Comment Chelsea s’est incliné face au Milan en pré-saison


Chelsea disputait sa quatrième rencontre de pré-saison lors de sa mercantile tournée estivale de promotion aux Etats-Unis. Si l’objectif d’une pré-saison dans un grand club est principalement de faire revenir le groupe à un niveau physique homogène compte tenu des retours différés de vacances (dus aux compétitions disputées par les Internationaux) et de l’arrivée de recrues, elle fait également office de premier révélateur tactique tôt dans la saison en ce qui concerne la mise en place collective. MyPremierLeague vous propose une formule inédite en décortiquant un but à l’aide de quinze schémas.

1. Etat des lieux à Chelsea

2. Le but en 15 images

3. Enseignements et perspectives

Etat des lieux à Chelsea

Le départ de Carlo Ancelotti au terme d’une saison 2011 en déça de celle réalisée l’année précédente (doublé Coupe-Championnat) malgré une deuxième place en Championnat, Chelsea décide de confier les clés du club à un ancien superviseur de l’opposition de l’époque de José Mourinho, André Villas Boas, devenu la coqueluche des médias et placé sous le feu des projecteurs après son quadruplé historique pour sa première saison pleine avec Porto (1) (1′)

Cet ancien élève de Bobby Robson arrive la besace pleine de croquis tactiques et d’idées de jeu qui ont convaincu Roman Abramovitch de lever la clause de départ du manager alors âgé de 33 ans. Inspiré par l’école hollandaise, « AVB » est un féru de 4-3-3, d’un jeu de possession axé sur un bloc haut et un pressing dynamique.  Son manque d’expérience et ses décisions sèchement actées (2) vont fragiliser sa position au club d’autant plus que sa tactique ne prend pas au fur et à mesure que la saison avance, produisant semaine après semaines des spectacles comiques sur les phases de transition défensives notamment. Au moment charnière où Chelsea s’engageait sur les voies à élimination directe de la Coupe d’Angleterre et de la Ligue des Champions (3) ainsi que sur le « run in » en Championnat, le club Londonien renvoie le Portugais pour le remplacer par son désormais ex-adjoint Roberto Di Matteo (4).

En revenant à des fondamentaux tactiques dans tous les compartiments du jeu (passage du 4-3-3 au 4-2-3-1, réduction de l’espace entre les lignes et  travail sur les phases arrêtées), Di Matteo va profiter de la motivation débordante de son groupe au fur et à mesure que les trophées s’approchent pour remporter la FA Cup et surtout la Ligue des Champions au prix d’une bravoure sur 90 minutes et de tactiques hyper défensives. Là où certains y voient une conséquence, la fin de Championnat sera disputée en tongs sans intention de prendre l’initiative du résultat ; menant à une 6e place qui aura finalement peu de conséquences en raison de la qualification (essentielle d’un point de vue financier) automatique en Ligue des Champions acquise par la victoire finale.

Le départ de Didier Drogba, Salomon Kalou et José Bosingwa a ouvert la porte à un renouvellement et renforcement de l’effectif avec les arrivées d’Eden Hazard (Lille OSC, 35M€), Marko Marin (W. Breme, 7.5M€) et Oscar (I. Porto Alegre, 25M€, absent lors de la tournée pour cause de participation aux J.O de Londres). Après une fin de saison 2012 sélective et jouée au coup par coup, Roberto Di Matteo doit maintenant démontrer qu’il peut mettre en place un plan de jeu cohérent sur la durée après avoir obtenu un contrat d’un an plus un an en option.

Si la pré-saison a permis de voir évoluer des jeunes joueurs comme Romelu Lukaku (titulaire lors des 4 rencontres pour l’instant), Sam Hutchinson, Lucas Piazon (buteur face au PSG) ou Nathaniel Chalobah, Todd Kane, Josh McEachran et Jamal Blackman ; elle fait petit à petit place à des équipes de départ de plus en plus proches d’un 11 type avec moins de remplacements en cours de jeu.

