Premier League Day 7 : Bolton-Chelsea, review !


Comme à son habitude, Bolton s’incline lourdement sur sa pelouse face à Chelsea pour la 9e fois en 9 confrontations au RBK Stadium depuis 2001. Frank Lampard a fait taire au nom de son équipe les critiques qui écartaient déjà Chelsea de la course au titre ou qui tiraient un trait sur l’importance du N°8 des Blues, que beaucoup n’ont pas manqué d’annoncer comme « fini ». Pour Bolton, la deuxième mi-temps solide est une base sur laquelle s’appuyer pour la suite de la saison.

Squad Sheet

Les deux managers ont passé leur licence UEFA d’entraîneur Européen ensemble, l’occasion d’apprendre avant le match le harcèlement d’Owen Coyle sur son jeune confrère au sujet du convoité Daniel Sturridge…

Il faut dire que l’affaire a été vite réglée avec 4 buts inscrits en 27 minutes, soit le score des deux dernières visites de Chelsea dans le stade où il a été couronné pour la première fois depuis 50 ans en 2005. Andre Villas Boas avait titularisé Didier Drogba à la place de Fernando Torres, suspendu, et avait permis à Daniel Sturridge en lequel il croit tant, une opportunité de rencontrer le club qui lui a permis de lancer sa carrière avec ses 8 buts en 12 matchs en deuxième partie de saison dernière durant son prêt. L’absence de véritable danger entre les lignes de Bolton a fait préférer au manager Portugais la titularisation de son compatriote Meireles en lieu et place de John Obi Mikel.

Owen Coyle avait laissé son 4-4-2 au placard au profit d’un 4-2-3-1 dans le but de renforcer le milieu de terrain qui a pris l’eau depuis le début de saison. Profitant du retour de Ricardo Gardner, l’ancien Manager de Burnley l’a aligné en compagnie de Nigel Reo-Coker derrière Darren Pratley. Petrov et Davies étaient alignés sur les flancs alors que David N’Gog débutait le match devant après avoir remplacé l’emblématique Kevin Davies en cours de jeu lors des 3 dernières rencontres.

Le match

Après seulement une minute de jeu, une excellente relance de David Luiz avait permis à Bosingwa d’obtenir un corner ; frappé par Mata, c’est l’inévitable Daniel Sturridge qui a ouvert la marque (même si ce fait était certain, un tel scénario ne pouvait pas le garder muet !) d’une tête puissante. Il s’agissait du premier but inscrit sur une telle phase de jeu depuis une durée qu’il serait préférable de ne pas évoquer pour les Blues, même si il faut aussi reconnaitre le marquage élastique des défenseurs de Bolton comme cela a été de nombreuses fois le cas cette saison, notamment à Liverpool pour le but de Skrtel.
Lampard a inscrit le deuxième but au quart d’heure de jeu pour le compte du premier volume de sa trilogie « Comment j’ai fait taire mes détracteurs 1» à la suite d’un mouvement collectif de grande classe illustrant les progrès de cette équipe de Chelsea dans la voie d’un jeu rapide et fluide vers l’avant voulue par son manager.
L’absence de cohésion du milieu de Bolton a mis en valeur les montées de David Luiz dont l’apport offensif a été monstrueux, le Brésilien a dévoré les espaces qui lui ont été laissés tout au long de l’après midi. C’est sur une de ses montées que Sturridge a inscrit le 3e but de son équipe, recevant le ballon sur l’aile et se défaisant de Dedryck Boyata avant d’envoyer sa frappe dans le petit filet d’Adam Bogdan auteur d’une faute de main assez grotesque. Chelsea va même repartir aux vestiaires avec un avantage de quatre buts après que la frappe de Luiz suite à une nouvelle percée dans l’axe soit repoussée péniblement dans la course de Frank Lampard qui ne s’est pas privé pour tromper le malheureux gardien Hongrois.

Mata, même sans la même fraîcheur que les derniers matchs, a su prendre le dessus sur Bolton et Gary Cahill

A la pause, Owen Coyle avait choisi de faire entrer une déception à la place d’une autre puisque c’est Steinsson qui a laissé sa place à Zat Knight. Le marquage mi-zonal mi-individuel de Chelsea sur un coup franc bêtement concédé par Ramires a permis de démarquer totalement Dedryck Botaya et David N’Gog tandis que John Terry et David Luiz se retrouvaient sous la pression de Kevin Davies, Darren Pratley et Zat Knight. Le Belge ne s’est pas privé pour inscrire le premier but de Bolton sur son terrain depuis 2001 et offrir un lot de consolation à son équipe, pas sans rappeler le retour presque parfait de Bolton en 2009 ; les Wanderers étaient parvenus à revenir de 4-0 à 4-3 en l’espace d’une vingtaine de minutes face aux Londoniens. Le retour remarquable de Bolton dans la rencontre en terme d’engagement et de jeu (certainement après une remontée de bretelles de la part du manager Ecossais à la mi-temps) a amené Villas Boas à modifier son plan de jeu de telle manière que les joueurs entrant en jeu puissent offrir respectivement davantage de maîtrise dans les airs (Ivanovic <> Bosingwa) et une meilleure temporisation et utilisation du ballon (Mikel <> Ramires). Frank Lampard a scellé le score du match en devenant par la même le 5e meilleur buteur de son club en Championnat suite à une série de relais exquise avec Didier Drogba ; son enchaînement dans un mouchoir de poche pour contrôler et finir l’action d’un plat du pied assuré comme il a toujours su le faire constitue la meilleure des réponses aux critiques dont il est la cible.

