Season Review/Preview: Swansea City FC


À l’orée de la saison dernière, les pronostiqueurs prédisaient la montée d’un club gallois en Premier League, une première depuis la refonte du championnat en 1992. Cependant, si les bookmakers attendaient la promotion de Cardiff City, c’est bien son voisin Swansea qui portera les badges de la plus prestigieuse ligue du monde dès le mois prochain. Aujourd’hui, MyPremierLeague vous propose de retracer la fabuleuse saison des Swans qui se sont vu attribuer un sésame pour jouer dans l’élite, presqu’à leur propre surprise.

La Jack Army devant Wembley


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Le Club en bref

Nom:                       Swansea City AFC, ou “Clwb Pêl-droed Dinas Abertawe” en Gallois. (Une bière à celui qui le prononcera sans faute !)

Surnoms:             The Swans (les cygnes), the Jacks, surnom donné aux habitants de la ville de Swansea et inspiré d’une race de chien venant des environs de la ville

Fondation :          En 1912, sous le nom de « Swansea Town », puis renommé Swansea City en 1969, après que l’expansion de la ville lui valle la distinction de « City »

Couleurs :             Blanc uni, avec des touches de noir.

Stade :                     Le très joli Liberty Stadium fut construit en 2005 en collaboration avec l’équipe de Rugby locale les Ospreys. Il remplaça le croulant Vetch Field, où le club jouait depuis sa fondation, et qui servait déjà comme terrain de jeu aux enfants de la ville avant même que le club soit fondé. Le Liberty Stadium, pouvant contenir un peu plus de 20’000 supporters, est situé aux abords de la ville. Très moderne, ses quatre tribunes sont séparées en deux niveaux se rejoignant en une allée permettant aux supporters de circuler latéralement dans l’enceinte. Les sièges sont noirs, et forment des motifs de vagues donnant un aspect stylisé au stade. Le West-Stand est légèrement plus grand que les autres tribunes, avec les places VIP et une rangée de loges à l’arrière. Très agréable, sans fioritures, le Stade fut conçu pour Swansea dans les divisions inférieures, et sera un peu petit par rapport à la demande de billets des locaux. Le toit de l’enceinte est magnifique et partiellement vitré, laissant passer le soleil, on ne sait jamais… À noter que les supporters adverses sont situés dans le North-Stand, derrière un goal. Curieusement, les supporters les plus bruyants et fervents sont situés juste à côté des supporters adverses, tout au bout de l’East-Stand, créant une atmosphère plutôt intimidante pour les supporters adverses.

Localisation :           Située sur la côte sud du Pays de Galles, Swansea (ou Abertawe en Gallois) est une agglomération d’un peu plus de 200’000 habitants. Ville d’origine de l’actrice Catherine Zeta-Jones ou du poète Dylan Thomas, la cité n’est clairement pas très jolie, trop grise et industrielle pour rivaliser avec sa voisine la charmante Cardiff. Surnommés les Jacks, les habitants de la ville étaient principalement des marins, avant que l’industrie du cuivre notamment puis l’expansion des universités n’attire de nouveaux habitants. Porte d’entrée vers la Péninsule de Gower, Swansea est le point de départ pour de nombreux sites naturels charmants. Alors que Vetch Field était posé à quelques mètres de la longue plage bordant la ville, le nouveau stade se situe à 3 kilomètres au nord du centre-ville.

Dirigeants :               À la tête d’un conseil de Direction composé presque exclusivement de Gallois, Huw Jenkins et Leigh Dineen mènent le club de façon très sensée. Intéressés avant tout par le bien de leur club à long terme plutôt qu’à leurs propres intérêts, les deux hommes sont des supporters avant d’êtres des dirigeants, rendant le dialogue avec les fans facilité. De plus, une association de supporter possède 20% des parts du club. À l’aube de la nouvelle saison, la première de Swansea dans l’élite en vingt-huit ans, les dirigeants prirent la décision de garder le prix des billets à des montants très abordables pour la Premier League, permettant aux supporters de longue date de continuer à suivre le club. Extrêmement raisonnables, Huw Jenkins et Leigh Dineen appliquent une politique très rigoureuse financièrement. Ils ne dépensent pas l’argent qu’ils ne possèdent pas, ce qui paraît logique, mais qui en Premier League est loin d’être le cas partout. Ainsi, au grand damn de l’entraîneur Brendan Rogers, ils imposent un cap salarial à leurs joueurs, et obligent le département sportif à chercher des bonnes affaires plutôt que des stars à gros salaires, politique qui se prouvera forcément payante sur le long terme.

Supporters :               En 2001, alors que le club végétait en League Two (quatrième division), le club fut vendu pour £1 au directeur de l’époque. Les propriétaires se succédèrent, puis l’écurie galloise fut rachetée par le « Nurse Consortium », groupe d’investisseur régionaux soutenus par les fans du club. Et une fois remis à flot par ses supporters, le club se restructura petit à petit, avant de gagner la promotion en troisième division en 2004 lors de leur dernière année à Vetch Field. Ce fut sept ans et deux promotions plus tard que les Swans retrouvèrent la Premier League. Conçu pour la quatrième division, le Liberty Stadium accueillera donc des stars mondiales la saison prochaine, créant un engouement sans précédents sur les bords de la « Tawe ». Près de 18’000 abonnements s’envolèrent en quelques jours, renflouant les caisses du club. La fidèle « Jacks army », qui rassemblait déjà près de 15’000 fans dans les divisions inférieures, chante en Anglais et en Gallois. Cherchez à comprendre la langue locale, vous vous y casserez les dents. Pour illustration, le « W » est une voyelle en Gallois. Dans le stade, le public grogne et vocifère beaucoup, mettant une pression constante sur les arbitres et intimidant les adversaires. Faisant voler les drapeaux du Pays de Galles, les fans sont très bruyants, mais pas des grands chanteurs. Souvent invectivés à cause de leur nationalité, on reproche au Gallois leur appartenance au Championnat anglais alors que les écossais notamment doivent lutter dans leurs propres championnats. Quoi qu’il arrive, la maison des Swans sera une place difficile à prendre, même pour les grosses cylindrées du foot anglais, Swansea se montrant intraitable à domicile depuis plusieurs années. Petite anecdote, en 2001, la mascotte du club, Cyril The Swan, fut amendé à auteur de mille pounds par la Football Association pour avoir arraché la tête de Zampa The Lion, mascotte de Millwall lors d’une rencontre entre les deux clubs.

Rivalités :                 Depuis toujours, Swansea entretient une âpre rivalité avec ses voisins ambitieux de Cardiff City, distants seulement d’une petite heure de route. Le South-Wales derby, souvent marré par le hooliganisme, est considéré comme un des derbies les plus hostiles au Royaume-Uni. Beaucoup de provocations, passablement de violence, et énormément de moqueries pimentent les rencontres entre les deux clubs. Les Swans hurlent traditionnellement aux Bluebirds de Cardiff « to swim away » (de fuir à la nage), après qu’ils les aient chassés de la ville par la baie de Swansea en 1988.           
Swansea entretient également une rivalité mineure avec Bristol City et les Bristol Rovers, se situant de l’autre côté de l’estuaire du Severn, et avec Newport County, club gallois de cinquième division. Mais si Swansea et Bristol City se sont souvent rencontrés ces dernières années, les Rovers et Newport ne jouent presque jamais contre les Swans, écumant les divisions inférieures depuis la promotion de Swansea en Championship.

