Wolverhampton, tube de l’été ou outsider crédible ?


Tout roule pour les Wolves qui félicitent ici Ward, buteur à Ewood Park

Trois matchs, deux victoires, un nul, un seul but encaissé pour 4 inscrit et une 3e place au classement en attendant les matchs des deux Manchester, une qualification en cours de semaine pour le 3e Tour de League Cup acquise contre Northampton (4-0) ; tout réussit à Mick McCarthy pour le moment, lui qui dispose en plus d’un effectif exempt de blessés. Cerise sur le gâteau, Jarvis et Johnson auraient pu être appelés par Fabio Capello Dimanche Soir. Alors comment ce club habitué aux divisions inférieures depuis la fin des 70s se constitue t’il cette saison comme un outsider crédible visant la première moitié de tableau ? Tentative d’explications.

On avait laissé les Wolves sur un maintien arraché grâce au but tardif de Hunt lors de cet incroyable Survival Sunday le 18 Mai dernier (Blackburn, Wolves, Wigan, Birmingham City et Blackpool pouvaient se sauver ou descendre alors que les deux premiers cités s’affrontaient au Molineux de Wolverhampton), but concrétisant un incroyable retour de 0-3 à 2-3 des Loups de la Black Country, cette région des Midlands marquée par l’industrie sidérurgique et houillère depuis le 19esiècle. Les joueurs de Mick McCarthy s’étaient alors sauvés au profit d’une meilleure différence de buts que leur voisins et accessoirement rivaux (-20 contre -21 pour les Blues après que seule la colonne des buts marqués ne dissocie les deux clubs pendant 3mn !), ceci mettant un terme à la saison contrastée et paradoxale des Wolves.

Hunt a inscrit le but du maintien des Wolves à la 87e minute du dernier match de la saison !

Dans l’inconnu à l’orée de cette saison  ; leur objectif consistait à conserver la place en Premier League pour la deuxième saison consécutive, chose réussie ni en 2003/2004 ni en 1983/1984 et il fallait remonter à 1977-1982 pour retrouver trace d’une présence continue du club dans l’élite. Cet objectif a été atteint, mais au terme d’ô combien de difficultés bien qu’il soit connu et reconnu que la deuxième saison d’un promu soit souvent la plus difficile ! Seulement 11 victoires, 7 nuls et le total lourd de 20 défaites (soit une de plus que West Ham relégué). Les Wolves ont été sauvés par leur incroyable détermination qui les a vu prendre 13 points contre des équipes du top 6 (victoires contre Chelsea, Man U, Liverpool, City) malgré leurs difficultés persistantes contre des équipes de même valeur. Les absences pour blessure de Doyle, Hunt et Ebanks Blake ont également pesé dans la balance durant la saison et malgré toute la bonne volonté de l’éternel Jody Craddock (36 ans) et de son partenaire Christophe Berra (ex-Hearts) on ne peut pas dire que cette équipe de Wolverhampton ait brillé par sa solidité défensive comme en atteste ces 66 buts encaissés (3e plus mauvaise défense derrière West Ham et Blackpool, 70 et 78 respectivement) et ces 5 seuls clean sheets à mettre à leur actif au cours de la saison. Les Wolves ont également véhiculé une image de brutes suite à des matchs musclés en début de saison (contre Newcastle et le traitement spécial reçu par Barton, l’expulsion d’Henry à Wigan, celle de Berra à Fulham ainsi que la blessure de Zamora) et des déclarations rajoutant de l’huile sur le feu – enfin l’incendie allumé dans les médias– (Danny Murphy avançait que les joueurs de Stoke, Blackburn et Wolves se faisaient monter le chou par leurs managers respectifs pour casser du bois à chaque match). Qu’importe, les Loups se sont finalement maintenus et présentent un bilan disciplinaire comptable bien loin des Arsenal, Manchester City, Aston Villa ou West Brom avec cette 8eplace (63 jaunes, 2 rouges).

McCarthy et Craddock (droite) avaient joué un mauvais tour à leur ancien club de Sunderland en remportant leur seule victoire à l’extérieur au Stadium of Light (3-1)

