en une décennie, bien aidés par la présence des « three amigos » Isidro Díaz, Jesús Seba mais surtout Roberto Martínez. Entre temps, Dave Whelan avait injecté de sa fortune pour remplacer le vétuste Springfield Park par le flambant neuf JJB Stadium – que Wigan AFC partage toujours avec les treizistes des Wigan Warriors. Depuis sa découverte de l’élite, le 14 Aout 2005 face à Chelsea (défaite 0-1), soit dix ans (comme prévu) après la promesse de Whelan, Wigan nargue l’Angleterre entière en se maintenant saison après saison en Premier League bien que l’exercice semble chaque fois plus ardu que l’année précédente.

Roberto Martínez, chef cuisinier

A l’aube de la saison 2009/2010, Whelan avait fait appel à Roberto Martínez pour prendre les commandes de son équipe après le départ de Steve Bruce.  L’Espagnol s’était illustré à Swansea en posant les bases du jeu latin pratiqué par le club Gallois tout au long de ses promotions successives jusqu’en Premier League. Son approche du jeu basée sur le pressing et la possession se posait en alternative au moment de renouveler la dynamique d’un club aux moyens limités pour recruter. En deux saisons et demi, Martínez – que Whelan était allé chercher lui même à Balaguer (Catalogne) où il avait implanté une succursale – avait mené Swansea à une promotion en Championship (2e division) puis une très honnête 8e place avant de rejoindre à nouveau Wigan, cette fois-ci en qualité d’entraîneur pour un contrat de trois ans et la garantie qu’il en verra le terme. L’Espagnol a prolongé son contrat depuis – jusqu’en 2015 – contre une garantie d’investissement dans des infrastructures (pelouse couverte) et les transferts.

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On remarquera les chaussures marron caractéristiques de Martinez, équipé deux fois par an par sa mère, gérante d’un magasin de chaussures à Balaguer (Catalogne). A l’arrière plan, Carletto sur le bord de la pelouse du JJB Stadium. L’Italien reconnaîtra bon prince le mérite du à Wigan pour cette victoire après la rencontre.

Wigan obtiendra son maintien trois saisons de suite, principalement grâce à ses coups d’éclat isolés (victoires face à Chelsea, Arsenal (2), Liverpool (2), Manchester United, Tottenham (2), Newcastle), mais aussi au prix de tannées mémorables (1-9 à Tottenham, 0-8 à Chelsea, 0-4 contre Bolton, Blackpool ou Portsmouth, la rouste bi-annuelle contre Manchester United…). On aura d’ailleurs souvent l’occasion de retrouver ces  bonnes performances peu de temps avant ou après lesdites contre-performances ; contribuant à établir Wigan comme un chantre de l’irrégularité et, par conséquent, un véritable cauchemar (ou aubaine) pour les parieurs. Le pas à franchir est tentant afin de relier un groupe qui se surprend de son propre succès avec la qualité des mises en place ponctuelles de Martínez. Le technicien Espagnol restera d’ailleurs le premier à avoir fait chuter Ancelotti et son losange outre-Manche en exploitant l’espace dans le dos des latéraux tout en pressant l’axe du milieu de terrain découvert (en raison des incompréhensions entre Essien et Mikel). Une recette qui fera d’ailleurs succès et garnira régulièrement la table des bouillies tactiques les plus exécrables produites par le club Londonien depuis.

Voilà un an, Wigan occupait la dernière place du classement et ne totalisait que 22 points en 29 rencontres. Avec seulement quatre victoires pour 15 défaites (dont huit consécutives entre Septembre et Novembre), les Latics semblaient se diriger vers l’ascenseur pour le Championship qui commençait à perdre patience. C’est le moment que Martínez choisira pour ressortir de sa botte une formule à trois défenseurs qu’il avait aligné pour la première  fois à l’occasion du couronnement de ce même Chelsea lors du dernier match de la saison 2009/2010. Facile vainqueur 8-0, Chelsea éprouvera toutefois quelques difficultés à trouver les espaces en première mi-temps jusqu’à l’expulsion de Gary Caldwell forçant le basculement au 4-4-1 coutumier aux équipes en infériorité numérique.

Pour pallier au mutisme offensif (Di Santo, Rodallega et Sammon avaient inscrit 6 buts à eux trois pour la 20e attaque du championnat – 29 buts en 31 matchs) et à la friabilité défensive (16e défense avec 55 buts encaissés), le manager espagnol va alors systématiser l’usage du 5-4-1 qui avait permis d’obtenir des nuls face à Chelsea (1-1),  Aston Villa (0-0) et à Norwich (1-1) ainsi qu’une victoire face à Bolton. Une fin de saison canon (4 victoires face à Liverpool, MU, Arsenal et Newcastle, 4 nuls pour seulement deux défaites – face au Swansea de Gylfi Sigurðsson et à Chelsea aux deux buts entachés d’erreurs arbitrales grotesques) assurera le septième maintien consécutif des Latics en Premier League.