Pour autant, la ligne directrice reste peu évidente à saisir et les premiers enseignements de cette pré-saison font état de problèmes déjà récurrents dans un passé récent, à savoir un manque d’organisation sur les phases de transition défensives ou encore la propension trop importante à concéder des occasions de but. Les Blues ont peu réussi à peser sur les rencontres disputées, si certaines séquences ont illustré le besoin de disposer de joueur capables de mettre le pied sur le ballon (tuant dans l’œuf l’idée d’aligner un compartiment offensif fantaisiste), d’autres ont surtout souligné le vide offensif entre rares séquences d’attaques placées et poignée d’occasion crées sur 4 rencontres.

En concédant sa deuxième défaite consécutive face à un adversaire abordable (après les MLS All Star, 3-2) face à un Milan AC « jet-laggué » (5) en dépit d’une composition de départ cohérente sur le papier ; le Chelsea de Di Matteo (étonnamment silencieux sur son banc) semble clairement en rodage sans qu’une nette amélioration ne soit notable sur l’enchainement de rencontres.

L’analyse de ce but tend à illustrer des errements défensifs ne pouvant pas être compensés ou rattrapés de par la répartition inégale et incohérente des taches défensives entre les joueurs à la perte du ballon.

__________

(1):Supercoupe du Portugal, Championnat, Coupe du Portugal et Ligue Europa 2011

(1′): Voir Chelsea FC Season Review & Preview

(2): Les médias vont faire les choux gras du conflit entre le Portugais et les « cadres » du vestiaire notamment Frank Lampard, dorénavant plus le premier joueur couché sur les feuilles de matchs. Villas Boas va également restreindre l’accès du bâtiment principal du centre d’entrainement de Cobham aux seuls joueurs professionnels tout en envoyant Alex et Nicolas Anelka, en instance de départ, s’entraîner avec la reserve.

(3):Après un nul piteux à domicile face à Birmingham City (1-1) et une défaite lourde de conséquence à Naples en 1/8e de finale aller de la Ligue des Champions (1-3).

(4): 119 matchs pour 15 buts entre 1996 et 2002, vainqueur de la FA Cup 1997 et 2000, la League Cup 1998 ainsi que de la Cup Winners Cup 1998 et la Super Coupe d’Europe 1998. Adjoint à Chelsea depuis le début de saison 2011/2012.

(5): Le Milan AC a entamé sa préparation après Chelsea et a disputé une rencontre en Allemagne quelques jours auparavant.

Le but en 15 images

Situation

65e minute de la rencontre opposant Chelsea au Milan AC à Miami (Floride) sur la pelouse parfaite du Sun Life Stadium. Chelsea vient d’opérer trois changements et Milan 4. En gras, les joueurs venant d’entrer en jeu

Chelsea:

CECH
IVANOVIC – CAHILL* – LUIZ – FERREIRA

MIKEL – LAMPARD (c)

RAMIRES – HAZARD – MARIN

TORRES

*: Gary Cahill a remplacé John Terry qui occupait la charnière gauche. L’Anglais glisse à droite de la charnière.

Milan:

AMELIA

ABATE – BONERA – YEPES – MESBAH

TRAORE

MONTOLIVO – NOCERINO

BOATENG

EMANUELSON—————EL SHAARAWY

Mise en place de l’action

A la suite d’un dégagement de Marco Amelia dégagé de la tête par Ramires, le ballon arrive dans les pieds de Bakaye Traoré. Frank Lampard sort sur le milieu Malien tandis que Marin se replace afin de bloquer l’angle de passe vers l’intérieur. Bakaye Traoré transmet à Igniazio Abate.

Etape 1

Kevin Prince Boateng décroche et vient demander le ballon entre les lignes. Ayant vu l’appel de son partenaire, le Ghanéen est servi par Abate. David Luiz sort de la ligne de défense (flèche en pointillés bleus clair) afin de jouer le duel. Le ballon revient sur Marko Marin (pointillés gris).