Palmarès :           Depuis leur fondation, Swansea City a milité pour la plupart de son histoire entre la deuxième et la troisième division. Cependant, à la fin des années 1970’ le club Gallois connut une des progressions les plus fulgurantes du football britannique, passant du fond du quatrième étage des ligues anglaises à une incroyable 6ème place en Premier League en tout juste six ans, dont la majeur partie du voyage sous les ordres de John Toshack, légende de Liverpool et du Pays de Galles. Le club disputa ainsi les saisons 1981-1982 et 1982-1983 en Premier League. Mais si cette ascension se démontra exceptionnelle, la chute n’en fut que plus dure et encore plus fulgurante, les Jacks retrouvant la quatrième division en 1986, après trois relégations en quatre saisons. Ainsi en huit ans, Swansea City réussit trois promotions, puis subit trois relégations pour se retrouver au point de départ. Le club végéta dans les divisions inférieures encore presque vingt ans, avant que les Swans ne réussissent à nouveau leur incroyable retour de 2004 à aujourd’hui. À noter que Swansea Town, puis Swansea City a remporté dix coupes du Pays de Galles au cours de son histoire, treize de moins que Wrexham et douze de moins que Cardiff City.

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La pré-saison 2010-2011

Depuis quelques saisons, Swansea jouissait d’une réputation de club idéal où travailler, tout spécialement pour les entraîneurs, qui bénéficient de la confiance aveugle de leurs dirigeants sur les choix sportifs et de bonnes infrastructures. Plusieurs techniciens se servirent du club gallois comme d’un tremplin pour leur carrière. Si Kenny Jacket y faisait du bon travail avant son départ pour Millwall, Roberto Martinez fut l’exemple parfait du coup d’accélérateur que son passage  sur les rives de la Tawe donna à sa carrière. Arrivé lorsque Swansea évoluait encore en League One avec l’ambition de la double-casquette joueur-entraîneur, il dû renoncer au poste de joueur, son transfert ayant été fait en dehors de la période des transferts. Prenant son rôle de coach très à cœur, il hissa les Swans en deuxième division, puis leur permit de se maintenir grâce à une étonnante huitième place. Son très bon travail lui décrocha un poste en Premier League, sous les couleurs des Latics de Wigan. Son remplaçant, le portugais Paolo Sousa, fit son arrivée en provenance de Queens Park Rangers, où il restait sur une saison difficile. Sublimant la défense de son effectif, Sousa amena Swansea jusqu’à la septième place, juste en dehors des Play-off. Cette année là, Swansea était parvenu à réaliser un très bon classement, alors qu’ils étaient l’équipe du championnat ayant inscrit le moins de buts ! Son excellent travail sur l’aspect défensif de l’équipe lui valut d’attirer l’intérêt de Leicester City qu’il rejoignit durant l’été 2010.

Après avoir étudié plusieurs dossiers, c’est vers  Brendan Rodgers que Huw Jenkins se tourna. Après avoir quitté Watford pour  rejoindre les Royals de Reading, Rodgers s’était fait renvoyer par ceux-ci après une série de mauvais résultats. Partisan d’un football assez attractif et profitant de ses bonnes relations avec Chelsea dont il fût un entraîneur des juniors, le technicien nord-irlandais représentait un choix dans la continuité pour  Swansea, qui souhaitait entre-autre résoudre ses problèmes dans le secteur offensif.

Profitant du peu de départs chez les joueurs clés, Rodgers put envisager l’été sereinement, n’ayant que le départ de l’historique petit milieu Leon Britton, qui avait disputé les sept saisons précédentes avec Swansea, à compenser. Federico Bessone s’en alla également à Leeds United, refusant l’offre de prolongation des Swans, mais les Gallois étaient habitués à composer sans lui, au regard du nombre de blessures qu’il avait subi l’année précédente.

Après l’arrivée du milieu hollandais Augustien, l’entraîneur dénicha un petit défenseur gallois de 21 ans, Neil Taylor, pouvant évoluer sur le flanc gauche de la défense et mais également en tant que milieu gauche. Une indemnité de près de 150’000£ fut payée, et ce fut la seule addition sur le plan défensif, les routiniers Ashley Williams, Angel Rangel, Alan Tate et Gary Monk apportant déjà pleinement satisfaction au staff.

Un gardien remplaçant belge débarqua des Hibernians d’Édimbourg, mais une affaire occupait particulièrement l’esprit de Brendan Rodgers. En effet, depuis plusieurs semaines, il avait l’ambition d’enrôler le jeune ailier Scott Sinclair, qui n’était apparu que cinq fois en cinq ans avec Chelsea et qui cherchait un point de chute, fatigué de passer son temps en prêt aux quatre coins de l’Angleterre. Triomphant de la concurrence de Blackpool, Rogers attira le jeune anglais à Swansea le 9 août 2010, pour seulement 500’000 livres, pouvant monter jusqu’à un petit million en cas de promotion du club. Ce transfert fut qualifié comme la meilleure affaire de la période des transferts, avec l’arrivée d’Adel Taarabt à QPR pour un million. Dernière addition, le retour de Dobbie de son fructueux prêt à Blackpool, qui l’aurait volontiers conservé si Swansea n’avait pas rappelé l’attaquant.

C’était donc avec très peu de changements, si ce n’est le départ de Britton remplacé par Sinclair et l’arrivée d’Augustien, et très peu d’argent dépensé (moins d’un million de livres) que Swansea City  aborda cette nouvelle saison avec la certitude que l’équipe pouvait accrocher enfin une place en Play-off. Mais à présent, c’était tout d’abord dans les intentions qu’il fallut montrer un renouveau et prouver que Swansea pouvait présenter du football attractif comme le souhaitait Brendan Rodgers.