Investir en vue de stabiliser le club en Premier League n’était pas un obstacle infranchissable pour ce club parmi les mieux gérés d’Angleterre, exempt de dettes et qui a présenté en 2001 un revenu positif de £9m s’ajoutant à un budget aux alentours de £25m. Mick McCarthy s’est donc attaqué aux deux chantiers principaux de son équipe nécessitant d’aller faire un tour sur le marché à la quête de bonnes affaires. La défense, héroïque et à défaut de constituer désormais une vraie solution viable d’avenir avec le vieillissant Jody Craddock qui ne pourrait pas disputer  une saison complète et le peu convaincant Richard Stearman devait être renforcée. L’ancien entraîneur (désastreux) de Sunderland (2005-2006 et une dernière place avec 16 points) a jeté son dévolu cet été sur une des valeurs sures de la Premier League en la personne de Roger Johnson, sortant de deux saisons pleines avec Birmingham, acquis chez le frais relégué contre un chèque de £8m. Johnson a formé avec Ridgewell mais surtout Scott Dann une des meilleures paires de défenseurs centraux du Championnat, traversant une série d’invincibilité de 12 matchs en 2010 et auréolé d’une victoire en League Cup la saison dernière après une performance remarquable tout au long de la compétition et notamment en finale où même blessé il a pu tenir son rang face aux Gunners. Non content de remplir son rôle à merveille défensivement en ce début de saison, cet ancien abonné à Stamford Bridge (durant les 90s et l’époque Monkou, Lee, Jason Cundy…) est également porté vers l’avant et n’a pas hésité a poursuivre ses montées balle au pied et aurait même pu marquer contre Fulham mais le poteau a repoussé sa tentative avant que Jarvis ne reprenne victorieusement. Du côté des habitués du Molineux Stadium (actuellement en rénovation afin d’agrandir la capacité du Stan Cullis Stand et de construire des équipements tels qu’une boutique, musée etc…) on commence déjà à comparer Roger Johnson – qui a fraîchement reçu le brassard – à l’illustre Frank Munro, pilier du club et meilleur défenseur de l’histoire du club qui a officié durant les 70s où la bande des Dougan, John Richards (187 buts en 395 matchs), l’ailier Wastgaffe jouait le haut de tableau de la Division One, remportant une League Cup (1974) et atteignant la finale de la Coupe de l’UEFA 1972 (perdue contre Tottenham) après les succès de l’après Guerre (Championnat 54, 58 et 59 et FA Cup 49 et 60). Munro a ironie du sort, quitté ce monde le 16 Aout et les fans de Wolverhampton verraient d’un bon œil (à l’image de Bolton et Nat Lofthouse en 2011) une belle saison comme forme d’hommage à feu leur ancien stoppeur Ecossais.

Le capitaine Roger Johnson est déjà adulé par les fans des Wolves, au point même d’être comparé au meilleur défenseur de l’histoire du club… au bout de seulement 3 matchs !

Par ailleurs ; en dépit de son irrégularité, le jeune Wayne Hennessey était parvenu à passer devant Marcus Hahnemann (ex-Reading) dans la tête de son manager. La fin de séjour de l’Américain s’était déroulée dans des conditions peu évidentes entre ses blessures, ses baisses de forme… sorti de l’équipe suite à la défaite à Blackpool fin novembre, il n’a plus disputé de match par la suite. Malgré tout, l’entraîneur Irlandais voulait maintenir une concurrence chez ses gardiens qu’il pense bénéfique. Suite au départ de son gardien presque quarantenaire, il s’est penché chez le promu Swansea City et a obtenu la signature de Dorius de Vries libre de tout contrat.
McCarthy a également concrétisé l’arrivée définitive de Jamie O’Hara, placardisé à Tottenham pour diverses raisons (il voulait jouer contre son club parent de Tottenham avec Portsmouth d’où il était prêté lors de la demi finale de Cup malgré l’interdiction inscrite dans son contrat ; ses sorties nocturnes et les révélations de sa liaison avec Danielle Lloyd ex-Mme Defoe qui lui tournaient la tête…) et prêté à Wolverhampton lors de la deuxième partie de saison où il a fait étalage de son énorme potentiel et sa polyvalence, ainsi que sa patte gauche chirurgicale, inscrivant au passage quelques beaux buts (comme à West Brom). L’objectif étant de renforcer le milieu de terrain qui a trop souffert du manque de constance du aux blessures et suspensions de Karl Henry et de l’irrégularité chronique de Nenad Milijas ces dernières saisons. Cet objectif peut être considéré atteint au vu de l’influence de l’Anglais et de son volume de jeu au milieu de terrain.

Mais le principal défi de McCarthy cette saison est bel et bien de mettre en place l’association Doyle-Fletcher attendue depuis un an et qui n’a pas pu être mise en place. La réussite de Sylvan Ebanks Blake avait poussé Fletcher sur la touche en début de saison dernière avant que le manager des Wolves remette en place son 4-5-1 taillé pour l’activité de Doyle sitôt rentré dans le dur puis la blessure de l’ancien canonnier de Reading fin mars avait alors propulsé Fletcher titulaire en fin de saison où il a explosé avec 6 buts lors de ses 8 derniers matchs.