Il est intéressant de noter sur cette image que John Obi Mikel se situe au centre du cercle représentant sa zone de jeu dans cette situation. Aligné en « double pivot » avec Frank Lampard, Mikel couvre le posirionnement de son capitaine. Ainsi, il garde également un œil sur Boateng et Montolivo tandis que Ramires est proche de Nocerino (bulle bleue). Ce positionnement stratégique du Nigérian et surtout la rapidité de l’intervention de David Luiz ne nécessite pas que Mikel glisse à la place de Luiz afin de compenser sa sortie de la ligne de défense, visible en pointillés bleu clair.

En haut de l’image apparait Branislav Ivanovic au marquage de Stephen El Shaarawy (invisible). L’Italo-Egyptien adopte un positionnement très haut afin d’occuper le latéral serbe qui devra se montrer attentif à son placement par rapport à la ligne de défense.

Etape 2

Marko Marin joue directement sur Frank Lampard, David Luiz continue sa montée afin de compléter le triangle. A la perspective d’une offensive à lancer, Ramires se projette rapidement vers l’avant dans l’optique d’amener du surnombre avec une de ses caractéristiques courses vers l’avant (« late run », ce qui correspond à une arrivée lancé tardive dans la surface de réparation adverse, matérialisée par la flèche en pointillés bleus).

John Obi Mikel se retrouve donc à égale distance de Boateng, Montolivo et désormais de Nocerino sur qui il doit veiller tout en restant en couverture de Lampard.

Etape 3

David Luiz passe à Marko Marin qui tente d’emmener le ballon mais il est correctement enfermé par Abate qui passe devant et récupère le ballon. Jusqu’à la perte de contrôle de Marin, Ramires continue sa course vers l’avant.

Etape 4

Abate repart derrière avec Daniele Bonera qui recule afin de passer à son gardien. Bien que l’offensive soit avortée, Frank Lampard (dans le carré bleu-vert) qui a récupéré le brassard de capitaine quelques minutes plus tôt indique à ses partenaires de monter le bloc et se positionner plus haut. Eden Hazard déclenche son pressing sur Daniele Bonera (flèches épaisses).

Igniazio Abate se replace tandis que Marin continue sa course. A proximité du rond central, Ramires continue d’avancer. Ricardo Montolivo revient vers sa surface de réparation.

Etape 5

Daniele Bonera passe à Marco Amelia qui attend une deuxième solution de relance étant donné que Fernando Torres et Ramires surveillent Mario Yepes et Djamel Mesbah (bulles bleues). Igniazio Abate se replace tandis que Daniele Bonera propose une solution de relance. Pendant qu’Eden Hazard continue son pressing, Ricardo Montolivo change de direction et vient se positionner à la pointe du triangle vert. Frank Lampard déclenche son pressing et sort sur le milieu Italien.

Etape 6

Amelia passe à Ricardo Montolivo qui transmet en une touche à Daniele Bonera. Puisque le gardien du Milan AC n’a pas choisi de relancer sur Yepes (qui avait pris du recul), Fernando Torres déclenche un pressing vers Montolivo.

Etape 7

Daniele Bonera peut trouver Abate devant lui ; Frank Lampard sur sa lancée va bloquer l’angle de passe du latéral vers Montolivo (angle orange). Marin se replace en pas chassés afin de bloquer l’angle de passe (angle orange) vers Traoré et l’intérieur du terrain. Torres poursuit son pressing tandis que Hazard se replace.

Etape 8

Alors que Frank Lampard et Marko Marin sont placés afin de bloquer les transmissions vers l’intérieur par des passes (angle orange), Abate dispose de champ devant lui et prend son couloir avec le ballon (double flèche rouge). Lampard réagit à la décision de l’Italien (pointillés épais) mais est trop loin pour intervenir.

Etape 9

Boateng décroche à nouveau de sa position et vient demander plus bas. David Luiz était resté au contact du Ghanéen, il sort à nouveau de son ancienne position et se situe désormais dans la moitié adverse. Bakaye Traoré se replace tout comme Mikel qui suivait le Malien.

A noter le replacement de Nocerino vers le rond central tandis que Ramires s’est arrêté (dans l’étoile jaune).

L’occasion d’éliminer un défenseur adverse (central, de surcroit) dans sa propre moitié est trop belle ; Boateng joue de son corps (courbe orange) et neutralise David Luiz sans toucher le ballon qui continue sa course devant.

