Nouveau départ pour QPR!


Mercredi, le club londonien s’est vu racheté par l’investisseur malaysien Tony Fernandes. Jusque là propriété de deux businessmen crapuleux et pingres, les supporters des Rangers espèrent pouvoir enfin aller de l’avant avec le début d’une nouvelle ère. MyPremierLeague vous propose aujourd’hui de découvrir ce changement radical de direction pour le club de West-London, et ce que cela implique pour le futur du club.

QPR, risée d’Angleterre

Il y a quatre ans, alors que le club londonien, criblé de dettes et au bord de l’extinction, végétait dans les tréfonds de la deuxième division, deux businessmen internationaux décidaient de racheter le club, avec la promesse d’éponger les dettes des Rangers. Ces hommes-là, l’italien Flavio Briatore et l’anglais, Bernie Ecclestone, supporter de Chelsea de surcroit (chose très impopulaire à QPR, vous vous en doutez), établirent un « Four-year plan », visant à ramener le club de West-London dans l’élite du foot britannique en moins de quatre ans. Alors qu’un vent d’optimisme soufflait sur le club, ce fut une tout autre réalité à laquelle les Rangers furent confrontés.

Bernie Ecclestone et Flavio Briatore

Installé directeur général, Flavio Briatore démontra très rapidement que la finesse et la patience n’étaient pas ses qualités premières. En effet, pendant trois ans, près d’une dizaine de managers vont se succéder, sur le banc des R’s, échouant tous aux yeux de l’italiens. Changement de logo, hausse du prix des billets, révoltes des supporters, sous le règne de l’italien, une anarchie sans précédent régissait le club, l’établissant comme risée du pays. L’an dernier, lorsqu’un businessman indien, Lakshmi Mittal, première fortune de Grande-Bretagne, s’investit plus lourdement dans le club, après y avoir passé une année en retrait, immédiatement, un radical changement se fit sentir. Alors que son beau-fils, Amit Bhattia, co-directeur, s’investissait  dans le travail auprès de la communauté du quartier, et auprès des supporters, Mittal engageait Neil Warnock au poste d’entraîneur. Alors que le club stagnait depuis trois saisons, quelques mois sous l’ère Mittal-Warnock suffirent à QPR pour prendre son envol, vers la Premier League pour la première fois en quinze ans.

Alors que le rapport entre dirigeants et fans s’améliorait, l’été dernier, Ecclestone et Briatore décidèrent de reprendre le contrôle du club. Leur première mesure fut de « saigner » les supporters, en imposant une hausse du prix des billets de plus de cinquante (!) pourcent. De plus, ils mirent en doute plus d’une fois la position de l’entraineur, et ne lui débloquèrent qu’ £1.25 million de livres pour les transferts, somme dérisoire laissant à Warnock un effectif rachitique pour aborder la saison en Premier League. Outrés par le manque de tact des méthodes de Briatore, Mittal et Bhattia décidèrent de se retirer de l’exécutif du club, en protestation au manque de respect vis-à-vis des supporters. Contraint de s’activer sur le marché des transferts libres, Warnock fit comme il pouvait, mais la défaite cruelle contre Bolton le week-end dernier (4-0) ne dévoilait que des carences évidentes aux yeux de tous.

Nouveau départ sous Fernandes ?

Alors que la panique commençait à conquérir les travées de Loftus Road, en coulisse, des négociations s’effectuaient. En effet, dans l’ombre, entre lundi et mercredi, Messieurs Ecclestone et Briatore se mirent d’accord pour vendre leurs parts à Tony Fernandes, businessman malaysien, avide fan de football, ayant déjà effectué deux tentatives de racheter West Ham United. Alors que Fernandes s’empara des 66% appartenant auparavant à Briatore et Ecclestone, la vente du club impliqua une excellente nouvelle pour les supporters des R’s ; le retour aux affaires de Lakshmi Mittal et de son beau-fils très populaire Amit Bhattia. Les riches indiens bénéficient du soutien indéfectible des fans londoniens, après avoir toujours pris le temps d’expliquer les décisions qu’ils prirent et de concerter les supporters pour prendre des décisions. « Vous êtes les experts, c’est à nous d’apprendre de vous et pas l’inverse. », avait déclaré Bhattia après une décision impopulaire de monter le prix des abonnements il y a deux ans. Après concertation avec les fans, les indiens étaient revenus sur leur décision, baissant à nouveau le prix des billets et s’excusant auprès des fans.

