Manchester encore freiné par Tottenham


Sous une neige ininterrompue, Tottenham croyait bien accueillir dimanche après-midi sa bête noire, Manchester United. Voilà plus de dix ans que les Spurs n’ont plus dicté leur loi en leur terre aux hommes de Sir Alex Ferguson. Pire, l’ère Redknapp a fait de Tottenham la proie préférée de United. L’ex-manager n’a gagné aucun de ses onze duels avec son homologue Écossais. La succession semble pourtant offrir de nouveaux horizons puisqu’André Villas-Boas a déjà réalisé, en une seule confrontation, ce que Redknapp n’est jamais parvenu à obtenir, un succès sur les Red Devils. Revanchards du match aller perdu 2-3, ces derniers arrivent à White Hart Lane avec un esprit de reconquête.

Dempsey

Ce dimanche était l’occasion pour Villas-Boas de fêter sa cinquantième sortie en Premier League. Toutefois, longtemps fut-elle menacée par les calamités météorologiques. Ce n’est qu’une heure avant le coup d’envoi que Chris Foy confirme la tenue du match. Villas-Boas dévoile alors ses plans sans surprise, exception faite à la mise à l’écart de Vertonghen, malade, au profit de Steven Caulker, titulaire. Sandro, blessé, et Adebayor, parti pour de bon à la CAN, sont respectivement remplacés par Parker et Dempsey. A l’inverse, les surprises sont nombreuses dans la composition des visiteurs. Si Ferguson décide de se priver d’entrée de Rooney et Valencia, c’est pour mieux contrer la seule équipe venue prendre des points cette saison à Old Traford. Dans un schéma atypique, Welbeck et Jones sont d’étonnants titulaires.

Compositions –

Tottenham: Lloris ; Walker, Dawson (c), Caulker, Naughton (Assou-Ekotto, 64′) ; Parker (Huddlestone, 80′), Dembélé, Lennon, Bale ; Dempsey, Defoe. Not used: Friedel, Vertonghen, Livermore, Sigurdsson, Townsend.

Manchester United: De Gea ; Rafael, Ferdinand, Vidic (c), Evra ; Jones, Carrick ; Welbeck, Cleverley (Valencia, 74′), Kagawa (Rooney, 62′) ; Van Persie. Not used: Lindegaard, Smalling, Anderson, Giggs, Hernández.

Les desseins de Ferguson s’expliquent dès les premières minutes. Son schéma penche singulièrement à droite où Jones vient renforcer la défense de Rafael sur Gareth Bale. En amont, Welbeck est chargé de censurer les approches de Naughton. Le côté fort des Spurs est étouffé. Pour autant, c’est là que reviennent sans cesse les ballons, alors que le flanc droit est bien plus ouvert. Lennon est certes au duel avec Patrice Evra, mais Walker ne profite pas des largesses laissées par Tom Cleverley. En l’absence de Sandro notamment, le début de match est peu marqué par les duels au milieu de terrain. Tottenham est gêné dans sa relance. Kagawa est le premier à ennuyer Parker et Dembélé dans leur orientation du jeu. Les locaux tentent de sortir avec de longs ballons hasardeux. Un tiers de ces passes seulement ont été réussies en première période. Face à un bloc très compact, les Spurs affichent donc des lacunes déjà vues et peinent à transpercer les lignes. Seul Defoe inquiète De Gea (10e) après que l’Espagnol eu repoussé une frappe de Lennon.

Quand Manchester récupère le ballon, là encore le jeu penche sur son côté droit. Evra est contrarié par le bon repli de Lennon et Cleverley est loin d’inquiéter Walker dans sa zone. De l’autre côté, les Red Devils profitent alors de leur supériorité numérique pour récupérer le ballon et exploser aussitôt. Absent dans les efforts défensifs, Bale laisse ainsi à Rafael le plaisir de semer le danger dans le couloir. Mais ces offensives sont toutes autant avortées. Kagawa et Van Persie sont sevrés de ballons. Ces derniers décident alors de décrocher pour chercher les ballons plus bas. Welbeck et Cleverley permuttent (25e). Il n’en fallait pas plus pour désorganiser la base défensive de Tottenham.