Etape 10

Le ballon arrive sur Paulo Ferreira puisqu’Urby Emanuelson n’a pas senti le coup ; trop occupé à contempler les motifs géométriques de la pelouse, le Hollandais n’a pas anticipé la feinte de Boateng. La situation qui se présente à John Obi Mikel se corse puisque Luiz est hors de position (sa position « par défaut » est la pastille bleue). Ramires aurait du entamer le replacement matérialisé par la flèche jaune, pourtant il reste figé dans sa position. Pour conséquence, John Obi Mikel ne peut pas compenser la sortie de David Luiz étant donné qu’il doit surveiller (bulles rouges) Traoré ainsi que Nocerino qui change de direction et se dirige vers l’axe droit du terrain.

Se crée alors un espace anormal (en pointillés orange) où Mikel ne peut se positionner (les pointillés carrés bleus matérialisent le déplacement de Mikel si Ramires était descendu d’une ligne) mais où Emanuelson est totalement libre de marquage aux avants-postes.

En vérifiant le placement de Branislav Ivanovic, Gary Cahill prend du recul afin de pouvoir intervenir si le ballon arrive sur Emanuelson. Sa nouvelle zone d’intervention est en vert (ce afin d’intervenir sur un joueur face à lui), positionné plus bas, il pourra enclencher le piège du hors jeu étant donné qu’il est le leader de la défense et spécialiste de cet exercice. (1)

Paulo Ferreira fait le choix de relancer directement vers l’avant et choisit Frank Lampard au détriment de Marko Marin dans l’intervalle formé par Boateng et Traoré (bande verte). Les pointillés bleus indiquent les trois solutions qui s’offrent au latéral portugais.

Etape 11

Frank Lampard est dos au jeu, le manque d’automatismes instinctifs avec ses nouveaux partenaires Marin et Hazard (les deux recrues estivales non Anglophones) fait qu’aucun n’alerte son capitaine (phylactères)  de la sortie explosive de Montolivo (pointillés rouges épais). Ramires est toujours fièrement planté à proximité du rond central et laisse Mikel toujours tiraillé entre trois joueurs (Nocerino, Traoré et Emanuelson).

La proximité de Frank Lampard empêche la permutation de Paulo Ferreira et David Luiz, la vitesse de l’action ne laisse pas d’occasion à David Luiz de se replacer à reculons. Les deux lusophones reculent vers leur but, David Luiz dans la plus négligente des manières en marchant et Paulo Ferreira par défaut étant donné que le positionnement haut de Luiz ne permet pas à Ferreira de venir « serrer » Boateng (les deux joueurs auraient alors constitué une ligne de deux joueurs, soit un intervalle de passe, au lieu d’un « cadreur » couvert par un joueur en retrait).

Le défenseur Brésilien se trouve face à son but alors qu’il aurait du se trouver dos à Boateng afin de l’empêcher de se retourner.

Etape 12

Montolivo fait opposition avec sa jambe et le ballon arrive sur Boateng (pointillés gris) alors que Luiz tente de se replacer en catastrophe (pointillés bleus). Alors que le Brésilien devait coller le milieu Ghanéen (pointillés jaunes), Boateng a désormais de l’espace et Luiz ne cherche plus qu’à faire une opposition de façade entre le ballon et le but. Ce plan plus large illustre parfaitement la situation problématique de Mikel qui ne peut pas s’intercaler dans la zone rouge puisqu’il laisserait alors l’intérieur libre étant donné que Ramires n’a pas fait son retour défensif sur Nocerino (flèche jaune). Son cas est sans issue ; des deux solutions possibles (repli dans la zone ou rester à cet endroit), deux amènent des situations insolubles de déséquilibre à faire face.

Si Mikel se positionnait dans la zone rouge, Boateng transmettrait le ballon à Nocerino qui se retrouverait dans une situation idéale ; lancé face à trois défenseurs isolés dont les deux extrêmes sont positionnés à l’extérieur de leur marquage. Sur l’image précédente, on voit Ferreira se replacer à reculons laissant Emanuelson couvert par Gary Cahill face à l’Interstate 96 (autoroute 2×5 voies traversant Miami) à direction du but de Cech. En haut de l’image, on remarque un placement similaire de Branislav Ivanovic.