Recette du 3-4-3 sauce Martínez

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Martinez a été élu Manager of the Month du mois d’Avril 2012 après avoir mené son équipe à la victoire face à Manchester United (1-0), Arsenal (1-2) et Newcastle United (4-0).

Roberto Martínez ne s’attache pas aux simples aimants* du tableau magnétique du vestiaire de Christopher Park, il préfère travailler à l’animation de son XI de départ soit s’appuyer ce qu’offrent ses joueurs sur le rectangle vert.

*:  Nous utiliserons ici des tourtes à la viande.

Son obsession de la performance en tant que telle avant le résultat tend à l’iconoclasme dans le paysage footballistique actuel mais il serait faux d’avancer que Wigan n’a jamais récolté les fruits de ce travail méticuleux.  Martínez occupe donc son temps libre à la planification et la tenue de ses entraînements  mais aussi l’analyse des rencontres de son équipe à son domicile, grâce notamment à l’écran tactile 60 pouces installé par le club sur lequel il visionne parfois jusqu’à dix fois une défaite pour aboutir à ses propres conclusions sur le pourquoi son équipe a perdu (c’est le cas du 1-9 auquel Martinez a consacré un visionnage par joueur). Peu après la victoire face à Manchester United au printemps dernier, Martínez a expliqué au le cheminement tactique qui a dicté ses choix de systèmes successifs. Face à l’omniprésence du 4-4-2 dans les ligues inférieures dans lesquelles évoluait Swansea, il se devait de trouver une alternative compétitive afin de rivaliser avec la concurrence des autres clubs. Cette alternative sera de basculer vers un système à trois milieux de terrain: 4-2-3-1 dans un premier temps puis 4-3-3 (afin de mettre en valeur l’excellent trio Pratley-Allen devant Britton). Il suivra le même chemin à Wigan où son 4-2-3-1 fera figurer trois milieux axiaux (McCarthy, Watson ou Scharner devant Thomas et Diamé). Arrivé dans les bagages de Martínez à Wigan après douze buts pour les Swans la saison précédente, Jordi Gómez va lentement monter en puissance pendant deux saisons pour finalement offrir à son manager un profil différent, capable de s’intercaler entre les lignes.

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Maynor Figueroa est connu de par ce but incroyable depuis sa propre moitié de terrain. Le Hondurien avait vu Thomas Sörensen avancé et l’avait astucieusement lobé en frappant un coup franc anodin dans l’entrejeu. Au delà de ça, le Hondurien est un joueur remarquable, aussi endurant que précis dans son jeu de passe.

Lors de sa première saison, Martínez va faire figurer le duo N’Zogbia-Rodallega sur les ailes droite et gauche. Si le Français basait son jeu sur des entrées dans l’axe sur son pied de frappe, notamment pour chercher des relais avant de tenter sa chance ; le Colombien prenait quant à lui régulièrement la profondeur par des courses croisées dans le dos de la défense. Ces deux paramètres vont alors poser le problème de la largeur offensive auquel Martínez va répondre par des consignes de courses à ses latéraux Maynor Figueroa et Emerson Boyce ; ce dernier qui s’imposera dans le flanc droit après le départ de Mario Melchiot. L’arrivée en prêt du pourtant très axial Tom Cleverley en provenance de Manchester United que le manager de 38 ans utilisera principalement dans un couloir ne fera que renforcer les attentes offensives portant sur les latéraux en 2010/2011. Le milieu à trois joueurs faisait figurer une pointe vers le haut ; poste où James McCarthy démontrera l’étendue de ses qualités, tout autant dans les choix avec le ballon que l’utilisation de l’espace. La défense centrale se verra alors souvent écartelée sans qu’un milieu de terrain ait la possibilité de se « parachuter » pour compenser la couverture simultanée des latéraux de la part deux défenseurs centraux (Caldwell et Alcaraz).

Martínez choisira de ne pas ré-investir les neuf millions de Livres Sterling provenant du transfert de Charles N’Zogbia  à Aston Villa à l’été 2011 (notamment après le transfert raté de Mauro Boselli – £6,5m pour cinq buts en 23 matchs sur deux bouts de saison entre différents prêts). Il prendra en revanche la décision de lancer définitivement Jordi Gómez dans le grand bain, puis de donner sa chance à Victor Moses, utilisé parcimonieusement depuis son arrivée de Crystal Palace. Sentant vraisemblablement que la boucle allait se boucler dans la mesure où l’attirance vers l’axe de Gomez combinée aux courses et chevauchées de Victor Moses rappelait le duo N’Zogbia/Rodallega ; Martínez va opérer son courageux changement de système en pleine saison afin de tirer parti du profil des joueurs à sa disposition. Après l’échec du prêt de Patrick Van Aanholt (Chelsea), l’Espagnol va se tourner vers une autre mobylette du flanc gauche en la personne de Jean Beauséjour (Birmingham City) en toute fin du mercato hivernal ; ce qui coïncidera avec le début de la mise en place régulière d’un système animé par des latéraux-ailiers dans les couloirs.