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Le déroulement de la saison 2010-2011

C’est à la suite d’une préparation satisfaisante dans le Pays de Galles et l’ouest de l’Angleterre et d’un camp d’entraînement aux Pays-Bas que Swansea City entama cette nouvelle saison en Championship. Le calendrier en décida ainsi, ce fut un très long voyage vers les relégués de Premier League Hull City qui lança l’exercice des Gallois. Un match frustrant que les Swans perdirent 2-0. Une semaine plus tard, forts de l’arrivée de Scott Sinclair dans la semaine, les Jacks recevaient Preston North End, équipe en constante perte de vitesse depuis quelques années, entraînée par Darren Ferguson, le fils de Sir Alex. Au coup d’envoi, le club et ses supporters témoignèrent un émouvant hommage à Besian Idrizaj, attaquant autrichien du club, décédé dans son sommeil pendant l’été, à seulement vingt-deux ans. Devant 14’000 personnes, les Gallois firent le show, assurant sans trembler une victoire aisée 4-0, grâce notamment à un solo de Stephen Dobbie, un but facile de Pratley, un penalty de Cotterill provoqué par le virevoltant Nathan Dyer qui s’offrit même le luxe de scorer son propre but. Déjà deux tendances se dessinèrent. La première, c’était le style de jeu. Séduisant, le « free-flowing » football proposé par les hommes de Brendan Rodgers fit merveille contre Preston et par la suite contre Burnley et Coventry. La deuxième était que les Swans, s’ils peinaient loin de leurs bases, étaient impériaux dans leur Liberty Stadium. Après huit matches, le compteur affichait quatre victoires à domicile et quatre défaites à l’extérieur. Ainsi, le club dut attendre son voyage à Watford fin septembre pour récolter ses premiers points sur le sol anglais, avec une victoire 3-2 sur les Hornets de la banlieue de Londres. À la même période, Swansea alla s’imposer à Peterborough United (D3, à l’époque), pour progresser jusqu’au Round four de la League Cup, après avoir battu les petits londoniens de Barnet ainsi que les Scousers de Tranmere. Le tirage au sort attribua Wigan à l’extérieur pour Swansea, avec des retrouvailles avec Roberto Martinez. Devant un stade très clairsemé, ce à quoi Wigan nous a habitués maintenant, les hommes de Brendan Rodgers, pris de vitesse et manquant de discipline (quatre jaunes), s’inclinèrent 2-0, crucifiés par Boselli et Watson.

Après cela, les Jacks enchaînèrent deux victoires et un nul à l’extérieur, se hissant dans les places qualificatives pour les Play-off, places qu’ils ne quittèrent plus jusqu’au terme de la saison. Ainsi, le 7 novembre 2010, les Swans parcoururent les soixante-dix kilomètres les séparant de Cardiff en occupant la troisième place du classement. Soixante-dix kilomètres et six points, voilà ce qui séparait les deux ennemis jurés, Cardiff étant fièrement campé à la deuxième place. Devant 26’000 supporters de Cardiff médusés, Marvin Emnes, arrivé de prêt depuis Middlesbrough quelques jours auparavant, dos au but hors de la surface de réparation, se retourna et expédia un missile dans le soupirail gauche du but gardé par Tom Heaton. En délirent, Swansea City revint ainsi à trois points de ses rivaux.

 

Marvin Emnes contre Cardiff City

Jusqu’à la fin de l’année, les Swans enchaînèrent les matches compliqués, perdant notamment contre Bristol et Portsmouth à domicile et allant s’incliner à Sheffield contre United et à Londres contre QPR. Pendant ce temps, les fans commencèrent à huer Darren Pratley, milieu offensif capital dans la réussite du club, qui avait refusé de prolonger son contrat arrivant à échéance au terme de la saison. Glissant à la quatrième place, Swansea City va néanmoins se reprendre en empilant deux victoires par la plus petite des marges sur Barnsley et Reading, avec des buts respectivement de Jermaine Easter en prêt depuis Milton Keynes Dons et Darren Pratley gagnant même un instant la seconde place directement qualificative pour la Barclays Premier League. Lors du mois de janvier, Brendan Rodgers ajouta à son effectif Ryan Harley en provenance d’Exeter City où il retourna directement en prêt et le très populaire…Leon Britton. Le petit joueur de couloir débarqua, libéré par Sheffield United, constatant qu’il ne se sentait chez lui que sur les bords de la baie de Swansea. De plus, l’attaquant Luke Moore arriva de West Brom pour un montant non-dévoilé, venant épauler Stephen Dobbie et reléguant le bien intentionné mais décevant Craig Beattie tout au bout du banc et le finlandais Kuqi carrément hors du groupe. Ce dernier fut dont libéré par Brendan Rogers après vingt matches et cinq buts, tout comme l’éternel remplaçant Jordi Lopez, arrivé dans les bagages de Paolo Sousa l’année précédente. Enfin, par la suite, l’international Gallois, David Cotterill fut prêté à Portsmouth, payant son manque de forme et ses penalties ratés, alors qu’Augustien posa ses valises au sud de Londres à Crystal Palace. Tandis que les Swans continuaient leur série de résultats mi-figue, mi-raisin, le club annonça que la démolition du vétuste Vetch Field débuterait à la fin du mois de janvier. À la suite de cela, Swansea s’inclina contre les londoniens de troisième division, Leyton Orient, 1-2 à domicile, lors du Round Four de la FA Cup, deux matches après l’entrée des Gallois dans la compétition.

Le mois de février commença par deux derbies. Un déplacement à Bristol City pour le compte de la vingt-neuvième journée, puis une confrontation face à Cardiff à domicile. Si un show de Darren Pratley assura les trois points aux Gallois à Bristol, le South-Wales Derby s’annonçait plus chaud, et disputé, les deux équipes étant toujours au coude à coude pour la chasse à la deuxième place. Alors que la partie débuta, très vite, les intentions des deux équipes se firent sentir. Cardiff démontrait une rage de revanche insatiable, et faillit même ouvrir le score après moins d’une minutes de jeu, lorsque Jay Bothroyd passant très près de l’ouverture du score. Plus rapides, mieux positionnés, les Bluebirds exécutèrent à merveille leur partition en première mi-temps, faisant courir des Swans fantomatiques, à l’image de l’avant centre Luke Moore, absolument inutile sur le front de l’attaque. Le danger venant principalement par les incursions de Craig Bellamy, même le d’ordinaire excellent arrière droit Angel Rangel se faisait prendre sur chaque montée du Gallois volant prêté par Manchester City. Quelques timides réactions de Swansea City se firent sentir, sans qu’il y ait de grand danger. Cependant, le score restant cimenté à 0-0, les Jacks avaient encore un coup à jouer après la reprise. Revigorés tant par l’entrée en jeu du très local Joe Allen et du combattif Craig Beattie, que par la sortie du paresseux Luke Moore, Swansea City fit tout de suite meilleure impression, notamment par Scott Sinclair, virevoltant sur son aile, qui malheureusement ne parvint pas à cadrer ses frappes. Peu après l’heure de jeu, les pensionnaires du Liberty stadium se firent peur, suite à une magnifique montée de Paul Quinn sur l’aile gauche, qui perforant la défense vit son tir à bout portant s’écraser sur le montant du but de Dorus DeVries. À ce moment là, il semblait clair qu’un but par l’une des deux équipes classerait la rencontre, et ce but vint de la patte droite de Craig Bellamy. Bénéficiant d’une bonne remise sur son flanc gauche de la part d’Aaron Ramsey, Bellamy tira du cou du pied de toutes ses forces, sans contrôle, d’une distance d’à peu près vingt-cinq mètres. Un boulet de canon ! DeVries totalement impuissant dut entendre le bruit fracassant du ballon frappant son poteau gauche, avant passer la ligne blanche  derrière lui. Hystérie chez les Bluebirds, frustration chez les Swans. Frustration, qui mena à un acte stupide de la part de plusieurs idiots, pseudo-fans de Swansea, qui frappèrent un steward assurant la sécurité dans le stade, lui provoquant une grosse commotion. 