Comment faire taire ses détracteurs avec classe

Malgré une pression des locaux en fin de match permise par l’entrée de Tuncay notamment – allègrement hachée par les pertes de balles de Martin Petrov – et illustrée par une percée de David N’Gog ou une tentative de Davies repoussée sur la ligne de but par Branislav Ivanovic, Chelsea a tenu bon et a conservé son avantage.

Les enseignements :

Owen Coyle en discussion avec son capitaine Kevin Davies, l’attaquant Anglais à une fois de plus produit une performance bien terne

Que retenir de ce match pour Bolton ?  L’annonce de l’absence de Stuart Holden pour 6 mois supplémentaires est un énorme coup dur pour cette équipe de Bolton qu’on sentait en rodage mais peut être aussi (certainement) en attente du retour son meneur américain afin de rendre à ce milieu la densité aperçue la saison dernière et permettre la (re)mise en place d’une vraie animation offensive. L’équipe entière manque de cohésion et l’impression est telle que l’édifice que tentait de mettre en place Coyle sur les bases établies précédemment s’effondre sur lui-même, les joueurs qui ont été des valeurs sures jusqu’il y a un passé récent ne répondent plus à l’appel et on serait peu aisé de pouvoir compter le nombre de duels remportés par Kevin Davies face aux quadruples Champions d’Angleterre.

L’équipe est en plein doute, il n’y a pas besoin de jumelles pour le voir et la première origine qu’on peut trouver à ce marasme actuel réside dans le tirage du calendrier des premières journées qui ont vu les Wanderers affronter des équipes aux ambitions élevées (Liverpool, Manchester City, Manchester United, Arsenal et Chelsea). Ces défaites ont amplifié la mauvaise dynamique déjà engendrée par une deuxième partie de saison dernière catastrophique, qui elle etait due aux blessures. Cela ressemble tout de même à un cercle vicieux inquiétant même si le championnat n’est qu’à son cinquième et que le calendrier des Wanderers est plus abordable pour la suite (le derby face à Wigan, réceptions de Sunderland et Stoke City entrecoupées d’un déplacement à Swansea). On a senti une vraie différence entre les équipes des deux mi-temps et Owen Coyle souhaiterait certainement que cette révolte ne soit pas que passagère…

Au niveau du terrain, Jääskeläinen absent c’est Adam Bogdan qui a gardé les bois de l’équipe de Bolton. Le Hongrois (que la plupart des médias sportifs à portée large ont encadré gratuitement) a souffert d’un cruel déficit de confiance et surtout de l’absence d’une équipe compacte devant lui, ce qui a laissé un boulevard à Chelsea notamment dans l’axe. On se souvient des performances du gardien roux la saison dernière ; ses lacunes dans les airs ternissaient le bilan de ses performances qui mettaient en revanche en valeur ses reflexes sur sa ligne (Birmingham H, Arsenal A). Il se fait que comme tout jeune gardien, sa confiance peut être rapidement effritée par des erreurs ou des buts concédés, mais néanmoins il n’y a rien de nouveau a dire que concéder un but est une conséquence mettant en cause toute une équipe et non pas seulement son dernier rempart.
A propos de ce match, on peut aussi se demander pourquoi Tuncay Sani est cantonné à un rôle de remplaçant, lui qui parvient à amener de la qualité a chacune de ses entrées en jeu pour l’instant. L’interrogation est semblable en ce qui concerne David Wheater qui regarde du banc les horribles performances de son coéquipier Knight.

Que retenir de ce match pour Chelsea ?