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Photo réalisée sans trucage ni figurants.

Voici d’ailleurs un éclairage de Roberto Martínez  sur les vertus de son système à trois défenseurs:

Quand vous utilisez un 4-3-3, l’apport offensif des latéraux est crucial. Figueroa, Caldwell et Alcaraz ont été performants avec un « back three » et ça permet à des joueurs d’apporter offensivement, notamment les latéraux-ailiers. Ce ne sont pas des latéraux à proprement parler qui doivent partir de derrière pour amener le surnombre, ils sont en réalité dans une position dans laquelle ils peuvent faire les deux [défendre et attaquer] à la fois. Au final, nous sommes plus solides.

La différence réside dans la largeur que l’on obtient… avant, on avait besoin de faire des concessions: si vous jouez l’offensive, vos latéraux doivent monter donc vous ne laissez plus que deux joueurs à l’arrière avec un milieu de terrain pas loin. Contre West Brom [17/03/2012], Paul Scharner [évoluant alors avec les Baggies] vous le confirmera, on attaquait à sept, huit, neuf joueurs et ils en étaient les premiers surpris. C’est ce que le système vous offre: attaquer sans être faible à l’arrière.

Ca convient à nos joueurs. Quand on a un Jean Beauséjour qui est un spécialiste du poste, vous devez vous en servir. Le back three permet cela.

 Après il y a l’énergie dont on dispose au milieu, les joueurs qui peuvent évoluer entre les lignes comme Shaun Maloney ou Jordi Gomez. C’est tellement difficile de défendre contre ça… quelques clubs utilisent le 3-4-3 en Europe, comme le Napoli: ils jouent avec Hamsik, Lavezzi et Cavani. C’est l’avantage de ce système – il tient compte des zones de danger auxquelles on s’adapte, ce ne sont pas des lignes défensives, ça ne marche pas en bande de quatre, ce n’est pas du marquage individuel.

Si Gary Caldwell conservait sa place et son brassard contre vents et marées en charnière centrale (quatre penaltys concédés en 2011/2012 – cependant tous bloqués par Ali Al-Habsi), l’identité de son partenaire variait puisque ni Gohouri ni Alcaraz (en manque de rythme en raison de ses participations à différentes compétitions avec le Paraguay) ni Figueroa ne parviendront à se démarquer par leurs performances. Le basculement vers le 3-4-3 permettra de flanquer Caldwell par Alcaraz et Figueroa, mettant en lumière leur entente et complémentarité. Dans l’entrejeu, Diamé laissera sa place à James McArthur lors de sa participation à la Coupe d’Afrique des Nations. A son retour, la complémentarité du double pivot à consonance écossaise éloignera tout simplement le Sénégalais des compositions de départ jusqu’à l’expiration de son contrat.

Le trio offensif n’en sera pas véritablement un dans la mesure où Victor Moses et Jordi Gomez (ou Shaun Maloney) auront en réalité pour rôle principal de revenir former une ligne de quatre dans l’entrejeu pour exploser en contre-attaques: Maloney par un rôle d’appui entre les lignes et Victor Moses par sa vitesse et capacité à enchainer les longues courses. Le pivot mobile Di Santo servait alors de point d’appui mobile sur le front de l’attaque ainsi que de premier défenseur par son pressing.

Pendant l’été, Wigan va perdre son animateur de la fin de saison Victor Moses  pour Chelsea (ayant inscrit 4 de ses 6 buts lors des 11 dernières journées), que Martínez remplacera numériquement par deux joueurs: Arouna Koné pour l’apport statistique et la finition et Ryo Miyaichi (prêt) pour le potentiel sur lequel Arsène Wenger a choisi de miser. Le milieu offensif Shaun Maloney viendra compléter un effectif qui s’affaiblira notamment d’Hugo Rodallega (Fulham) et Mohamed Diamé (West Ham). 

Comment ça fonctionne ?

Un pressing offensif sur la relance

Il convient de noter pour commencer que le 3-4-3 est sans conteste la plateforme idéale afin de produire le jeu voulu par Roberto Martínez. En déplacement, les Latics cherchent à contrer des adversaires parfois trop confiants ; laissant alors transparaître l’organisation en 5-4-1 qui avait permis de remporter une précieuse victoire à Arsenal en Avril dernier (2-1).