Craig Bellamy lors du derby

Le match fini, Swansea s’inclina logiquement, et passa immédiatement au match suivant, que les Gallois gagnèrent 3-4 à Middlesbrough, réalisant un impensable come-back, de 3-1 à la cinquantième minute, à 3-4 grâce à des buts de Sinclair encore une fois, Dyer, Williams et Craig Beattie. S’en suivit une série de trois victoire, dont une à Coventry et deux autres sur le score de 3-0 à domicile, face à Doncaster et à leurs concurrents directs de Leeds United. Swansea retrouvait son rythme de croisière, avec son football toujours si attractif. Si Brendan Rogers changeait parfois la configuration de son milieu à trois occupé par les gallois Allen et Gower, et le grand milieu offensif Darren Pratley, une constante reste : l’attaque en trident sublimée par les belles performances de la fusée Nathan Dyer parfois remplacé par Leon Britton, du technique Scott Sinclair et du chirurgical Stephen Dobbie en pointe, laissant parfois sa place à Luke Moore, en progression à la vue des derniers matches. Cependant, Brendan Rodgers s’activait en coulisses, trimant sur la prolongation de contrat des joueurs cadres. En effet, Pratley n’avait toujours pas prolongé, et n’en montrait pas l’intention, Angel Rangel tardait à rendre réponse au club et le gardien hollandais Dorus DeVries se donnait le temps de la réflexion, repoussant les négociations à la fin de la saison. En plus de cela, Rodgers tentait de décrocher le prêt d’un avant-centre, pas vraiment convaincu par Moore, ni par Beattie, ni par Dobbie, qu’il préférait dans un poste en soutien de l’attaquant, faisant à plusieurs reprises passer son dispositif habituel en 4-3-3 vers un 4-4-1-1 pour intégrer l’écossais à son équipe.

Dans le même temps, l’entraîneur nord-irlandais décrocha la distinction de « Manager of the Month of February », profitant des cinq victoires en six matches de ses hommes. Seulement, curiosité de la Football League, la distinction d’entraîneur du mois est plutôt mal accueillie par les techniciens, traînant derrière elle une réputation crasse de porte malheur à celui en étant récompensé. Et bien cette malédiction se prouva une fois de plus confirmée. À la suite de sa récompense, c’est chez le dernier de la classe Scunthorpe United, que les Swans doivent se rendre. Pire équipe à domicile, évoluant sur un champ de patate, les « Irons » semblaient promis à la League One (D3). Dans un match curieux, les locaux profitèrent d’une grossière faute du virulent Alan Tate dans la surface pour s’échapper avec les trois points grâce à un but sur penalty. L’adition aurait pu être encore plus salée si  Scunthorpe n’avait pas joué de malchance à la fin de la rencontre. À la suite de ce match, la mauvaise forme continua, obligeant Swansea au nul à domicile contre Watford et à une horrible défaite à Derby, qui n’avait plus gagné à domicile depuis novembre, Ashley Williams offrant aux « Rams » de Derby County l’ouverture du score sur un des auto-goals les plus grossiers jamais vu dans le sport au ballon rond. En effet, sous la pression du bon pressing des Rams, Williams tenta une passe en retrait à l’aveugle pour son gardien qui s’était décalé attendant le ballon à la gauche de son but. Le retour désespéré de DeVries n’empêcha pas le ballon de franchir la ligne, et Derby enfonça même le clou par Davis plus tard, rendant le but de Pratley inutile.

Lors du mois d’avril, c’est un Swansea City toussotant qui s’efforçait de conserver sa quatrième place. Toujours moyens à  l’extérieur et plutôt bons à domicile, les Gallois se retrouvèrent galvanisés par l’arrivée de l’excellent Borini, jeune attaquant de vingt ans que Rogers parvint à faire venir en prêt depuis Chelsea grâce à ses bonnes relations avec les Blues, et du maladroit Tamas Priskin, attaquant hongrois cédé pour un mois par Ipswich Town. En défense, l’éclosion progressive du petit gallois de vingt ans Neil Taylor au poste d’arrière latéral gauche poussa le titulaire Garry Monk sur le banc, Alan Tate étant déplacé en défense centrale pour l’occasion. Dans le même laps de temps, une enquête fut ouverte contre le leader, Queens Park Rangers, accusés d’un transfert dont la forme était incorrecte. Dans un premier temps, Brendan Rodgers déclara qu’une déduction de points pour les londoniens serait injuste et déplacée, avant, quelques semaines plus tard, de déclarer que la FA devrait sévir et leur enlever des points, car son équipe, passée troisième, était en mesure d’en profiter. Les Rangers furent punis d’une amende salée, les Swans devraient donc se qualifier sur le terrain.

Profitant des performances d’un Borini en forme olympique, Swansea corrigea ses concurrents pour les Play-off, Nottingham Forest et Norwich City, terminant la saison sur une note positive. Le club gallois s’offrit même la troisième place au classement final, au crédit de trois victoires lors des trois derniers matches, notamment une correction des relégués de Sheffield United au Liberty Stadium (4-0), soufflant la troisième place à  Cardiff grâce à une meilleure différence de but. Si Tamas Priskin retrouva son club d’origine, Borini resta avec les Swans pour les Play-off. Avec six buts depuis son arrivée, l’italien gagna la confiance de Brendan Rodgers. Ce fut donc sans pression et en très bonne forme que Swansea City attaqua les barrages pour la promotion, qu’ils avaient manqué pour si peu lors des précédentes saisons.

Opposé à un Nottingham Forest en perte de vitesse depuis janvier, Swansea devait se déplacer au City Ground pour la première manche de cette série en matches aller-retour. Sous les yeux de 28’000 personnes, la rencontre commença terriblement mal pour les Jacks, Neil Taylor se faisant exclure après 120 secondes pour un tacle dangereux sur Lewis McGugan, la pépite de Forest. C’est donc à dix contre onze que Swansea devrait tenir plus de 90 minutes, pour espérer s’imposer lors du match retour au Pays de Galles. Fermement opposés au retour d’un club gallois dans l’élite, tout le peuple anglais était derrière l’équipe jeune de Billy Davies. Assaillis de toute part par les Reds de Nottingham, Swansea se battit le couteau entre les dents, se reposant notamment sur un Dorus DeVries impérial entre ses montants. Repoussant attaque après attaque, Williams, Tate, Monk et Rangel se montrèrent intraitables, laissant à leur portier le soin d’effectuer le reste. Malgré neuf tirs cadrés, Rob Earnshaw, Kris Boyd et Marcus Tudgay ne parvinrent pas à tirer avantage de leur supériorité numérique. Malgré une tête du Luke Chambers faisant trembler la transversale à la 94ème minute, le score resta nul et vierge, et Swansea, qui malgré tout s’était également créé son lot d’occasions repartit du Comté de Notts avec aucun désavantage à remonter, et la certitude que l’exploit était à leur porté au Liberty Stadium.