Déjà gêné par le positionnement haut de l’attaquant Milanais, il est aussi possible de relier les errements tactiques du Serbe à ses fréquents changements de poste depuis plusieurs saisons, alternant entre la charnière droite et le poste de latéral droit.

Stephan El Shaarawy entame une course diagonale (rouge vif) qui déclenche instinctivement le départ de Branislav Ivanovic (pointillés bleus) qui cherchera avant tout à rattraper ses deux mètres de retard.

Etape 13

Gary Cahill ayant pris du recul afin d’être maître de la ligne de hors-jeu de son équipe, il entame déplacement afin de réaliser le piège du hors-jeu (pointillés bleus carrés) avant que Boateng ne transmette le ballon. Cette tactique implique de sortir rapidement juste avant le départ du ballon, elle exige donc une synchronisation horlogère puisqu’en cas d’échec, il est difficile (surtout pour un défenseur central) de réaliser un brusque changement de direction pour repartir vers son but ; le retard accumulé au départ étant rarement récupéré trente mètres plus loin.

Une fraction de seconde plus tard et Gary Cahill aurait réussi sa manouvre en atteignant la ligne de pointillés jaunes mettant alors hors-jeu Emanuelson avant la passe de Boateng. Or l’Anglais n’a cependant pas vu la course inverse d’Ivanovic qui se retrouve au niveau de la ligne en pointillés orange au départ du ballon et se situe à quelques décimètres d’Emanuelson (on peut considérer qu’Ivanovic voire Cahill couvrent le Hollandais avec leur tête)

Ayant déclenché son piège du hors jeu, Cahill n’est alors plus en position de couvrir, ce qui laisse à Boateng un intervalle énorme pour trouver Emanuelson (triangle vert). Puisque Mikel a fait le choix de protéger l’intérieur, Boateng choisit donc  la profondeur. Sa transmission passe exactement là où Mikel se serait positionné en cas de retour de Ramires.

L’attaquant Milanais El Shaarawy réalise un mouvement d’école avec une course en S lui permettant de prendre de la vitesse sur la première boucle, conserver sa vitesse sur le passage latéral le long de la ligne de hors-jeu puis changer à nouveau de direction au moment opportun.

Etape 14

Le défenseur Anglais (qui a manqué l’Euro 2012 pour cause de mâchoire fracturée) est totalement désabusé en voyant le jeu se poursuivre. Il pensait se situer dernier défenseur (pointillés jaune) au départ du ballon. Puisque l’assistant ne lève pas son drapeau, Cahill change de direction alors que Prince Boateng a lancé Urby Emanuelson en profondeur.

Ferreira marque un léger temps d’arrêt en voyant son coéquipier réclamer un hors jeu et prend dès lors encore davantage de retard.

A noter la passivité des deux ancien Benfiquistes Ramires et Luiz (dans les étoiles jaunes) qui n’ont pas bougé d’un cheveu.

El Shaarawy est toujours en jeu et accélère vers le but.

Fin de l’action

La suite de l’action constitue un exercice d’entrainement de 2 contre 2 parfaitement réalisé par les attaquants Milanais (en considérant que Ferreira est dorénavant hors course). Voyant le retard conséquent de Gary Cahill et profitant du fait d’être lancé à pleine vitesse depuis une vingtaine de mètres, Ivanovic fait le choix de tenter de couper la trajectoire d’Emanuelson.

Le manque d’automatismes de la paire Ivanovic-Cahill (alignés seulement 6 fois dans cette configuration la saison dernière en Championnat) explique vraisemblablement pourquoi Cahill n’a alors pas croisé la course du Serbe (en bleu clair, ce que l’Anglais aurait du faire) afin de revenir sur l’heureux El Shaarawy dont la course verticale au possible le laisse désormais complètement démarqué.