Steven Fletcher l’Ecossais et Kevin Doyle l’Irlandais

Parce que faire progresser une équipe passe par amener de la variété à son jeu, McCarthy a décidé de débuter la saison en 4-4-2  pour associer Fletcher aux déviations et relais toujours justes, aux contrôles époustouflants ainsi qu’à la vision du jeu digne d’un vrai 10  et Doyle à l’activité, la disponibilité et la finesse ne feraient pas tache dans un grand club (on a brièvement parlé d’Arsenal courant Aout). Et désormais le manager Irlandais dispose de nombreuses solutions pour animer ses flancs, si Matt Jarvis n’est presque plus à présenter après sa sélection en Equipe d’Angleterre contre le Ghana récompensant sa progression linéaire depuis son arrivée de Gillingham et son importance dans cette équipe des Wolves depuis son aile gauche, la fluidité de son jeu et ses centres également délivrés des deux pieds, sa régularité malgré la lutte pour ne pas descendre ; Stephen Hunt débarrassé de son problème de hernie qui l’a gêné une longue partie de la saison dernière constitue la première solution sur l’aile droite où il fait parler sa percussion et son activité sans relâche. Derrière eux se bousculent le polyvalent Kevin Foley qui réussit un très bon début de saison pour les deux mi-temps qu’il a disputé jusque là en plus de son match de Coupe et qui serait certainement titulaire ailleurs sans une telle concurrence. Les Wolves possèdent également dans leurs rangs le jeune Anglais Adam Hammill, qu’il s’est véritablement révélé depuis un an et demi à Barnsley avec notamment 8 buts en 25 matchs d’Aout à Janvier dernier avec les Tikes avant que Wolverhampton le chipe à Blackpool qui semblait en pôle position pour signer le joueur formé à Liverpool (2006-2009). Alors qu’on pensait que cette signature annonçait un départ de Jarvis l’hiver dernier (Liverpool se montrait alors très insistant), Jarvis est resté et Hammill a finalement constitué la solution de remplacement en cas d’absence de son coéquipier. McCarthy a récemment vu Michael Kightly revenir à l’entraînement après plusieurs saisons hachées par les blessures et compte sur son ailier (décisif lors de la promotion en PL acquise en 2009) pour constituer une solution de plus et qu’il démontre son potentiel entrevu par le passé. Pour l’instant Wolverhampton reste sur deux succès consécutifs à Blackburn (2-1) et face à Fulham (2-0) suivis d’un nul sans but mais prometteur à Aston Villa (0-0) et se place à la 5e place derrière les Manchester, Chelsea et Liverpool. Si une qualification Européenne semble tout de même hors de portée en Mai prochain, il est tout à fait envisageable de considérer les Wolves comme des candidats possibles à la première moitié de tableau si ils se maintiennent sur la même dynamique que la saison dernière contre les gros tout en prenant cette fois-ci davantage de points face aux équipes de même valeur voire inférieure. Si Jarvis a des chances de faire son trou dans cette sélection Anglaise à un an de l’Euro, son coéquipier Roger Johnson peut également prétendre à être appelé, ce qui offrirait une opportunité aux fans des Wolves de varier leurs « Jarvis for England » qui descendent des travées depuis deux ans. Fletcher peut quand à lui envisager une place sur le podium du classement des buteurs tandis que son compère Doyle pourrait enfin être considéré à sa juste valeur en cas d’approche concrète et d’offre d’un grand club l’été prochain ; tous les voyants sont donc au vert pour que Wolverhampton réalise une brillante saison !

Publicités

4 réflexions sur “Wolverhampton, tube de l’été ou outsider crédible ?

  1. Très bon article! Ca fait plaisir de voir un club traditionnel comme les Wolves sortir un peu de leur torpeur.

  2. Comme tu le soulignes, l’arrivée de Roger Johnson a vraiment été vu comme un « top ». Ses coéquipiers ont l’air vachement heureux aussi.

    Plutôt d’accord avec toi. J’ai bien aimé le point historique, c’est un joli plus et un bon boulot de recherche. Dire que les Wolves ont Karl Henry et l’une des équipes les plus agréables à voir jouer reste quand même assez énorme :p

  3. Alors qu’on en fait tellement plus sur De Jong par exemple… Alors que le hollandais joue au foot, ratisse un nombre incalculable et l’Anglais peine à aligner 3 passes de suite.

    Pour Roger Johnson je le trouve bien plus impressionnant que Cahill par exemple, qui a trop de sautes de concentrations et qui n’est pas aussi complet. Le voir à Chelsea ou Arsenal cet été en cas de départs ne m’aurait pas du tout étonné. Et il a une régularité affolante, quasiment jamais blessé derrière son air endormi 😛

    Merci de ton avis ! 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s