Au soir du 16 mai, l’effectif de Nottingham Forest débarqua au Pays de Galles pour le match retour. Disposés en 4-4-2 avec le Leon Britton aux côtés de Joe Allen au milieu, et avec Dobbie et Borini alliés en pointe, Swansea prit tout de suite le jeu à son compte, grâce notamment à des tirs contrés de Borini et Dyer dans les trois premières minutes. Les Gallois, qui affichèrent 59% de possession durant la rencontre, furent néanmoins bien muselés lors des vingt premières minutes par Forest, les deux équipes profitant de plusieurs bons tirs, chauffant les gants des deux gardiens, Dorus DeVries et Lee Camp. Le score resta ainsi jusqu’à la vingt-huitième minute lorsque Leon Britton, monté au coin de la surface de réparation, décocha une frappe lointaine délicieusement enroulée qui vint se loger dans la lucarne opposée d’un Lee Camp médusé. Merveilleux goal ! Surfant sur l’euphorie ambiante, Stephen Dobbie inscrivit le deuxième cinq minutes plus tard, se jouant de deux défenseurs rouges avant de loger la balle dans le petit filet dans une ambiance apocalyptique. Malgré plusieurs occasions dans les deux sens, aucun but ne tomba jusqu’à la 80ème minute lorsque l’enfant de Cardiff Rob Earnshaw redonna de l’espoir au Reds, ramenant le score à 2-1. Prenant alors d’assaut le but de Dorus DeVries, les joueurs de Nottingham se ruèrent vers l’attaque pour égaliser, passant extrêmement proche de l’exploit, leurs espoirs atténués par les montants du but de Swansea. Lors d’un dernier rush, le gardien Camp monta sur un corner, et sur le contre résultant Darren Pratley, de sa propre moitié de terrain assura la qualification de son équipe avec un but aussi lointain que sensationnel, déclenchant l’hystérie collective du peuple des Jacks.

Reading, équipe en forme, ayant éliminé Cardiff City dans l’autre demi-finale, c’est donc à Swansea City que revenait la tâche de défendre l’honneur des Gallois à Wembley, lors de ce que les journalistes appellent le « match à £90 millions » (somme de ce qu’une équipe promue en Premier League puis reléguée à nouveau touche en droits TV et en compensations de relégation).

Le Match de Promotion, le 30 mai 2010, Swansea City – Reading FC, Wembley

L’horloge digitale de Wembley affiche 15:00 GMT, les acteurs entrent sur le terrain. Wembley a fait le plein. Plus de 40’000 supporters de Swansea, autant de fans de Reading, l’excitation est palpable, le stress également. Les Jacks affichent une composition en 4-4-2, avec tous leurs titulaires présents, sauf Taylor, toujours suspendu depuis la demi-finale contre Forest. Gary Monk porte le brassard de capitaine, comme lors de la majorité de la saison.

DeVries

Rangel     Monk     Williams       Tate

Britton        Allen

Dyer                                         Sinclair

 Dobbie         Borini

Très vite, les Swans montrent des signes de nervosité. Alors que le match n’est vieux que de quelques minutes, la défense des blancs peine à se dégager le ballon qui arrive jusqu’au point de penalty, Joe Allen dégage directement sur Shane Long, buteur de Reading qui ne peut pas propulser le ballon au fond de la cage. Sueurs froides, Swansea s’en sort indemne. Sur l’action suivante, Garry Monk touche le ballon de la main dans la surface, mais son bras étant le long de son corps, l’arbitre indique de jouer. Quelques minutes plus tard, Borini se jette sur le gardien adverse Adam Federici lorsque celui-ci dégage le ballon. L’arbitre Phil Dowd sort le jaune pour l’italien, ainsi que pour Khizanishvili, défenseur de Reading venant faire justice à son portier. Alors que les Gallois semblent nerveux, Reading va leur donner un bon coup de main. À la suite d’un centre d’Alan Tate, Dyer contrôle de la poitrine dans la surface et dribble Khizanishvili qui laisse son corps en opposition, faisant trébucher le petit joueur de couloir. Phil Dowd désigne très justement le point de penalty. Les joueurs de Reading se plaignent, mais ils peuvent s’estimer heureux que l’arbitre n’ait pas donné un deuxième jaune à leur défenseur central. On joue la vingtième minute, Scott Sinclair s’élance et trompe Federici à ras-terre sur la droite du portier. 1-0.

Quasiment sur le coup d’envoi, Dobbie récupère le ballon et s’élance comme un mort de faim sur l’aile droite. Alors que Borini réclame la balle en retrait, l’attaquant écossais décide de centrer très fort devant le but. C’est bien vue, le gardien de Reading relâche le ballon qui vient choir dans les pieds de Sinclair, qui des cinq mètres ne se fait pas prier pour inscrire son 23ème but de la saison. 2-0. Alors que Swansea City semblait terriblement nerveux, les Gallois ont totalement retourné le match, et comptent déjà deux longueurs d’avance après vingt-deux minutes. C’est l’hystérie chez les 40’000 gallois ayant fait le long déplacement vers la capitale.

Scott Sinclair inscrit le 2-0 pour les Swans

Reading va tenter de répondre, mais à part une tête surprise de Hunt au premier poteau sur un corner, les Royals n’existent pas dans le jeu. Swansea va continuer à attaquer, et juste avant la mi-temps, un débordement incroyable de vitesse de Dyer va obliger Khizanishvili à renvoyer le ballon dans l’axe sur Dobbie qui d’une reprise millimétrée va rendre la tâche presque insurmontable pour Reading.  3-0. 

Stephen Dobbie bat Adam Federici pour le troisième but

Les Royals vont bien tenter de réagir, mais le d’habitude intraitable Shane Long va oublier le ballon alors qu’il est seul à deux mètres du but de DeVries, et Mikele Leigertwood voir son tir puissant boxé par le gardien hollandais. À la mi-temps, le match semble déjà joué, c’est du moins ce que les 87’000 spectateurs pensaient. Reading va même voir son remplaçant Jay Tabb renvoyé en tribunes pour avoir insulté l’arbitre dans les couloirs.

À la reprise, c’est un tout autre Reading qui va sortir sur la pelouse. Dès les premières secondes, Jimmy Kébé déborde Alan Tate, qui se voit obligé de concéder le corner. Le coup de coin ne va déboucher que sur un deuxième corner, qui sera tiré pas Jobi MacAnuff. L’ailier anglais va trouver la tête de Noël Hunt au premier poteau, qui à l’aide d’une déviation de Joe Allen va réduire l’écart. 3-1.

De l’autre côté, Stephen Dobbie, excellent durant tout le match, déboule dans la surface de réparation, met dans le vent le pitoyable Khizanishvili, ridiculise Jem Karacan, puis se retrouvant seul à quelques mêtres du but, envoie son tir…en touche.