Désormais côté gauche, Danny Welbeck est laissé libre par Walker, peu sollicité par les tâches défensives jusque-là. Par ce simple décalage, la défense est déjà déséquilibrée. Welbeck renverse côté droit sur Cleverley, laissé libre cette fois-ci par Naughton. Sur son centre, Van Persie se démarque, surgit et trompe Lloris de la tête. Dépassée par les échanges de places, la défense londonienne a pris l’eau.

Van Persie

Une accélération, un but: le réalisme mancunien fait froid dans le dos. D’autant plus froid dans le dos quand on sait que Manchester a toujours gagné lorsqu’il a ouvert le score, cette saison. Tottenham tentera néanmois de réagir par Defoe et Bale, mais se heurtera encore aux mêmes problèmes pendant toute la mi-temps. Quarante cinq minutes pendant lesquelles les Spurs auront grandement déjoué et reçu une leçon de maitrise. A la pause, Manchester n’a frappé que deux fois au but.

Au retour des vestiaires, les hommes de Villas-Boas reviennent avec de nouvelles ambitions. Defoe inquiète d’entrée De Gea. Les locaux gardent le ballon et entament un jeu de passes courtes peu mis en œuvre en première période. Les occasions de but s’enchainent en effet boule de neige. Après une nouvelle action collective (50e), le ballon aboutit finalement dans les pieds de Dempsey. L’Américain se fraye un passage dans la défense adverse et se présente devant De Gea. En remportant ce face à face, le portier Ibérique -auteur d’une grande prestation hier- se montre de nouveau décisif. Manchester subit, mais fait le dos rond. Il endort parfois le rythme du match et empêche Tottenham d’insuffler un vent de panique dans le camp adverse. Rooney entre en jeu et aurait pu obtenir un pénalty sur son premier ballon. Mais ni l’Anglais, ni Valencia ne permettent à United de décrocher le break. Le leader du classement préfère garder le ballon plutôt que de se ruer sur le but de Lloris. A défaut de second but, Man.U garde alors sa maitrise et brise l’élan des Spurs lorsque ceux-ci veulent accélérer.

Bale est muselé. Les inspirations viennent de Lennon qui s’emploie à déclencher les mèches lorsqu’il échappe à Evra ou Carrick. Mais Dempsey et Defoe sont malheureux dans la finition. Ils butent sur ce qui était loin de ressembler à la dixième défense du championnat, emmenée par un Ferdinand des grandes heures. Les Spurs donnent tout dans les dernières minutes et jettent leurs dernières forces dans la bataille. Mais comme pendant les premières 90 minutes, ils se heurtent à un bloc impénétrable. Dembélé, Huddlestone, Bale s’en remettent à des tirs de loin, bien souvent contrés, et donnent le sentiment de rendre les armes. Assou-Ekotto décide à son tour de centrer (92e). De Gea boxe laborieusement dans les pieds de Lennon qui remise sur Dempsey. L’Américain pousse le ballon au fond des filets. White Hart Lane chavire. Villas-Boas exulte comme il l’avait fait au match aller.

goal

Tottenham a pris quatre points cette saison, face à United. Il n’était plus resté invaincu sur une saison de Premier League contre son rival depuis la saison 1989/90. Auteurs de 25 tirs alors qu’ils n’en ont subit que 5, les Spurs décrochent un match nul sans doute mérité et portent leur série à sept matchs d’invincibilité. Les Red Devils préservent aussi la leur, mais ont manqué d’ambition pour décrocher un succès. La tactique de Ferguson d’asphyxier son adversaire a conduit son équipe a défendre massivement. Finalement, ces deux points perdus sont peut-être la conséquence d’un plan d’attaque trop défensif.

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