Wigan sort au pressing

En revanche, Wigan montre un tout autre visage à domicile dans la mesure où Martínez met l’accent sur la possession de balle; ce afin de maitriser le tempo de la rencontre et décider des changements de rythme. Pour cela, Wigan profite des avantages inhérents au 3-4-3 lorsqu’il s’agit d’imprimer un pressing sur la relance adverse (Tableau 1): une opposition entre une défense à quatre et une attaque à une ou deux pointes tourne aisément en l’avantage de l’équipe qui relance dans la mesure où le surnombre pré-existe ou est facilement réalisé (par le décrochage d’un milieu entre les défenseurs centraux). Ici, la ligne de trois resserrée dans l’axe de Wigan contraint un milieu de terrain adverse à venir équilibrer le duel (bulle du bas), sans pour autant faciliter la tâche des relanceurs qui devront tout de même s’efforcer d’éviter les trois offensifs bloquant les lignes de passe. Le décrochage d’un milieu de terrain se doit d’être compensé plus haut par un offensif décrochant à son tour, ce afin d’équilibrer une fois de plus une situation d’infériorité numérique (bulles du haut) : ainsi, la paire McCarthy/McArthur peut suivre d’autant plus aisément les mouvements de ses opposants directs.

Wigan presse à 3
Maloney, Di Santo et Koné bloquent les angles de passe à la disposition de Jagielka et Heitinga (ballon). McArthur ou McCarthy (gauche et droite) peuvent alors cadrer Phil Neville et Leon Osman dans le cas où un des deux Evertonian soit recherché face à son but.

La présence de trois défenseurs couvrant sereinement une surface par définition plus grande que celle que deux seuls défenseurs pourraient contrôler permet aux wing-backs de venir serrer jusqu’à la ligne médiane les latéraux adverses en phase de relance et leur réduire le champ qui est usuellement alloué par défaut dans une configuration « classique » ou les offensifs de côté délaissent les tâches sans le ballon.

Surnombre à la relance
Thomas Huddlestone a décroché entre la paire centrale (Caulker et Gallas – hors champ) afin de proposer une solution de relance courte dans une zone quadrillée par Maloney, Koné et Di Santo. Ben Watson peut suivre le partenaire d’Huddlestone dans le double pivot (Sigurðsson) pendant que McCarthy a suivi agressivement Gareth Bale jusque dans sa moitié, le forçant à remiser vers l’arrière. En haut de l’écran, Emerson Boyce se positionne à distance d’intervention de Jan Vertonghen.

Un jeu de possession latéral

En asphyxiant son adversaire en bloquant l’intégralité de ses solutions de relance courte, Wigan contraint son opposant à sauter des lignes, donc lui rendre le ballon plus souvent (notamment grâce à un suivi attentif des seconds ballons). C’est alors que se met en place le jeu de possession patient de Wigan autour de la paire McCarthy/McArthur qui se charge de faire circuler le ballon latéralement pour alimenter les couloirs et chercher le décalage que facilitent les wing-backs léchant la ligne de touche. A noter que jusqu’à sa fracture de la jambe mi-Novembre, Ben Watson proposait une alternative à ce jeu latéral au sol en faisant étalage de son jeu long – notamment un 27/28 face au très axial West Bromwich Albion (au réalisme froid – 1-2).

Il est intéressant de noter que lorsque Wigan est en possession du ballon dans ses zones défensives latérales, le trio wing back/right center back/center back cherche à alimenter à tout prix le double pivot à force de triangles et redoublements – parfois risqués (triangle caramel dans le couloir gauche dans le Tableau 2). Les deux milieux sont en effet dotés d’une position plus avantageuse au cœur du jeu pour dicter le rythme. A titre d’exemple, Wigan a joué toutes ses phases arrêtées par des passes courtes vers son duo de l’entrejeu lors de sa victoire à White Hart Lane cette saison, ce afin de conserver la maitrise du cuir.

Réseau de passe pour alimenter double pivot
Ivan Ramis est en possession du ballon et se voit offrir deux solutions de passe: McCarthy et Boyce qui feront le nécessaire pour alimenter le double pivot Latic. On note ici le positionnement haut de Boyce: Sandro (proximité du rond central) a glissé entre la charnière des Spurs et permet à Caulker de marquer Di Santo (haut de l’image). Jan Vertonghen va alors tenter de serrer au plus près Emerson Boyce. En bas de l’écran, Aaron Lennon est spectateur de la séquence de jeu: son positionnement oscille ici entre le placement haut sur le postulat que son équipe récupèrera rapidement le ballon et/ou le non-repli à la vue de Shaun Maloney entre les lignes.