À la 55ème, Reading repart à l’abordage, et obtient un nouveau corner par Kébé, malgré toute la bonne volonté du combatif Tate. Le corner est tiré, et mal marqué par Scott Sinclair, Matt Mills le jeune défenseur central des anglais frappe la balle de la tête pour ne laisser aucune chance à DeVries. 3-2. Les Swans prennent l’eau de toute part. Pas le temps de se reposer, car Nathan Dyer perd le ballon à mi-terrain. Shane Long transmet à Karacan qui shoot la balle comme elle vient. Son tir lointain subit une déviation d’un défenseur et vient s’écraser sur le poteau pour revenir en jeu juste devant le goal. Noël Hunt, à 15 mètres du but, reprend le ballon d’un tir direct, alors que DeVries est totalement dépassé. Le ballon trace son chemin vers le but, pour finalement trouver…le genou de Garry Monk. Incroyable block du défenseur de Swansea. Les joueurs et les fans de Reading, les bras déjà en l’air se regardent incrédules.

Dans la foulée, Matthew Mills, excellent tout le match, va manquer sa relance qui trouva l’omniprésent Allan Tate, qui transmit à Borini dans la surface. Fauché par Griffin alors qu’il n’y avait pas danger, Borini réclame le penalty qu’il obtient. Sinclair s’élance pour devenir le premier joueur à réussir un hat-trick lors d’une finale de Play-off du Championship, et convertit son penalty, exactement comme il avait tiré le premier, ras-terre à droite. Swansea 4, Reading 2, les Royals ne s’en remirent jamais. Swansea est en Premier League.

À chaud, Leon Britton, qui avait rejoint les Swans alors qu’ils luttaient pour ne pas descendre en cinquième division, n’y croit pas ses yeux, et déclare que cette promotion est un cadeau à la ville. Brendan Rodgers, lui, parle de match pour une nation entière, le Pays de Galles. Ainsi, le 30 mai 2010, Swansea City devint le premier club gallois à être promu en Premier League (depuis sa reformation en 1992).

Pour un petit aperçu de la saison:      http://www.youtube.com/watch?v=JjwZxmDY3Hw

 

L’équipe type pour la saison 2010-2011

De Vries

Rangel     Williams      Monk         Tate

Allen                Gower

Pratley

Dyer                                     Sinclair

Dobbie

 

Feed-Back sur les transferts de la saison 2010-2011

Malgré l’obligation d’opérer sur le marché des transferts avec des moyens limités, les entraîneurs de Swansea furent toujours capables de dénicher les bonnes affaires. L’engagement de Taylor, par exemple, ne coûta au club que £ 150’000. Le même joueur, douze mois plus tard était le sujet d’une offre à plus d’un million de livres de Newcastle United, offre qui fit couler beaucoup d’encre, à cause d’une ambiguïté sur la disponibilité du joueur, que Swansea City ne souhaitait pas vendre, affaire réglée par la prolongation de contrat du jeune international gallois.  

Un entraîneur peut être jugé bon, dès lors qu’il est capable d’améliorer le niveau de ses joueurs. Si l’on se fie à cette maxime, Brendan Rodgers peut même être qualifié du terme excellent. Scott Sinclair, débarqué au Pays de Galles pour un demi-million de livres sterling, en vaut aujourd’hui plus de cinq fois plus et fut crucial pour la promotion des Swans. La stratégie du club se révéla également payante pour des joueurs comme Angel Rangel, arrivé chez les Jacks en 2007 pour moins de 15’000 Pounds, qui s’est imposé comme une référence au poste d’arrière droit en Championship. Mais revenons à la saison passée. Si l’acquisition d’Augustien, d’Harley ou de Moore se révèlent être des transferts assez moyens, les relations de Rogers avec Chelsea lui permit d’obtenir des joueurs cruciaux pour l’équipe à des moments clés. Ainsi, son ancien poulain Borini, qu’il entraînait dans la Réserve de Chelsea, insuffla à son équipe la réussite et l’instinct de buteur dont ils manquaient cruellement. Scott Sinclair devrait briller en Premier League la saison prochaine, le retour de Leon Britton permettra d’amener encore plus de cohésion à l’équipe tout en proposant une meilleure alternative à Gower qui est encore un peu juste, et Neil Taylor a de très beaux jours devant lui.  Bilan des transferts 2010 : Les Swans ont déniché du très lourd, à tout petit prix.

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L’Effectif pour la saison 2011-2012

Les gardiens :

N°21, José Moreira : Orphelins de Dorus DeVries suite à son départ à Wolverhampton, Swansea s’est empressé d’engager le gardien portugais en provenance du Benfica Lisbonne. Troisième gardien dans le club portugais,  si Moreira débarque au Pays de Galles en quête de temps de jeu, il est néanmoins peu probable qu’il parte numéro un, le club cherchant à tout prix un gardien titulaire à l’heure actuelle.

Les défenseurs :

N°2, Ashley Williams: Même s’il est né à Wolverhampton, c’est bien sous les couleurs du Pays de Galles que le puissant défenseur central joue au niveau international. À vingt-six ans, Williams n’a loupé qu’un match la saison passé, s’imposant comme la tour de contrôle de la défense des Jacks. Malgré son horrible autogoal à Derby, il sort d’une saison très solide et semble à même de s’imposer durablement dans l’élite. Bon joueur de tête et relanceur correct, il se lance parfois à l’abordage du but adverse, comme le témoigne ses dix buts en carrière sous le maillot blanc des Swans.

N°3, Neil Taylor : Véritable bonne affaire lors du dernier mercato d’été, le petit gallois de Wrexham a pris du galon au cours de la saison, finissant même la saison en tant que titulaire sur le côté gauche de la défense. Également capable d’évoluer comme milieu gauche, le gallois de poche est rapide, agile, et possède une bonne capacité de centre. Refusant un contrat de Newcastle, Taylor s’est décidé à rester à Swansea, où il a des responsabilités.

N°4, Steven Caulker : Arrivé en prêt depuis Tottenham, le défenseur de dix-neuf ans est en constante progression. Á la suite d’un prêt réussi à Yeovil, c’est à Bristol City qu’il va disputer la saison 2010-2011, convainquant ses employeurs qu’il aura peut-être un rôle à jouer chez les Spurs dans le futur, grâce à une saison très solide. Sa place comme titulaire n’est pas assurée, mais Caulker devrait disputer la place de Garry Monk dans l’alignement des gallois, et confirmer que même si sa marge de progression est encore conséquente, il a un rôle à jouer à Swansea cette saison. Champion du 400mètres lors des olympiades junior du Borough of Hounslow, sa vitesse et son endurance sont étonnantes pour un défenseur central. À surveiller.

N°5, Alan Tate: Formé à Manchester United, l’arrière gauche colérique à tout connu avec Swansea City, pour qui il joue depuis 2002. Très dur sur l’homme, sévère au marquage, le rouquin n’est certainement pas un joueur très technique, mais il compense avec son courage et son travail. Il vaut mieux l’avoir avec lui que contre lui. La saison dernière, il a connu une saison satisfaisante, que ça soit sur le flanc gauche où en défense centrale, et sa contribution offensive s’est révélée étonnamment correcte voire bonne. Un pilier de l’équipe.

