Arsenal, « Holt là! »


Jack Wilshere, de retour après 12 mois d’indisponibilité. [WBA réserve vs Arsenal réserve]

Enfin ! Le retour du football le weekend ! On va pas se mentir la trêve internationale ça nous enquiquine plus qu’autre chose… Aujourd’hui c’était la 8e journée de cette saison 2012-2013 de Premier League et Norwich recevait Arsenal. Sur le papier un match plutôt déséquilibré entre le 19e et le 7e… il n’en fût rien. Explications. 

La composition d’équipe reste du classique pour Arsenal. Devant les forfaits qui s’additionnent, Mannone reste en poste ; qui plus est il a été convainquant sur les dernières rencontres. Gibbs touché il y a deux semaines contre West Ham [selon les dires de Wenger, il devrait revenir cette semaine contre Schalke ou, contre QPR le weekend prochain] cède sa place à André Santos qui débute son premier match de la saison en championnat. Quant à la charnière centrale, l’indisponibilité de Koscielny [touché avec les Bleus mais ayant joué contre l’Espagne, encore un coup de « What the fuck ? » assez spécial] évite tout casse tête pour Wenger qui aligne Mertesacker aux côtés du capitaine, Vermaelen. Pour le reste, « on prend les mêmes et on recommence »

En définitive : Mannone ; Jenkinson, Mertesacker, Vermaelen, Santos ; Arteta, Ramsey, Cazorla ; Gervinho, Giroud, Podolski.

En revanche LA bonne nouvelle de la semaine et peut être même de ce début de saison c’est le retour de Bakary Sagna et de Jack Wilshere à l’entrainement [« full training »] avec l’équipe première. Wilshere qui n’a plus joué dans une rencontre officielle depuis près de 12 mois était sur le banc.

La composition des locaux: Ruddy, R. Martin, Johnson, Bassong, Turner, Holt, Pilkington, Hoolahan, E. Bennett, Garrido, Tettey.

Sur le match en soi maintenant. Norwich entame très bien la rencontre, mettant en place un pressing très haut qui gène de suite les transmissions des Gunners. Les récupérations de balle sont nombreuses dans l’entrejeu et les Canaris se projettent bien vers l’avant. Pour preuve, Pilkington s’illustre par une belle frappe dès les premières minutes.

Arsenal se voit contraint de jouer rapidement, à une touche de balle avec des relais : Giroud dans ce rôle. Combinaison entre Santos, Giroud et Podolski sous forme de « A passe à B qui remise directement sur A pendant que C fait l’appel ». Ainsi Podolski est servi dans le dos de la défense, il se retrouve en position de frappe. Cette tentative ne donnera rien mais on comprend dès lors qu’Arsenal devra exploiter les moindres espaces pour trouver la faille. Le jeu d’Arsenal penche fortement à gauche, on voit une association Podolski/Santos plutôt bonne. De l’autre côté Gervinho a très peu de ballons.

20′ – le jeu d’Arsenal penche largement sur la gauche ; et le restera globalement sur l’ensemble de la rencontre.

Confirmant son bon début de match, Norwich va ouvrir le score. Tettey, plein axe, à 25m prend sa chance. Il décoche une belle frappe flottante avec un rebond juste devant Mannone qui ne peut que repousser le ballon, Holt qui suivait, plus rapide que Mertesacker, envoie le ballon au fond. On notera les 5 joueurs d’Arsenal sur place au moment de la frappe, personne pour monter sur l’ex-Rennais, personne pour le presser, personne donc pour l’empêcher de frapper. Norwich ouvre le score à la 19e minute.

Aucune réaction d’Arsenal derrière, toujours contraint de faire tourner encore et encore pour essayer de trouver l’ouverture. Gervinho a permuté après le but. L’organisation d’Arsenal perd un peu d’organisation justement voire de cohérence. Le jeu est arrêté ; pas de solutions. Norwich est lui, on ne peut plus bien organisé et en place : 2 tirs seulement pour Arsenal après une demi heure de jeu. Au contraire, c’est Norwich qui manque de doubler la mise sur un corner. Turner saute plus haut que Vermaelen et Podolski complètement dépassé ne peut empêcher la tête du joueur anglais qui passe juste à côté des buts.