Suite à l’intégration réussie de James McCarthy après son transfert d’Hamilton Academical en 2009, Wigan a choisi de renouveler l’expérience en s’attachant les services de James McArthur, de trois ans son ainé. Tous deux natifs de Glasgow, seul McArthur défend les couleurs du Chardon d’Ecosse (McCarthy représente la sélection du Trèfle, pays dont ses parents sont originaires). Sur le terrain, les deux joueurs se complètent dans la mesure où leur style de jeu diffère assez nettement. McCarthy possède un registre de jeu continental basé sur une disponibilité et un jeu en deux touches tandis que son coéquipier aime porter le ballon et se retrouver en position de frappe dans un registre typique de « box to box » (dans lequel il brille depuis le début de l’année). McCarthy dispose cependant d’une palette défensive intéressante dont ne dispose pas McArthur, basée sur une défense debout et un impact physique optimal par rapport à son gabarit (très peu de fautes, même après répétition des sorties explosives au pressing). Il partage en revanche avec McArthur une véritable lecture du jeu pour se positionner dans les intervalles et bloquer les lignes de passes vers l’intérieur du terrain. L’Ecossais pèse d’autant plus sur le jeu par sa couverture du terrain et son pressing que l’Irlandais n’imprime sa marque par son placement souvent irréprochable couplé à une sérénité pour relancer sous pression bien que tous deux puissent échanger ponctuellement leurs rôles selon la situation.

La relance: patience et jeu direct

Wigan met en place son jeu

Pour relancer, Wigan s’appuie sur un réseau de passe constitué par un losange que contribuent à créer un wing-back et un offensif du côté du ballon (Tableau 2). La relance d’Ali Al-Habsi sur coup de pied de but cible systématiquement un wing-back au pied (éventuellement en s’appuyant dans un premier temps sur un défenseur central droit/gauche qui remise). Ce dernier va alors remiser ou dévier pour un offensif ou un milieu axial (flanc droit sur le schéma) qui se montrera réactif pour collecter le second ballon. Dans le jeu, Wigan se repose sur la qualité de jeu long de Maynor Figueroa et Iván Ramis, capables de fouetter des diagonales afin de renverser le jeu le plus rapidement vers ces mêmes latéraux ailiers (ou éventuellement vers Koné lorsqu’un espace s’ouvre).

Le trio offensif permute au moment de construire les attaques

Mouvement offensif type
Sandro est à nouveau venu prêter main-forte à l’arrière garde des Spurs qui doit suivre les déplacements de trois joueurs devant la charnière. La proximité du double pivot Latic attire logiquement au pressing Gylfi Sigurðsson. Autour du ballon, Koné pèse psychologiquement sur la charnière en adoptant un placement « on the shoulder of the last defender ». Di Santo se déplace en appui tandis que Maloney s’écarte du côté faible de l’action. Dans les couloirs, Beauséjour et Boyce disposent d’un boulevard face à eux résultant de la concentration axiale des Latics.

Lorsque le ballon est en possession du double pivot, c’est Franco Di Santo qui prend la responsabilité des mouvements à initier (Tableau 3): Wigan utilise ainsi régulièrement deux circuits offensifs dans lesquels l’Argentin est la pièce maîtresse en proposant des solutions dans l’axe ou les couloirs. Si l’ancien attaquant de Chelsea n’a pas la panoplie habituelle du buteur (déplacements dans la surface et sens du but) et se contentait par le passé d’un travail de pivot harceleur (conserver, remiser, presser), on ne peut que noter ses progrès effectués dans la contribution au jeu depuis bientôt un an. L’essentiel du jeu de l’Argentin se déroule hors de la surface qu’il visite d’ailleurs très peu. La plupart de ses 14 réalisations (en cent matchs de Premier League depuis son départ de Chelsea) ont ainsi été inscrites hors de la surface.

Circuits offensifs

Dans le circuit de gauche sur le tableau, Di Santo est essentiel afin de proposer une solution de passe devant la charnière adverse. Ses décrochages sont difficilement contrôlables par l’adversaire qui s’expose aux courses de Koné dans son dos en cas de mauvais alignement. Après s’être retourné, l’Argentin dispose d’une belle qualité à voir les appels de ses partenaires qu’il met en valeur en les alimentant dans la profondeur: vers Koné ou en cherchant le décalage vers une aile. Beauséjour, Boyce ou Ronnie Stam sont ainsi régulièrement recherchés lancés dans le couloir afin de réaliser des centres en première intention ; sans forcément qu’on observe d’ailleurs une concordance entre la précision du centre et la présence d’un joueur à la retombée.

Dans le circuit de droite sur le tableau, Di Santo contribue à mettre un défenseur central hors position et proposer des solutions dans une zone (rouge) où l’adversaire est souvent gêné pour défendre. En effet, les joueurs les plus près des latéraux sont les wing-back, placés trop hauts pour être serrés par les latéraux mais trop bas pour être confiés aux offensifs de couloir. Par conséquent, les wing-backs disposent d’assez d’espace pour accélérer où être trouvés en soutien pour conserver le ballon lorsqu’un de leurs coéquipiers remise sous pression.

Shaun Maloney démontre alors sa qualité de déplacement entre les lignes pour s’engouffrer dans l’axe et l’espace libéré par le néo-international Argentin alors qu’Arouna Koné attaque généralement le ballon au premier poteau sur les centres. Une des composantes essentielles du rôle du wing-back est de disposer de notions de finition en fin de course. Ainsi, le wing-back opposé à l’action (ici Boyce mais la situation est identique avec Beauséjour si l’action se développe sur l’autre flanc) peut se retrouver en position de couper un centre au deuxième poteau.