N°16, Garry Monk: Après avoir écumé la côte sud de l’Angleterre, c’est en 2004 que le capitaine des Swans posa son baluchon sur les bords de la Tawe. Très rarement buteur, ni grand relanceur, Monk est un capitaine courage, très influent dans l’effectif. C’est lui qui a sauvé Swansea lors du match pour la promotion contre Reading, d’un tacle désespéré, contrant un tir adverse en fin de rencontre. Cependant, limité techniquement, Monk devrait voir son poste mis à rude épreuve par l’arrivée de Steven Caulker.

N°22, Angel Rangel : Arrivé pour seulement 15’000 livres sterling, le défenseur droit catalan est encore une bonne affaire du club gallois. Sûr défensivement et très appliqué, il ne se lance pas inutilement à l’abordage du but adverse, mais quand il se lance, nul ne sait ce qui va arriver, comme le témoigne son formidable but dans le temps additionnel face à Doncaster, sauvant un point pour les gallois. Alors qu’il avait de bonnes offres ailleurs, il a décidé de prolonger à Swansea, où il partira titulaire en Premier League.

 Les milieux de terrain :

N°7, Leon Britton: Mis à part son séjour de six mois à Sheffield United, le petit milieu d’un mètre soixante-cinq a disputé tous les matches de sa carrière pro avec Swansea, soit presque 350 parties. Admettant que son départ pour Sheffield était une erreur, il  a inscrit le premier but de la demi-finale contre Forest la saison passée. Rapide, assez fin techniquement, son poste de prédilection est au centre du milieu, aux côtés de Joe Allen, lors de la saison précédente. Bon passeur mais rarement buteur, il est difficile de savoir comment il s’adaptera en Premier League, face aux armoires à glace, lui si petit et frêle. Doit confirmer au meilleur niveau.

N°11, Scott Sinclair : Nommé dans l’équipe de l’année du Championship la saison dernière, l’anglais de vingt-deux ans s’est avéré exceptionnel avec vingt-sept buts toutes compétitions confondues. Rapide, très fin techniquement, bon dribbleur et bon finisseur, c’est un joueur très complet, adorant provoquer les défenseurs en un-contre-un,  souvent à son avantage d’ailleurs. Impérial sur son côté gauche, il a trouvé en Swansea un club dont le style de jeu lui convient ; il devrait briller en Premier League, cela ne fait aucun doute. Le meilleur joueur de Swansea « by a country mile ».

N°12, Nathan Dyer : Formé à Southampton, l’ailier d’un mètre soixante-cinq s’est révélé être un véritable poison pour les défenseurs. À seulement vingt-trois ans, Dyer s’est imposé comme un cadre de Swansea, grâce à sa vitesse phénoménale. Explosif, il est capable de prendre deux mètres d’avance face à un adversaire en trois foulées. Coupable d’un vol d’argent dans un bar en 2008, Nathan Dyer s’est assagi depuis, et même s’il marque plutôt peu, il devrait faire des malheurs dans l’élite la saison prochaine.

N°17, David Cotterill : Prêté à Portsmouth au passage de la nouvelle année, l’ailier gallois de vingt-trois ans avait pourtant bien commencé la saison, avec quelques belles performances à un poste qui n’était pas vraiment le sien, en soutien de l’attaque. Cependant, sa forme se détériorant, Brendan Rogers le relégua sur le banc après deux penalties consécutifs ratés contre les Queens Park Rangers et Norwich, faisant perdre aux Gallois des points qui leur auraient permis de réduire l’écart sur les deux premiers. Cotterill avait également la charge de tirer les coups de pieds arrêtés, chose qu’il faisait plutôt bien.

N°24, Joe Allen : Formé à Swansea, le milieu de terrain axial a joué dans toutes les classes juniors de l’équipe nationale Galloise, et compte deux sélections en équipe une. Titulaire sur l’ensemble de la saison dernière avec Swansea, le joueur de vingt-et-un ans parlant couramment Gallois est parvenu à mettre derrière lui une saison pourrie par les blessures pour réaliser de très belles performances, notamment à Cardiff où il fut nommé homme du match pour les Swans. Combattif, en progrès constant, Joe Allen devra encore élever son niveau de jeu en Premier League, pas sûr qu’il en soit capable, quoi que… Si Swansea prend le pari de débuter la saison avec Britton et Allen au milieu, Brendan Rodgers pourrait être étonné. Reste à savoir si cela sera en bien ou en mal…

N°26, Kemy Augustien : Utilisé en remplacement de Gower, lui-même remplaçant de Britton sur la fin de saison, le hollandais n’a joué que cinq matches entiers la saison dernière. Difficile donc d’évaluer la vraie valeur de l’ancien joueur d’Alkmaar.

N°27, Mark Gower : À trente deux ans, « Power-Gower » représenta l’expérience dans le milieu de terrain de Brendan Rodgers. Parti titulaire indiscutable, la montée en forme de Joe Allen et le retour de Leon Britton l’ont privé d’une place de titulaire lors des play-offs. Le natif de Londres ne marque pas très souvent, mais lorsqu’il fait trembler les filets, c’est toujours sur des tirs de loin assez spectaculaire, d’où son surnom. Les trente-sept matches la saison dernière pour Swansea font de lui un joueur très important pour l’équipe, et souvent beaucoup sous-estimé par l’adversaire. Une constante, mais un peu juste pour l’élite.

Les attaquants :

N°9, Craig Beattie : Si les quatre buts pour onze titularisations et vingt-quatre entrées en jeu parlent peu en sa faveur, l’attaquant écossais est un gros travailleur avec une vitesse correcte, et marque quelques jolis goals de temps à autres, mais pas assez pour partir titulaire. Fan des Glasgow Rangers, mais n’ayant évolué que sous les couleurs du Celtic en Ecosse, à vingt-sept ans il se contentera d’un statut de remplaçant la saison prochaine, poussé sur le banc par l’arrivée de Danny Graham.

N°10, Danny Graham : Courtisé par de nombreux clubs de Premier League, c’est finalement par Brendan Rogers que le meilleur marqueur du Championship a été convaincu. Excellent finisseur, possédant l’instinct du buteur, il fut acheté pour £3.5 millions à Watford, une somme énorme pour Swansea, mais certainement une bonne affaire, avec ses vingt-sept réalisations toutes compétitions confondues. Marqueur de la tête et des deux pieds, l’anglais de vingt-cinq ans devrait trouver ses marques au Liberty Stadium, où un finisseur faisait cruellement défaut. La bonne surprise ?

N°14, Stephen Dobbie : Alors que la Premier League lui tendait les bras suite à son prêt à Blackpool qui vit les Seasiders promus, le petit attaquant écossais dut se résigner à évoluer à l’échelon inférieur suite au refus de Swansea de le libérer, et bien lui en prit. Parachuté à un poste d’attaquant de pointe où il n’est d’ordinaire pas très à l’aise, Dobbie s’est révélé vraiment bon sur la première partie de saison, et cela continua lorsqu’il retrouva son poste de prédilection en soutien de l’attaquant en janvier. Onze buts pour lui la saison dernière. Rapide et bon dribbleur, dans un style assez simple mais efficace, le natif de Glasgow a clairement un rôle à jouer en Premier League, comme il l’a fait en demi-finale et en finale des Play-offs, où il a inscrit deux goals décisifs.