Le Hollandais parvient à glisser le ballon à son coéquipier en éliminant deux défenseurs d’un coup.

Du fait, Petr Cech sort de son but. Alors qu’Ivanovic se positionne sur la ligne de but, Cahill vient « couvrir » la sortie de Petr Cech. L’Italo-Egyptien tente d’envelopper son ballon mais Cech repousse sa tentative de l’épaule, le ballon arrive sur Emanuelson qui peut désormais finir en prenant Ivanovic à contre pied.

_________________

(1) En 2010/2011, Gary Cahill a constitué un maillon important de l’organisation de son équipe de Bolton. Alignée en 4-4-2 et axant son jeu sur la possession de balle et le mouvement perpétuel, ce système demandait une ligne de défense haute où l’Anglais s’est particulièrement illustré en « gagnant » 53 hors-jeux adverses soit le deuxième meilleur total du championnat derrière Fabio Coloccini (62).

Nous avions déjà consacré un dossier explicatif sur la situation de Bolton (en comparatif avec celle de Blackburn) pendant l’hiver. En raison de la perte de ses joueurs clés et des blessures dans son effectif, Owen Coyle est revenu à des fondamentaux plus directs cette saison alors que ses principales préoccupations résidaient dans la densité de son milieu de terrain. Néanmoins, on peut noter que Wheater et Knight figurent pourtant en bonne position avec leurs 36 et 19 hors jeux « gagnés ».

Alors que Villas Boas avait mis en place une défense haute qui fonctionnait mal sur la première partie de saison, le recrutement hivernal de Cahill s’explique par cette faculté. Or, le retour similaire (toutes proportions gardées) à des fondamentaux plus directs a amené Chelsea a jouer plus bas jusqu’au renvoi du manager portugais puis à attendre patiemment l’erreur adverse sans prendre l’initiative sous le commandement de Roberto Di Matteo. Ce qui peut expliquer le total de 9 (!) hors jeux « remportés » par l’International Anglais sur la saison.

Enseignements et perspectives

L’organisation est la clé, si ce précepte s’applique dans la plupart des  situations sur un terrain, ici sa nécessité est mise en valeur dans la mesure elle permettrait de faire face à une situation classique. Le décrochage d’un joueur offensif provoque la sortie d’un défenseur de sa ligne de défense, le tout créant un espace qui doit être compensé (puisque c’est un boulevard afin de réaliser une course diagonale pour un joueur excentré).

Le milieu de Chelsea est organisé en double pivot sur cette situation. A la différence du 4-3-3 (4-1-2-2-1) qui permet une domination du milieu de terrain et la protection permanente du « back 4 » par un jour situé entre la ligne de défense et du milieu de terrain ; le 4-2-3-1 fait place à une autre répartition des tâches.

Le double pivot consiste en une paire de milieux de terrains qu’on veut le plus complets possibles afin de transformer le milieu défensif de métier en un autre joueur offensif, laissant l’axe du milieu de terrain à deux joueurs et non trois. Un exemple de cette mise en place est l’équipe d’Allemagne dont la paire Khedira-Schweinsteiger fait figurer un joueur qui va pousser ses actions et se projeter vers l’avant ainsi qu’un joueur à composante plus défensive chargé de couvrir les montées de son partenaire. La palette de compétence de ces deux joueurs permet une inversion ponctuelle des rôles selon les situations.

Ainsi, la situation peut être simplifiée à l’extrême en imaginant les deux milieux de terrain attachés par une corde. Dans le 4-3-3, le milieu défensif a pour rôle de travailler de concert avec ses défenseurs centraux, c’est au milieu relayeur de compenser les montées du joueur de soutien (ou « box-to-box). Une illustration de cette organisation peut être le milieu Ballack-Mikel-Lampard en 2009/2010 dont les rôles étaient précisément ceux-ci.