Amit Bhattia (centre), accompagné de son beau-père Lakshmi Mittal (à droite)

Mais revenons à nos moutons. Alors que la transaction venait de s’effectuer à Londres, Tony Fernandes prit très rapidement deux mesures. La première : Confirmer Neil Warnock à son poste d’entraineur, un point vital pour la stabilité du club. Puis la deuxième : Débloquer des fonds pour les transferts. Plus de £10 millions pourrait être mis à la disposition de Neil Warnock. Lors d’un coup de téléphone à Warnock, le nouveau patron des Rangers demanda à son entraineur: « Selon toi, de quels joueurs a-t’on besoin pour se maintenir? » Ce à quoi le technicien répondit: « Il nous faut un organisateur, dans le genre d’un Scott Parker. » Quelques heures plus tard, une offre de £4millions était proposé à West Ham pour l’international anglais. Warnock, subjugué, n’imaginait pas que sson président allait vraiment formuler une offre, mais pensait donner un exemple du genre de joueur dont le club avait besoin. Très impressioné par l’attitude de son président, il peut maintenant jouir du plein soutien du Board, chose qu’il n’avait plus connu depuis des mois. Des offres pour les défenseurs de Manchester City, Nedum Onuoha et d’Arsenal, Armand Traoré devraient suivre. Alors que les R’s se sont contentés de Free-transfers jusqu’à lors, ce revirement de situation pourrait changer les ambitions de QPR, avec le recrutement de jeunes joueurs sur lesquels construire, et non plus des joueurs que personne ne veut, que l’on signe pour essayer de se maintenir désespérément.

Alors que la défense de QPR semble très perméable, Fernandes, soutenu par deux investisseurs malaysiens, et par les milliards de Mittal, devra faire très vite pour améliorer sensiblement la qualité de l’effectif, permettant à Warnock de viser le maintien un peu plus sereinement. En s’alliant avec Mittal, tout en permettant le départ du duo Briatore/Ecclestone, le malaysien patron d’Air Asia et de l’écurie de F1 Lotus, a déjà fait un grand pas vers l’acceptation des supporters. Reste à voir son approche quant aux abonnements. Conserver les prix actuels (le plus cher hors Big Four et à part Tottenham et Fulham), ou baisser le prix, en réduisant les revenus, gagnant le cœur des fans et s’inscrivant dans l’éthique de travail de Mittal et Bhattia.

Dans l’organigramme du club, Tony Fernandes, possédant 66% des parts du club occupera le poste de président, tandis qu’ Amit Bhattia, dont le beau-père  Mittal garde ses 33%, sera vice-président à ses côtés. Un des objectifs du nouveau président sera de construire une Academy, plus haute qualification de centre de formation, remplaçant le vétuste Centre Of Excellence en place au club. Briatore et Ecclestone n’ont désormais plus rien à voir avec le club de Londres. Fernandes possède un autre avantage sur l’ancien duo. Alors qu’Ecclestone s’en allait toujours à la mi-temps des matches pour éviter les embouteillages, et que les connaissances footballistiques de Briatore se limitait à Cannavaro, Buffon et Del Piero, Tony Fernandes connait bien le foot anglais, et même s’il avoue son attachement pour West Ham, a grandi sur Uxbridge Road, à quelques encablures  du stade de QPR.

Tony Fernandes, patron de l'écurie de F1 Lotus, d'Air Asia et désormais de QPR

De plus, lors de la conférence de presse suivant sa prise de pouvoir, Fernandes a déclaré donner beaucoup d’importance au rôle communautaire que le club a dans le quartier. Questionné sur les objectifs du club, il répondit: « QPR est un diamant brut, que j’espère contribuer à polir. Je ne suis pas du genre à déclarer que l’on vise la Championsleague, et à nous voir échouer, car on a visé trop haut. L’objectif de cette saison reste le maintien, tout en construisant pour l’avenir et en respectant les valeurs du club et de ses supporters. »

Alors que le club semblait divisé comme jamais il y a plus d’un mois, entre des dirigeants gourmands et des supporters désabusés, les choses semblent changer pour le mieux à Loftus Road. The Rangers are back ! Certes, ils ne vont pas jouer l’Europe et la Coupe nationale, mais les Rangers sont de retour à leurs valeurs, de club de quartier, familial et soudé, pour que dirigeants, joueurs et fans, enfin, ne forment à nouveau plus qu’un.

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