N°19, Luke Moore : Arrivé pour presque rien en janvier dernier, l’ancien joueur d’Aston Villa et de West Brom  n’inscrit que trois buts en six mois avec les Swans. Souvent décevant, il n’a pas pesé autant qu’espéré sur les défenses adverses, conservant quand même la confiance de son entraîneur lors du derby notamment, il peina à faire la différence. Difficile de prévoir ce qu’on peut attendre de lui…

 

L’équipe type pour la saison à venir (au 22 juillet 2011) :

Moreira

Rangel      Williams      Caulker        Tate

Britton        Allen

Dyer                                            Sinclair

Dobbie 

Graham

Les joueurs clefs

Ashley Williams devra commander la défense avec autant de brio que lors de la majorité de la saison dernière. Le point fort des Swans devrait à nouveau résider dans les joueurs de couloir, avec Dyer et Sinclair, absolument intenables dans leurs œuvres, et Graham aura la lourde responsabilité de mettre la balle au fond, chose qu’aucun centre-avant n’a véritablement réussi à faire l’année dernière (Dobbie étant nettement meilleur en soutien de l’homme en pointe.)

Points forts : La très bonne forme de Swansea à domicile (trois défaites en 24 matches), sa défense plutôt solide, la fougue de cette équipe très jeune, avec du culot et un football avec une bonne circulation de balle.

Points faibles : La fragilité de l’équipe à l’extérieur (onze défaites en 24 matches), sa friabilité sur les coups de pieds arrêtés (dans l’équipe-type à part les défenseurs et le gardien, seul Graham culmine à plus d’un mètre quatre-vingt.), le manque d’impact physique de l’équipe.

Tate, Monk et Britton avec la coupe, rendant hommage à leur défunt coéquipier

________________________________

Les transferts

Arrivées:

José Moreira (Benfica), Danny Graham (£3.5mio, Watford), Steven Caulker (prêté par Tottenham).

Départs:

Dorus DeVries (libre, vers Woverhampton), Darren Pratley (libre, vers Bolton), Serrán (libre), Van Der Gun (libre).

Ce dont ils ont besoin:

–          Swansea nécessite avant tout d’avoir un vrai gardien numéro un. Moreira peut surprendre, mais le club s’active pour embaucher un portier titulaire. Après que la piste Stockdale (numéro deux de Fulham) ait été freiné par le club de Londres (un accord reste néanmoins possible), c’est sur le bon gardien de Nottingham Forest, Lee Camp, que Brendan Rodgers devrait jeter son dévolu. S’il réussit son coup, Swansea sera bien armé au poste de portier.

–          Après le poste de gardien, le plus urgent à mes yeux serait l’engagement d’un « holding midfielder », pour être aligné aux côtés de Britton ou Allen. En effet, les deux compères du milieu ont effectué de bons matchs la saison passée, mais Allen est souvent en proie aux blessures et s’est totalement troué lors de plusieurs matches (notamment à QPR). Le départ de Darren Pratley, jouant comme milieu offensif lorsque Swansea évoluait en 4-3-3 rend ce poste encore plus friable chez les Gallois. Si Marcos Senna était proche de joindre The Liberty Stadium, il a finalement opté pour une prolongation de contrat avec Villareal. Mais c’est de ce genre de joueur d’expérience que Swansea devra chercher à enrôler.

–          L’engagement d’un ailier ou d’un avant-centre pourrait également donner un peu plus de profondeur à l’effectif, mais pas d’urgence de ce côté-là. Des discussions avec l’ex-Swan Jason Scotland ont été tenues, comme avec l’ailier rapide de Newcastle Wayne Routledge, qui a refusé l’opportunité transformer son prêt en transfert permanent chez les autres promus les Queens Park Rangers un peu plus tôt ce mois. Swansea suit également de près l’attaquant argentin Mariano Pavone.

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Objectif du club pour la saison à venir :

Le maintien à tout prix. Une relégation ne serait pas une catastrophe financièrement pour le club, mais à la vue de leur effectif, avec une ou deux bonnes additions, Swansea City semble capable de se maintenir. Cependant, la constante amélioration des « petites équipes » de Premier League (Wolverhampton, West Brom, Bolton) devrait laisser les Swans au cœur d’une bataille à quatre contre Wigan, Norwich et QPR pour le maintien.

Prédiction du classement : 18ème

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5 réflexions sur “Season Review/Preview: Swansea City FC

  1. Fa-bu-leux stade (quelle classe ces loges !) pour une si petite équipe et si petite ville ! Je rêve que notre ville en fasse autant pour notre future stade prévu en… 2016 ou 2017… Mais bon, faut pas rêver, on est en Suisse et encore plus à Lausanne, là où on fait tout plus petit et plus lentement que les autres… Déjà rien que la capacité sera moindre, avec max. 15’000 places contre plus de 20’000 à Swansea pour des villes de populations similaires. Mais bon, encore une fois, Swansea est en Grande-Bretagne (bizarre, d’ailleurs que cette équipe joue en 1ère div. anglaise pour un club gallois…) avec la passion footballistique que cela sous-entend et lausanne en Suisse.

    Allez, bon championnat à Swansea, on vous « tient les pouces » comme on dit et Allez Lausanne !

  2. Fa-bu-leux stade (quelle classe ces loges !) pour une si petite équipe et si petite ville ! Je rêve que notre ville en fasse autant pour notre future stade prévu en… 2016 ou 2017… Mais bon, faut pas rêver, on est en Suisse et encore plus à Lausanne, là où on fait tout plus petit et plus lentement que les autres… Déjà rien que la capacité sera moindre, avec max. 15’000 places contre plus de 20’000 à Swansea pour des villes de populations similaires.

  3. C’est clair qu’à côté de la Pontaise, Le Liberty doit impressionner…. Je l’ai vécu en tant que supporter visiteur, un mardi soir, avec QPR, et j’ai beaucoup aimé le stade, mais à l’heure où « mes » Rangers ont un projet de nouveau stade, je ne souhaiterais pas voir le même stade pour QPR. Je trouve que ces stades format « bol » offrent une bonne visibilité, mais manquent un peu de caractère… Bon, il faut pas oublier que les Swans étaient en D3 lorsque la construction a commencé…

    Swansea a toujours joué en Angleterre, et à la formation de la PL en 1992, ils ont été invités à rejoindre le championnat gallois, mais ont refusé, comme Cardiff, Wrexham, Newport, etc.

    Je doute qu’un stade de 21’000 places soit approprié pour Lausanne. 13-15’000 places seraient peut-etre plus adéquates, mais apparemment, le projet n’avance pas tellement. Et vu les difficultés sur le terrain du LS…

    Jusque là, Swansea est toujours invaincu à domicile, mais je pense qu’ils seront un peu juste sur la fin de saison… On verra, tant mieux pour eux s’ils se maintiennent, même si je suis pas partisan de gallois en Premier League.

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