Arouna Koné succède quant à lui à Hugo Rodallega et Victor Moses, chargés comme eux de faire parler sa vitesse  depuis une position haute en partant dans le dos de la défense (et des latéraux) en cas de récupération et de possibilité de contre-attaque. Les demandes athlétiques de telles courses avec ou sans ballon prennent d’ailleurs souvent le dessus sur la lucidité de l’Ivoirien et son efficacité en fin de course. La justesse de Koné reste toutefois remarquable dans ces situations, tout comme sa capacité à garder le ballon pour remiser au sol ou encore éliminer balle au pied.

Les transitions défensives: la situation dicte l’équilibre à trouver

Wigan se module en 4-5-1 tableau

Lorsque l’adversaire parvient à sauter la première ligne de défense de Wigan (la fameuse bande de cinq joueurs couvrant la largeur du terrain), tous les joueurs s’organisent afin de se regrouper pour combler les brèches (Tableau 4). Les sorties au pressing des deux milieux ne peuvent s’opérer qu’au prix d’une complémentarité, donc une proximité (lien marron) ; elle même vulnérable par des éventuels renversements. Ce pressing dynamique (marron) est crucial afin de retarder la prise d’informations des milieux adverses, il s’agit de la durée nécessaire pour que le wing-back récupère une position défensive convenable (vert) et permette dans le même temps à son coéquipier défenseur central droit de se resserrer l’axe (vert d’eau). Ainsi, le rôle de Di Santo et Maloney (marron) est crucial afin de venir combler les brèches du côté faible (zone marron): à titre d’exemple, Di Santo évoluait à cette fin dans le duo de soutien et non en pointe à White Hart Lane le 3 Novembre dernier. Pendant ce temps, le wing-back du côté opposé est tenu de réaliser une couverture intérieure et de se replacer tel un latéral conventionnel (bleu-vert).

Dans l’axe, les tâches de marquages et notamment l’attitude du défenseur central varie en fonction du nombre d’attaquants adverses: en cas d’opposition face à un duo d’attaquants, les deux partenaires de Caldwell suivent les deux attaquants à la trace tandis que l’écossais se charge d’un rôle s’assimilant à celui d’un libéro (14 hors jeux ‘gagnés’ dont la moitié en trois matchs face au 4-4-2 de MU et Stoke City). Si l’adversaire aligne un seul attaquant (cas plus fréquent), le défenseur central se chargera de marquer individuellement l’attaquant dans sa surface, laissant pour tâche à ses deux partenaires d’intercepter les transmissions face à lui ou dans son dos.

Le premier rideau est éliminé, Emerson Boyce se replace (haut de l'écran). Everton évoluait avec une pointe axiale soutenue par Fellaini se déplaçant latéralement. Sur l'action qui précède, Figueroa est sorti cadrer Fellaini entre les lignes mais n'empêchera pas la transmission du ballon vers Osman. Le double pivot Latic va alors cadrer énergiquement Steven Pienaar afin de permettre aux défenseurs de se replacer. Le Sud-Africain qui a plongé dans l'axe à son habitude va réussir à transmettre le ballon au Chyprio-Turco-Liverpuldien dans l'intervalle. Le retour de Shaun Maloney pour équilibrer découle tout autant de sa consigne habituelle que de la nécessité de prendre la place de Jean Beauséjour qui compense la sortie de Figueroa. A la suite de deux décalages issus de renversements, Everton va frapper le poteau à la suite d'un relais à l'angle de la surface, démontrant la fragilité de l'approche défensive préventive de Wigan: en se positionnant entre le ballon et le but pour empêcher une frappe, McCarthy ne pourra pas bloquer l'angle de passe offert à Baines.
Le premier rideau est éliminé, Emerson Boyce se replace (haut de l’écran). Everton évoluait avec une pointe axiale soutenue par Fellaini se déplaçant latéralement. Sur l’action qui précède, Figueroa est sorti cadrer Fellaini entre les lignes mais n’empêchera pas la transmission du ballon vers Osman. Le double pivot Latic va alors cadrer énergiquement Steven Pienaar afin de permettre aux défenseurs de se replacer. Le Sud-Africain qui a plongé dans l’axe à son habitude va réussir à transmettre le ballon au Chyprio-Turco-Liverpuldien dans l’intervalle. Le retour de Shaun Maloney pour équilibrer découle tout autant de sa consigne habituelle que de la nécessité de prendre la place de Jean Beauséjour qui compense la sortie de Figueroa. A la suite de deux décalages issus de renversements, Everton va frapper le poteau à la suite d’un relais à l’angle de la surface, démontrant la fragilité de l’approche défensive préventive de Wigan: en se positionnant entre le ballon et le but pour empêcher une frappe, McCarthy ne pourra pas bloquer l’angle de passe offert à Baines, parti dans son dos et la profondeur.