On arrive tout doucement à la mi-temps et on ne peut même pas dire qu’Arsenal inquiète beaucoup Norwich, toujours solide derrière et dangereux sur les contres. Les Gunners vont sur la première période réaliser plus de deux fois plus de passes que leurs adversaires. Mais la plupart d’entre elles sont latérales voir vers l’arrière. Les Canaris manœuvrent parfaitement pour déstabiliser totalement Arsenal : laisser plus de libertés aux joueurs d’Arsenal et rester sur ses positions. Cette technique paye puisqu’il n’y a aucun mouvement dangereux venant des visiteurs, trop statique, sans solutions pour le porteur du ballon… si ce n’est de remettre dernière et de faire tourner de manière interminable. Cazorla est muselé, en général l’espagnol a 2 voir 3 joueurs sur lui dès la réception du ballon.

La deuxième période ne marquera pas de changements énormes et le match continuera ainsi. Norwich a tranquillement instauré un faux rythme qui « enterre » les Gunners, incapables de réussir quoi que ce soit de productif. Arsenal si décisif « in the final third » n’a aucune solution ici. Il est également important de noter le très bon travail que font les joueurs de Norwich dans la récupération. La relance est soignée et permet de ressortir rapidement. Les passes ratés proviennent surtout de longs ballons aériens, transversales sur plus de 20/30m [à plus de 60%] ; souvent des longs dégagements pour écarter le danger. A la récupération toute l’équipe est « conviée ». Arteta est complètement asphyxié, le Basque est peu à l’aise : la connexion est bien bloqué. Arsenal perd en fluidité au milieu pendant que Norwich lui, en gagne.

La heat map de Norwich : les ailes peu exploités, les ailiers jouant plus recentré contribuant au travail défense. L’axe du terrain est la zone principale de jeu. Norwich a majoritairement défendu, sans se mettre en danger, ayant rendu Arsenal impuissant.

Les ailes d’Arsenal sont totalement inefficaces. Gervinho beaucoup trop brouillon, il en devient même néfaste à son équipe. Sur le côté gauche, André Santos est souvent plus en position d’ailier qu’en latéral. Arsène Wenger essaye de redynamiser l’animation offensive en sortant Podolski, invisible, pour faire rentrer Chamberlain : une accélération, une douleur. 5 minutes plus tard il sortira à son tour. Un certain Andreï Arshavin le remplace.

L’équipe entière est arrêtée, complètement statique. Gervinho pressé par deux joueurs. La distance entre lui et Cazorla est bien trop grande. Gervinho esseulé. Pas de soutien.
Néanmoins, il y a des joueurs dans la surface [une fois n’est pas coutume]. Mais impossible qu’il n’ait un rôle dans cette action : la défense est parfaitement en place.

En fin de compte rien ne va changer. Le milieu est beaucoup trop superficiel pour créer quelque chose. Giroud ne touche presque plus de ballons, personne ne l’alimente devant. Pour son dernier changement, Wenger va faire rentrer Serge Gnabry, 17 ans, deuxième joueur le plus jeune a joué pour Arsenal [derrière Wilshere] qui remplace lui Ramsey, bien en dessous de ses récentes performances. Norwich baissera d’intensité et s’exposera même une fois ou deux. Mais sans conséquence. Arsenal aura été très pauvre sur ce match. Une performance bien pâle pour Arsenal qui rencontrait une des équipes favorites à la descente.

Norwich a peut être trouvé son match référence pour enfin lancer sa saison. Emmené par un Holt toujours aussi décisif dans les grandes rencontres, qui aura beaucoup pesé sur la défense centrale d’Arsenal. Hoolahan derrière lui qui en plus de ses phases de jeu bien orchestrées, effectue un travail important de repli défensif et de pressing – notamment sur Arteta et Ramsey, coupant toute projection vers l’avant pour Arsenal). Norwich bien en place, solide défensivement, pouvant se montrer efficace en contre. Un milieu de terrain concentré du début à la fin. Une performance très intéressante et encourageante pour les hommes de Chris Hughton.