Dans le 4-2-3-1, le milieu à composante défensive (la différence de terminologie réside dans le rôle plus large de ce joueur, capable de relancer mais aussi d’amener du soutien) travaille avant tout avec son partenaire du « double pivot ». Avant tout chargé de la couverture de son partenaire, ses compensations des sorties de défenseurs ne peut se réaliser que si les lignes sont suffisamment proches les unes des autres et que le jeu de chaise musicales peut s’effectuer assez rapidement. Ici, Mikel ne peut glisser dans l’espace créé par les sorties de Luiz que si un milieu de terrain (Ramires) descend d’une ligne, ce qui n’a pas été le cas.

Dans l’optique d’une application de ce système de 4-2-3-1 sur la saison, Roberto Di Matteo doit trouver le juste milieu et peser le pour et le contre entre une perte de domination du milieu de terrain au profit davantage de soutien aux joueurs offensifs. La clé réside également dans le volume de jeu du milieu offensif et sa capacité à se muer en troisième milieu de terrain sur les phases de transition défensives.

Juan Mata a disputé la deuxième partie de saison à ce poste mais n’a (logiquement, pour une première saison en Angleterre) pas encore démontré une capacité à poser le pied sur le ballon et peser sur le jeu en en maitrisant le rythme. Le milieu Espagnol est gêné par sa faible propension à conserver le ballon, raison pour laquelle cela met du fait encore davantage en valeur sa capacité à accélérer le jeu. Mata semble prédestiné à un rôle de milieu offensif lancé par ses milieux à partir du rond central (semblable au rôle demandé à Ashley Young face à la Suisse voilà un an à Wembley)

Selon les bruits de couloir à Stamford Bridge, Eden Hazard aurait obtenu de son manager un positionnement axial dans ce système de jeu (identique à celui avec lequel il a disputé la majeure partie de la saison avec Lille). Pour autant, bien qu’il soit un des joueurs les plus affutés physiquement, Hazard n’a pas démontré de capacité à décrocher assez bas ni à se replier rapidement sur les premiers matchs de la tournée. A l’image de la plupart de ses occasions face à Seattle il y a dix jours, c’est par un enchainement et une rotation rapide au milieu de la moitié adverse que le milieu Belge a fait la différence.

Roberto Di Matteo a démarré la rencontre avec le portugais Raul Meireles dans cette position de milieu offensif. Lors de sa bonne période post-hivernale avec Liverpool, le milieu hipster a fait étalage d’une remarquable gestion de sa zone en se rendant disponible au bon moment au bon endroit et en se retrouvant en position de finir les actions. Cette saison, Meireles a été davantage perturbé par l’absence apparente de consignes à son poste qui aura fait de débuts intéressants (relais mobile jouant en une touche) un joueur éparpillé entre toutes les taches au milieu de terrain.

Sa fin de saison sera cependant ponctuée de brillantes performances lors des tours de Ligue des Champions à un poste davantage assimilable à celui d’un 3e milieu de terrain devant deux autres. Cependant en raison de sa reprise plus tardive (demi-finaliste de l’Euro avec le Portugal), le Portugais n’aura pas réussi à peser sur cette rencontre, raison de son remplacement à la mi-temps par Marko Marin tandis qu’Eden Hazard glissait dans l’axe.

Avec la recrue du Brésilien Oscar (capable de tenir ce rôle), Di Matteo s’offre une nouvelle solution à ce poste. Cependant il devra trouver une cohésion collective (absente en fin de saison dernière comme en témoigne le nombre bien trop important d’occasions concédées) tout en réfléchissant à l’utilisation de Ramires. Si le milieu de terrain est coupable de non-repli sur cet action, il n’en est pas moins un élément essentiel de son équipe depuis un an et demie. Son positionnement sur le flanc droit permet de protéger le couloir du latéral droit défensivement tandis qu’il compense le déséquilibre provoqué par les dézonages de Mata (pour ce faire, le milieu vient travailler dans la zone centre-droit laissant le couloir au latéral, ce que Malouda fait à gauche lorsqu’il joue). Pour autant, sa capacité à mener les contres en remontant le ballon et transperçant le rideau adverse est sous-exploitée dans cette position.

Dans la mesure où Chelsea a rarement été performant sans un Ramires performant depuis deux ans, laissant transparaître son importance ; il n’est pas exclu que le 4-3-3 se réimpose de lui même après le départ de la saison.

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