« Out of position »

CB hors position

Le talon d’Achille de cette phase de transition réside en la possibilité de mettre un défenseur central droit/gauche hors position si un ailier adverse fait un vrai (ou faux) appel dans le couloir, contraignant le défenseur (ici, droit) à assurer sa tache de couverture dans le couloir en allant couper la trajectoire du ballon (Tableau 5). Cela crée un espace dangereux (rouge) que ne peut pas occuper un des autres défenseurs ;  généralement tenus de conserver leur marquage dans les vingt derniers mètres. Sur le papier, le wing-back doit réaliser un dédoublement défensif (pointillés verts doubles) et se placer à la place du défenseur central droit/gauche mis hors-position. En réalité, il se déroulera une poignée de secondes cruciales où un milieu de terrain sera contraint d’occuper ponctuellement cette zone (pointillés verts doubles) en attendant le retour du wing-back. Le retour d’un des trois offensifs (souvent Di Santo) pour travailler dans la zone marron et presser le milieu adverse bas permettra de compenser un tel « parachutage ». Dans le cas échéant, Wigan se voit alors contraint de reculer et donc, subir.

Wigan peut se moduler dans un 5-4-1 militaire
Wigan peut aussi se moduler dans un 5-4-1 militaire au besoin.

 

Mais alors, pourquoi Wigan se traîne en bas de classement ?

Car Wigan produit des bonnes séquences qu’il est souvent incapable de répéter sur la durée d’une rencontre. Quand Wigan joue bien, l’adversaire est asphyxié. Pour un certain nombre de raisons, principalement imputables à la forme irrégulière des joueurs clés, Wigan a – surtout – meublé ses rencontres de purées indigestes entre ses éclats dépassant rarement la trentaine de minutes.

Roberto Martínez tient ainsi régulièrement un discours d’après match consistant à se focaliser sur les points positifs, même après huit défaites consécutives ou un score de baby-foot. Il y a de quoi se lamenter de l’incapacité de ses troupes à maintenir une forme de régularité. A sa décharge, Martínez compose avec les moyens du bord d’un club qui ne souhaite pas se mettre en danger financièrement (la billetterie du JJB Stadium récolte £4m par an, l’équivalent de ce que le voisin Manchester United récolte en un match à domicile). Sa mise en place est huilée et concerne donc un minimum de joueurs dont la plupart se doivent d’être en mesure d’occuper différents postes dont certains ne s’improvisent pas (les wing-backs ou défenseurs centraux gauche et droite) sans la maîtrise tactique ou athlétique nécessaire. Wigan a ainsi utilisé seulement 22 joueurs en première partie de saison, dont certains ont enchaîné une poignée de blessures aux postes clés (Caldwell, Alcaraz, Maloney, Di Santo) ou des baisses de formes préoccupantes (Stam, Beauséjour, Alcaraz).

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Il est généralement coutume de consommer ceci en tribunes, sous les éléments déchaînés et aux devants d’une performance tout aussi appétissante.

Le 3-4-3 présente les avantages qui masquent ses faiblesses: la réussite du système est conditionnée par la réaction de l’adversaire ; ce qui peut constituer un plan idéal contre certaines oppositions se révèle être un vrai désastre lorsque les zones et joueurs clés sont ciblés et muselés (wing-backs et l’espace dans leur dos).

Wigan crée la plupart de ses occasions à la suite de changements de rythme et de jeu en rupture ; il est alors aisé de concevoir pourquoi le ratio de réussite devant le but est faible puisque les Latics multiplient les séquences telles que des centres ou les longues courses de Koné. Capables occasionnellement de déséquilibrer l’adversaire sur une passe, la paire McArthur-McCarthy contribue trop peu à alimenter directement des coéquipiers en position dangereuse, peut être écho à d’éventuelles consignes de Martínez (garder le ballon à tout prix et ne contrer que lorsque l’adversaire se désorganise) .

Défensivement, Wigan se repose ainsi sur sa maîtrise du ballon et sa supériorité numérique aux différentes zones de jeu. Seulement, si les milieux maintiennent des ratios de réussite élevés (entre 86 et 88% de succès pour 44 à 58 passes par match pour Watson, McArthur et McCarthy), la plupart des passes manquées mènent à des situations de déséquilibre dans le tiers défensif ; notamment les rares passes latérales manquées dans l’axe du terrain (cas de figure similaire aux longs ballons mal dosés).

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Le trio défensif Alcaraz-Caldwell-Figueroa, clé de voûte de la dynamique du printemps dernier, n’a pas eu l’occasion d’évoluer une seule fois ensemble cette saison et a contraint Martínez à composer avec d’autres options (notamment Ivan Ramis qui a connu un premier quart d’heure outre-manche cauchemardesque sur le plan tactique face à Eden Hazard, vraisemblablement auteur d’un des débuts les plus réussis de l’histoire du Championnat en ouverture. A revoir les deux sorties dans la moitié adverse de l’ancien patron défensif de Mallorca).