Quant à Arsenal les choses sont différentes. Un match catastrophique du début à la fin. Je vous propose de revenir sur quelques points :

–          Le trio offensif : totalement inefficace. Podolski qui a besoin d’espaces pour ses déplacements, ses courses qui le rendent dangereux par la profondeur. Norwich a laissé très peu d’espace, ratissant le moindre ballon mal négocié. Malgré une certaine liberté dans leurs gestes, les ailiers n’ont absolument rien montré. Peu d’espaces oui, mais personne n’aura essayé d’en créer.

–          Manque de présence dans la surface : Giroud, resté globalement haut sur le terrain [son jeu d’appui s’est vite éteint] il n’a quasiment eu aucun ballon jouable malgré une quantité industrielle de centres et ballons envoyés dans la surface. Arsenal partisan du « quand ça veut pas, ça va passer quand même ». Outre la pointe, aucun des milieux ne plongeaient pour couper les ballons. Diaby le fait régulièrement. Ici, Ramsey à droite, Cazorla à gauche [la plupart du temps] avait un rôle de soutien pour les ailiers [et latéraux]. Arteta restant plein axe. Vermaelen a tenté quelques montées parfois, aucunes répercussions. On en arrive à la statistique suivante : 4 centres [qui incluent les corners] sur 24 trouveront preneurs [ou du moins un Gunner à la réception, sans se soucier de ce qu’il en aura fait]. Si l’on s’intéresse aux coups de pieds arrêtés, c’est le même combat : 10 corners, aucun ne débouchera sur quelque chose.

–          Le placement d’Andre Santos: On en a déjà parlé plus haut. Il avait sûrement envie de se dégourdir les jambes ne jouant plus souvent en ne respectant quasiment jamais son rôle [en plus d’afficher d’énormes lacunes défensives, une qualité innommable de passes et des mauvais choix].

–          Les choix en général : des fautes techniques, des choix incompréhensibles, des erreurs de jugements, tout y était.

Pour ne pas parler que du négatif, il est possible de dégager un joueur : Jenkinson. Again and again. Il n’a peut être pas fait le match de sa vie mais a été un des seuls à se battre pour essayer de sauver ce qui pouvait l’être sur cette rencontre. Toujours sérieux dans ce qu’il a entrepris. L’homme qui était, au début, qualifié de boulet est un des meilleurs éléments cette saison. From zero to hero.

Arsenal, qui aura eu près de 65% de la possession toute la rencontre prouve qu’avoir le ballon ne veut pas dire qu’on gagne automatiquement, dixit Arsène Wenger « On a eu beaucoup le ballon, mais on n’en a pas fait grand-chose ».

Pour conclure ce compte rendu de ce qui a été le plus mauvais match d’Arsenal depuis un bout de temps [Arsenal était même peut être meilleur contre Manchester United lors du 8-2 historique à Old Trafford la saison dernière] je m’attarderai sur le classement : Arsenal est 9e. A 10 points du leader, Chelsea et à 6 points du podium occupé par les deux Manchester. Une opération catastrophique sur le plan comptable, donc.

Cette semaine Arsenal recevra Schalke 04 pour le 3e match de la phase de groupe de la Ligue des Champions. Ce match se fera sans Walcott, Chamberlain et Gibbs, a déclaré Wenger, s’ajoutant à la longue liste de blessures [Fabianski, Szczesny, Koscielny, Diaby, Rosicky et donc Walcott, Chamberlain, Gibbs…].

Il va falloir une réaction, et vite.

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Une réflexion sur “Arsenal, « Holt là! »

  1. Il faut avouer que le match d’hier sera à oublier pour les gunners face à Norwich… Mais la premier League manque a mes week ends lors des treves internationels.
    Quand on voit le spectacle de Chelsea-Tottenham…
    Vivement la prochaine journée.

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