 La montée en puissance de l’équipe Londonienne dans le jeu est incontestable, si les mouvements et la vitesse dans le jeu porté vers l’avant sont déjà observés depuis le début de saison, c’est au niveau de l’efficacité que les Blues ont passé un palier au Reebok Stadium et confirmé l’orgie face à Swansea. Les Blues ont pu concrétiser la plupart de leurs occasions de but, notamment en première mi-temps pour parvenir à rentrer aux vestiaires avec un avantage de quatre buts. Villas Boas l’a évoqué après le match, avec la même réussite lors des derniers matchs, Chelsea aurait pu remporter ses matchs sur une marge plus importante et le scénario de la défaite à Old Trafford aurait pu être différent. Frank Lampard totalise en effet 3 buts pour 4 tentatives, toutes cadrées. Comme évoqué plus haut, Meireles semble désormais prédestiné aux rencontres face à des équipes qui éprouvent des difficultés à défendre sur des phases de contre et qui ne disposent pas d’un joueur mobile entre les lignes. Afin de stabiliser le milieu de terrain, Villas Boas avait remplacé Meireles par Mikel rapidement après le retour des vestiaires, devançant le choix des entrées de Chris Eagles et Tuncay Sanli par son confrère. Cech et Luiz rarement sous pression au moment de relancer, ils ont pu faire étalage de leur distribution parfaite et incisive leur permettant de s’intégrer parfaitement dans la construction du jeu de leur équipe avec cette alternance de jeu court et de jeu long.On peut aussi retenir le retour réussi de Daniel Sturridge dans le stade qui lui a donné cette nouvelle dimension. Sa première mi-temps est impeccable et même si il a pu pêcher par individualisme en deuxième période, il prouve définitivement qu’il faudra compter sur lui cette saison. La volonté déclarée de Villas Boas de disposer d’un profil semblable à Hulk au FC Porto fait écho à ce qu’évoquait le jeune Anglais avant le match en ce qui concerne les exigences de son nouveau rôle sur l’aile. Didier Drogba a peiné à se mettre en valeur, les uns diront qu’il a été à l’écart de la plupart des actions offensives de son équipe excepté la combinaison avec Lampard sur le 3e but de l’Anglais ; les autres diront que sa mobilité et sa facilité à libérer des espaces ont été des atouts précieux.

Autour du match :

Bolton, le bide

Le bide promotionnel de la saison en Angleterre

Bolton sera bien avisé de revoir ses campagnes publicitaires à l’avenir pour ne plus être la risée de toute l’Angleterre. Le club affichait en effet fièrement l’offre promotionnelle permettant à un abonné la présence à une rencontre gratuitement suite à 5 présences en tribunes… Histoire d’attirer plus de foules, c’était l’idole locale Kevin Davies qui tendait fièrement les prolongements des parties les plus dangereuses de son anatomie – ses coudes – en exhibant un beau « 5 » et un beau « 1 » avec ses deux mains. Ironie du sort, c’est le score sur lequel les Vagabonds se sont fait dépouiller sur leur pelouse, rappelant les sinistres heures du règne glauque de Gary Megson. A que cela ne tienne, Bolton a annulé sa campagne promotionnelle offrant 2 fameuses « pies » (beignets extrêmement populaires dans les stades Anglais) pour 10 achetées… Mieux vaut prévenir que guérir…
Avec un arrière gout de Poulpe, cette publicité détournée malgré elle constitue la cerise sur le gâteau peu fameux que sont les performances de Kevin Davies depuis le début de saison ; le vétéran Anglais (35 ans en 2012) a produit une performance dans la lignée des précédentes en se montrant totalement inoffensif dans les airs. Son désaxement sur une aile pour tenter de gagner des duels (sans plus de succès…) constitue véritablement un aveu d’impuissance et ce n’est pas ce qui pourra rassurer le moins du monde Owen Coyle, Phil Gardside et les fidèles du Reebok Stadium qui voient leur équipe filer vers le Championship (et la banqueroute ?) à la cadence où les joueurs se blessent tandis que les rares cadres ne répondent déjà plus présents.

A retrouver aussi sur Panenka.fr: De l’actu chaude et du sang froid

Lampard, closer and closer…
Le 3e but de Lampard lui a permis d’atteindre le total de 119 buts en Championnat, dépassant les 118 buts de George Mills inscrits entre 1929 et 1943. Pour l’anecdote, Mills fut le premier joueur à dépasser la barre des 100 buts avec Chelsea, et détient toujours l’exclusivité d’être le seul joueur de Chelsea à avoir inscrit un triplé face à Liverpool (6-1 en 1937)

Chelsea’s all-time top league scorers
Bobby Tambling 164,
Kerry Dixon 147,
Roy Bentley 128,
Jimmy Greaves 124,
Frank Lampard 119,
George Mills 118,
Peter Osgood 105.

Ces 3 nouvelles realisations permettent à Lampard de se positionner à 27 unités du record du club toutes compétitions confondues, l’ancien milieu de West Ham reste devancé par Kerry Dixon (185) et Bobby Tambling (202)

Chelsea’s all-time top all-competition scorers
Bobby Tambling 202,
Kerry Dixon 193,
Frank Lampard 175,
Roy Bentley 150,
Peter Osgood 150,
Didier Drogba 145,
Jimmy Greaves 132,
George Mills 125,
George Hilsdon 108.

Il s'agit du 3e triplé de la carrière de Lampard en Premier League

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3 buts, 3 statistiques: Frank Lampard a également atteint la barre des 350 rencontres en Championnat, il reste néanmoins au 5e rang sous la menace de son compère Terry
All-time top league appearances
Ron Harris 655,
Peter Bonetti 600,
John Hollins 465,
Ken Armstrong 362,
George Smith 351,
Frank Lampard 350,
John Terry 347.


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3 réflexions sur “Premier League Day 7 : Bolton-Chelsea, review !

  1. Très bon article, à noter aussi que Lampard est le huitième meilleur buteur de Premier League depuis sa création en 1992 avec 143 buts, à 6 buts d’égaler le nombre de buts de Michael Owen qui est à la 5eme place avec 149 buts.

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