Les contraintes des phases de transitions laissent souvent les trois défenseurs isolés, laissant reposer l’issue de l’action sur leur propension à gagner individuellement leurs duels (ou se placer du bon côté de leur marquage pour intervenir convenablement…). Le come-back de Paul Scharner (en prêt depuis Hambourg) traduit la nécessité de pallier aux lacunes dans le jeu aérien de Caldwell (1.80m), Figueroa (1.82m) ou Ramis, mais ses lacunes de placement ont été exploitées récemment, notamment par Chelsea. Les plaquages et autres stratagèmes illicites de Gary Caldwell dans la surface pour prendre le dessus sur son adversaire sont bien documentés et illustrent aussi l’inconstance de Wigan, souvent fautif aux moments clés et incapable de défendre sur le reculoir. On peut retenir les sautes de concentration d’Ali Al-Habsi, capable des réflexes les plus fous sur sa ligne mais aussi des erreurs les plus grotesques ; notamment dans ses sorties pour capter les centres. Ronnie Stam mais surtout Jean Beauséjour payent le prix de leurs compétences spécifiques en enchaînant les rencontres (le Chilien n’a manqué que l’équivalent de deux matchs sur vingt-cinq), ce qui impacte sur leur justesse offensive qui ne permet plus de masquer ou compenser leurs lacunes défensives comme par le passé.

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Pendant le mercato, Wigan s’est renforcé d’Ángelo Henríquez (buteur Chilien prêté par Manchester United) et Joel (en prêt depuis l’Atletico et censé mettre en concurrence Al-Habsi) en plus du polyvalent Paul Scharner (défenseur ou milieu axial). Róger Espinoza semble déjà constituer la bonne pioche du mercato après son arrivée programmée du Sporting Kansas City. Le Hondurien est un véritable aimant à adversaires par sa conservation de balle et vitesse d’exécution ; il trouve d’autant plus aisément les décalages qu’il ne feint de retarder sa libération du ballon. Cela pourrait d’ailleurs permettre à Franco Di Santo de se focaliser définitivement sur la zone de vérité.

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Survêtement, valise, pochette bandoulière, manteau de fourrure, lunettes de hipster et bonnet chipé à la Megastore de Wigan. Paul Scharner n’a pas le temps de rigoler quand il fait ses courses.

Pour autant et si Wigan a dépassé la date symbolique de sa victoire face à Bolton voilà un an (première pierre de la fin de saison dernière), Martínez  n’a pas encore épuisé toutes ses flèches: Roman Golobart s’est enfin débarrassé de ses problèmes physiques et a réalisé un début d’année 2013 de haute volée dans l’axe de la défense. Callum McManaman ne cesse d’impressionner dans les coupes nationales dans un registre similaire à celui de Shaun Maloney (sa première titularisation en Premier League ne saurait tarder) tandis que Ryo Miyaichi a manqué l’essentiel de la première partie de saison en raison d’une blessure à la cheville.

La fin de saison s’annonce passionnante pour le seul club que n’a jamais vaincu Stoke City en Premier League dans la mesure où le bas de tableau de Premier League est incertain après les évènements des dernières semaines: certains clubs se sont renforcés (Newcastle, QPR) tandis que d’autres ont vu le vent tourner en leur faveur ou défaveur (Southampton, Aston Villa, Reading). Le défi qui se pose à Roberto Martínez semble plus ardu que jamais: l’effet de surprise du 3-4-3 et la dynamique en découlant pour les Latics se sont estompés. Wigan devra alors trouver un moyen de gagner des matchs, soit en dominant ou contrôlant l’adversaire de bout en bout, soit par d’autres moyens afin de concrétiser sans pour autant se mettre en danger.

Quarts de finalistes de la Coupe d’Angleterre (face à Everton, le 9 Mars), les Latics disposent d’un bel échappatoire qui pourrait toutefois se révéler être à double tranchant au moment de se préparer les prochaines rencontres de Championnat (notamment Reading, Newcastle, Norwich, QPR) avant et après le tour de Coupe.

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Une réflexion sur “Le 3-4-3 de Wigan, sauce Roberto Martínez

  1. C’est vraiment du lourd!
    Y’a tant à dire… en tout cas félicitons Martinez pour ces mises en place tout à la fois ambitieuses et réalistes, son football inventif, cultivé et documenté.
    Diantre, j’aimerai savoir pourquoi Dave Whelan lui fait tant confiance, avec ces histoires d’infrastructure… si t’as un portrait du personnage sous la main je suis preneur.
    Bravo Sebastien pour l’article, du très bon boulot, je bois du ptit lait.

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